Syndrome de Marie-Antoinette

Le syndrome de Marie-Antoinette désigne le blanchiment soudain des cheveux, phénomène assez rare mais qui existe à condition d’avoir déjà quelques cheveux blancs, et dont l’hypothèse scientifique actuelle est axée sur le principe d’une réaction auto-immune. Le système immunitaire de l’organisme ferait, après un fort choc émotionnel généralement, une réaction de rejet brutal du système pigmentaire des follicules pileux. Mais pourquoi Marie-Antoinette ? Certains témoins de l’époque auraient remarqué que dans la nuit précédant sa montée sur l’échafaud, le 16 octobre 1793 à 38 ans, Marie-Antoinette avait blanchi d’un coup. C’est ce que l’on appelle aussi le syndrome de canitie subite. Le terme canitie vient du latin canities = blancheur des cheveux. Ce mot est apparenté au terme chenu, du latin canutus = gris, blanc. Sainte-Beuve assure quant à lui, dans ses Causeries du lundi, que la transformation de Marie-Antoinette avait eu lieu plus tôt, à savoir le 21 juin 1791 au terme de sa tentative de fuite hors de France, la famille royale se faisant arrêter à Varennes. Ce phénomène fut remarqué plusieurs fois au cours des siècles, comme par exemple Thomas More quand il fut jugé pour haute trahison puis décapité le 6 juin 1535. Une expression bien connue témoigne de ce syndrome : se faire des cheveux blancs.

Fierabras ou fier-à-bras ?

Fier-à-bras est le nom d’un géant sarrasin des chansons de geste, ces dernières se présentant sous forme de récits versifiés relatant généralement des exploits guerriers ou fantastiques du passé. Fier est pris au sens de redoutable, sauvage. Fierabras est le nom de la chanson de geste du XIIe siècle qui raconte précisément les aventures de Fier-à-bras. Elle a inspiré plus tard Cervantès (dans Don Quichotte), Calderon de la Barca et Franz Schubert. Le personnage de fiction Fier-à-bras est un géant de 15 pieds (4.60 m environ), chevalier sarrasin et roi d’Alexandrie. Son nom possède plusieurs origines possibles : soit de Fierebrace = terrible par ses bras, soit du latin fera bracchia = bras redoutables, soit sur l’impératif du verbe férir = frapper, ce qui donne frappe de tes bras. Fier-à-bras, fils du roi païen Balan, s’était emparé de Rome et avait pillé à cette occasion les reliques du trésor de Saint-Pierre, notamment le baume ayant servi à la sépulture de Jésus, baume ayant le don miraculeux de guérir les blessures. La chanson de Fierabras est donc un poème de plus de 6 200 alexandrins qui reprend cette légende et l’associe à celle racontant l’expédition guerrière de Charlemagne en Espagne. La légende a été connue par un passage de la Chronique rimée (1243 – Philippe Mousket) et par un poème intitulé la Destruction de Rome, peut-être aussi en rapport avec la prise de Rome par les Sarrasins en 846. L’expression jouer le fier-à-bras signifie faire le brave, mais surtout être vantard, en parlant d’une personne qui n’a pas le courage de ce qu’elle affiche.

Bouche bée

Rester bouche bée, c’est se trouver immobile, la bouche ouverte de surprise, de stupeur, être ahuri, stupéfait. Exemple : En apprenant la nouvelle, elle resta bouche bée. Mais pourquoi bée ? En ancien français, le verbe béer signifiait rester la bouche ouverte.  Bayer, béer (XIIe siècle) = être ouvert, du latin populaire batare (onomatopée à l’origine). Le mot a d’ailleurs été confondu au XVIIe siècle avec bâiller, d’où l’expression bayer aux corneilles. Un gouffre béant = un gouffre à ciel ouvert, très grand.

Essai et essayage

Les noms masculins essai et essayage ne s’utilisent pas dans les mêmes contextes. On parlera d’essayage essentiellement lorsque cela concerne un vêtement, qu’il soit en cours de confection afin d’y effectuer des retouches, ou qu’il soit fini, pour voir s’il nous va bien : une cabine d’essayage. Dans les autres cas, on parlera d’essai. Essai vient du latin exagium = pesée. Faire l’essai d’un nouveau produit, prendre quelqu’un à l’essai, un coup d’essai…

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Boule puante, une histoire ancienne

Au sens propre comme figuré du terme, la boule puante porte bien son nom. Concernant l’accessoire de farces et attrapes, il s’agit d’une petite ampoule de verre dans laquelle est inséré du sulfure d’ammonium (sel d’ammonium du sulfure d’hydrogène) et qui, une fois brisée, libère de l’hydrogène sulfuré (gaz inflammable et incolore très toxique composé de soufre et d’hydrogène), particulièrement reconnaissable à son odeur nauséabonde d’œuf pourri. Ceux qui développent des photos connaissent bien l’odeur liée au virage sépia. J’en utilisais autrefois dans mon laboratoire au grenier chez mes parents… qui appréciaient moyennement, on se demande bien pourquoi !… Quant au sens figuré, très à la mode actuellement, il n’est pas nouveau. Déjà en 1965, lors de la campagne présidentielle, Charles de Gaulle avait utilisé cette expression qui en politique, consiste à révéler une affaire pour porter atteinte à la réputation d’une personne du camp adverse… ou pas… afin de la déstabiliser : Ceux qui lancent ces boules puantes finissent par sentir plus mauvais que ceux qui les reçoivent (Ch. de Gaulle).

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