Suie et suif

Voici deux noms à ne pas confondre : la suie et le suif. Le nom féminin suie, du gaulois sūdia, cf. moyen irlandais súide, gallois huddugl, attesté sous la forme sugia en latin tardif (1130 – dict. étym.) désigne une matière carbonée noire et épaisse, résultant d’une combustion incomplète et emportée par la fumée : la suie de cheminée. Le nom masculin suif, de l’ancien français seu issu du latin sebum = graisse, désigne la graisse d’animaux herbivores comme le mouton et le bœuf et servant autrefois à fabriquer des bougies, des pommades, des savons. Le suif est composé principalement de stéarine et d’oléine, que l’on recueille par fusion (graisse fondue). Le suif est utilisé aussi pour l’assouplissement et l’imperméabilisation des cuirs ou comme lubrifiant sur le bois (cales de lancement des bateaux). Le suif n’est pas qu’animal, il désigne également une graisse végétale, analogue au suif animal pour son utilisation : suif de Camara, d’Ochoco, arbre à suif. Récemment, le 28 novembre 2016, la banque d’Angleterre a confirmé que du suif d’origine bovine faisait partie des composants des nouveaux billets en polymère de 5 £ lancés en septembre dernier, ce qui a valu la création par les vegans d’une pétition réunissant près de 100 000 signatures contre l’utilisation de matière animale dans ces billets. La société Innovia qui produit le billet de banque précise que ce suif permet au polymère d’être anti-statique, et qu’il faudra du temps pour trouver un substitut. 440 millions de billets de 5 £ ont déjà été produits, à suivre…

Les bulles papales ou bulles du pape

La locution bulle papale (que l’on appelle aussi bulle pontificale ou apostolique) désigne un courrier religieux écrit par le pape et scellé par un sceau auquel est attaché une boule de plomb (sceau de plomb). Pourquoi bulle ? Le terme date du XIIe siècle et vient du latin médiéval bulla = sceau. Par cet acte, le pape pose un acte juridique important, comme par exemple une nomination épiscopale (d’un évêque), une définition dogmatique (affirmation considérée comme fondamentale selon les principes de la foi), la convocation d’un concile (du latin concilium = assemblée d’évêques qui établit les doctrines, les dogmes et de discipline commune), une canonisation (reconnaissance officielle d’une personne comme sainte). Les premiers papes se contentèrent de mettre sur la bulle leur nom avec une croix et le chiffre indiquant leur rang. Le style évolua ensuite. Le pape Pascal II (1099-1118) choisit définitivement l’effigie de Saint Paul et de Saint Pierre, gravée au revers des bulles pontificales. Lorsque Jean-Paul II et Jean XXIII ont été canonisés le 30 septembre 2013, le pape François a rédigé, comme le veut la tradition, une bulle de canonisation. Le 11 avril 2015, le pape François a également rédigé une bulle d’indiction proclamant une année sainte extraordinaire, Misericordiae vultus (Le visage de la Miséricorde)L’appellation de bulle fait référence à la forme suivant laquelle le document est émis. Cependant, au-delà du côté religieux, le mot bulle a désigné à l’origine une petite sphère métallique destinée à contenir un talisman, que l’on attachait au cou des enfants romains. Ces derniers ne devaient jamais s’en séparer, ni pour le bain ni pour l’exercice physique. Il existe divers recueils des bulles papales, le plus complet étant le Bullarium magnum, imprimé à Rome de 1733 à 1748 en 14 volumes in-folio, et complété ultérieurement par un supplément de Andrea Barberi en 20 volumes, in-folio, 1835-1860. Voici quelques exemples de bulles papales, loin d’être humanistes : la bulle du pape Innocent VI, le 15 mai 1252, Ad extirpanda,qui autorise la torture des hérétiques, la bulle Dum diversas de Nicolas V, en 1452, qui autorise le roi Alphonse V du Portugal à ‘ réduire en esclavage en Afrique occidentale tout sarrasin, païen ou autre infidèle ‘, le 14 juillet 1455, Paul IV institue le ghetto hébraïque par la bulle Cum nimis absurdum, Innocent VII, en 1494, ordonne sans détours par la bulle Summis desirantes de supprimer la sorcellerie et l’hérésie dans toute la vallée du Rhin.

Aquaponie

L’aquaponie est une forme d’aquaculture (ou halieuculture, désignant les activités de production animale ou végétale en milieu aquatique) intégrée associant une culture de végétaux en symbiose avec l’élevage de poissons et/ou d’amphibiens (batraciens essentiellement). L’engrais destiné au végétal cultivé est constitué des déjections des poissons ou amphibiens. Le terme français aquaponie est une traduction de l’anglais aquaponics, constitué de la fusion entre aquaculture et hydroponie (culture de plantes par de l’eau enrichie en matières minérales, hors sol dans un substrat). Le but est de trouver et maintenir un juste équilibre entre les poissons, la nourriture apportée, les bactéries et la végétation cultivée pour permettre une production intensive de biomasse au sein d’un volume d’eau et d’un espace au sol réduits. De ce fait, l’aquaponie est même possible en ville, au plus près des consommateurs avec une empreinte carbone réduite (fermes urbaines aquaponiques). La culture la plus facilement pratiquée est celle des herbes aromatiques et certains restaurateurs produisent déjà eux-mêmes la nourriture qu’ils cuisinent (gastronomie – grands restaurants). Le principe de l’aquaponie est ancien, déjà utilisé par les Aztèques qui cultivaient sur des chinampas (îlots artificiels qui exploitaient les mêmes principes), mais utilisé aussi par exemple dans les rizières depuis fort longtemps. Ce type de culture est très peu gourmand en eau du fait du circuit fermé. Il est possible d’économiser 90 % d’eau par rapport à une culture en pleine terre.

Mille nautique

Les milles nautiques, on en entend souvent parler en ce moment avec le Vendée Globe, mais à quoi correspondent-ils par rapport à nos mètres et kilomètres ? Le mille marin appelé aussi mille marin international ou nautique est une unité de mesure de distance située en dehors du Système international d’unités et utilisée en navigation maritime et aérienne, valant 1 852 mètres. Contrairement à son apparence, il s’agit bien d’une unité dérivée du système métrique car sa valeur exacte, passant par les pôles, est de 40 008 km / 360 / 60 = 1 852,22 m, arrondie à 1 852 m. Le mille marin ou nautique est défini par le Bureau international des poids et mesures (BIPM). L’utilisation du mille nautique (au pluriel : des milles nautiques) est pratique, lorsqu’on exprime la position d’un avion ou d’un bateau en degrés et minutes, car sa valeur est proche de la longueur d’un arc à la surface de la Terre équivalant à une minute d’angle en latitude. Autrefois, le mille marin avait des valeurs différentes selon les pays et sa longueur a été arrêtée à sa valeur actuelle (1852 mètres) en 1929 lors de la première conférence hydrographique internationale extraordinaire de Monaco.

Régalien

Régalien : voici un mot que l’on entend souvent dans les médias depuis quelques semaines, mais que signifie-t-il ? Régalien est un adjectif issu du latin regalis = royal et qui définit ce qui est attaché à la souveraineté, qu’il s’agisse du peuple, du roi ou de la reine, selon les régimes politiques. Le droit régalien est à la base attaché à la royauté, et en république comme à l’heure actuelle en France, il manifeste la survivance d’anciennes prérogatives royales. Les droits régaliens ne peuvent faire l’objet de délégation. Pour donner un exemple concret, en France, le droit de grâce du Président de la République est un droit régalien. L’article 17 de la Constitution de la Ve République autorise en effet le Président de la République française à exercer le droit de grâce mais ce n’est pas une nouveauté car il s’agissait d’un des droits régaliens des anciens rois de France. Les droits régaliens furent réellement définis au XVIe siècle par François Ier lorsqu’il confia en 1515 et 1523 la régence (gouvernement transitoire mis en place dans une monarchie pendant l’absence, l’incapacité ou la minorité d’un souverain) à sa mère. C’est un terme purement français, sans équivalent dans d’autres langues. En France, certains ministères sont régaliens : la Défense, les Affaires étrangères, la Justice, les Finances et l’Intérieur.

123456...277

Vivre |
Éditions du tanka francophone |
SISSI ou la destinée d'... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Une majorité pour François ...
| LisezMoi
| Toute une histoire ...