Arbousier et argousier

L’arbousier (Arbutus unedo) appelé en Allemagne Arbre à fraises, et l’argousier (Hippophae rhamnoides) appelé aussi Olivier sauvage allemand, sont des arbustes sauvages différents malgré leurs noms français très proches. L’arbousier, toujours vert, pousse facilement en Bretagne, on en trouve notamment dans les haies d’ornement à Rennes. L’argousier, très épineux, est présent sur la côte atlantique (espaces dunaires). Les baies des deux arbustes sont riches en vitamine C mais ne se mangent pas crues, désagréables en bouche (astringentes). Concernant l’arbousier, il a cette particularité de fleurir alors qu’il porte déjà ses fruits (fleurs blanches et baies rondes et jaunes devenant rouges une fois mûres). L’argousier quant à lui fleurit d’abord puis se couvre de feuilles ensuite. Ses baies sont plus allongées que celles de l’arbousier, et de couleur orangée. Une fois cuites, les baies des deux arbustes se mangent sous forme de confiture. On en fait de la liqueur également. On trouve l’argousier sous forme de compléments alimentaires (capsules d’huile d’argousier, baies en gélules, sirop d’argousier). Les feuilles et les jeunes pousses d’arbousier ont des vertus diurétiques, on peut en trouver sous forme de gélules. Côté étymologie, le terme d’argousier hippophaes vient de cheval (hippos), et phaôs/phein qui signifie reluire, et rhamnoides signifie faux nerprun (Rhamnus). Durant l’antiquité grecque, on utilisait les rameaux d’argousier pour nourrir les chevaux afin de leur faire prendre du poids, cela leur donnait également un poil lustré et luisant. Selon Pline l’Ancien (écrivain naturaliste romain du 1er siècle apr. J.-C.), l’appellation unedo de l’arbousier est due au fait qu’on n’en mange qu’une fois vu son goût !

Energique et énergétique

Il m’arrive de remarquer des confusions entre ces deux termes (encore à la télévision ce midi au cours d’une émission censée être sérieuse !) : énergique et énergétique. L’adjectif énergique désigne ce qui manifeste de l’énergie, comme par exemple marcher d’un pas énergique, être énergique. Le nom féminin énergie est connu depuis le XVe siècle. Il est issu du bas latin energia, emprunté au grec energeia, qui signifie ‘ force en action ‘ et s’oppose à dynamis (grec) qui signifie ‘ force en puissance ‘. L’adjectif énergétique quant à lui apparaît dans l’Encyclopédie en 1765, et signifie ‘ qui paraît avoir une énergie innée ‘. Son sens actuel est apparu à la fin du XIXe siècle (du grec energetikos = actif). Cet adjectif désigne ce qui est relatif aux sources d’énergie, à l’énergie mais se rapporte également aux aliments qui apportent de l’énergie : un aliment énergétique (synonyme : calorique) et non pas énergique ! On parle d’apport énergétique.

Différence entre spationaute, astronaute, cosmonaute et taïkonaute

Tous ces termes désignent des personnes qui voyagent dans l’espace, mais pourquoi plusieurs noms ? Ils sont associés en fait à l’origine géographique des missions spatiales : spationaute = France, astronaute = États-Unis, cosmonaute = Russie (traduction du russe космонавт kosmonavt) et enfin, taïkonaute = Chine.
Côté étymologie, voici l’origine de ces noms : spationaute est un mot hybride issu du latin spatium (espace) et du grec nautes (navigateur), astronaute est issu des mots grecs ástron (étoile) et nautes (navigateur), cosmonaute est issu des mots grecs kosmos (univers) et nautes (navigateur) et enfin, taïkonaute vient du chinois tàikōngrén composé de tàikōng (espace, cosmos) et rén (homme).

Poire Belle Hélène

La poire Belle Hélène est liée à un opéra-bouffe (opéra traitant d’un sujet comique ou léger) de Jacques Offenbach (directeur depuis 1855 des Bouffes-Parisiens) ayant comme personnage principal la belle Hélène de la mythologie grecque, intitulée La Belle Hélène, en 1864. Mais quel rapport avec ce dessert ? Le spectacle fit un tel triomphe partout en Europe, tant par la musique que par la voix de la cantatrice Hortense Schneider, que les cuisiniers parisiens décidèrent de baptiser plusieurs plats du nom de cet opéra-bouffe. Le plus connu reste la poire Belle Hélène, créée à cette occasion par le chef français Auguste Escoffier, dessert composé d’une poire pochée au sirop de vanille, servie avec une boule de glace à la vanille et accompagnée séparément de sauce au chocolat chaud.

Découvrez la petite histoire de nombreux termes de cuisine, tout en vous amusant : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html

Charlotte (gâteau)

La charlotte est un entremets très populaire en Grande-Bretagne, de même composition de base que la charlotte (française) aux pommes : un moule chemisé de tranches de pain de mie et garni d’une compote de pommes à la cannelle et aux zestes de citron. Le nom de ce dessert aurait été choisi en l’honneur de la reine consort Sophie-Charlotte de Mecklembourg-Strelitz, épouse du roi Georges III (reine d’Angleterre de 1761 à 1818). Le célèbre pâtissier Antonin Carême apprécia la forme de la charlotte, trouvant que cela lui permettait de bien s’intégrer dans sa conception de buffets symétriques. Il en modifia un peu la recette en remplaçant le pain de mie par des biscuits à la cuillère et la compote de pommes par une crème bavaroise (préparation composée d’une crème anglaise ou d’une purée de fruits collée à la gélatine et additionnée de crème fraîche fouettée et moulée), et sans cuisson. Il inventa ainsi la charlotte à la parisienne.

Impressionnez vos invités en leur racontant l’histoire du plat que vous leur avez amoureusement concocté : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html

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