Crosne

Le crosne (Stachys affinis) est une plante vivace à tubercules, cultivée pour ses rhizomes comestibles. La saveur de ce légume racine est réputée délicate et son goût est proche de celui du cœur d’artichaut et de la noisette. On l’appelle aussi crosne du Japon. C’est une plante originaire de Chine qui fut introduite et cultivée au Japon d’où elle fut ensuite importée en Europe à la fin du XIXe siècle, et en France particulièrement en 1882 quand Désiré Bois, professeur au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris en reçut les premiers tubercules. Son collègue Nicolas-Auguste Paillieux (écrit aussi parfois Pailleux) en planta quelques tubercules dans son jardin de l’Essonne à Crosne et donna à la plante le nom de son village (500 habitants à l’époque). Les crosnes, ayant du succès, furent rapidement cultivés, très appréciés pendant plusieurs dizaines d’années pour tomber dans l’oubli à la fin du XXe siècle, car très longs à nettoyer (secoués et frottés avec du gros sel) et supplantés par des légumes plus rapides à préparer. Depuis quelques années, il revient à la mode malgré un prix élevé et se cultive à nouveau. Il est désormais généralement proposé dans sa forme nettoyée, prélavée, plus facile à cuisiner.

Allitération – tautogramme – virelangue

Une allitération, du latin ad = à et littera= lettre, est une figure de style qui consiste en la répétition d’une ou plusieurs consonnes, généralement à l’attaque des syllabes accentuées dans un même vers ou une même phrase. Au-delà de l’effet rythmique recherché, l’allitération permet notamment de redoubler sur le plan phonique ce que le signifié peut représenter. Elle permet de lier à la fois phoniquement (sons) et sémantiquement (sens, signification) des qualités ou caractéristiques spécifiques au propos. Cela constitue un moyen d’en renforcer la teneur ou la portée sur l’interlocuteur. Voici deux exemples bien connus d’allitérations (en CH) : Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien. Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches ou archisèches ? Voici maintenant un exemple littéraire d’allitération : le vers d’Andromaque de Racine (acte V, scène 5) : Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?

Le tautogramme, du grec ancien ταυτό (tauto) = le même, et γράμμα (gramma) = lettre, désigne quant à lui le cas particulier d’allitération où tous les mots du texte commencent par la même lettre. Exemple : Didon dîna du dos dodu d’un dodu dindon. Exemple littéraire : Mazarin, ministre malade, méditait même moribond malicieusement mille maltôtes (Louis de Court, Variétés ingénieuses, ou Recueil et mélange de pièces sérieuses et amusantes, 1725).

Le  virelangue appelé aussi casse-langue ou fourchelangue est une locution récente, néologisme calque du mot anglais tongue-twister = qui fait tordre la langue, (voire une phrase ou un petit groupe de phrases) de nature ludique dont la caractéristique réside dans sa grande difficulté de prononciation ou de compréhension orale, et parfois les deux ! Exemples de virelangues : Tonton, ton thé t’a-t-il ôté ta toux ? Tas de riz, tas de rats ; tas de riz tentant, tas de rats tentés. Je veux et j’exige d’exquises excuses ! Lorsqu’une phrase est difficile à comprendre au point de donner l’impression d’être en langue étrangère, on parlera alors de trompe-oreilles, à dire le plus vite possible. Voici l’exemple du tas de riz, version trompe-oreilles : Tas de riz, tas de rats, tas de riz tentant tas de rats tentés, tas de riz tentant tenta tas de rats tentés, tas de rats tentés tâta tas de riz tentant. Autre exemple : Tout étant à tenter Toto pour que tout t’aille, ta tante et ton tonton t’ont tour à tour ôté ta toque et ton tutu, atours de ta beauté, tant tentants sont ton teint et ta tête et ta taille.

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Litote – hyperbole – euphémisme

La litote, du bas latin litotes, emprunté au grec litotês = simplicité, est une figure de rhétorique (procédé d’expression appelé aussi figure de style) et d’atténuation qui consiste à dire moins pour laisser entendre plus que ce qui est exprimé, à affaiblir l’expression de la pensée tout en renforçant l’information. Un exemple caractéristique : Chimène dit à Rodrigue, qui vient de tuer son père dans un duel (Le Cid de Corneille 1637 – acte III scène 4) : Va, je ne te hais point ! La litote caractérise une expression de manière à susciter un sens bien plus fort que la simple énonciation de l’idée exprimée. L’antonyme de la litote est l’hyperbole (du grec hyperbolê, de hyper = au-delà et ballein = jeter, cette figure de style consistant à exagérer l’expression d’une idée ou d’une réalité, généralement négative, pour la mettre en relief. C’est le principal support de l’ironie et de la caricature. En ce domaine (caricature), les exemples sont nombreux. L’euphémisme (du grec euphemismas, du grec phêmi = je parle et eu = bien, heureusement) en revanche atténue l’expression d’idées à connotation négative ou renvoie à un référent désagréable sans pour autant utiliser le terme adéquat, dans le but d’adoucir la réalité, alors que la litote renforce l’information. Exemples d’euphémismes : théâtre des opérations pour désigner élégamment un champ de bataille, boulevard des allongés pour désigner un cimetière, défavorisé ou modeste pour signifier pauvre, s’éteindre pour dire mourir, lisser les effectifs pour licencier…

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Epistolaire étymologie

L’adjectif épistolaire vient du latin epistolaris, de epistola = épître, lettre écrite par un auteur ancien (pas vieux au sens de vieillard, mais ancien, de l’ancien temps…) ou en vers, qui traite de sujets moraux ou philosophiques et très souvent sur un ton satirique (Les Épîtres de Boileau), ou alors texte emprunté au Nouveau Testament. De manière générale, en littérature, le genre épistolaire, désigne des écrits constitués de correspondances réelles ou fictives (roman épistolaire). Exemples : Les Lettres persanes de Montesquieu, Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos (œuvres du XVIIIe siècle). On parlera également de relation épistolaire, à savoir constituée de correspondance écrite entre deux personnes.

Chapeauter ou chapoter ?

Les verbes chapeauter et chapoter existent bien, mais leurs significations sont différentes, donc attention à l’orthographe en fonction de ce que l’on veut dire ! Le plus répandu des deux est le verbe chapeauter (1892 – Guérin), lié au nom chapeau (XIe siècle), du latin populaire capellus, de cappa signifiant couronne de fleurs jusqu’au XVIe siècle. Maintenant, un chapeau, tout le monde sait ce que c’est ! Le verbe chapeauter, en termes familiers, désigne le fait d’avoir une supériorité hiérarchique (exemple : chapeauter plusieurs associations, plusieurs entreprises ou services). Chapeauter, c’est aussi coiffer d’un chapeau, bien sûr ! Le verbe chapoter en revanche possède une signification et une étymologie très différentes, dérivé en -oter du verbe chaper = couper. Chapoter signifie dégrossir, couper, notamment avec une plane (bois). En poterie, chapoter consiste à détacher avec un chapotin (outil spécifique) les matières qui adhèrent aux pièces en céramique fraîchement défournées. Notons que le nom du chapon (coq castré), de même origine, signifie littéralement animal découpé.

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