Le syndrome de Münschhausen

Le syndrome du Münschhausen (écrit aussi Münschausen) désigne une pathologie psychologique dont la caractéristique est d’avoir un besoin incompressible de simuler une maladie ou un traumatisme (voire de l’automutilation) dans le but d’attirer la compassion, l’attention d’autrui et particulièrement du corps médical, de présenter des troubles fictifs. Mais pourquoi du baron de Münschhausen ? L’origine est liée à ce fameux baron qui a réellement existé (1720-1797). C’était un officier allemand du nom de Karl Friedrich Hieronymus Freiherr von Münchhausen, mercenaire engagé dans l’armée russe. Des exploits invraisemblables lui sont attribués comme par exemple avoir voyagé sur la Lune sur un boulet de canon ou dansé avec Vénus, exploits rapportés en anglais en 1785 par Rudolph Erich Raspe (écrivain et scientifique allemand) à qui il les aurait racontés, sous le nom Baron Münchhausen’s Narrative of his Marvellous Travels and Campaigns in Russia. Le livre sera traduit en allemand (Gottfried August Bürger), puis en français (Théophile Gautier fils). Le baron est connu en France sous le nom de baron de Crac, du Mensonge, selon l’expression raconter des craques. L’histoire sera reprise au cinéma (la première fois en 1911 par Georges Méliès), puis à la télévision et enfin au théâtre (XXIe siècle). Le nom de cette pathologie a été trouvé par le Dr Richard Asher (médecin endocrinologue britannique) en 1951, en référence aux affabulations du baron de Münschhausen.

Syndrome de Marie-Antoinette

Le syndrome de Marie-Antoinette désigne le blanchiment soudain des cheveux, phénomène assez rare mais qui existe à condition d’avoir déjà quelques cheveux blancs, et dont l’hypothèse scientifique actuelle est axée sur le principe d’une réaction auto-immune. Le système immunitaire de l’organisme ferait, après un fort choc émotionnel généralement, une réaction de rejet brutal du système pigmentaire des follicules pileux. Mais pourquoi Marie-Antoinette ? Certains témoins de l’époque auraient remarqué que dans la nuit précédant sa montée sur l’échafaud, le 16 octobre 1793 à 38 ans, Marie-Antoinette avait blanchi d’un coup. C’est ce que l’on appelle aussi le syndrome de canitie subite. Le terme canitie vient du latin canities = blancheur des cheveux. Ce mot est apparenté au terme chenu, du latin canutus = gris, blanc. Sainte-Beuve assure quant à lui, dans ses Causeries du lundi, que la transformation de Marie-Antoinette avait eu lieu plus tôt, à savoir le 21 juin 1791 au terme de sa tentative de fuite hors de France, la famille royale se faisant arrêter à Varennes. Ce phénomène fut remarqué plusieurs fois au cours des siècles, comme par exemple Thomas More quand il fut jugé pour haute trahison puis décapité le 6 juin 1535. Une expression bien connue témoigne de ce syndrome : se faire des cheveux blancs.

Fierabras ou fier-à-bras ?

Fier-à-bras est le nom d’un géant sarrasin des chansons de geste, ces dernières se présentant sous forme de récits versifiés relatant généralement des exploits guerriers ou fantastiques du passé. Fier est pris au sens de redoutable, sauvage. Fierabras est le nom de la chanson de geste du XIIe siècle qui raconte précisément les aventures de Fier-à-bras. Elle a inspiré plus tard Cervantès (dans Don Quichotte), Calderon de la Barca et Franz Schubert. Le personnage de fiction Fier-à-bras est un géant de 15 pieds (4.60 m environ), chevalier sarrasin et roi d’Alexandrie. Son nom possède plusieurs origines possibles : soit de Fierebrace = terrible par ses bras, soit du latin fera bracchia = bras redoutables, soit sur l’impératif du verbe férir = frapper, ce qui donne frappe de tes bras. Fier-à-bras, fils du roi païen Balan, s’était emparé de Rome et avait pillé à cette occasion les reliques du trésor de Saint-Pierre, notamment le baume ayant servi à la sépulture de Jésus, baume ayant le don miraculeux de guérir les blessures. La chanson de Fierabras est donc un poème de plus de 6 200 alexandrins qui reprend cette légende et l’associe à celle racontant l’expédition guerrière de Charlemagne en Espagne. La légende a été connue par un passage de la Chronique rimée (1243 – Philippe Mousket) et par un poème intitulé la Destruction de Rome, peut-être aussi en rapport avec la prise de Rome par les Sarrasins en 846. L’expression jouer le fier-à-bras signifie faire le brave, mais surtout être vantard, en parlant d’une personne qui n’a pas le courage de ce qu’elle affiche.

Bouche bée

Rester bouche bée, c’est se trouver immobile, la bouche ouverte de surprise, de stupeur, être ahuri, stupéfait. Exemple : En apprenant la nouvelle, elle resta bouche bée. Mais pourquoi bée ? En ancien français, le verbe béer signifiait rester la bouche ouverte.  Bayer, béer (XIIe siècle) = être ouvert, du latin populaire batare (onomatopée à l’origine). Le mot a d’ailleurs été confondu au XVIIe siècle avec bâiller, d’où l’expression bayer aux corneilles. Un gouffre béant = un gouffre à ciel ouvert, très grand.

Essai et essayage

Les noms masculins essai et essayage ne s’utilisent pas dans les mêmes contextes. On parlera d’essayage essentiellement lorsque cela concerne un vêtement, qu’il soit en cours de confection afin d’y effectuer des retouches, ou qu’il soit fini, pour voir s’il nous va bien : une cabine d’essayage. Dans les autres cas, on parlera d’essai. Essai vient du latin exagium = pesée. Faire l’essai d’un nouveau produit, prendre quelqu’un à l’essai, un coup d’essai…

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