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Chapeauter ou chapoter ?

Les verbes chapeauter et chapoter existent bien, mais leurs significations sont différentes, donc attention à l’orthographe en fonction de ce que l’on veut dire ! Le plus répandu des deux est le verbe chapeauter (1892 – Guérin), lié au nom chapeau (XIe siècle), du latin populaire capellus, de cappa signifiant couronne de fleurs jusqu’au XVIe siècle. Maintenant, un chapeau, tout le monde sait ce que c’est ! Le verbe chapeauter, en termes familiers, désigne le fait d’avoir une supériorité hiérarchique (exemple : chapeauter plusieurs associations, plusieurs entreprises ou services). Chapeauter, c’est aussi coiffer d’un chapeau, bien sûr ! Le verbe chapoter en revanche possède une signification et une étymologie très différentes, dérivé en -oter du verbe chaper = couper. Chapoter signifie dégrossir, couper, notamment avec une plane (bois). En poterie, chapoter consiste à détacher avec un chapotin (outil spécifique) les matières qui adhèrent aux pièces en céramique fraîchement défournées. Notons que le nom du chapon (coq castré), de même origine, signifie littéralement animal découpé.

Différence entre éclaircir et éclairer

Le verbe éclairer, du latin exclarare (même sens), signifie, au sens concret, apporter de la lumière dans un endroit sombre (éclairer une pièce) et par extension fournir une source de lumière à quelqu’un. Exemple : Peux-tu m’éclairer s’il te plaît ? Je ne vois pas bien le trou de la serrure. Éclairer désigne également le fait de rendre une idée plus compréhensible. Exemple : Merci de m’avoir éclairé (surtout pas éclairci !), je comprends mieux maintenant le fonctionnement de cet appareil grâce à vos explications. Éclairer comme éclaircir sont liés au terme clair, de l’ancien français cler, issu du latin clarus = clair. Le verbe éclaircir quant à lui désigne le fait de rendre plus clair dans le sens moins foncé. Exemple : Les nuages se dissipent, le temps s’éclaircit. Il désigne également le fait de rendre plus net, plus pur, plus distinct. Exemple : Ma voix s’est éclaircie grâce à cette cuillerée de miel. Le verbe éclaircir s’utilise également en cuisine, pour désigner le fait de rendre un sirop, une sauce plus liquide. Au sens figuré, on parlera d’éclaircir les idées, les affaires, ce qui signifie les rendre plus claires, ôter un doute, les rendre moins confuses. À notre époque, on n’en manque pas, d’affaires à éclaircir !

Belliqueux origine

Une personne belliqueuse aime la guerre, la dispute, elle cherche à la provoquer, l’encourage, c’est une personne agressive, batailleuse, querelleuse. En parlant d’un inanimé, l’adjectif belliqueux désigne la nature guerrière : une expédition belliqueuse, un discours belliqueux. L’adjectif belliqueux (XVe siècle – 1468 – Chastellain, Œuvres, VI, 366) vient du latin bellicosus = guerrie, de bellum = guerre. Il existe aussi l’adjectif bellique, très usité au XVIe siècle mais désormais complètement tombé en désuétude : une colonne bellique, dont le fût est en forme de canon.

Paréidolie

La paréidolie est la tendance à trouver des formes familières dans des objets ou formes sans rapport. Le terme vient du grec ancien para- = à côté de, et eidôlon, diminutif d’eidos = apparence, forme. Tout le monde en a déjà fait l’expérience, ne serait-ce qu’en regardant les nuages. L’illusion d’optique fait qu’on y aperçoit parfois comme un visage, un animal ou autre chose, quoi qu’il en soit, quelque chose de clair et identifiable, alors que le stimulus visuel est au départ informe et ambigu. Les paréidolies les plus insolites sont généralement liées à la religion, comme par exemple des toasts présentant le supposé visage de Jésus Christ ou de la Sainte Vierge ayant été vendus à près de 30 000 dollars sur Ebay ! Le cerveau a en effet besoin de créer du sens et la paréidolie est en fait causée par la tendance naturelle à assimiler des perceptions nouvelles aux perceptions déjà connues et répertoriées par chacun de nous. Ce qui est particulier avec la paréidolie, c’est que deux personnes regardant par exemple le même nuage n’y verront pas les mêmes formes connues. L’une verra par exemple un visage tandis que l’autre verra autre chose de totalement différent, sa perception étant différente en fonction de son propre répertoire (culture, prédispositions, âge, etc.).

Pineau et pinot

Les noms pineau et pinot sont des homophones et concernent tous deux le raisin. Le pineau est une spécialité des Charentes, dénommé d’ailleurs le pineau des Charentes. Il s’agit du mélange de moût (mixture obtenue par pressurage ou cuisson de végétaux ou d’extraits de végétaux) de raisin frais et de cognac (eau-de-vie de vin), c’est un vin de liqueur d’appellation d’origine contrôlée (VLAOC). Le pineau des Charentes est connu depuis le XVIe siècle. Il existe deux sortes de pineau, le pineau blanc et le pineau rosé (ou rouge, appellation autorisée depuis 2009). Le terme de pinot quant à lui désigne un cépage (type de plan de vigne) à petits grains : pinot noir, pinot blanc, pinot gris. Il est cultivé notamment en Bourgogne, région d’origine du pinot noir, mais également en Alsace et dans le Jura entre autres. Le vin qui est issu de cette culture prend le nom du cépage.

Bouche bée

Rester bouche bée, c’est se trouver immobile, la bouche ouverte de surprise, de stupeur, être ahuri, stupéfait. Exemple : En apprenant la nouvelle, elle resta bouche bée. Mais pourquoi bée ? En ancien français, le verbe béer signifiait rester la bouche ouverte.  Bayer, béer (XIIe siècle) = être ouvert, du latin populaire batare (onomatopée à l’origine). Le mot a d’ailleurs été confondu au XVIIe siècle avec bâiller, d’où l’expression bayer aux corneilles. Un gouffre béant = un gouffre à ciel ouvert, très grand.

Essai et essayage

Les noms masculins essai et essayage ne s’utilisent pas dans les mêmes contextes. On parlera d’essayage essentiellement lorsque cela concerne un vêtement, qu’il soit en cours de confection afin d’y effectuer des retouches, ou qu’il soit fini, pour voir s’il nous va bien : une cabine d’essayage. Dans les autres cas, on parlera d’essai. Essai vient du latin exagium = pesée. Faire l’essai d’un nouveau produit, prendre quelqu’un à l’essai, un coup d’essai…

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Les fibres alimentaires – légumes – légumineuses

Les fibres alimentaires sont les résidus fibreux des aliments végétaux. L’apport journalier conseillé se situe autour de 30 grammes (hommes et femmes). Fruits riches en fibres : pomme, poire, prune, abricot, mûre, framboise, fraise, kaki Persimon, noix de coco, goyave, fruit de la passion, groseille, cassis, fruits séchés (figues, pruneaux, noisettes, dattes, amandes, cacahuètes). Légumes riches en fibres : haricot blanc ou rouge, lentilles, aubergine, petits pois, pois chiches, courgette, asperge, pomme de terre, poireau, carotte. Il est important de préciser que les fibres sont contenues en partie dans la peau des fruits et des légumes. Avantages des fruits et légumes riches en fibres : pauvres en calories, piègent les graisses saturées, gonflent dans l’estomac (effet coupe-faim), favorisent le transit, effet diurétique. Aliments particulièrement fibreux : céréales complètes, pain au son, pruneaux, melon, pastèque, peau de tous les fruits (attention, ne la manger que si le fruit est cultivé biologiquement), céleri branche, haricot vert, poireau, rhubarbe, cresson, oseille, légumineuses (lentilles, haricots blancs et rouges, etc.), crudités de manière générale.

Les termes légume et légumineuse ne désignent pas les mêmes choses. Les légumes sont des plantes potagères dont on peut manger les graines (riz), les feuilles (épinards), les tiges (rhubarbe) ou les racines (pommes de terre, carottes…), selon les espèces. Les légumineuses sont notamment les légumes secs (comportant 8 à 15 % de fibres) qui regroupent les haricots blancs/rouges, les lentilles vertes/blondes, les pois et les fèves. Leur gousse est exploitée comme légume (haricots, pois). Le fourrage est une légumineuse (trèfle, luzerne).

Différence entre radicalité et radicalisation

Le terme radical vient du bas latin radicalis, de radix, -icis = racine. Le nom féminin radicalité désigne le caractère radical de quelque chose, c’est le fait ou la caractéristique de ne pas admettre d’exception. Un mot radical est aussi, en langue française, un mot simple auquel on ne peut enlever aucun préfixe ni suffixe. L’adjectif radical désigne ce qui est en rapport avec la racine, l’essence de quelque chose, le principe fondamental ou qui a une action décisive sur les causes profondes d’un phénomène : une décision radicale. Le nom radicalisme était synonyme de radicalité mais a pris depuis quelques dizaines d’années, pour les raisons que l’on  connaît, un sens politique éloigné de son sens initial. Le nom féminin radicalisation désigne le fait de se radicaliser ou l’action de radicaliser d’autres personnes. C’est le processus par lequel un individu ou un groupe d’individus adopte une forme violente d’action directement liée à une idéologie extrémiste dont le contenu est politique, social ou religieux et contestant l’ordre établi (plan politique, social, culturel, religieux).

Ruralité et rusticité

Les noms ruralité et rusticité possèdent la même origine et sont liés à l’adjectif rural,  du latin ruralis, de rus, ruris = campagne.  Rustique vient du latin rusticus, de rus = campagne (1495, J. de Vignay – dict. étym.) et rusticité date du XIVe siècle, du latin rusticitas. Hormis qu’il s’agisse de termes liés à la campagne, cela, nous l’avons compris, quelle est la différence entre ruralité et rusticité ? Le nom féminin ruralité désigne l’ensemble des caractéristiques et valeurs du monde rural. Exemples : La ruralité de ce territoire permet l’implantation de nouvelles cultures. La ruralité est désormais souvent perçue comme source de bien-être loin des villes au rythme de vie agressif. La rusticité quant à elle désigne le caractère de ce qui est rustique : la rusticité d’un mobilier (une armoire, une table rustique), d’un type d’habitat.

Econome et économiste

L’adjectif économe désigne le fait de dépenser avec mesure, parcimonie. Une personne économe. Attention, ne pas confondre avec radin(e) ! La radinerie est le fait d’être avare, c’est-à-dire aimer amasser de l’argent mais rechigner à le dépenser. Le nom masculin économe désigne quant à lui le gestionnaire d’une communauté, d’un établissement, mais aussi un petit instrument de cuisine servant à éplucher les légumes. Le terme économe vient du latin juridique œconomus = administrateur, emprunté au grec oikonomos, de oikos = maison et nomos = administration. Le nom économiste désigne, lui, une personne professionnelle experte en sciences économiques, chargée de recherche et d’étude sur les grands concepts et phénomènes économiques. Cette personne analyse, enseigne, développe des théories. Au XVIIIe siècle, les physiocrates étaient appelés économistes, la physiocratie étant une doctrine économique et politique, une école de pensée née en France vers 1750 fondant le développement économique sur l’agriculture et prônant également la liberté du commerce et de l’industrie, le gouvernement par la nature (Pierre Samuel du Pont de Nemours), mais qui devint rapidement caduque devant la montée des échanges commerciaux internationaux et le développement du secteur secondaire.

Marquise de porte étymologie

En termes d’architecture, une marquise est un auvent vitré à structure généralement métallique (on en trouve en bois aussi), destiné à protéger les portes des intempéries. Autrefois, il s’agissait simplement d’une toile tendue devant un édifice ou une tente pour protéger du soleil et de la pluie, surtout sur les bateaux, particulièrement le seconde toile tendue au-dessus de la tente du gaillard d’arrière, protégeant de la chaleur et des pluies. Le nom marquise est issu du bas latin marca (= borne, limite), devenu marche en français, et transformé en marque par la prononciation picarde. On disait marchise en vieux français.

Différence entre rotin et osier

Le rotin et l’osier sont souvent confondus au niveau des meubles. Le rotin est un type de plante proche du palmier, c’est un matériau spécifique tandis que l’osier, à part l’osier en tant que saule à rameaux servant à tresser des paniers et constitué d’une seule et unique fibre pleine, est aussi une technique de fabrication d’objets (chaises, tables, paniers, etc.). La tige de rotin (plante asiatique) est constituée de plusieurs fibres entrelacées et cela forme une sorte de bâton plein au diamètre très régulier, qui varie entre 1 et 3 millimètres. La plante peut atteindre plus de 30 mètres de hauteur. Le rotin possède un noyau solide, ce qui lui confère une grande résistance. On utilise la peau extérieure pelée du pôle de rotin pour lier les joints des meubles. La technique ancienne de l’osier est utilisée pour fabriquer des objets (généralement des meubles, corbeilles, paniers) à partir de matériaux naturels comme le rotin, la paille ou le saule. Cette technique consiste à travailler les matériaux humides pour les tresser plus facilement et leur donner différentes formes.

Différence entre magma et lave

Lors des éruptions volcaniques, la roche se transforme en magma puis en lave. Le terme de magma désigne la roche fondue sous la surface de notre planète. C’est un matériau constitué de liquides, de gaz dissous, de particules volatiles et de cristaux en proportions variables. Quand il refroidit, le magma devient de la roche ignée, il en existe deux types : si le magma reste confiné sous la terre, cette roche ignée est appelée roche plutonique ou intrusive, et si le magma monte en surface et sort du volcan, la roche ignée est appelée lave (roches volcaniques, dites aussi extrusives ou effusives). Le magma est donc à l’origine de la formation des volcans car la roche en fusion bouillonnant dans le cratère provient d’une fusion partielle au niveau du manteau de la Terre. La lave est donc elle aussi une roche en fusion, plus ou moins fluide, mais émise par un volcan lors d’une éruption, donc se trouvant à l’extérieur. Elle est issue du magma, réserve de roche en fusion se trouvant dans l’épaisseur des couches rocheuses solides de notre planète. La lave, une fois refroidie, forme de la roche sur la surface de la Terre. Quand elle sort du cratère, sa température est comprise entre 700 °C et 1 200 °C. Pour résumer : le magma est à l’intérieur et la lave à l’extérieur du volcan.

Différence entre éboulement et éboulis

Le verbe ébouler vient de l’ancien français boel, forme ancienne de boyau. Selon Charles de Troyes (1175), esboeler signifiait éventrer. Le terme d’éboulement est apparu plus tard, en 1547 (dict. étym.) et éboulis au XVIIe siècle. L’éboulement désigne l’action d’ébouler, la chute de ce qui s’éboule, de même que l’état d’une chose éboulée, c’est un phénomène rapide et brutal : un éboulement provoque le blocage de la route. L’éboulis désigne quant à lui les matières éboulées (il ne bouge pas, il est au sol, déjà tombé) : un éboulis de roches. Attention, un éboulement est fait de grosses roches et rochers tandis qu’un glissement de terrain est constitué surtout de terre et de boue.

Différence entre liminaire et préliminaire

L’adjectif liminaire, du latin liminaris, de limen, liminis = seuil, entrée, se rapporte à quelque chose se trouvant au début d’un livre, poème, débat : une remarque, un prologue, une épître liminaire.  L’adjectif préliminaire précède ou prépare quelque chose : une rencontre préliminaire, une enquête préliminaire. Son sens est moins restreint que celui de l’adjectif liminaire. Un discours préliminaire permet d’éclaircir, de présenter le sujet avant le discours lui-même. On parlera également de régler une question préliminaire, à savoir une question qui précède la matière principale. Les préliminaires en revanche, toujours au pluriel, désignent l’ensemble des négociations précédant un accord de paix mais aussi les gestes et paroles qui précèdent une relation intime.

Audience, auditoire et audimat

Les noms audience, auditoire et audimat ont tous une origine commune, à savoir le verbe latin audire = entendre/écouter.  Le terme d’audience (nom féminin) vient du latin audientia qui désigne l’action d’entendre, du verbe audire = écouter. Du XIIe au XVIIe siècle, le sens fut attaché à ce principe d’écoute. Ensuite, il évolua selon son acception dans le domaine juridique (déjà existante), à savoir une séance au cours de laquelle une juridiction interroge les parties. Au XVIe siècle, l’audience désigne la séance d’un tribunal, c’est toujours le cas actuellement. Une audience désigne également un entretien avec un supérieur ou, dans le domaine des médias, l’intérêt que portent les auditeurs ou téléspectateurs à une émission particulière. L’audience des émissions est régulièrement contrôlée pour vérifier si elles sont rentables. Le terme d’auditoire, du latin auditorium, a également une origine juridique mais se spécialise ensuite pour désigner un lieu où l’on s’assemble pour écouter. L’audimat quant à lui est assez récent, il date des années 1980. Formé avec mat de automatique, il s’agit à l’origine d’une marque de l’institut Médiamétrie et a fini par désigner le système d’évaluation de l’audience (médias). Faire monter l’audimat à la télévision ou à la radio en 1980 équivaut à faire le buzz en 2016 (dans un langage plus actuel lié à Internet).

Décade et décennie

Voici deux termes souvent confondus : décade et décennie. Le nom féminin décade (1352) vient du latin decas, -adis = groupe de dix et emprunté au grec deka = dix. Une décade est un groupe de dix jours. Une décennie (1888), l’adjectif décennal venant du latin decennalis, de decem = dix, et annus = année, désigne une période de dix ans. Astuce pour vous en souvenir : pensez à la garantie décennale à l’occasion de la construction d’une maison, garantie de dix ans et évidemment pas de dix jours !

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Suie et suif

Voici deux noms à ne pas confondre : la suie et le suif. Le nom féminin suie, du gaulois sūdia, cf. moyen irlandais súide, gallois huddugl, attesté sous la forme sugia en latin tardif (1130 – dict. étym.) désigne une matière carbonée noire et épaisse, résultant d’une combustion incomplète et emportée par la fumée : la suie de cheminée. Le nom masculin suif, de l’ancien français seu issu du latin sebum = graisse, désigne la graisse d’animaux herbivores comme le mouton et le bœuf et servant autrefois à fabriquer des bougies, des pommades, des savons. Le suif est composé principalement de stéarine et d’oléine, que l’on recueille par fusion (graisse fondue). Le suif est utilisé aussi pour l’assouplissement et l’imperméabilisation des cuirs ou comme lubrifiant sur le bois (cales de lancement des bateaux). Le suif n’est pas qu’animal, il désigne également une graisse végétale, analogue au suif animal pour son utilisation : suif de Camara, d’Ochoco, arbre à suif. Récemment, le 28 novembre 2016, la banque d’Angleterre a confirmé que du suif d’origine bovine faisait partie des composants des nouveaux billets en polymère de 5 £ lancés en septembre dernier, ce qui a valu la création par les vegans d’une pétition réunissant près de 100 000 signatures contre l’utilisation de matière animale dans ces billets. La société Innovia qui produit le billet de banque précise que ce suif permet au polymère d’être anti-statique, et qu’il faudra du temps pour trouver un substitut. 440 millions de billets de 5 £ ont déjà été produits, à suivre…

Aquaponie

L’aquaponie est une forme d’aquaculture (ou halieuculture, désignant les activités de production animale ou végétale en milieu aquatique) intégrée associant une culture de végétaux en symbiose avec l’élevage de poissons et/ou d’amphibiens (batraciens essentiellement). L’engrais destiné au végétal cultivé est constitué des déjections des poissons ou amphibiens. Le terme français aquaponie est une traduction de l’anglais aquaponics, constitué de la fusion entre aquaculture et hydroponie (culture de plantes par de l’eau enrichie en matières minérales, hors sol dans un substrat). Le but est de trouver et maintenir un juste équilibre entre les poissons, la nourriture apportée, les bactéries et la végétation cultivée pour permettre une production intensive de biomasse au sein d’un volume d’eau et d’un espace au sol réduits. De ce fait, l’aquaponie est même possible en ville, au plus près des consommateurs avec une empreinte carbone réduite (fermes urbaines aquaponiques). La culture la plus facilement pratiquée est celle des herbes aromatiques et certains restaurateurs produisent déjà eux-mêmes la nourriture qu’ils cuisinent (gastronomie – grands restaurants). Le principe de l’aquaponie est ancien, déjà utilisé par les Aztèques qui cultivaient sur des chinampas (îlots artificiels qui exploitaient les mêmes principes), mais utilisé aussi par exemple dans les rizières depuis fort longtemps. Ce type de culture est très peu gourmand en eau du fait du circuit fermé. Il est possible d’économiser 90 % d’eau par rapport à une culture en pleine terre.

Mille nautique

Les milles nautiques, on en entend souvent parler en ce moment avec le Vendée Globe, mais à quoi correspondent-ils par rapport à nos mètres et kilomètres ? Le mille marin appelé aussi mille marin international ou nautique est une unité de mesure de distance située en dehors du Système international d’unités et utilisée en navigation maritime et aérienne, valant 1 852 mètres. Contrairement à son apparence, il s’agit bien d’une unité dérivée du système métrique car sa valeur exacte, passant par les pôles, est de 40 008 km / 360 / 60 = 1 852,22 m, arrondie à 1 852 m. Le mille marin ou nautique est défini par le Bureau international des poids et mesures (BIPM). L’utilisation du mille nautique (au pluriel : des milles nautiques) est pratique, lorsqu’on exprime la position d’un avion ou d’un bateau en degrés et minutes, car sa valeur est proche de la longueur d’un arc à la surface de la Terre équivalant à une minute d’angle en latitude. Autrefois, le mille marin avait des valeurs différentes selon les pays et sa longueur a été arrêtée à sa valeur actuelle (1852 mètres) en 1929 lors de la première conférence hydrographique internationale extraordinaire de Monaco.

Régalien

Régalien : voici un mot que l’on entend souvent dans les médias depuis quelques semaines, mais que signifie-t-il ? Régalien est un adjectif issu du latin regalis = royal et qui définit ce qui est attaché à la souveraineté, qu’il s’agisse du peuple, du roi ou de la reine, selon les régimes politiques. Le droit régalien est à la base attaché à la royauté, et en république comme à l’heure actuelle en France, il manifeste la survivance d’anciennes prérogatives royales. Les droits régaliens ne peuvent faire l’objet de délégation. Pour donner un exemple concret, en France, le droit de grâce du Président de la République est un droit régalien. L’article 17 de la Constitution de la Ve République autorise en effet le Président de la République française à exercer le droit de grâce mais ce n’est pas une nouveauté car il s’agissait d’un des droits régaliens des anciens rois de France. Les droits régaliens furent réellement définis au XVIe siècle par François Ier lorsqu’il confia en 1515 et 1523 la régence (gouvernement transitoire mis en place dans une monarchie pendant l’absence, l’incapacité ou la minorité d’un souverain) à sa mère. C’est un terme purement français, sans équivalent dans d’autres langues. En France, certains ministères sont régaliens : la Défense, les Affaires étrangères, la Justice, les Finances et l’Intérieur.

Grume et agrume

Voici deux noms qui se ressemblent mais n’ont pas du tout la même signification ni la même origine. Une grume (nom féminin) est en sylviculture l’écorce laissée sur le bois coupé mais également le tronc d’arbre coupé et ébranché (foresterie). Le terme est apparu en français en 1552, signifiant grain de raisin (Massé). C’est seulement en 1690 que le terme désigna l’écorce laissée sur le bois (Furetière). Le mot vient du bas latin gruma = écorce (Dict. étym.), de grumula (cosse, coquille), diminutif de gluma (peau, écorce, pellicule). Un agrume (nom masculin) est quant à lui un arbuste (et son fruit) de la famille des rutacées, c’est-à-dire la famille de plantes à laquelle la rue, ruta, a donné son nom (oranger, citronnier, etc.). Le terme d’agrume vient de l’italien agrume issu du latin populaire acrumen, de acer = aigre.

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Inconnu et méconnu

Voici deux termes souvent confondus : inconnu et méconnu. La différence est assez simple : inconnu (nom ou adjectif selon les cas) signifie : pas connu, que l’on n’a jamais vu, dont on n’a jamais entendu parler. Un inconnu/une inconnue (nom). Cette personne m’est complètement  inconnue (adjectif) = Je n’ai jamais entendu parler de cette personne. On dit toujours aux enfants de ne pas suivre les inconnus (nom). Méconnu en revanche est toujours un adjectif, jamais un nom et ne signifie pas que la chose ou la personne n’est pas connue, mais qu’elle est mal connue, pas appréciée à sa juste valeur, ignorée, sous-estimée par manque de connaissance suffisamment approfondie. Ce jeune artiste encore méconnu devrait certainement avoir une belle carrière d’ici quelques années. Les contraintes budgétaires de ce service d’État sont relativement méconnues du grand public, par manque principalement d’information.

Demandeuse – demanderesse – défendeur et défenderesse

Les noms demandeur (masculin) et demanderesse (féminin) désignent la partie qui formule une demande en justice, par opposition au défendeur (masculin) et à la défenderesse (féminin), à savoir les personnes contre lesquelles est intentée une action en justice (elles se défendent). Le défendeur est aussi appelé aussi partie défenderesse. Demandeur/demandeuse peut être selon les cas un nom ou un adjectif . Nom : un demandeur d’asile, un demandeur d’emploi. Adjectif : cette personne veut toujours en savoir plus, elle est très demandeuse.

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Différence entre patriotisme et nationalisme

Voici deux termes sujets à diverses interprétations, notamment dans le domaine politique et selon les époques : patriotisme et nationalisme. Côté étymologie, le nom féminin patrie vient du latin patria =  terre des aïeux, dérivé de pater = père. Le nom féminin nation vient du latin natio = progéniture, peuple (1160 – Benoît) de natus = né. Le patriotisme et le nationalisme eux-mêmes possèdent divers degrés, en fonction des époques et climats politiques ou sociaux. Un nationalisme agressif, conquérant et extrême : le régime hitlérien. La notion est plurielle au final. Il peut notamment exister un nationalisme de réaction dans des pays qui ont longtemps été colonisés. On peut y retenir la notion d’exclusion sous-entendue, sans parler pour autant de xénophobie. Le nationalisme ne doit pas être confondu non plus avec le séparatisme (volonté de séparation d’un territoire de l’État auquel il appartient). Le patriotisme s’attache plutôt quant à lui à défendre l’intégrité d’un sol national en cas d’invasion, de guerre, de menace directe ou indirecte à son encontre. Exemple : élan de patriotisme français suite aux attentats de 2015-2016. Le patriotisme touche également le sport de manière courante, à l’occasion de compétitions internationales quelles qu’elles soient et quel que soit le pays, les gens éprouvant une certaine fierté quand un sportif portant leurs couleurs gagne.

Différence entre vote et votation

Le vote et la votation ont en commun le fait de demander leur avis aux citoyens ou membres d’une assemblée. Le vote, mot anglais issu du latin votum = vœu,  désigne l’acte par lequel les citoyens d’un pays ou les membres d’une assemblée (association par exemple) expriment leur opinion lors d’une élection. Le vote, en France, est un processus institutionnel décidé par les élus ou le gouvernement. En revanche, la votation s’applique plus particulièrement à la Suisse, elle y désigne à l’origine un certain type de vote populaire, notamment les référendums d’initiative populaire et locale (ne venant pas des élus mais du peuple). Les votations fédérales y sont quant à elles officielles, ce sont des consultations populaires. La votation dite ‘ citoyenne ‘ existe cependant en France bien que non prévue par la loi. Elle permet de s’exprimer librement sur un sujet précis pour interpeller les institutions en place, tout en étant dépourvue d’objectif électoral (ce qui est le cas du vote). En 2009 par exemple, le collectif ‘ Contre la privatisation de la Poste ‘ avait utilisé ce terme de ‘ votation citoyenne ‘. Il fut utilisé également en 2011 pour les primaires socialistes. En juin 2016, une ‘ votation citoyenne ‘ en France est organisée par les 7 organisations syndicales (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) par rapport au projet de loi Travail (El Khomri) qui fait tant débat afin de permettre aux salariés, jeunes, privés d’emplois, retraités et citoyens de s’engager dans la mobilisation.

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Cohésion et cohérence

La cohésion, du latin cohaesus (= attaché avec) désigne d’une part, au sens figuré, l’union des idées au sein des membres d’un groupe. On parlera par exemple de cohésion sociale pour une action qui favorise l’intégration et l’entente des individus au-delà de leurs différences propres au sein d’un pays, d’une ville.  De même, on parlera de la cohésion d’une équipe, quand ses membres s’entendent bien et que leurs idées et actions vont dans le même sens. D’autre part, la cohésion désigne une organisation logique, comme par exemple la cohésion textuelle d’un document, la cohésion d’un récit (notamment la solidité du lien logique qui unit deux arguments). Enfin, la cohésion désigne, en termes scientifiques et au sens propre, la force d’attraction qui se fait tenir solidement entre elles les molécules d’un corps, qui en assure la cohérence physique (la cohésion provoque la cohérence). La cohérence, du latin cohaerentia (même signification), désigne quant à elle l’homogénéité, la logique à propos d’idées ou d’actions. Exemples : ‘ La cohérence de ce projet d’aménagement des espaces verts de la ville a été applaudie. ‘  - ‘ Le témoin a été très cohérent dans ses explications. ‘ Un texte bien construit, à l’argumentation logique, est un texte cohérent (dont la cohésion des différents éléments est avérée). La cohérence, en termes de physique, s’applique à des vibrations qui présentent entre elles une différence de phase constante dans le temps.

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Calorifère, calorifuge, calorique et calorifique

Le point commun des 4 termes calorifère, calorifuge, calorique et calorifique, c’est qu’ils sont tous liés à la notion de chaleur, du latin calor = chaleur. Mais alors, quelles sont les différences ? Le nom masculin calorifère est surtout utilisé au Québec pour désigner un radiateur, mais au-delà de cette signification, un calorifère est de manière générale un appareil de chauffage par production d’air chaud (Dict. Larousse). Le terme calorifuge est quant à lui, selon les cas, adjectif ou nom masculin. Un calorifuge est un matériau destiné à empêcher la déperdition de chaleur. Ce matériau a donc des propriétés calorifuges (adjectif). Les matériaux calorifuges sont généralement tout ce qui permet l’isolation thermique des bâtiments (canalisations de chauffage, d’eau chaude, toitures, etc.). Le terme calorique, lui, est un adjectif. On parlera de calorie (nom féminin) mais non pas de calorique ! L’adjectif calorique désigne ce qui est relatif à la chaleur mais également énergétique (médecine et diététique). Une boisson calorique est une boisson qui apporte à l’organisme beaucoup de calories. Enfin, le terme calorifique (adjectif uniquement) désigne ce qui produit de la chaleur, qui produit des calories. Ne pas confondre avec calorique, qui en apporte ! On parlera donc d’énergie calorifique, à savoir d’énergie au pouvoir calorifique, qui produit de la chaleur (par exemple, un combustible).

D’où vient le droit de veto ?

Le nom masculin invariable veto (et aussi véto depuis 1990 – réforme orthographe) vient du latin veto = ‘ j’interdis ‘ et désigne notamment un acte par lequel une autorité peut s’opposer à l’entrée en vigueur d’une loi (dict. Larousse) mais plus généralement un droit de dire non, de s’opposer à quelque chose. Un veto est un refus formel. Mettre son veto à quelque chose. Dans l’Antiquité romaine, les tribuns de la plèbe (magistrats chargés de l’administration de tribus, d’où le terme de tribunal) utilisaient cette formule pour s’opposer à un décret du sénat. Les rois utilisaient le verbe ‘ vetare ‘, et à la première personne du singulier, pour s’opposer à une loi, le roi disait ‘ Veto ‘ (je m’oppose). Le veto procure un pouvoir illimité de blocage législatif. Il existe plusieurs sortes de veto : le veto absolu, le veto suspensif et le veto translatif. Par exemple, Louis XVI a eu, par l’Assemblée constituante, un droit de veto suspensif pour deux législatures, donc 4 ans. Cela contribua, selon les monarchiens (partisans à l’Assemblée constituante d’une monarchie constitutionnelle fondée sur le modèle britannique, à ne pas confondre avec les monarchistes, qui refusent tout changement fondamental aux principes de la royauté), à affaiblir le pouvoir exécutif par rapport au pouvoir législatif. Louis XVI fut ainsi surnommé ‘ Monsieur Veto ‘.

 

 

Politologue, politiste et politicien(ne)

Un politicien (une politicienne au féminin), tout le monde sait ce que c’est. Rare avant 1850 et issu de l’anglais politician, le terme de politicien(ne) désigne une personne qui fait de la politique, qui se présente aux élections. La distinction est plus subtile en ce qui concerne les termes de politiste et de politologue. La politologie étant l’étude des faits politiques, la science politique tout simplement, le (la) politologue est un (une) spécialiste… de politologie ! Mais alors le (la) politiste ? C’est à peu près la même chose, sauf que celui-ci (celle-ci) évolue principalement dans la sphère universitaire (Sciences Po) avec une pratique plus axée vers la recherche académique que celle du (de la) politologue qui lui (elle), aura plus un rôle de consultant médiatique.

Robe à sequins

Une robe à sequins est une robe ornée de grosses paillettes brillantes. Mais en connaissez-vous l’origine ? Le sequin était autrefois une pièce d’or italienne de 3,60 g (fin du XIIIe siècle) appelée au départ ducato (ducat). Ces pièces furent frappées pendant plus de 500 ans à l’identique par l’Hôtel de la Monnaie de Venise, jusqu’en 1870 où la monnaie fut démonétisée par le Royaume d’Italie. Le nom de sequin vient de zecchino, issu de zecca (de l’arabe sikka = frappe), qui désignait précisément l’Hôtel de la Monnaie en face du Palais des Doges de Venise. Mais pourquoi avoir changé de nom, passant de ducat à sequin ? Une version du ducat d’or fut créée en argent en 1543 par la Zecca, c’était une grosse pièce de 23,4 g, qu’ils appelèrent ducato. Il fallut donc différencier la pièce en argent de celle en or, qui prit le nom de zecchino (sequin). Au Moyen Âge, dès le XIIIe siècle où commença à se développer le concept de ‘ beauté parfaite ‘ dont sera issu celui de mode vers la fin du XIVe siècle, surtout en Italie et en France, tresser des sequins dans les cheveux était un signe extérieur de richesse. De même pour les vêtements, aussi bien pour hommes que pour femmes (‘ une belle écharpe à sequins ‘ – Les fourberies de Scapin – MOLIÈRE). L’apparence devint peu à peu un moyen de montrer son appartenance sociale. Les sequins, parfois volés vu leur grande valeur, furent remplacés peu à peu par des paillettes en métal moins coûteux.

Glottophobie et discrimination

La glottophobie est le rejet et la discrimination de populations en raison de leurs pratiques linguistiques. Concrètement, vous entendrez à la radio nationale un présentateur ou journaliste généralement sans accent particulier voire avec un léger accent du sud de la France mais jamais avec un accent du nord, par exemple picard, particulièrement dévalorisé voire même ridiculisé. Il peut en être originaire, mais ne doit pas parler avec l’accent régional, ce n’est pas l’origine qui gêne, c’est la façon de parler. Le terme de glottophobie vient de glotte, du grec glôtta, de glôssa = langue. La glotte désigne d’ailleurs la partie du larynx bordée par les deux cordes vocales. La glottophobie est une phobie, dans le cas présent une peur menant concrètement à la discrimination, visant certaines langues ou manières de s’exprimer, considérées comme ‘ inférieures ‘ selon une échelle de valeurs tout à fait arbitraire et dépourvue de fondements justifiables. C’est un phénomène de mode, lié à tout un tas de phobies dans d’autres domaines mais touchant toujours l’humain dans son intégrité et excluant cette loi essentielle du bien vivre ensemble qu’est le respect du principe d’égalité entre tous. Officiellement, ce n’est jamais exprimé, parce que politiquement incorrect, mais la triste réalité est pourtant là, au sein d’une société qui ne cesse de prôner le droit à l’égalité mais qui dans les faits, surtout au niveau des médias nationaux, en contredit la substance. Le discours est enjeu de pouvoir, sa crédibilité passe par une normalisation, à savoir l’appartenance à un moule standardisé. Cette discrimination, comme bien d’autres, est banalisée, invisible pour beaucoup qui n’en ont même pas conscience.

Soldes origine du mot

La fameuse époque des ‘ soldes ‘ est généralement appréciée par les consommateurs pour les fortes réductions de prix proposées dans les magasins. Mais savez-vous quelle en est l’origine ? Il faut remonter au XIXe siècle, avec l’apparition de ce que l’on appelle ‘ la grande distribution ‘. Un certain Simon Mannoury fonda en 1830 le premier grand magasin parisien, alors appelé ‘ Petit Saint-Thomas ‘, plus connu sous le nom qui lui fut donné plus tard en 1852, le ‘ Bon Marché ‘. Simon Mannoury fut le premier à mettre en place un système de prix fixe affiché, et à décider d’écouler après chaque saison les stocks invendus en cassant leurs prix. C’étaient les premiers soldes ! Il faudra attendre 1906 pour qu’apparaissent les premières lois encadrant ces rabais, avec un premier texte réglementant la vente dite ‘ au déballage ’. Bien plus tard, en 1962, un décret précisa la modalités d’application de la loi de 1906 en définissant plus clairement la notion de solde : ‘ les ventes présentant un caractère réellement ou apparemment occasionnel, accompagnées ou précédées de publicité et annoncées comme tendant, par une baisse de prix, à l’écoulement accéléré de marchandises en stock ‘. En 1996, un décret précisa la durée des soldes et les obligations des vendeurs, 2 fois 6 semaines par an, soldes d’été et soldes d’hiver. Puis en 2008, la loi de modernisation économique fixa une date nationale de début et de fin des soldes officiels et instaura 2 catégories de soldes, fixes l’été et l’hiver passant à 5 semaines au lieu de 6, et soldes libres ou flottants. Côté étymologique, en argot, le solde était un coupon d’étoffe invendu. Le terme fut utilisé au singulier (un solde) jusqu’aux premières lois du XXe siècle qui firent utiliser le terme au pluriel (les soldes).

La carotte emblème des buralistes

L’enseigne présente devant tous les débits de tabac depuis 1906 (obligation légale) est une carotte. Mais en connaissez-vous l’origine ? Au XVIe siècle, le tabac n’était pas vendu sous forme de cigarettes (elles sont arrivées en France vers 1830 – Dr M. TOLEDANO, Brève histoire du tabac) ou de cigares mais sous forme de feuilles, à mâcher ou à fumer. Celles-ci étaient rassemblées en petits rouleaux ficelés, ressemblant à une carotte. Pour consommer le tabac, il fallait le râper aux extrémités… comme les carottes. L’enseigne est actuellement rouge et lumineuse, mais autrefois elle était plutôt brune, de la même couleur que le tabac. Précisons qu’au XVIe siècle, donc à l’origine, le tabac était vendu par les apothicaires (ancêtres des pharmaciens) pour ses vertus médicinales. François II en avait d’ailleurs acheté à Catherine de Médicis pour soulager ses migraines. Le tabac était alors utilisé notamment sous forme de tisane.

Carotte tabac

Carotte tabac

Enseigne du barbier origine du poteau

Comme vous l’avez probablement remarqué, le métier de barbier redevient à la mode depuis 6-7 ans (esprit vintage), alors qu’il avait pratiquement disparu. Comme pour tout métier artisanal, l’établissement du barbier est repérable par une enseigne (cela servait autrefois aux gens très nombreux qui ne savaient pas lire, un dessin / une image étant plus utile). Celle-ci est un poteau (cylindre vertical) peint en bleu généralement mais autrefois blanc et rouge. De nos jours, les barbiers s’occupent uniquement de la barbe et des cheveux des hommes (soins divers). Au Moyen Âge, leur rôle était quelque peu plus étendu puisqu’ils faisaient office également, pour certains, d’arracheurs de dents et pouvaient aussi pratiquer de petites opérations de chirurgie et des saignées. Il n’existait pas d’anesthésie évidemment à part de l’alcool. Le patient devait serrer un bâton pour rendre ses veines saillantes, d’où l’enseigne cylindrique. Les bandages utilisés étaient autrefois exposés, enroulés sur le bâton pour les faire sécher. Le rouge est symbole de sang, le bleu représente les artères et le blanc le bandage. Le poteau de barbier est très présent dans les pays anglo-saxons. Les chirurgiens-barbiers (qui pratiquaient de petites opérations chirurgicales) avaient une enseigne jaune et les perruquiers-barbiers étaient reconnaissables par une enseigne blanche. Cependant, les chirurgiens-barbiers adoptèrent finalement le bâton rayé à spirale blanc et rouge, qui représentait l’éclisse utilisée pour les saignées et le pansement utilisé ensuite (L’histoire surprenante et insolite de 322 mots, Robert Henry -1928). Le métier de barbier ne date cependant pas du Moyen Âge. Des rasoirs en pierres aiguisées datant de l’Âge de Bronze ont notamment été trouvés dans des excavations archéologiques égyptiennes. La profession s’est beaucoup développée dans la Grèce antique (Ve siècle av. J.-C.). Pour en savoir plus sur l’histoire de cette profession :

http://thehistoryofthehairsworld.com/histoire_des_barbiers.html.

Poteau de barbier

Poteau de barbier

Bâiller, bailler et bayer

Le verbe ‘ bâiller ’, avec un accent circonflexe, se rapporte au bâillement de fatigue ou d’ennui que nous connaissons tous, mais également une mauvaise fermeture comme une fenêtre qui bâille, voire une étoffe mal tendue. Le mot vient du bas latin bataculare, de batare = ouvrir la bouche. Le mot fut attesté à la fin du XIIe siècle par Raoul de Cambrai sous la forme ‘ baailler ’. Exemple : ‘ Le film que je viens de voir comportait trop de scènes interminables, au point de me faire bâiller d’ennui ! ’. Notons l’existence d’une expression utilisée par La Fontaine : ‘ bâiller aux chimères ’.

Le verbe ‘ bailler ’ quant à lui n’a pas la même étymologie, il vient du latin bajulare = porter sur le dos ou à bras. Il a le sens de ‘ donner ’ depuis le XIe siècle et fut attesté par Roland. Le verbe signifiait surtout ‘ porter ’ jusqu’au XIIIe siècle, puis aussi bien ‘ recevoir ’, ‘ donner ’. L’expression ‘ la bailler belle / la bailler bonne ’ se rapporte au jeu de paume, ‘ LA ‘ désignant la balle de ce même jeu. Le nom masculin ‘ bail ’ est d’ailleurs le déverbal de ‘ bailler ’, désignant un pouvoir, une tutelle, plus précisément utilisé depuis le XVIe siècle pour désigner un bail locatif par exemple (‘ bail à loyer ’, ‘ bail à ferme ’ selon le Code civil). Le ‘ bailleur ’ quant à lui n’a rien à voir avec une personne fatiguée, c’est celui qui ‘ donne à bail ’, par opposition avec le ‘ preneur ’, il s’agit du loueur d’un bien quel qu’il soit. Le ‘ bailleur de fonds ’ concerne en revanche uniquement le domaine financier puisque le terme désigne la personne qui apporte des capitaux (des fonds), de l’argent à une entreprise voire à un particulier dans le cadre d’investissements spécifiques, et selon des conditions bien définies dans un contrat signé des deux parties.

Le verbe ‘ bayer ’ vient du latin populaire batare, verbe d’origine onomatopéique, confondu longtemps en français moderne avec ‘ bâiller ’, et s’utilise plus précisément dans l’expression ‘ bayer aux corneilles ’, rêvasser, perdre son temps à ne rien faire. Son sens possède donc une connotation abstraite contrairement au verbe ‘ bâiller ’, beaucoup plus concret. Bayer = béer (exemple : une plaie béante), dans le sens ‘ être ouvert ’. Il existe depuis le XIIe siècle.

Alternance et alternative

Le nom ‘ alternance ’ est en rapport direct avec le verbe ‘ alterner ’ mais est beaucoup plus récent, puisqu’il ne date que du milieu du XIXe siècle pour n’apparaître dans le dictionnaire de l’Académie française qu’en 1932. Il désigne l’action d’alterner (voir explication dans un article précédent). Exemples : ‘ L’alternance des cultures permet une bonne utilisation des éléments nutritifs présents dans le sol et évite l’épuisement des éléments fertilisants, de même qu’elle compromet le développement de certains parasites. ’ – ‘ Julie a décidé de préparer son BTS en alternance, ainsi elle ne payera pas de frais de scolarité. Le nom féminin ‘ alternative ’ partage son étymologie avec le verbe ‘ alterner ’ présenté plus haut (du latin alter = autre). Il désigne le choix d’option entre deux choses, deux propositions. Exemple : ’ L’Union européenne se trouve en pleine alternative économique concernant le maintien du niveau de vie des habitants de ses différents États. ’ Le terme ‘ alternatif ’, cette fois en tant qu’adjectif, s’applique également à un certain nombre de domaines, notamment la pédagogie ou la musique, mais avec toujours cet aspect d’opposition comme valeur commune, comme nous allons le constater dans les deux exemples qui suivent : ‘ Les pédagogies alternatives (pédagogies expérimentales) comme Montessori, Foucambert ou Freinet s’opposent aux pédagogies traditionnelles en revendiquant des stratégies qui s’affirment relativement en opposition, mais en insistant sur leur caractère minoritaire, expérimental et non conformiste. ’ – ‘ Le rock alternatif, émergeant de la scène underground dans les années 80 et ne rentrant par essence dans aucun genre grand public de l’époque, devint finalement très populaire dans les années 90. ’

Acre et âpre

Le nom âcre (du latin acer qui a donné la forme populaire ‘ aigre ’) désigne une odeur tout comme un goût fort, irritant et piquant la gorge. Exemples : une fumée âcre, un vin âcre (aigre). Le mot peut être également utilisé dans le sens figuré dans le cas d’une ‘ remarque âcre ‘, à savoir une remarque très désagréable qui rappelle la définition au sens propre. Le nom âpre (du latin asper = rugueux) désigne plutôt un aliment rude au palais, acide. Par exemple, un vin trop jeune peut paraître âpre à la langue et au palais, laissant derrière lui une certaine rugosité dans la bouche, ce qui est différent de l’âcreté (goût ou odeur qui irrite) plus proche de l’aigreur rappelant le vinaigre. Nous dirons de même qu’un citron est âpre. Au sens figuré, ‘ âpre ‘ désigne quelque chose de difficile à supporter. À ce propos, nous qualifierons d’âpre un vent trop fort. Le mot désigne enfin, toujours au sens figuré, l’acharnement et l’avidité liés par exemple à l’appât du gain : être âpre au gain.

Cruciverbiste et verbicruciste

Le cruciverbiste et le verbicruciste (inversion du début du mot) existent tous les deux. Un cruciverbiste est une personne qui joue aux mots croisés régulièrement, un amateur de mots croisés. Le nom cruciverbiste est composé du latin crux, crucis (= croix) et de verbum = verbe. Un verbicruciste est une personne qui crée les mots croisés. On l’appelle aussi un mots-croisiste. Autrefois, les mots croisés étaient des ‘ mots carrés ‘, sans cases noires et comportant autant de lignes que de colonnes. C’est l’anglais Arthur Wynne qui créa la première grille de mots croisés publiée le 21 décembre 1913 dans un journal américain, le New York World. La nouveauté était la présence des cases noires, ce qui permit au jeu de se développer en offrant des possibilités infinies de combinaisons. En France, il fallut attendre 1924, le 9 novembre exactement, pour voir publiée une grille de mots croisés nommée ‘ Mosaïque mystérieuse ‘, dans l’hebdomadaire Dimanche-Illustré.

Perpétrer et perpétuer

Les verbes perpétrer et perpétuer existent bien mais n’ont pas la même signification. La différence graphique est liée à une seule lettre : dans un cas c’est un R (perpétRer), dans l’autre c’est un U (perpétUer). Perpétrer, du latin perpetrare = accomplir, signifie commettre un acte criminel, délictueux (attentat, génocide ou tout autre crime). Le nom associé est perpétration. Perpétuer, du latin perpetuare = perpétuel et à proprement parler à l’origine : ‘ qui s’avance de manière continue ‘, c’est rendre perpétuel, pérenniser. Une coutume qui s’est perpétuée est une coutume qui a traversé le temps, qui est encore pratiquée longtemps après son origine. Perpétuer un souvenir, un savoir-faire, un patrimoine. À perpétuité = pour toujours. La locution adverbiale familière ‘ à perpète ‘ ou ‘ à perpette ‘ possède la même signification, mais veut dire aussi très loin. Exemple :il a déménagé pour aller habiter à perpette.

Amadou – amadouer

L’amadou (rangé dans une boîte à amadou) est obtenu par séchage et râpage d’un champignon non comestible, l’amadouvier. C’est un combustible connu depuis le Ve siècle pour démarrer un feu. L’amadouvier est un parasite de feuillus comme le platane, le bouleau, le chêne, le hêtre ou le marronnier, ayant la particularité de se fixer sur des arbres faibles voire mourants. Il se présente sous forme de langue blanchâtre composée de plusieurs couches (zones de croissance). L’amadou a été longtemps utilisé pour les briquets. Au XIXe siècle, les médecins l’utilisaient en compresses pour apaiser les douleurs rhumatismales et les brûlures, puis il fut remplacé par de l’amadou chimique (coton traité). Ses propriétés hydrophiles (il repousse l’eau) font qu’il est utilisé aussi dans le cadre de la pêche à la mouche pour l’assécher et lui permettre de flotter. Le mot amadou est issu de l’ancien provençal amador qui signifie amoureux. Le verbe amadouer est de même origine. Il signifie au départ : frotter avec de l’amadou (Cf. Rabelais). Par extension, amadouer désigna ensuite le fait de caresser, physiquement mais surtout en paroles : amadouer quelqu’un, c’est le flatter, lui dire de belles paroles pour obtenir quelque chose de lui.

 

Servage et sevrage

Les deux mots servage et sevrage existent, mais n’ont pas la même signification. La seule différence au niveau de l’écriture et de la prononciation est une inversion des deux lettres R et V, mais comme nous pouvons le constater, très importante ! Le mot servage (qui peut être un nom ou un adjectif selon les cas d’emploi) vient du latin servus = esclave.  Un serf est au Moyen Âge une personne attachée à une terre et qui dépend du seigneur propriétaire de cette même terre. Synonyme dans ce contexte : paysan. Le sevrage quant à lui désigne le fait d’arrêter l’alimentation lactée (mère) chez l’enfant et le jeune animal. Un animal sevré. Le sevrage désigne également le fait d’arrêter progressivement la prise d’une substance nocive, comme par exemple le tabac ou l’alcool, ou l’arrêt progressif d’une attitude addictive quelle qu’elle soit (jeu ou autre). Le nom sevrage est associé au verbe sevrer, qui vient du latin populaire seperare qui signifie séparer. Au XIIIe siècle, le sevrage désignait particulièrement le fait d’arrêter l’allaitement : séparer du sein, cesser de faire téter.

Confidence et confidentialité

Une confidence (nom issu du latin confidentia = confiance), c’est quelque chose – sentiment, fait, aveu, projet etc. – que l’on dit à quelqu’un sous le sceau du secret, en cachette, impliquant qu’on lui accorde toute notre confiance pour que le dépositaire de la confidence ne trahisse pas le secret lié à ce qui lui a été dévoilé. Exemple : confidence sur l’oreiller. La confidentialité en revanche désigne le caractère confidentiel d’une information particulière. Cela peut concerner par exemple un courrier de la direction envoyé seulement à certaines personnes d’une entreprise dans le cadre d’un projet à ne pas divulguer publiquement, au moins dans un premier temps. De même, une recette de cuisine de grand chef est confidentielle, afin de ne pas être dévoilée au grand public au risque d’être copiée. Dans l’industrie, il en est de même quant aux procédés de fabrication spécifiques mis au point par une équipe de recherche au sein d’une entreprise.

Serveur – servant – serviteur – serveuse – servante

Serveur, servant, serviteur, serveuse, servante : tous ces noms sont liés à la notion soit de service, soit de servitude, ils diffèrent selon qu’ils sont masculins ou féminins et également selon le contexte dans lequel ils sont utilisés. Le service lui-même désignait au XIIIe siècle l’état de servage, les devoirs du vassal envers son suzerain. C’est seulement au XIVe siècle que la notion évolue en désignant ce que l’on sert à table, du latin servitium = esclavage. Le nom serveur, en langage informatique, désigne un ordinateur destiné à rendre un certain nombre de services spécifiques sur le réseau. Dans le langage courant, un serveur (dont le féminin est serveuse) est un employé de restaurant ou de café qui sert la clientèle. Un servant est quant à lui un militaire affecté au service d’une arme particulière. Attention, ce n’est pas le masculin de servante ! Enfin, le serviteur (servante au féminin), sous sa forme vieillie (le terme n’est plus utilisé), désignait autrefois un domestique, un employé de maison. On parle aussi par extension de serviteur pour une personne au service d’une collectivité : serviteur de l’État. Dans ce cas il n’y a pas de notion particulière de servitude (personne privée d’indépendance), mais de service (personne libre). Asservir quelqu’un, un groupe de personnes ou un peuple, c’est le réduire en servitude par quelque moyen que ce soit (par la force, par manipulation mentale…), c’est-à-dire l’assujettir à des obligations, à diverses contraintes. La servitude est aussi un terme de droit : par exemple, la ‘ servitude de passage ‘ (généralement un chemin appartenant à un propriétaire mais que son voisin doit emprunter obligatoirement pour accéder à sa propriété située au-delà de ce chemin et sans aucun autre accès).

Différence entre tendresse et tendreté

Les noms tendresse et tendreté sont souvent confondus. Il faut dire aussi qu’ils ont la même origine, dérivés de l’adjectif tendre, issu du latin tener = tendre, délicat. La tendresse est abstraite et s’applique à un sentiment d’affection : un regard empli de tendresse. Au pluriel, on l’utilise à la fin d’une lettre adressée à quelqu’un que l’on affectionne : tendresses. La tendreté, en revanche, n’a rien à voir avec un sentiment. On n’emploie ce mot que pour parler de choses bien concrètes, pour décrire une viande qui se travaille bien par exemple (tendreté d’une pièce de bœuf). On parlera aussi de la tendreté d’un fruit. Enfin, la tendreté s’applique aussi aux roches dans le domaine de la sculpture. Par exemple, la tendreté du tuffeau permet de le sculpter aisément.

Différence entre invention et découverte

Une invention, dans sa définition commune, fait suite à la création et à la mise au point d’un concept ou d’un objet par un esprit humain. L’invention est liée à l’imaginaire, à la création mentale et à la réalisation technique de la chose inventée (par exemple, invention de la roue, estimée vers 3 500 av. J.C.). Mais le terme d’invention désigne également, en langage administratif, le fait de trouver quelque chose de caché, d’enfoui, de révéler une chose inconnue ou maintenue secrète mais existant cependant avant d’être mise à jour, c’est principalement le cas des trésors. Ceux qui les trouvent ne sont pas appelés des découvreurs (bien qu’ils les découvrent), mais des inventeurs de trésors. Enfin, le brevet d’invention est un document légal destiné à protéger l’inventeur d’un objet, produit ou procédé industriel des copies ou utilisations frauduleuses. Sont brevetables, les inventions qui répondent à trois conditions de brevetabilité : nouveauté, activité inventive et application industrielle. La découverte, quant à elle, désigne le fait de déceler l’existence d’un lieu, par exemple un nouveau continent, un territoire inconnu jusqu’ici (cf. époque des Grandes découvertes aux XVe et XVIe siècles), et de l’explorer. On peut aussi découvrir un nouveau virus ou des lois physiques. D’ailleurs, ces découvertes sont généralement à l’origine de nombreuses inventions. La découverte de l’électricité, par exemple, a permis d’inventer des quantités d’appareils qui nous servent tous les jours.

Crocodile, caïman, gavial et alligator

Le mot crocodile vient du latin crocodilus emprunté au grec krokodeilos = lézard. En ancien français (jusqu’au début du XVIIe siècle), on disait : crocodrille. Le nom de crocodile concerne au départ les crocodiles du Nil (cf. Hérodote) et sont très nombreux en Afrique. Il y a 3 familles de crocodiliens. Les crocodiles (dont il existe 14 espèces) ont une tête pointue et fine, et 2 dents du bas ressortent quand ils ont la gueule fermée. Les alligators (de l’espagnol el lagarto = le lézard et aligarto au XVIe siècle) vivent dans le sud des États-Unis essentiellement (Floride et Louisiane), mais aussi en Chine où il en existe une espèce, d’ailleurs menacée. Leur tête est large et arrondie. Les caïmans (vient de l’espagnol caiman, mot caraïbe) ne constituent pas une famille à part, ils appartiennent à celle des alligatoridés. On les trouve sur le continent sud-américain, notamment au Brésil, en Bolivie et en Colombie. Ils sont de couleur sombre, presque noire et sont plus petits que les crocodiles. Les gavialidés : gavial. Le nom vient de l’hindi gharviyal = crocodile. Il n’en reste plus qu’une seule espèce, qui vit sur le Gange (nord-est de l’Inde et Pakistan). Le museau du gavial du Gange est long et étroit, de forme presque tubulaire.

 

 

Différence entre clémentine et mandarine

La clémentine et la mandarine se ressemblent beaucoup mais au départ, seule la mandarine existait. En effet, la clémentine en est un hybride, issue du croisement entre un mandarinier et un bigaradier en 1892 par le frère Clément, chef de l’orphelinat de Misserghin en Algérie, d’où son nom de clémentine attribué plus tard par le professeur Trabut de la société horticole d’Alger. Des études de l’INRA révèlent que la clémentine serait issue de la fécondation d’une fleur de mandarinier par du pollen d’orange douce. Particularité du clémentinier : il n’est pas stérile mais le pollen ne peut pas en féconder les fleurs et les clémentines n’ont donc pas de pépins. Pour en obtenir avec des pépins (ce qui permet de perpétuer l’arbre), il est nécessaire d’effectuer des greffes sauf si le verger de clémentiniers se trouve à proximité d’autres agrumes.Particularités de la mandarine : elle est très sucrée, beaucoup moins acide que la plupart des agrumes. Elle est un peu plus grosse que la clémentine et possède plus de pépins. Elle est également plus parfumée mais moins facile à éplucher. La mandarine est originaire d’Extrême-Orient. La maturité de la mandarine arrive environ un mois après celle de la clémentine. Sur les marchés, on trouve essentiellement des clémentines.

Ammonite et amanite

L’ammonite (avec 2 M) et l’amanite (avec un seul M) existent mais ne désignent pas du tout les mêmes choses. Les ammonites sont une sous-classe aujourd’hui disparue de mollusques céphalopodes, on les trouve sous forme de fossiles. Leur taille peut varier de quelques millimètres à plus de 2 mètres de diamètre. Elles sont très reconnaissables grâce à leur coquille enroulée. Le nom (1752 – Trévoux) vient du grec Ammôn, en référence à la volute des cornes de bélier de Jupiter Ammon (ammonis cornua) d’où les 2 M. Les amanites quant à elles sont des champignons (phalloïdes, tue-mouche etc.). Le nom vient du grec ancien amanitai, terme botanique qui signifie tout simplement champignon (et attesté chez Galien – 1611), facile à retenir !

ammonite et amanite

Ammonite et amanite

Goulet et goulot

Le goulet et le goulot existent et possèdent la même origine mais n’ont pas la même signification. Tous deux sont associés au mot gueule qui au Xe siècle se disait : goule, du latin gula = gosier au sens de l’ancien français, avant de désigner la ‘ bouche ‘ des animaux. Le goulet désigne depuis 1555 un passage étroit, généralement dans les montagnes ou en tant que terme de marine à l’entrée d’un port ou d’une rade (goulet d’étranglement et non pas goulot d’étranglement comme on voit souvent !) mais à l’origine en 1358, il s’agissait d’un terme de chasse. Le mot goulot, quant à lui, date de 1611, et désigne uniquement le col d’une bouteille ou autre récipient à entrée étroite (vase, cruche…). En langage populaire, le goulot désigne par extension le gosier, la bouche.

Pèle, pelle, peller

Pèle = présent de l’indicatif à la première et à la troisième personne du singulier : je pèle, il/elle/on pèle une pomme. Peler signifie enlever la peau d’un fruit ou d’un légume, l’éplucher. Dans le langage familier, dire qu’il pèle dehors, c’est signifier qu’il fait très froid, comme si ça allait peler notre peau. Peler de froid. Attention, ne pas confondre avec le verbe peller, qui signifie pelleter, parlant de la neige : peller la neige (surtout en Franche-Comté et en Suisse), la déplacer avec une pelle (outil).

Fourbi origine

Du fourbi, tout le monde en a plus ou moins dans une pièce de sa maison, c’est un ensemble d’objets sans véritable valeur et surtout sans utilité qu’on entasse et qu’on oublie souvent de ce fait ! Mais à l’origine, qu’est-ce qu’un fourbi ? Parce que vous imaginez bien que le mot n’est pas tombé du ciel comme ça par enchantement, il a bien une raison d’être. En argot militaire, le fourbi désignait le paquetage du soldat, à savoir l’ensemble de ses armes et tout son équipement, en réalité tout ce qui devait être fourbi (du verbe fourbir = nettoyer, astiquer), mais également ses vêtements et autres affaires. Le mot fourbi vient de fourby (1542), qui désigne une sorte de jeu de cartes (Rabelais – Gargantua), qui se mélange bien évidemment, comme les affaires constituant le fourbi que nous connaissons. Par extension, un fourbi désigne populairement une situation embrouillée, pas très claire, un trafic malhonnête (cf. Courteline - Ronds-de-cuir - 1893).

 

Empreint ou emprunt ?

Empreint ou emprunt ? Les deux mots existent. Empreint est le participe passé du verbe empreindre. Exemple : ce poème est empreint de sensibilité = ce poème est empli de sensibilité. Empreindre, c’est aussi marquer en creux ou en relief par pression, laisser des empreintes, imprimer (du latin imprimere). Emprunt désigne l’action d’emprunter. Exemple : un emprunt de livre à la bibliothèque. En linguistique, un emprunt désigne un élément de mot ou un mot entier pris à une autre langue.

Baroud d’honneur

Faire son baroud d’honneur signifie que le combat mené pour défendre une cause est désespéré mais que pour l’honneur, on le livre une dernière fois. Mais d’où vient ce mot : baroud ? Il vient d’un mot appartenant au dialecte berbère du sud marocain (le chleuh appelé aussi la tachelhit) barud, qui désigne la poudre explosive. Le rapprochement est donc vite fait entre l’étymologie du mot et son emploi final. En argot militaire, ce mot (baroud) est utilisé depuis 1924, désignant plus particulièrement une bataille : aller au baroud = aller au combat. Mais dans le langage courant, hors militaire, il s’agit bien d’une lutte perdue d’avance, qui n’a rien à voir avec les armes.

Technique et technicité

La technicité (mot apparu en 1859 – Dictionnaire Mozin) désigne le caractère de ce qui est technique, le caractère technique d’une expression, d’un article ou d’un livre. Par exemple, on parlera de la technicité d’un manuel sur les fluides frigorigènes. La technicité désigne également l’avance technologique de quelque chose, par exemple la technicité d’un matériel particulier, comme un engin spatial de haute technicité. Enfin, la technicité s’applique également à certains métiers, concernant le savoir-faire, l’habileté d’un spécialiste (ou groupe de spécialistes) dans un domaine qui met sa technicité au service de l’entreprise pour laquelle il travaille. Le mot technique est apparu plus tôt (1721 Trévoux sous sa forme adjectivale et 1744 Bassuel sous sa forme nominale – Dict. Étym.) vient du latin technicus issu du grec ancien tekhnikos = industrieux, habile.

Empatter et empâter

Les verbes empatter et empâter existent mais leurs significations sont différentes. Empatter (1495 J. de Vignay – dict. étym.) est un terme de menuiserie et désigne le fait de joindre des pièces de bois au moyen de… pattes qui sont des petites pièces métalliques destinées précisément à fixer, à assembler des éléments. Le verbe empâter (1268 Boileau) désigne le fait de prendre de l’embonpoint, avoir les traits qui s’épaississent (s’empâter), du bas latin pasta emprunté au grec pastê = sauce mêlée de farine. Exemple : il s’est empâté avec l’âge. Les pâtes, dans nos assiettes, ont la même étymologie.

Commander et commanditer

Le verbe commander vient du latin commendare qui signifie confier. Je ne m’attarderai pas sur les différentes définitions liées à ce verbe, que l’on connaît généralement, préférant me pencher sur la différence avec le verbe commanditer. Le nom féminin commandite dont est issu le verbe commanditer, vient de l’italien accomandita, qui signifie dépôt. Commanditer, c’est avancer des fonds à une entreprise commerciale, apporter des capitaux en tant que commanditaire, pour créer ou développer une société dite ‘ en commandite ‘. Dans un registre péjoratif et figuré, commanditer désigne aussi le fait de commander une action délictueuse, criminelle et en assurer le financement (commanditer un meurtre, un enlèvement).

Vif et vivace

Les adjectifs vif et vivace sont souvent confondus. Nous ne nous occuperons pas ici du mot vif en tant que nom (oui ça existe, il y a même plusieurs définitions), mais seulement en tant qu’adjectif. Voici les principaux cas liés à l’utilisation de l’adjectif vif (vive). Un être vif (animal ou humain) est un un être plein de vitalité, de vigueur, de vivacité, d’entrain mais aussi qui comprend très vite (avoir l’esprit vif). On parle aussi d’une couleur vive pour désigner une couleur éclatante (rouge vif). Le froid peut être vif, il pique, il saisit. Une critique également peut être vive, cela signifie qu’elle est virulente. L’adjectif et adverbe vivace (mot italien) quant à lui, hormis son utilisation dans le domaine musical (allegro vivace) et comme nom masculin si l’on parle d’un passage vivace (musique également), désigne quelque chose de tenace, dont on n’arrive pas, ou difficilement, à se défaire. On parlera alors d’une rancune vivace, par exemple. La définition la plus utilisée concerne cependant ce que l’on appelle les plantes vivaces. Ce sont des plantes qui vivent plus d’un an grâce à leur système végétatif et qui ont plusieurs fructifications dans leur vie (vivaces couvre-sol, vivaces d’ombre etc.). Astuce pour différencier les deux adjectifs vif et vivace sans se tromper on n’utilise jamais vivace pour un animal ou un humain. Vivace ne s’utilise que pour des sentiments ou des végétaux (plantes, arbres…). Par exemple, un petit chat joueur sera vif, pas vivace.

Fonction et fonctionnalité

Le nom féminin fonction  (XVIe siècle) vient du latin functio qui signifie accomplissement, du fungi = s’acquitter de (sens juridique du terme lié à la fonction publique). La fonction désigne par définition l’utilité d’un élément dans un ensemble, comme la fonction du bouton de démarrage sur un ordinateur, par exemple. C’est aussi une activité professionnelle (exercice d’une charge particulière, comme la fonction de direction par exemple). Dans le domaine biologique, la fonction d’un organe ou d’une cellule notamment désigne l’activité exercée par un élément vivant (par exemple, les reins ont une fonction filtrante, les yeux ont une fonction de vision). Le terme de fonction peut être utilisé encore dans d’autres domaines, comme l’informatique, les mathématiques (ces fonctions qui ont fait arracher les cheveux à plus d’un à l’école !), en grammaire (rôle syntaxique d’un mot ou groupe de mots dans une phrase), en chimie (propriétés associées à un groupement d’atomes). La fonction est également une capacité particulière apportée par un système ou un outil (par exemple, le rôle d’un marteau, à quoi il sert, quelle est sa fonction). L’éventail est assez large en fait, mais relativement facile à comprendre. La fonctionnalité quant à elle, est un mot souvent mal utilisé (à la place de fonction évidemment), ça doit faire bien probablement pour certains de l’utiliser à tout va, mais à tort !

La fonctionnalité désigne le caractère de ce qui est fonctionnel, à savoir bien adapté à sa fonction, répondant à une fonction déterminée. Par exemple, si nous disons que la nouvelle salle de sport du village est fonctionnelle, cela signifiera qu’elle est dotée correctement de tous les matériels et infrastructures nécessaires à la pratique de différents sports (gymnase, douches, vestiaires, sanitaires plus tout le matériel comme les buts, les paniers, les ballons, etc.). Sa fonction est de permettre aux habitants de pratiquer leur sport favori, et elle est fonctionnelle parce que dotée correctement de tout ce qu’il faut pour assurer sa fonction. La fonctionnalité de cette salle de sport est donc effective. On parle aussi, au féminin pluriel, des fonctionnalités d’un système informatique, elles désignent l’ensemble des possibilités qu’il offre.

Distancer et distancier

Voici deux verbes que beaucoup de gens confondent : distancer et distancier. Attention, ils n’ont pas le même sens ! Essayons d’y voir clair : ils se ressemblent parce qu’ils sont tous les deux formés à partir du nom distance. Distancer, c’est dépasser. L’utilisation de ce verbe s’applique à des choses ou des personnes en mouvement. Exemple : le coureur à pied a doublé son concurrent puis l’a vite distancé. Distancer, c’est également mettre une distance entre des objets. Exemple : nous avons distancé les plots pour la course de slalom car le terrain était plus long que prévu. Au sens figuré, distancer signifie faire mieux que quelqu’un. Exemple : ayant bien révisé ses cours, cet élève a vite distancé ses camarades à l’examen. Le verbe distancier quant à lui est généralement utilisé à la forme pronominale (se distancier). Il signifie prendre du recul par rapport à quelque chose, s’en distancier pour voir de manière plus objective que subjective. Le nom qui lui correspond est distanciation. Ce terme est lié au monde du théâtre (cf. Beltold Brecht). Le comédien, par la distanciation, reste détaché de son personnage, il le joue de manière à ce que le spectateur puisse s’y identifier, ce qui permet de mieux faire passer le message de la pièce de théâtre. On peut aussi se distancier de stéréotypes dans lesquels nous avons été élevés, de valeurs inculquées auxquelles nous n’accordons pas ou plus crédit, nous prenons de la distance mentale, psychologique par rapport à des situations ou des façons de penser.

Empathie et sympathie

L’empathie et la sympathie existent mais n’ont pas les mêmes significations, bien que ces deux mots soient proches en raison du sentiment positif qu’ils suscitent vis-à-vis d’une autre personne. Dans les deux cas, il se produit un processus plus ou moins complexe d’identification avec l’Autre, à des degrés différents. L’empathie désigne, en psychologie, la capacité de se mettre à la place de quelqu’un, ceci dû au fait qu’on le comprenne très bien, qu’on se sente en harmonie avec lui à un moment donné. C’est une faculté intuitive, qui permet de percevoir ce que ressent l’Autre et de ce fait de s’en sentir proche. On est touché par son émotion, sa façon de penser, on s’y retrouve soi-même. Em-pathie = ressentir en dedans. La sympathie est un peu différente. Sym-pathie = ressentir avec. La sympathie est un penchant naturel qui pousse deux personnes à s’apprécier, qui les pousse l’une vers l’autre. Cependant, on peut trouver qu’une personne a un visage sympathique, on se sent proche d’elle, sans pour autant que le retour se fasse. Par exemple, on voit la photo d’un candidat aux élections (donc qu’on ne connaît pas forcément personnellement) et on se dit : ‘ Il a l’air bien sympathique, il m’inspire confiance. ‘ N’oublions jamais que le sourire attire la sympathie ! Sympathiser avec quelqu’un, en revanche, implique un retour, un sentiment partagé. Différence importante : l’empathie nous projette dans le sentiment, le ressenti de l’Autre, avec la notion de fusion temporaire (par exemple à l’occasion de la lecture d’un récit personnel dans lequel on a l’impression de retrouver ses propres sentiments, son propre vécu, ses propres ressentis), tandis que la sympathie correspondra plus à un sentiment de confiance, qui nous porte vers l’Autre tout en restant nous-même.

Procrastiner – procrastination

Procrastination, en voilà un mot bien compliqué pour désigner quelque chose que vous connaissez sûrement pour l’avoir fait au moins une fois dans votre vie, savoir remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour-même, à différer une action. Ce nom féminin vient du latin procrastinatio, de pro (= en avant) et crastinus (= de demain), lui-même dérivé de cras (= demain). Procrastiner, c’est par exemple laisser s’empiler des courriers ou des dossiers en se disant qu’on les rangera un autre jour, et au final tout s’accumule !

Provocant, provoquant et provocateur

Les termes provocant(e), provoquant et provocateur(trice) existent bien, mais ne s’utilisent pas de la même manière ! Provocant(e) est un adjectif : une attitude ou une image provocante (j’ai mis des exemples féminins exprès pour bien montrer que l’adjectif s’accorde). Provoquant est le participe présent du verbe provoquer : il glissa dans le magasin en faisant ses courses, provoquant la chute des produits du rayon et un beau tintamarre. Quant à lui, l’adjectif provocateur (ou provocatrice au féminin) désigne à peu près la même chose que provocant(e). La différence est subtile car si vous regardez le dictionnaire, vous trouverez quasiment les mêmes définitions ! En fait, provocateur suppose une volonté claire et nette de provoquer, tandis que provocant ne l’implique pas forcément. On peut notamment avoir une attitude provocante sans en avoir conscience ni la volonté (selon la culture et les coutumes par exemple, en fonction des pays certains gestes peuvent signifier des insultes – dans ce cas ils sont pris pour des attitudes provocatrices alors que l’auteur n’en a pas l’intention – alors que dans d’autres ils sont anodins). L’attitude provocatrice en revanche dénote clairement une volonté de provoquer : se promener nu dans la rue est une attitude provocatrice, car nul n’est censé ignorer la loi comme quoi c’est interdit.

Polyglotte et hyperpolyglotte

Une personne bilingue parle spécifiquement et couramment 2 langues (bi = deux) et si elle est trilingue, elle maîtrise 3 langues (quadrilingue = 4 langues, quintilingue = 5 langues, sextilingue = 6 langues, septilingue =7 langues, octolingue = 8 langues, nonalingue = 9 langues, décalingue = 10 langues…). Une personne polyglotte (adjectif) ou une polyglotte (nom) maîtrise plusieurs langues et à partir de 6, c’est une hyperpolyglotte. Le mot polyglotte vient du grec polus = nombreux et glôtta = langue. Parmi les hyperpolyglottes célèbres, citons le pape Jean-Paul II (10 langues) et le chanteur Georges Moustaki (8 langues).

Dénudé ou dénué ?

Voilà deux adjectifs souvent confondus : dénudé et dénué. Dénudé correspond au verbe dénuder et signifie ‘ qui a été mis à nu, dépouillé ‘. Astuce : son emploi est réservé à des noms concrets. Par exemple, on peut dénuder des épaules, des fils électriques. L’adjectif dénué quant à lui, se rapporte au verbe dénuerDénué signifie : ‘ qui manque de…, qui est dépourvu de… ‘, et on ne peut pas l’employer seul ! Il est systématiquement suivi d’un complément introduit par de. Par exemple : cette conférence est complètement dénuée (= dépourvue) d’intérêt. Dans cet exemple, nous constatons que le nom intérêt ne représente pas une chose concrète, c’est une idée, une notion abstraite. De même dans cet exemple : être dénué de charme (on ne peut pas toucher le charme, c’est une idée, une abstraction, pas une matière).

Différence entre adhérence et adhésion

Les noms féminins adhérence et adhésion sont souvent confondus parce que le verbe qui leur correspond est le même, à savoir adhérer ! Les sens de ces noms diffèrent cependant quelque peu comme nous allons le constater. L’adhérence désigne l’état d’une chose qui tient à une autre par contact étroit, comme par exemple l’adhérence d’un pneu sur la route ou d’un ski sur la neige. L’adhésion quant à elle désigne l’approbation réfléchie, l’action de souscrire à une idée ou une doctrine, comme par exemple l’adhésion à une association ou à un parti politique. Attention, le mot adhérent, lorsqu’on l’utilise comme adjectif (exemples : un pneu adhérent, une colle très adhérente), correspond à l’adhérence au sens ‘ qui tient fortement à autre chose ‘. Quand on l’utilise comme nom, il correspond à adhésion, désignant une personne qui s’inscrit à un parti ou à une association (exemple : l’association a réuni tous ses adhérents à l’occasion de l’assemblée générale).

 

Caoutchouc origine

Le mot caoutchouc est apparu au début du XVIIIe siècle, c’est au départ un mot d’une langue indigène équatorienne : ca-o-chu, ce qui signifie ‘ bois qui pleure ‘, en rapport avec le fait de saigner les troncs pour extraire la sève des arbres. Le caoutchouc provient du latex issu de plantes comme l’hévéa et le guayule (plante d’origine mexicaine). Les Amérindiens utilisent le caoutchouc pour confectionner des objets courants, qu’ils fabriquent par moulage sur argile comme des balles, des toiles enduites, des torches rendues ensuite étanches par passage à la fumée. Le caoutchouc est également utilisé comme médicament par les Amérindiens, qui l’associent aux mythes de la création et à la course du monde, notamment par interprétation du  juego de pelota (= jeu de balle précolombien) où la balle en caoutchouc est censée mimer la course du Soleil, ce qui pour eux confère à cette matière un caractère sacré.
Les Conquistadors en ont ramené des échantillons en Europe, qui furent relégués dans les cabinets de curiosités, faute d’applications dans nos contrées à cette époque. C’est seulement en 1770 que le chimiste anglais Joseph Priestley découvrit que l’on pouvait effacer de l’encre avec du caoutchouc. Cette découverte fut à l’origine des premières gommes. Un peu plus tard, l’industriel britannique Samuel Peal breveta une méthode qui permettait d’imperméabiliser les tissus en mélangeant le caoutchouc à de l’essence de térébenthine. En 1842, Charles Goodyear (chimiste américain) découvre la vulcanisation, procédé qui stabilise le caoutchouc et lui permet de mieux résister aux écarts de température. Cela mènera notamment à la fabrication des pneus.

Emérite

L’adjectif émérite vient du latin emeritus = qui a mérité. On l’attribue à une personne qui est remarquable de par sa longue pratique. Un joueur émérite est un joueur chevronné, qui a obtenu de nombreux résultats reconnus (exemple : médailles). Quand on parle d’un professeur en revanche, l’éméritat désigne un titre honorifique particulier accordé en considération de travaux spécifiques à certains professeurs particulièrement brillants et admis à faire valoir leur droit à la retraite. Le titre de professeur émérite permet à son bénéficiaire de continuer à exercer des activités universitaires ou scientifiques, notamment d’encadrer des doctorants. En France, il fut instauré par l’article 4 de la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 et codifié par l’article L952-11 du Code de l’Éducation.

Vicaire ou viquaire ?

Comment doit-on écrire ce nom ? Vicaire ou viquaire ? Réponse : vicaire, avec un c. À l’époque des Carolingiens, c’était un officier chargé de rendre la justice, sa juridiction étant appelée vicairie ou viguerie. Au XIIe siècle, le ‘ viqueire ‘ était le ’ gouverneur à la tête d’une subdivision de diocèse ou de province ‘ (dict.étym.). Ce n’est qu’au XIVe siècle qu’apparut le vicaire au sens actuel (du latin vicarius), désignant alors le remplaçant, le suppléant. En effet, le vicaire est un prêtre auxiliaire(adjoint) nommé par l’évêque et dont le rôle est d’assister le curé d’une paroisse catholique. Le vicaire peut dépendre aussi d’un diocèse (au-dessus de la paroisse). Sous l’Ancien Régime, il incombait au curé de choisir son vicaire, avec l’approbation obligatoire de l’évêque. À retenir ceci au passage : tous les curés sont prêtres mais tous les prêtres ne sont pas curés.

Sceptique ou septique ?

Les adjectifs sceptique et septique existent bien, mais n’ont pas la même signification ! Sceptique = qui doute. Exemple : il essaie de lui faire croire qu’il a fait le tour du monde, elle est sceptique (= elle n’y croit pas trop). Septique = qui produit l’infection, porteur de germes. Exemple : il faut vider la fosse septique, car elle est pleine. Astuce pour se souvenir de l’orthographe : remplacer par PEU CONVAINCU. Si le remplacement est possible, il s’agit dans ce cas de l’écriture SCEPTIQUE.

Etre forclos

L’adjectif forclos (forclose au féminin) désigne, en termes de droit, le fait d’avoir laissé prescrire son droit (vient du verbe forclore). Le nom féminin forclusion (de fors = hors de, et de clore = fermer) est apparu au milieu du XVe siècle (dict. étym.) et désigne une sanction civile. Forclore, c’est exclure de faire quelque acte ou production en justice, pour la raison que le temps en est passé. Un plaignant ou un requérant forclos n’a pas agi dans les limites de temps prévues, et ne peut donc plus se retourner, comme par exemple faire appel ou se pourvoir en cassation suite à une décision de justice qu’il souhaite contester. Être forclos, c’est aussi être enfermé à l’extérieur.

Hoverboard ou flyboard

C’est l’été, au bord de la mer (ou plan d’eau) peut-être avez-vous eu l’occasion d’apercevoir des personnes qui semblaient voler au-dessus de l’eau, vous n’avez pas rêvé ! C’est la version aquatique du fameux flyboard du film Retour vers le futur (skateboard aérien – ou planche volante – qui au départ n’était pas prévu pour fonctionner sur l’eau), grâce à un tuyau de 18 mètres de long (comme la fourmi du célèbre poème de Robert Desnos, oui !…) relié à un jet-ski. La puissance de l’eau à travers cet appareil permet de se propulser à plusieurs mètres tant dans les airs – jusqu’à une douzaine de mètres maximum – que sous l’eau. La technique ? Une planche agrémentée de deux buses dirigées vers l’arrière et reliée directement à la turbine d’un jet-ski (ou un autre moteur), redirigeant la pression d’eau vers la planche. Un flotteur assure un peu la sécurité mais cela reste un sport extrême, à pratiquer avec beaucoup de précautions !

Différence entre pêche, abricot, prune, nectarine et brugnon

L’abricot, la pêche et la prune sont faciles à reconnaître, mais que sait-on du brugnon et de la nectarine ? Le brugnon est le fruit d’une variété de pêcher, le brugnonier (Prunus persica var. nucipersica). Sa peau n’a pas de duvet, contrairement à la pêche, mais son noyau adhère à la chair. Le terme de brugnon fut attesté en français sous la forme brignon en 1600 puis brugnon en 1680 (Olivier de Serres, agronome français). Au XIXe siècle, toutes les pêches lisses étaient appelées brugnons. Le mot vient du provençal moderne brugnoun, brignoun, diminutif du latin populaire prunea, de prunus (prune) mais ce n’est pas une prune pour autant ! Pêche, nectarine et brugnon sont originaires de Chine et connus depuis l’Antiquité. Attention, le nectarinier (qui donne la nectarine) et le brugnonier n’existent pas à l’état sauvage, ce sont des mutants naturels de la pêche (INRA). Le mot nectarine quant à lui est apparu dans la langue française vers la fin du XIXe siècle mais ce fruit fut cultivé d’abord aux États-Unis avant d’arriver en France après la Seconde Guerre mondiale, apporté par les Américains. La nectarine ressemble au brugnon mais son noyau n’adhère pas à la chair, c’est la différence. On l’appelle aussi ‘ pêche-abricot ‘, mais ce n’est pas un abricot ! L’abricot quant à lui est le fruit de l’abricotier, sous-genre des prunus (qui comporte plus de 200 arbres et arbustes fruitiers ou ornementaux) tout comme le pêcher… qui donne les pêches. Le prunier donne les prunes, même sous-genre.

Pipelette origine du mot

Tout le monde sait ce qu’est une pipelette, dans le langage populaire, c’est une personne bavarde voire indiscrète. Mais savez-vous d’où vient ce mot ? Il désigne au départ une concierge en référence au personnage dénommé Anastasie Pipelet, concierge bavarde dans les Mystères de Paris d’Eugène Sue (1842-43).

Reliquat, relique et reliquaire

Les mots reliquat, relique et reliquaire ont la même origine, du latin reliqua (pluriel neutre de reliquus) = (qui) reste. Plus précisément, un reliquat est ce qui reste dû après un arrêté de comptes (argent : payer un reliquat) mais également ce qui subsiste de quelque chose en termes littéraires (reliquat de haine ou d’amour par exemple). Une relique désigne en termes religieux les restes d’un saint ou d’un objet qui est lié à son histoire personnelle (Saint Suaire de Turin par exemple) qui a été conservé dans un but de vénération, que l’on range dans un coffret appelé reliquaire (et non pas relicaire comme on le voit parfois écrit !). Le mot relique désigne également, dans la vie courante, un vieil objet auquel on tient, qui a pour nous une valeur sentimentale (‘ une vieille relique ‘ – ce qui est un pléonasme, l’adjectif vieille étant en trop puisque la relique est vieille par essence).

Origine du chandail

Le mot chandail est l’abréviation populaire, plus précisément l’aphérèse (suppression d’un ou plusieurs phonèmes au début d’un mot) de (mar)chand d’ail. Le chandail était un tricot chaud et imperméable à maille très serrée que portaient les marchands d’ail aux Halles de Paris à la fin du XIXe siècle (Dict. Étym.) et venus de Bretagne et du sud de la France. Ils vendaient également leur production d’ail et d’oignons en Angleterre, dès le XVIIIe siècle. L’expression française marchand d’ail désignait ces vendeurs avant de devenir chandail dans le langage commun, en parlant du vêtement qu’ils portaient.

Statut ou statue ?

Les deux noms statut et statue existent, mais n’ont pas la même signification. Le statut (nom masculin) vient du bas latin statutum = décret. Il désigne un texte (ou un ensemble de textes) qui définit des garanties fondamentales accordées à une collectivité ou groupe de personnes, ou son fonctionnement. Exemple : les statuts d’une association en définissent les règles de fonctionnement. Le statut définit aussi la place d’une personne par rapport à la société : statut marital, statut de l’enfant etc. La statue est en revanche un nom féminin, qui vient du latin statua, de statuere = établir. Des statues sont très présentes dans les musées, certains lieux de culte (selon les religions, églises par exemple), jardins publics, places et autres lieux dans les grandes villes. Ce sont des sculptures en trois dimensions (ronde bosse) dont les dimensions doivent être égales à au moins la moitié de la taille naturelle du sujet représenté (être humain ou animal). Plus petit, ce sont des statuettes. Les statues représentent des êtres entiers. S’il n’y a que le haut, il s’agit de bustes. Les plus anciennes sculptures retrouvées datent de l’époque du Paléolithique supérieur (- 35 000 à – 10 000 ans), taillées dans de l’os ou du silex.

Pâte et patte

Le nom féminin pâte (avec un accent circonflexe et un seul t) désigne plusieurs choses. Il est issu du bas latin pasta (Ve siècle) emprunté au grec pastê = sauce mêlée de farine. Les pâtes, tout le monde les connaît et en mange régulièrement, spécialité italienne (préparation à base de farine et d’eau). La pâte désigne aussi une substance (comestible ou pas) dont la consistance est intermédiaire entre le solide et le liquide, comme la pâte à tarte par exemple, ou la pâte à bois. Au sens figuré, l’expression qui peut être considérée comme un peu péjorative être une bonne pâte signifie être vraiment très gentil, très souple, avoir bon caractère, malléable comme la pâte.

La patte (pas d’accent mais 2 t) quant à elle désigne un membre animal (exemple : la patte du chien) qui sert à marcher ou attraper (préhension). Au sens familier, cela s’applique aux humains également : enlève tes pattes de là ! La patte désigne par ailleurs le style d’un artiste, qu’on reconnaît à sa patte, à sa griffe, à savoir une façon de peindre, de sculpter, de dessiner, d’écrire, de composer très reconnaissable d’une œuvre  à l’autre. La patte désigne aussi les cheveux qu’on laisse pousser sous les tempes, devant les oreilles. Enfin, en termes de couture, la patte est un bout d’étoffe qui sert à fermer un vêtement (bande de boutonnage). La pattemouille (en un seul mot, de patte et de mouille) est quant à elle un linge, bout de tissu, vieux torchon aussi, que l’on mouille et que l’on place ensuite entre le fer à repasser et des tissus fragiles pour ne pas les brûler et les repasser en douceur.

Batée ou battée

Le nom féminin batée (et non pas battée !) qui désigne le récipient métallique ou en plastique utilisé pour l’orpaillage (par les chercheurs d’or… !) et appelé aussi chapeau chinois mais également pan américain selon sa forme, s’écrit sans accent circonflexe et avec un seul t. La technique pour séparer l’or natif des alluvions consiste à utiliser la gravité et la densité. Plus simplement, la batée permet de séparer les paillettes du sable grâce à la force centrifuge et à sa forme de cuvette. Sa largeur maximum autorisée est de 50 cm.

Flamand et flamant

En linguistique, le flamand est un ensemble de dialectes néerlandais.  Flamand est également un adjectif, il désigne ce qui est relatif à la Flandre et à ses habitants. Le flamant est en revanche un grand oiseau aquatique. Le flamant rose en est l’espèce la plus répandue et connue. Son nom vient du provençal flamenc, de flamma = flamme, en rapport avec sa couleur (1534 – Rabelais – Dict.Étym.).

autan ou autant

Autan et autant existent bien mais il y a une différence ! Autan désigne le vent qui souffle dans le sud/sud-ouest de la France, venant du sud-est/sud-sud-est et affectant la partie orientale du bassin aquitain comme le sud-ouest du Massif central. On dit de lui qu’il peut rendre fou parce qu’il souffle fort (bourrasques jusqu’à 120 km/h) sans discontinuer et en tourbillonnant. Quand l’autan souffle, les fous d’Albi dansent selon un dicton tarnais. Autant est en revanche un adverbe qui marque d’égalité entre deux valeurs, quantités ou qualités : j’ai autant de billes que toi.

Rate et ratte

C’est l’époque des plantations dans le jardin. Encore deux homonymes à ne pas confondre : rate et ratte ! La rate (avec un seul t) désigne soit l’organe (vous savez, du côté gauche sous le diaphragme…) soit la femelle du rat (lui, pas besoin de le présenter !). Mais la ratte (avec 2 t), qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’une délicieuse pomme de terre demi-tardive de forme allongée, à chair et peaux jaunes, attestée en 1872 et inscrite au catalogue officiel des espèces et variétés en France. Son tubercule est en forme de rein, ce qui explique sa dénomination. Elle est très connue dans le nord de la France, notamment au Touquet.

Différence entre pingouin et manchot

Les pingouins et les manchots se ressemblent physiquement et sont souvent confondus, or ce sont des animaux différents. Les pingouins vivent uniquement dans l’hémisphère nord et peuvent voler, tandis que les manchots vivent dans l’hémisphère sud (Antarctique essentiellement) et ne peuvent pas voler. Les deux oiseaux sont cependant très adaptés au milieu aquatique, nageant avec leurs ailes. Le manchot, très rapide, peut atteindre 10 m à la seconde ! La traduction anglaise de manchot est penguin, ce qui ajoute à la confusion ! Le manchot (taille entre 40 cm et 1.30 m selon les espèces) ressemble au grand pingouin aujourd’hui disparu et appartient à la famille des sphénisciformes (ordre d’oiseaux de mer de l’hémisphère austral) comme les gorfous, mais on le reconnaît facilement à ses ailes rigides, plates et fuselées, tandis que le pingouin, généralement plus petit (entre 20 cm et 1 m maximum), appartient à la famille des alcidés (oiseaux marins de petite taille), tout comme les macareux et les guillemots.

oPhone

Vous connaissiez l’iPhone, n’est-ce pas ? On n’arrête pas le progrès… Eh bien voici maintenant l’oPhone ! C’est un nouveau type de téléphone cylindrique dont la commercialisation est prévue en 2015 et qui permettra d’envoyer et recevoir des odeurs par SMS (appelés ici oNote), grâce à sa capacité de générer des signaux aromatiques complexes en succession rapide de petites émissions de vapeur. Au départ, 32 odeurs seront pré installées, reproduites par des mini-capsules appelées oChips. Il sera ensuite possible d’en rajouter soi-même puisqu’il existe potentiellement 300 000 combinaisons possibles. L’initiateur du projet est David Edwards, professeur de génie biomédical à Harvard qui a travaillé avec des étudiants et chercheurs d’Harvard en collaboration avec le centre d’expérimentation artistique et design parisien, il s’agit donc d’une initiative franco-américaine. Dans un premier temps, une application gratuite sera proposée aux utilisateurs d’iPhone. Tous les smartphones pourront en profiter au final. Un téléphone qui sent la rose, n’est-ce pas le bonheur ?…

Avitailler et ravitailler

Avitailler signifie approvisionner un navire ou un avion exclusivement (matériel, nourriture…). Ravitailler consiste au départ à pourvoir une armée ou une flotte en munitions et provisions. Son utilisation est cependant étendue aux personnes humaines et ce verbe possède un sens universel (on ravitaille aussi un magasin, un camp par exemple) contrairement à l’avitaillement qui ne concerne que les avions et navires (militaires ou pas).

Farniente origine

Quand les vacances arrivent, qui n’a pas envie d’un peu de farniente (= ne rien faire et prendre plaisir surtout à ne rien faire, douce oisiveté) ? Mais d’où vient ce mot ? Ce mot vient de l’expression italienne fare niente = ne rien faire. On le trouve chez Madame de Sévigné en 1676. De même, il existe en français le mot fainéant, qui désigne une personne ne voulant rien faire (de faire et de néant). Attention, celui qui pratique le farniente n’est pas forcément un fainéant. Le farniente est associé généralement aux vacances et moments de repos, il ne dure pas dans le temps et implique la notion de plaisir, tandis que le fainéant n’éprouve pas obligatoirement cette sensation. De plus son état dure dans le temps… généralement !

Gaffe et faire une gaffe

Une gaffe est au sens propre du terme une perche surmontée d’un crochet, utilisée par les matelots pour tirer ou pousser une barque. Le mot existe depuis le XIVe siècle (Dict.Étym.). Il vient du provençal gaf  issu du gotique (sans h ! Langue que parlaient les Goths) gaffon (= saisir) et gafah (= fermoir), de ga- (intensif) et fahan (= attraper). Le sens figuré du mot gaffe, que nous connaissons tous à travers l’expression faire une gaffe (= maladresse) elle-même attestée depuis le Larousse de 1872, possède la même origine, liée au langage des matelots. La raison possible en est que l’on peut tirer au lieu de pousser (ou inversement) en utilisant mal cet outil au maniement visiblement assez difficile, bref se tromper. Quant à l’expression argotique faire gaffe (= faire attention), sa première attestation date de 1455 : gaffre (= gardien, sergent), issu de l’ancien français guetter (= surveiller). On retrouve le mot gaffe au XIXe siècle (dictionnaires et divers écrits) pour désigner le guet (être en gaffe = être aux aguets).

Prolongement et prolongation

Les deux noms prolongation et prolongement sont dérivés du verbe prolonger (du bas latin prolongare, issu de longus = long), mais ils n’ont pas tout à fait le même sens, ce qui explique l’existence des deux mots ! Prolongation désigne le fait d’accroître en durée ou d’accorder un délai supplémentaire. Son sens est temporel (lié au temps) et il est très utilisé dans le sport : la prolongation d’un match. Le prolongement quant à lui est lié à l’action ou le résultat d’accroître en longueur dans l’espace, dans la continuité d’un point de repère (prolongement d’une route) ou alors aux répercussions ou à la suite d’un événement (prolongements d’un attentat, d’une guerre). Dans cette dernière acception, le nom est d’ailleurs généralement utilisé au pluriel.

Infraction et effraction

Infraction vient du bas latin infractio issu de frangere = briser. Ce nom est lié au verbe enfreindre, de même origine, utilisé surtout dans le domaine juridique, à savoir enfreindre la loi. Infraction = violation d’une loi, d’une règle (c’est immatériel). Effraction quant à lui vient aussi de frangere = briser. Alors où est la différence entre les deux mots ? L’effraction (avec 2 f) concerne du matériel, forcer une serrure, une clôture.

Allocation et allocution

Allocation et allocution existent bien mais n’ont pas la même signification. Les deux noms sont féminins, on ne peut pas se tromper. Une seule lettre les différencie, voyez comme la langue française est subtile ! Une allocation est une somme allouée… à un allocataire. Le nom allocation (1478 selon Dict.Étym.) vient du verbe allouer, issu du latin populaire allocare = placer, dépenser jusqu’au XVIe siècle, puis approuver et ensuite accorder une somme d’argent. Le nom allocution quant à lui vient du latin allocutio, de aldoqui = parler. Une allocution est un discours officiel de courte durée, comme par exemple une intervention du Président de la République à la télévision sur un sujet précis et important. Le locuteur s’adresse d’ailleurs à l’allocutaire… dans le cadre d’une allocution.

Favori – Favorite – Favoris

Favori (au masculin) et favorite (au féminin) désignent en tant qu’adjectifs ce qui est l’objet de préférence : mon plat favori, ma lecture favorite. En tant que nom, un favori est un homme jouissant de la protection d’une personne puissante, tandis qu’une favorite autrefois était la maîtresse préférée du roi. Pourquoi écrit-on favorite et non pas favorie au féminin ? Parce que ce mot (tant féminin que masculin) apparu au XVIe siècle vient de l’italien favorito (même sens). Cependant, en vieux français, on écrivait favorie. C’est en français moderne (depuis 1564 quand même !) que l’on écrit favorite. Les favoris en revanche (nom masculin pluriel) sont des touffes de barbe de chaque côté du visage au niveau des joues comme en portait Elvis Presley par exemple et ce qui concerne la culture rock’n roll. On les appelle aussi rouflaquettes (mot apparu en 1881, Rigaud, et d’origine obscure mais qui pourrait venir de roufle = gifle – cf. Dict. Étym.) quand ils sont épais. Les vraies rouflaquettes sont à l’origine des mèches de cheveux qui descendent sur les joues et les tempes, coiffées en forme d’accroche-cœur.

Moule de bouchot

Les moules de bouchot, comme le nom l’indique, sont élevées sur un support en chêne (ou châtaignier) appelé bouchot. Bouchot n’est pas une ville d’où viendraient les moules, comme on dirait des moules d’Oléron ou de Saint-Malo par exemple, attention beaucoup font l’erreur, ne riez pas ! C’est un mot poitevin issu du latin médiéval buccaudum, de buccale = embouchure. Le bouchot permet d’élever des moules essentiellement mais également d’autres coquillages. Il est constitué d’un pieu de 2 à 6 mètres de long, non écorcé et enfoncé de moitié dans le sable ou les sédiments. On aligne les bouchots sur des zones qui se découvrent partiellement ou totalement à marée basse.

Concernant l’origine des moules du bouchot, un récit du XVIe siècle raconte qu’en 1235, un naufragé écossais s’échoua en baie d’Aiguillon. Les habitants de la région le recueillirent. Son activité habituelle étant la chasse aux oiseaux de mer, il tendit des filets à cet effet, entre des piquets de bois qu’il enfonçait dans le sable. Il aperçut rapidement, sur ses poteaux, de nombreux naissains de petites moules qui grandissaient très vite. Il décida ensuite de capturer et élever des moules dans ses parcs de la côte atlantique française, activité plus rentable que la chasse aux oiseaux. La production de moules devenant de plus en plus importante, il fallut la réglementer, c’est Colbert qui le fit en 1681 par une célèbre Ordonnance sur la pêche.

Ris et riz

Le ris (avec un s à la fin) désigne deux choses, le saviez-vous ? C’est en termes marins une partie de voile, mais également, et là en général c’est assez connu, le ris désigne en termes culinaires le thymus du veau ou de l’agneau (situé à l’entrée de la poitrine). Un bœuf n’a pas de ris car celui-ci disparaît à l’âge adulte donc si un jour on vous en propose, considérez qu’on se moque un peu de vous… Alors quand on vous parle de ris de veau, c’est avec un s à la fin, et pas un z (riz) ! ASTUCE : pour se souvenir de l’orthographe du mot, pensez que le ris se situe vers la gorge… et dites-vous : je ris à gorge déployée ! Le riz quant à lui (la céréale) s’écrivait ris autrefois lui aussi (XIIIe siècle), parce qu’il vient de l’italien riso (on connaît le risotto par exemple) du latin oriza issu du grec oruza. L’écriture actuelle prend un z à la fin, mais peu de gens se trompent.

Clause de revoyure

Une clause est une disposition particulière, une condition dans un contrat ou un traité, en termes de droit. Une clause de revoyure est quant à elle une clause de réexamen, à savoir une formule par laquelle le pouvoir exécutif s’engage devant le Parlement à réexaminer une ou des dispositions législatives ou réglementaires au terme, à la fin d’une période d’expérimentation qui est fixée par la loi. Il existe aussi une expression : à la revoyure. Elle signifie qu’on sera amené à revoir la personne à qui on s’adresse. Allez, à la revoyure ! Allez, à bientôt !

Taloche

Une taloche peut désigner deux choses bien différentes au sens propre, mais qui se ressemblent au sens figuré, comme nous allons le voir ! La taloche, en maçonnerie, est une plaque pourvue d’un manche (oui, il faut bien la tenir quand même !) servant à prendre et appliquer le mortier ou le plâtre sur les murs (talocher). Au XIVe siècle, le mot désignait un bouclier (Cuvelier). C’est au XIXe siècle qu’il prit son sens actuel. Il y a ressemblance effectivement avec un bouclier. Le mot taloche vient de taler (du germanique tâlon = fouler, meurtrir). C’est là que nous arrivons au sens figuré : donner une taloche à quelqu’un, c’est lui donner une claque… donc risquer de le meurtrir !

Pâquerette – Au ras des pâquerettes

Tout le monde connaît cette jolie petite fleur des champs appelée pâquerette. Mais d’où vient son nom ? Il y a plusieurs explications. La principale est liée à l’époque du début de floraison : Pâques. Pâquerette vient du moyen français pasquerette (XVIe siècle) et autrefois on l’appelait aussi pasquette (ancien français). Le mot pourrait venir également de pasquier = pâturage (Littré),  du latin pascuarium =pâturage. L’expression au ras des pâquerettes date du XVIIe siècle et vient de la très petite taille de ces fleurs : au sens propre, qui signifie terre-à-terre, de bas niveau, et au sens figuré signifiant minable, désolant, médiocre.

 

Blanc-bec

Blanc-bec est un terme péjoratif et familier qui désigne un homme prétentieux malgré son manque d’expérience. Mais d’où vient ce mot ? Il signifie ne pas avoir de barbe. Autrefois, la barbe étant un signe tant de modestie que de virilité, on appelait blanc-bec un jeune homme qui n’avait pas la possibilité d’imposer son avis à la manière d’un homme, de par l’inexpérience liée à son âge. Pluriel : des blancs-becs. Il existe un synonyme : un bleu. L’origine de l’expression se trouve dans la couleur (bleue forcément !) des uniformes des nouveaux conscrits (donc sans expérience) au début du XIXe siècle.

Bec-de-cane

Le bec-de-cane est un terme de serrurerie qui désigne une petite serrure à double bouton avec cette particularité qu’elle ne ferme pas à clé, mais également une poignée de porte pourvue d’une béquille. Il tire son nom de sa ressemblance avec le bec de la cane. Le bec-de-cane est connu depuis le XVIIIe siècle.

Sommité

Une sommité (avec deux m et surtout pas de e à la fin) désigne une personne éminente (reconnue comme supérieure) dans un domaine particulier. Le mot vient du bas latin summitas = sommet, de l’adjectif summus = le plus haut. On appelle sommité également l’extrémité (le sommet en quelque sorte) de la tige fleurie de certaines plantes comme l’hortensia, la lavande ou le millepertuis, dont les fleurs sont trop petites pour être conservées isolément et se trouvent donc groupées en inflorescence complexe. Les bouquets des choux-fleurs, des choux romanesco et des brocolis sont aussi appelés sommités dans le langage culinaire, c’est la partie de la tige la plus garnie en fleurs.

Impressionnez vos invités en leur racontant l’histoire du plat que vous leur avez amoureusement concocté : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html

Ex-voto

Ex-voto est l’abréviation (invariable) de la formule latine ex-voto suscepto, utilisée comme dédicace dans les inscriptions et qui signifie ‘ suivant le vœu fait ‘. Elle est connue par Saint-Amant en 1643 (Dict. Étym.) mais son origine remonte avant les Phéniciens, comme symbole de la foi et de la reconnaissance. Autrefois, les marins se trouvaient souvent en danger dans les tempêtes et pendant des guerres. Pour demander protection, ils se vouaient à la Vierge Marie ou au saint patron de leur village natal. Ils lui offraient à leur retour (donc sauvés !), pour remerciement du vœu réalisé, une maquette de leur bateau, une pièce du navire ou autre cadeau en rapport. Les chapelles et églises ont ainsi hérité de nombreux ex-voto confectionnés par les marins ou leurs familles ou par des artisans/artistes locaux. De même, les Égyptiens offraient des ex-voto comme reconnaissance à la déesse Sérapis, les Grecs au dieu Asclépios et les romains au dieu Esculape.

Donneur d’ordre ou donneur d’ordres ?

L’erreur est courante de l’écrire au singulier (donneur d’ordre) mais donneur d’ordres s’écrit au pluriel, car par principe, il y a plusieurs ordres à donner. Dans le cadre professionnel, le donneur d’ordres est un opérateur qui active les chaînes de valeur (qu’on appelle aussi supply chain dans le jargon industriel) par les ordres qu’il donne à ses sous-traitants. Il peut être le consommateur final également dans le cas où il remplit lui-même un bon de commande. Il active ainsi la chaîne de valeur du fournisseur sollicité. C’est le principe de la sous-traitance qui lie des entreprises. Le donneur d’ordres (commanditaire) demande à une autre entreprise sous-traitante (dite ‘ assujettie ‘) de réaliser une partie de sa production ou même simplement des composants nécessaires à sa propre production.

Voguing – voga – yoga

Le voga est une nouvelle gymnastique qui allie le yoga et le voguing. Le voguing est une danse qui existe quant à elle depuis les années 70, mais qui avait relativement disparu à la fin des années 90 pour réapparaître dernièrement dans une nouvelle déclinaison associée au yoga, lui très ancien. Le voga permet de s’étirer en utilisant des postures propres au yoga tout en y associant le rythme lié au voguing (voir Vogue de Madonna pour se donner une idée). Le voguing est lié aux postures des défilés de mode des années 60 (la pose mannequin).

Vaguemestre

Le vaguemestre, sous l’Ancien Régime, était un officier chargé de la conduite des convois militaires. Puis ce nom désigna un sous-officier chargé des services de poste dans le cadre militaire. Le mot date du XVIIe siècle et vient du néerlandais wagenmeester (apparenté à l’allemand Wagenmeister = maître des équipages), à waghe en ancien français. Wagen = voiture en allemand. De nos jours, dans les hôpitaux et les prisons notamment, le vaguemestre est le fonctionnaire chargé du service postal, comme l’envoi et la réception du courrier des patients, mandats, etc. Il fait également office de coursier interne.

Vicissitude

Le nom féminin vicissitude désigne le changement de choses qui se succèdent, et plus précisément utilisé au pluriel de nos jours, les aléas de la vie, les événements surtout malheureux qui affectent la vie humaine : les vicissitudes de l’existence. Le mot est connu depuis 1355 (Dict. Étym.) et vient du latin vicissitudo, construit sur le radical vice = à la place de. On parle d’ailleurs de vice-président, à savoir la personne qui est chargée de seconder voire de remplacer le président si celui-ci ne peut plus assurer ses fonctions. Se souvenir du mot vice constitue donc un moyen mnémotechnique pour retenir l’orthographe de vicissitude.

Nonpareil et nonpareille

L’adjectif nonpareil (nonpareille au féminin) s’écrit toujours en un seul mot et signifie dans sa forme un peu vieillie, guère usitée à notre époque : qui n’a pas d’égal, qui n’a pas son pareil, rien n’est plus beau ou mieux, insurpassable, inégalable. Attention, cela ne signifie pas : dissemblable/pas pareil.

La nonpareille (nom féminin) est quant à elle une plante, plus précisément une variété d’œillets, mais également une espèce d’oiseaux d’Amérique du nord et également, en mercerie un ruban étroit (forme vieillie).

Polyvalence et polycompétence

La polyvalence consiste dans le cadre professionnel à pouvoir être affecté sur différents postes ou fonctions, sans obligatoirement en posséder toutes les compétences. La polycompétence quant à elle suppose une maîtrise réelle de ces postes ou fonctions. Dans les faits, la polyvalence de base mène vers la polycompétence lorsque les postes nécessitent des qualifications particulières voire élevées. Dans ce cas, l’opérateur polyvalent doit acquérir diverses compétences assez rapidement, développant ce que l’on appelle communément un ‘ portefeuille de compétences ‘… et devient ainsi polycompétent.

Sbire

Les sbires étaient autrefois les archers de la police en Italie. Par analogie, ce mot désigne à notre époque un homme à tout faire, un homme de main qui fait les basses besognes, y compris l’espionnage et la délation. Le mot sbire vient de l’italien sbirro = agent de police, du bas latin birrus = brun-rouge, du grec purrhos = couleur de feu, en rapport avec la couleur des uniformes des policiers de l’époque, qui portaient une casaque rouge. Le mot sbire a été utilisé par François Rabelais en 1546.

Balane

La balane commune (nom scientifique : balanus perforatus) est un arthropode appartenant au sous-embranchement des crustacés, infra-classe des cirripèdes. On la trouve dans les zones côtières des régions tempérées chaudes de l’océan Atlantique et en Méditerranée. Elle vit sur les rochers et tout support rigide dans la moitié inférieure de l’estran, elle pénètre dans l’étage infra-littoral et on peut en trouver jusqu’à 30-40 mètres de profondeur. Adulte, elle peut mesurer plusieurs centimètres. Elle se fixe aussi sur des animaux comme les crabes, araignées, berniques, moules, huîtres ainsi que sur les coques des bateaux et les bouées. C’est un animal très facile à observer et très courant. C’est un microphage filtreur (il nettoie la mer). À marée haute, sous l’eau, sa carapace s’ouvre et il capture ses proies (minuscules morceaux de plantes et d’animaux) à l’aide de ses 6 paires de pattes transformées en cirres (appendices filiformes) d’où son autre nom : cirripède. La balane n’a ni yeux ni antennes. Le corps proprement dit se trouve à l’intérieur de plaques qui forment un cône bas à ouverture mobile grâce à des petites plaques cachées à l’intérieur : les terga et les scuta. À marée basse, les balanes peuvent respirer grâce à un micropyle (très petit orifice) qui maintient le contact entre l’air et l’eau que contient la coquille. S’il ne reste plus assez d’eau, la balane a la possibilité de se fermer totalement pour assurer une respiration anaérobie (sans air) le temps que la marée remonte.

Balane

Balane

Serpule

La serpule, de son nom scientifique serpula vermicularis, est un petit ver annelé (c’est un annélide) marin et sédentaire qui construit un tube calcaire d’environ 5 mm de diamètre et aux formes irrégulières sur les rochers. Il est parfois aussi caché dans le substrat où il se fixe, comme des débris rocheux, des coquillages ou des algues. Il mesure environ 7 cm de long mais peut aller jusqu’à 10 cm. Son nom vient du latin serpula = petit serpent, et serpullum, de serpere = ramper. Ses œufs sont planctoniques (plancton) et donnent naissance à des larves trochophores (larves ciliées en forme de toupie). La serpule peut se rétracter dans son tube lorsqu’elle est dérangée. Elle referme ce tube calcaire grâce à un petit opercule en forme de trompe conique rougeâtre. De chaque côté de cette trompe, on peut distinguer deux panaches de tentacules filamenteux blancs et rouges qui forment une couronne branchiale en 2 lobes, soudés entre eux par une membrane. Ces tentacules lui servent à attraper sa nourriture constituée de particules microscopiques et de plancton, ainsi que pour respirer. Si vous allez à la mer (surtout en Méditerranée mais on en trouve aussi en Atlantique), vous avez toutes les chances d’en voir, ces animaux sont assez faciles à observer, respectez-les.

Serpule

Serpule

Panic et panique

Les deux noms panic et panique existent, le premier est masculin et le deuxième est féminin. Le panic est une graminée renfermant des millets (du latin panicum), d’où le nom commun d’une de ses espèces qui est cultivée comme plante fourragère : le millet des oiseaux, surtout en Asie (la plante est originaire du Japon) mais également aux États-Unis (le panic érigé, de son nom latin Panicum virgatum). Le millet quant à lui est très cultivé en Afrique. Le nom masculin panicule vient d’ailleurs du latin panicula / panus = épi. Le mot pain en est issu.

La panique désigne une terreur totalement incontrôlable et subite, assez souvent collective (une foule paniquée). Le mot vient du grec panikos, issu du nom du Dieu Pan, dont la réputation était de troubler violemment les esprits.

Giboulées

Le nom féminin giboulée qui désigne une pluie soudaine généralement accompagnée de grêle a été attesté en 1548 par Mizauld (dict. étym.). Il s’utilise d’ailleurs le plus souvent au pluriel : giboulées de mars. L’étymologie de ce mot est inconnue dans la mesure où son origine géographique n’a pas été prouvée. Dans le Berry (langue d’oïl) le mot pourrait venir de l’ancien français, peut-être même du berrichon, gibler / giber  = agiter, secouer, se battre, par similitude avec ces pluies soudaines. En Occitanie, on peut rapprocher le mot giboulée des termes giboulado = gibouléegibourna = grésiller et gibournado = giboulée. Il existe également le terme guilée en vaudois et en wallon. Il est d’ailleurs présent dans le Dictionnaire de l’Académie de 1762.

Latifundium

Un latifundium (nom masculin - pluriel latifundia) est un terme latin, de latus = large et de fundus = fonds de terre, domaine. Il est utilisé de deux manières : dans l’Antiquité romaine, le latifundium était un grand domaine rural créé grâce à l’usurpation de terres de l’ager publicus. Il était cultivé par des esclaves et les riches Romains y pratiquaient l’élevage, l’oléiculture et la viticulture. De nos jours il désigne dans certains pays (Brésil, Pérou et autres pays d’Amérique latine notamment) une vaste propriété agricole à culture extensive pauvre. Le latifundium est d’ailleurs plus un système économique qu’une forme de propriété, de par son type de fonctionnement, géré encore à l’heure actuelle par une classe dominante conservatrice dont c’est la base agraire. En Afrique noire en revanche, en l’absence d’aristocratie foncière, il n’existe pas de latifundium.

Fonctionnement d’un bureau de vote

En France, les bureaux de vote sont institués par arrêté préfectoral et sont gérés par plusieurs types d’intervenants. Il y a un ou plusieurs bureaux par ville selon le nombre d’habitants. Chaque bureau est constitué ainsi :

Le président : c’est le maire ou un de ses adjoints généralement. Ce peut être également un conseiller municipal ou un électeur de la commune que le maire a désigné. Celui-ci dispose des autorités civiles et militaires, qui sont tenues d’exécuter ses ordres afin d’éviter tout incident violent. Il garde avec lui l’une des 2 clés de l’urne, ouvrant le bureau le matin et le fermant le soir. L’autre clé est confiée à l’un des assesseurs ou au secrétaire de bureau (agent communal à voix consultative). Généralement, le président est derrière l’urne pour faire voter les électeurs.

Les assesseurs : au nombre de 2 au minimum, ils sont désignés par les candidats ou partis qui participent à la campagne (ils ont priorité) – art. R.44 du Code électoral -, ou à défaut choisis parmi les électeurs (ex : l’électeur le plus âgé s’il manque un assesseur, le plus âgé et le plus jeune s’il en manque deux). Ils sont chargés de vérifier l’identité et l’inscription effective des électeurs au bureau de vote en question, de les faire signer sur la liste d’émargement, tamponner la carte électorale, gérer les procurations. Ils s’assurent également du bon ordre du bureau (bonne tenue de la table où reposent les bulletins de vote et les enveloppes, vérification régulière de la propreté et tenue des isoloirs, à savoir vider de temps en temps les poubelles de bulletins non utilisés, libérer la tablette de bulletins qui traînent…).

Le secrétaire : il s’agit d’un agent communal à voix consultative (ce peut être aussi un électeur de la commune) désigné par le président et les assesseurs.

Les scrutateurs : désignés par les candidats, les mandataires des listes présentes ou par les délégués, parmi les électeurs présents, une fois le bureau de vote fermé (18 h 00 sauf dans quelques très grandes villes), ils procèdent au dépouillement des votes sous la surveillance des membres du bureau. S’ils ne sont pas assez nombreux, le bureau de vote a droit de participer au dépouillement.

De manière à assurer un suivi sérieux des opérations de vote, la loi électorale exige qu’en permanence au moins deux membres du bureau de vote soient présents. Chaque candidat peut exiger la présence d’un délégué habilité à contrôler toutes les opérations électorales. Le délégué ne peut pas être assesseur, mais il peut en revanche être scrutateurs (art. R.65 du Code électoral).

Les résultats sont proclamés publiquement par le président du bureau centralisateur après établissement du procès-verbal, et affiché immédiatement dans la salle de vote.

 

 

For intérieur

Prendre une décision en son for intérieur, c’est prendre une décision en toute conscience, comme fonction de son propre tribunal intérieur qui nous permet de juger. En effet, le nom masculin for vient du latin ecclésiastique forum, qui signifie tribunal. Le for intérieur peut donc être comparé à une sorte de tribunal de la conscience.

Œil-de-bœuf

Un œil-de-bœuf est une lucarne ovale ou circulaire pratiquée sur une façade, une porte, un mur ou une cloison. On en trouve surtout au niveau des combles des bâtiments anciens, donc dans leur partie supérieure. L’œil-de-bœuf est parfois muni d’une vitre ou d’une grille de protection. Le but de cette ouverture est de laisser entrer la lumière du jour, particulièrement dans les pièces dépourvues de fenêtre. Au pluriel on écrit des œils-de-bœuf et non pas des yeux !

Une esperluette

Une esperluette est un signe typographique commercial (mais également utilisé en informatique) signifiant ‘et’ : &. L’esperluette ou perluète dite ’e commercial’ est créée à partir de la ligature du e et du t et sert à abréger le mot et. À l’origine, cette graphie ligaturée était utilisée par les copistes médiévaux et l’invention en est attribuée à Tiron (Marcus Tullius Tiro), secrétaire de Cicéron et auteur des ‘notes tironniennes‘, méthode de sténographie (procédé d’écriture de la parole à base de signes abréviatifs et conventionnels aussi rapidement qu’elle est prononcée) utilisée jusqu’à la fin du XVe siècle.

Pacifique – pacifiste – paisible

Les mots pacifiquepacifiste et paisible sont tous en rapport avec le concept de paix. L’adjectif pacifique appartient à la famille du verbe pacifier, qui signifie rétablir la paix. Il est attesté depuis le XVe siècle, tirant son étymologie du latin pacificus = faire régner la paix et / ou du provençal pacific. Une personne pacifique tend à la paix, un acte pacifique se déroule dans un esprit de paix. Le navigateur Magellan aurait d’ailleurs nommé l’océan Pacifique ainsi parce que traversé sans tempête. L’adjectif pacifiste quant à lui a été formé d’après l’adjectif pacifique au début du XXe siècle = qui préconise la recherche de la paix / partisan de la paix. Il y a une connotation liée à l’action. Et enfin concernant l’adjectif paisible, il fut attesté au XIIIe siècle. Il est dérivé d’une ancienne graphie du nom paix (pais), à laquelle a été ajouté le suffixe -ible. Une personne paisible, c’est une personne calme, qui est en paix et qui ne la trouble pas non plus. Un endroit paisible est un endroit où règne une atmosphère de paix, une impression de sérénité.

Canneberge – cranberry

La canneberge, appelée aussi grande airelle rouge d’Amérique du Nord est un arbrisseau qui pousse dans les tourbières des régions froides. Elle est connue sous le nom de cranberry (nom anglais) au niveau des produits industriels européens comme le jus ou autres préparations à base de ce fruit rouge. En Acadie, on l’appelle aussi pomme des prés. Tout comme le vin rouge, la canneberge comporte une certaine densité de tanins, renfermant eux-mêmes des composés antioxydants. Elle est riche également en vitamine C. Le nom anglais  cranberry vient du mot crane-berry. C’est l’ancien nom américain de la plante, il signifie baie de grue car ses fleurs poussent vers le sol au tout début de la floraison et ressemblent tout simplement à une tête de grue.

Odorologie

L’odorologie est une science qu’utilise la police technique et scientifique depuis plus de 10 ans dans le cadre des recherches de preuves sur les scènes de crime ou autre. Concrètement, c’est la preuve par l’odeur. C’est une science encore assez méconnue mais de plus en plus utilisée en complément des preuves ADN et des recherches d’empreintes. En effet, les odeurs sont génétiquement uniques et restent intactes 10 jours après avoir été déposées sur un tissu spécial que les policiers frottent sur les objets que le suspect a pu éventuellement toucher. Des chiens policiers sont spécialement éduqués pour ce type de recherche. Ils comparent ensuite les odeurs sur le tissu et l’odeur du suspect. Cette technique ne donne pas à elle seule la preuve de culpabilité vis-à-vis de la loi, mais constitue un complément d’indice associé aux preuves ADN et aux empreintes.

Arénicole

L’arénicole désigne un animal que tous ceux qui ont un jour foulé une plage de leurs pieds connaissent… sans en connaître le nom bien souvent !

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Le mot arénicole vient de aréno (sable) et cole = (qui habite), son nom latin est  Arenicola marina, mais on l’appelle généralement ver de vase ou ver noir. Ce ver annélide (constitué d’anneaux) mesurant entre 10 et 20 cm de long est bien connu des pêcheurs qui l’utilisent comme appât. L’arénicole est nommé différemment selon les régions : chique, bocard, bouzou, buzuc (Finistère)… L’arénicole vit dans un terrier en forme de U qu’il creuse dans le sable. Très utile, c’est un consommateur microphage détritivore, c’est-à-dire qu’il mange des déchets, des particules organiques et autres en suspension dans l’eau et dans le sable (psammivore). Il filtre l’eau de mer, c’est un suspensivore. Il rejette ensuite ces déchets filtrés à l’extérieur de son terrier, ce qui crée des tortillons de sable que nous connaissons tous (voir photo ci-dessus).

Translucide et transparent

Les adjectifs translucide et transparent sont assez proches en ce sens qu’il y est question de laisser passer la lumière, mais à des niveaux différents. L’adjectif translucide s’applique à un élément (du verre bien souvent) qui laisse passer la lumière sans pour autant laisser voir les formes derrière. Le verre dépoli et le ‘ verre cathédrale ‘ (que l’on trouve souvent comme fenêtres de salles de bains, toilettes et portes d’entrée) en sont des exemples. L’adjectif transparent quant à lui s’applique à un élément qui laisse voir la lumière ET les formes derrière. Le verre lisse notamment est transparent.

Glaciaire ou glacière

Les deux mots glaciaire (adjectif) et glacière (nom féminin) existent, ce sont des homophones (ils se prononcent de la même façon) et ils n’ont pas la même signification, même si tous deux sont en rapport avec la glace, du latin glacies qui signifie ‘ miroir ‘.

L’adjectif glaciaire est relatif aux glaciers en géologie. L’érosion glaciaire, une montagne glaciaire, une période glaciaire (période marquée par un refroidissement significatif du climat et où les glaciers se sont donc répandus), régime glaciaire (cours d’eau marqué par de hautes eaux l’été en raison de la fusion des glaces et de basses eaux l’hiver en raison de la rétention nivale et glaciaire -Dict. Larousse).

Le nom féminin glacière désigne un récipient isolé (isotherme) et portatif  dans lequel on peut conserver quelques heures des aliments ou boissons avec de la glace.

Génodique

La génodique est un terme assez récent se rapportant au mariage de la musique et de la biologie. Comment ça ? Étant reconnu que la musique agit sur l’humain et les animaux, des recherches ont été entreprises par des chercheurs depuis une cinquantaine d’années, et notamment Joël Sternheimer, docteur en physique théorique et musicien. Le but étant de prouver que la musique peut également avoir des effets sur la croissance de plantes. La génodique est désormais utilisée par certains producteurs en viticulture et maraîchage (endives notamment). Ils utilisent des ondes spécifiques selon le résultat qu’ils souhaitent obtenir.

Arum et arôme

Arum et arôme : voici deux mots qui se prononcent de la même façon mais qui s’écrivent différemment et ne signifient pas la même chose. Ce sont des homophones (homonymes de même forme phonique).

Arum : il s’agit d’une plante, le U doit se prononcer O. Elle est plus appréciée pour sa forme longue (de 20 à 60 cm) et délicate et sa couleur blanche généralement que pour son odeur assez forte (voire désagréable) prévue pour attirer les mouches et faciliter sa pollinisation.

Arôme : c’est la sensation que l’on perçoit par rétro-olfaction lorsque l’on mange (fumet, parfum, bouquet…). Les aliments (fruits, légumes, épices, aromates, viandes, poissons, produits laitiers etc.), possèdent des arômes naturels que les industriels de l’agroalimentaire reproduisent et renforcent.

Blanc-seing

Un blanc-seing (et non pas un sein blanc !) est un document signé en blanc, c’est-à-dire que l’on confie, après signature, à une autre personne désignée (de confiance tant qu’à faire !) le soin de le remplir. Le nom masculin seing signifie signature. Il vient du latin signum = signe. Il est utilisé dans de rares locutions comme ‘ sous seing privé ‘ désignant une convention signée entre deux parties. Le contreseing (en un seul mot) désigne quant à lui la signature d’une personne qui contresigne un acte et s’en déclare de ce fait solidaire (elle est d’accord avec l’acte).

Exhausser et exaucer

Les verbes exhausser et exaucer n’ont pas du tout la même signification, ce sont des homonymes et l’orthographe utilisée y est donc très importante.  Dans exhausser, on voit ‘ ex ‘ et ‘ hausser ‘ (haut – hauteur), cela aide à comprendre qu’il s’agit d’un synonyme de surélever. En revanche, le verbe exaucer s’applique généralement à un vœu, une prière.  Exaucer un vœu ou une prière, cela signifie le(la) satisfaire, l’accueillir favorablement.

Auspices ou hospice

Les deux noms auspices et hospice existent, mais leur signification est très différente.

AUSPICES (nom masculin) s’utilise au pluriel et fait référence à des circonstances : d’heureux ou funestes auspices. Le mot vient du latin auspicium, de avis (= oiseau) et spicere (= examiner). Dans l’Antiquité romaine, les auspices étaient des présages que les dieux envoyaient à travers le vol ou le chant des oiseaux mais également la façon dont mangeaient les poulets sacrés. Ces présages étaient ensuite interprétés par des prêtres.

HOSPICE (nom masculin) vient du latin hospitium (= hospitalité) et désigne quant à lui une maison spécialisée dans l’accueil de personnes âgées démunies ou atteintes de maladies chroniques, c’est aussi l’ancien nom des hôpitaux. Le terme est utilisé également pour désigner un établissement où des religieux accueillent des pèlerins et randonneurs, c’est un lieu de refuge pour passer une nuit dans le cadre de leurs voyages.

Expression trier sur le volet

Trier sur le volet, c’est sélectionner très soigneusement. L’expression s’applique aux personnes en général. Par exemple, les figurants et acteurs pour un film seront triés sur le volet, c’est-à-dire qu’ils devront correspondre à des profils bien particuliers en fonction du rôle qu’ils auront à jouer. Trier, d’accord ! On comprend facilement. Mais ‘sur le volet’ ? Quel rapport ? Le volet que nous connaissons à notre époque est plutôt celui qui se trouve devant nos fenêtres, mais évidemment, il ne s’agit pas de ce volet-là ! Il faut comme toujours, lorsque l’on cherche l’origine d’un mot ou d’une locution, s’aventurer un peu dans le passé pour y découvrir l’explication. Au Moyen Âge, le volet était en fait un tissu très fin et léger, à tel point qu’il puisse voleter au vent. Il servait à fabriquer des tamis pour trier les graines. Ces tamis ont d’ailleurs plus tard pris ce même nom de volet. Au XIIIe siècle, le volet était la partie volante d’une coiffe (dict. étym. Larousse). Au XVe siècle, le volet était une assiette en bois dans laquelle les femmes devaient trier pois et fèves. En 1542, Rabelais utilisa d’ailleurs l’expression ‘trier sur le volet’.

Avoir du pot

Avoir du pot, du bol, du ‘cul’, c’est la même chose ! Cette expression familière signifie avoir de la chance. Mais quel rapport ? En argot, le ‘cul’ veut dire chance, au-delà de sa signification première désignant un endroit du corps qu’il est inutile de détailler ici ! De même, le pot et le bol désignaient cette partie du corps en ancien français. Attention, à notre époque certains mots comme ‘cul’ sont devenus vulgaires, ce qui n’était pas le cas il y a très longtemps (exemple : le mot cul-de-sac existe depuis le XIIIe siècle et n’est empreint d’aucune vulgarité).

CAC 40

Que veut dire CAC ? Cotation Assistée en Continu. Le CAC 40 notamment est l’indice phare de la Bourse de Paris, il existe depuis le 31 décembre 1987. Il a été créé par la Compagnie des agents de change. L’indice CAC 40 est calculé par rapport aux cours de 40 actions (valeurs) cotées en continu parmi les cent sociétés aux échanges les plus abondants sur Euronext Paris, branche française de Euronext (groupe européen d’entreprises de marchés financiers), première Bourse européenne. La valeur boursière d’une entreprise correspond au cours de bourse multiplié par le nombre d’actions qui composent le capital. À quoi sert cet indice ? C’est en fait un baromètre destiné à donner la tendance du marché. Il est à la fois instrument de mesure et outil de comparaison, auquel les gérants de portefeuilles doivent se référer.

Noctambule et noctivague

Noctambule est un terme courant qui désigne une personne aimant vivre et s’amuser la nuit. Le mot vient du latin nox, noctis qui veut dire nuit, et ambulare qui veut dire marcher. Noctivague en revanche est un terme zoologique qui désigne un animal se promenant uniquement la nuit. Exemple : le tinamou noctivague (crypturellus noctivagus), oiseau terrestre des forêts tropicales d’Amérique du Sud (Brésil). Le mot noctivague vient du latin noctivagus, de nox = nuit, et vagari = errer.

Conclave

Le conclave désigne pour l’Église catholique romaine l’endroit où sont enfermés à clef les cardinaux de moins de 80 ans dans le but d’élire le pape lors de la période dite Sede vacante, c’est-à-dire pendant les quelques jours après le décès voire la démission du dernier pape comme cela s’est produit exceptionnellement pour Benoît XVI. Le conclave désigne également l’assemblée elle-même et le travail qui y est effectué. Le mot conclave est dérivé du latin cum clave qui veut dire à clef. Le dernier conclave a eu lieu les 12 et 13 mars 2013, pour élire le Pape François. Il faut recueillir les deux tiers des votes pour être élu. Le résultat de chaque vote est annoncé par une fumée qui sort de la cheminée de la Chapelle Sixtine, noire si le pape n’est pas encore élu, blanche quand il est élu.

Le coprah ou copra

Tout le monde connaît la noix de coco, mais le coprah, qu’est-ce donc ? C’est l’albumen séché de la noix de coco. Mais l’albumen, qu’est-ce que c’est ? C’est généralement le blanc d’œuf mais dans le cas présent, il s’agit du tissu riche en réserves nutritives de la graine (amande) que l’on connaît sous le nom de lait de coco, eau de coco ou chair de coco. Le coprah sert notamment à fabriquer l’huile de coprah. C’est une huile non fluide, d’apparence graisseuse et épaisse, comme l’huile de palme. Le coprah est donc l’amande de coco que l’on a séparée de sa coque puis desséchée. Attention, il ne faut pas confondre avec l’huile de coco où l’amande de coco n’y a pas été desséchée, conservant donc l’odeur du coco.

Le tourteau de coprah, quant à lui, est un résidu solide lui-même issu du résidu de coprah après la pression (extraction de l’huile). Très riche en protides et acides gras saturés, il est utilisé ensuite comme fertilisant agricole et pour l’alimentation du bétail : bovins, porcs, chevaux, crevettes d’élevage etc.

Marégraphe

Un marégraphe est un instrument qui enregistre les variations du niveau de la mer (marée), à un endroit précis sur une durée déterminée. On trouve plusieurs sortes de marégraphes : les marégraphes de surface à flotteur, appelés aussi marégraphes analogiques, et les marégraphes plongeurs (numériques côtiers et de pression de fond). Les mesures sont inscrites au fur et à mesure sur un papier déroulant appelé marégramme.

 

Lavande

La lavande est une plante aromatique très parfumée essentiellement méditerranéenne bien qu’elle pousse dans de nombreuses autres régions, à partir du moment où le terrain est rocailleux. Origine du nom lavande : vient de l’italien lavanda (‘ qui sert à laver ‘). Il existe deux sortes de lavande : la vraie lavande (lavandula vera) et la lavande aspic (lavandula spica). En Provence, la lavande est appelée ‘ baïasse ‘, et les champs de lavande sont appelés des ‘ baïassières ‘. La lavande qui y est cultivée est en fait du lavandin, hybride naturel de la lavande.

La lavande attire beaucoup les abeilles, on en fait d’ailleurs du miel, de goût assez puissant, excellent pour soulager la migraine et autres maux de tête. Elle réduit également l’anxiété et aide à l’endormissement. La lavande est utilisée pour parfumer les vêtements dans les placards (on la met dans de petits sachets de toile) et éloigner les mites. Son odeur est légèrement camphrée. Elle est beaucoup utilisée en parfumerie. Les Romains l’utilisaient d’ailleurs pour parfumer leurs bains et leurs vêtements. Ses propriétés apaisantes la firent aussi considérer autrefois comme favorisant la chasteté. La fondatrice de l’ordre des Ursulines, Sainte Angèle Merici, infligeait des jeûnes à base de lavande et de romarin aux religieuses de son couvent convaincues de pensées interdites… D’un point de vue plus médical, ses pouvoirs désinfectants étaient reconnus au Moyen Âge. On en faisait des fumigations et des emplâtres pour combattre la peste.

Lavande

Lavande

Ciboulette

La ciboulette est une herbe aromatique que l’on cultive dans le monde entier. Elle mesure entre 10 et 20 cm et ses premiers boutons apparaissent généralement au mois de mai. Elle proviendrait au départ de l’est du bassin méditerranéen et fut propagée par les Romains dans toute l’Europe du nord. Sa culture était très répandue dans les monastères au Moyen Âge. La ciboulette est particulièrement riche en provitamine A et en vitamine C. Ses tiges sont utilisées pour aromatiser les salades, viandes, fromages, poissons etc. On peut utiliser des fleurs macérées de ciboulette dans du vinaigre blanc pour lui donner une belle couleur rose et le parfumer. La ciboulette fut utilisée autrefois par les canuts (ouvriers lyonnais du tissage de la soie), pour fabriquer notamment le claqueret, fromage liquide à mettre sur les pommes de terre (fromage blanc en faisselle, crème fraîche, huile d’olive, échalotes, vinaigre, vin blanc et ciboulette bien sûr) . La recette s’appelle maintenant : cervelle de canut.

Ciboulette

Ciboulette

Gazéifier et gazer

Gazéifier et gazer, voilà deux verbes souvent confondus ! Ils ont pourtant des significations totalement différentes, le seul point commun étant le gaz. Gazéifier, c’est transformer un produit non gazeux en un produit gazeux (essentiellement par le fait de dissoudre du gaz carbonique dans une boisson). Gazer consiste à soumettre à l’action de gaz toxiques ou asphyxiants, dans le but de tuer… Les références historiques ne manquent pas malheureusement…

Voir et regarder

La différence entre voir et regarder est liée au degré de vision. Voir quelque chose, c’est l’apercevoir ou même le voir inconsciemment, sans forcément y faire attention (exemple : ‘ tiens, j’ai déjà vu ça quelque part…’). Regarder implique une attention particulière, une observation. Par exemple ‘ voir la télévision ‘ signifiera que l’on aperçoit le poste de télévision dans son champ de vision, tandis que ‘ regarder la télévision ‘ signifiera que l’on est attentif aux programmes (contenu média lié au poste de télévision, au-delà du meuble en lui-même qui n’a aucune utilité à part les émissions présentées). En anglais, on différenciera de même les verbes to see (voir) et to watch (regarder).

Persister et persévérer

Persister et persévérer, ces deux verbes se ressemblent beaucoup. Cependant il existe une infime différence qui se situe au niveau de l’usage. La nuance réside dans le sens sous-entendu. On va persister dans son erreur, mais on va persévérer dans son action (positive). Dans les deux cas il s’agit en général d’atteindre un but. Exemples : ‘ Je  sais que j’ai tort car on me l’a prouvé mais je persiste parce que je suis têtu et que je veux toujours avoir raison ‘ (ici le but est d’avoir raison absolument). ‘ J’ai raté mon examen mais je persévère car je sais que je l’aurai un jour à force de travailler ‘ (ici le but est d’obtenir le diplôme).

Visionner et visualiser

Les verbes visionner et visualiser concernent tous deux la vision, la vue, mais ne s’utilisent pas dans les mêmes contextes. Visionner : ce verbe est essentiellement utilisé dans le cadre professionnel, notamment quand il s’agit de vérifier si un film (ou un clip, une séquence) est publiable, diffusable. Vérifier si le montage est correct. Visualiser : ce verbe fait essentiellement référence à la visualisation mentale, la vision de l’esprit. Par exemple, si quelqu’un vous explique le chemin pour aller à un endroit précis, vous allez visualiser ce chemin mentalement pour vous en souvenir, vous imaginez la deuxième route qu’il faut prendre à droite, le monument dans un rond-point qu’on vous indique etc. Cependant, en informatique, le verbe visualiser désigne le fait de ‘ présenter des données sur un écran ‘ (Dict. Larousse).

Édité en juin 2015, voici ‘ Alpha et le secret des mots ‘, de Corinne DUVAL. 
Entrez dans les secrets de la langue française tout en vous amusant, un livre tous publics écrit par une professionnelle de la langue française : http://www.thebookedition.com/corinne-duval-alpha-et-le-secret-des-mots-p-127154.html

Gourde

Tout le monde connaît le récipient que l’on emmène en randonnée ou en camping, contenant de quoi boire : la gourde. Mais pourquoi un tel nom ? Parce que le mot vient du latin cucurbita = citrouille (les cucurbitacées). Les premières gourdes étaient faites en utilisant une calebasse, cucurbitacée dont le fruit est creux. Le mot gourde est également une altération de couhourde, courde (XIIIe siècle- Dict. Étym.).

Gourde

Gourde

Calebasse

Calebasse

Hysope, plante aromatique

L’hysope est une plante aromatique qui fut beaucoup utilisée depuis l’Antiquité et notamment au Moyen Âge où elle était très cultivée. Nom latin : hyssopus. Famille : lamiacées. On l’appelle aussi herbe sacrée. Elle est utilisée en cuisine (feuilles et fleurs) pour ses propriétés mentholées et camphrées. Autrefois, elle servait beaucoup lors de rites de purification. On en remplissait des sachets qu’on pendait dans les maisons pour chasser les ondes négatives et on en brûlait les feuilles pour purifier l’air, assainir (comme la sauge). Symbolisme de l’hysope : propreté et pureté. Dans la Bible (Psaumes 51,9), cette plante purificatrice est évoquée : « Ôte mon péché avec l’hysope et je serai pur ». L’hysope est également utilisée dans la confection de nombreuses liqueurs et autres alcools : Bénédictine, Chartreuse, pastis, vermouth…

Hysope officinale

Hysope officinale

Pommes dauphine

Les pommes dauphine sont une spécialité culinaire française (de la région Île-de-France plus précisément) composée de boulettes de purée de pommes de terre et de pâte à choux salée,que l’on frit à 160 °C / 170 °C. L’expression pommes dauphine (sans S à la fin de dauphine) existe depuis 1891 mais serait apparue en 1864 sous la forme : pommes de terre à la dauphine. La Dauphine est l’épouse du Dauphin, héritier logique de la couronne de France en tant que fils aîné du Roi sous l’Ancien régime. Comment cette recette est-elle née ? Il était fréquent que le Dauphin arrive en retard à une invitation. Un jour, le cuisinier arrêta, suite à ce retard, la cuisson d’une préparation à base de pommes de terre qu’il venait de commencer à faire sauter. Quand le Dauphin arriva, il reprit la cuisson et la préparation se mit à gonfler, créant ainsi cette nouvelle recette. Pour information historique complémentaire, le nom de Dauphin vient du Dauphiné. Les héritiers du trône de France portèrent le titre de Dauphin quand en 1343, Humbert II du Viennois, très endetté, finit par céder sa seigneurie d’Albon et du Viennois (appelée plus tard Dauphiné) au roi de France Philippe VI de Valois. La condition fut que l’héritier portât le titre de Dauphin.

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Aux dépens ou aux dépends

Vivre aux dépens de quelqu’un signifie vivre à ses frais, à son préjudice. L’expression s’utilise toujours au pluriel, jamais au singulier. Rien à voir avec le verbe dépendre (dépendance), qui justement provoque la confusion orthographique, même si celui qui vit aux dépens d’un autre en dépend au final.

Être condamné aux dépens ou au titre de l’article 700 signifie être condamné au terme d’une procédure judiciaire à payer tout ou partie du coût du procès supporté par un adversaire.

Apprendre à ses dépens vient du latin dispensum, qui est le participe passé neutre substantivé de dispendere (= peser en distribuant, d’où le verbe distribuer) dont est dérivé dispendium (= frais, dépense).

Rire aux dépens de quelqu’un signifie se moquer, rire de ses menaces, lui rire au nez. Familièrement, nous pourrions dire que ‘ c’est lui qui paye ‘. On dit d’ailleurs quand on se moque de quelqu’un : se payer sa tête.

Dépends existe aussi, mais il s’agit de la conjugaison du verbe dépendre aux 1ère et 2ème personnes du singulier. Je dépends de toi, tu dépends de moi (être sous la dépendance de quelqu’un). Je dépends/ tu dépends un tableau du mur. Le verbe dépendre vient du latin dependere (même signification).

Conserveur et conservateur

Le conserveur est une personne qui travaille dans l’industrie des conserves, à savoir dans une conserverie. Exemple : les célèbres conserveries de sardines à Douarnenez.

Le conservateur peut être : 1 - Un additif alimentaire (substance chimique minérale ou organique) ajouté aux aliments pour en prolonger la conservation. 2 - Un métier de la fonction publique (conservateur du patrimoine). ‘ Placés au sein ou à la tête d’institutions patrimoniales, les conservateurs du patrimoine ont pour mission d’étudier, de classer, de conserver, d’entretenir, d’enrichir, de mettre en valeur et de faire connaître le patrimoine. Ils en favorisent le partage avec les publics les plus larges. Ils participent et veillent à l’approfondissement de la recherche scientifique appliquée au patrimoine. ‘ (source INP) 3 - En matière politique, une personne adepte d’une doctrine conservatrice (libéralisme économique).

Coupe claire et coupe sombre

Coupe claire et coupe sombre sont à l’origine des termes forestiers qui sont utilisés par extension dans le langage courant. Cependant les erreurs sont fréquentes ! Beaucoup de gens utilisent l’un pour l’autre.

Faire une coupe sombre consiste à déboiser la forêt de manière parcimonieuse en laissant beaucoup d’arbres pour conserver l’ombrage et présenter un massif très faiblement entrouvert. Voici une ASTUCE pour s’en souvenir : coupe sombre = couper peu d’arbres, la forêt reste sombre.

Faire une coupe claire consiste à déboiser totalement la forêt pour en faire une clairière. Voici une ASTUCE pour s’en souvenir : coupe claire = couper tout, l’espace est ensuite clair. 

Signaler – signaliser – signalement – signalisation

Les deux verbes signaler et signaliser ne s’utilisent pas dans les mêmes contextes, tout comme les noms signalement et signalisation. On peut par exemple signaler une mauvaise signalisation routière. En revanche on ne va pas signaliser un signalement ! Signaler, c’est donner un signalement, indiquer par un signal quelle que soit sa nature. Signaliser, c’est effectuer une signalisation, mais pas la signaler, attention !

Signaler, c’est appeler ou attirer l’attention de quelqu’un sur une personne ou une chose. On peut de ce fait, par exemple, signaler quelqu’un (ou son comportement dangereux et/ou contraire à la loi) à une autorité, mais pas le signaliser, on ne signalise pas une personne ni ses actions !

Signaliser, c’est ‘ munir d’une signalisation ‘ (dict. Larousse), donc plus concrètement équiper un endroit d’un panneau indicatif/informatif, jalonner, baliser un lieu, prévenir d’un danger sur une route en installant un panneau de signalisation etc.

Montagnard et montagneux

Montagnard (adjectif) désigne ce qui est relatif à la montagne (un village montagnard) mais aussi (nom) ceux qui vivent à la montagne (les montagnards/les montagnardes). En revanche, montagneux (adjectif seulement) désigne un endroit où il y a beaucoup de montagnes : un paysage montagneux, une région montagneuse.

Jérémiade

Une jérémiade est une plainte, une lamentation. Le terme est généralement utilisé au pluriel. On dira notamment à quelqu’un qui se plaint tout le temps : ‘ Cesse donc tes jérémiades ! ‘. Mais savez-vous d’où vient ce mot ? Il vient de la référence au prophète Jérémie, par allusion à ses célèbres lamentations dans ‘ Le Livre des Lamentations ‘ de l’Ancien Testament. Le texte, dont l’auteur est anonyme, aurait été rédigé entre 598 av. J-C (date de la première déportation), et la prise de Babylone par Cyrus en 538 av. J-C. C’est un recueil de 5 poèmes lyriques de lamentations liées à la prise et à la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor II (roi de Babylone).

Poulet – poule – poulette – coq – coquelet – chapon – poussin

Le poulet : c’est un jeune coq ou une jeune poule âgé(e) de trois mois (quand il a perdu son duvet au profit de plumes) à dix mois (maturité sexuelle).

La poule : c’est la femelle du coq, élevée pour ses œufs ou pour sa chair. Espèce domestique de gallinacés (Gallus gallus) répandue dans le monde entier. Espérance de vie (si elle n’est pas mangée avant !) : environ 15 ans.

La poulette : c’est une jeune poule.

Le coq : c’est le mâle de la poule et plus généralement des oiseaux galliformes.

Le coquelet : c’est un jeune coq.

Le chapon : c’est un coq châtré (castré) que l’on engraisse, il est destiné à la consommation.

Le poussin : c’est le petit de la poule, nouvellement éclos. Il est appelé poussin tant qu’il est recouvert de duvet (pendant quelques semaines) qui ensuite sera remplacé par des plumes.

 

Ministère pétrinien

Le pape Benoît XVI a dernièrement annoncé sa démission du ministère pétrinien, phénomène très rare puisque la dernière démission fut celle du Pape Grégoire XII en 1425 pour, dit-on mettre fin au ‘ Grand Schisme d’Occident ‘. Avant lui, il y eut Benoît IX en 1294, forcé par l’Église à démissionner et aussi Célestin V en 1294 également. PÉTRINIEN : qui est en rapport avec l’apôtre Saint-Pierre, du grec petros (pierre) + ien. ‘Mes forces ne sont plus aptes à exercer le ministère pétrinien.’ dixit le pape Benoît XVI lors de son discours au consistoire du 11 février 2013. Cela signifie qu’il démissionne de ses fonctions papales. Pourquoi Saint-Pierre ? En rapport tout simplement avec le nom de la Basilique Saint-Pierre du Vatican, qui est l’église du Pape et de l’État pontifical.

Social et sociétal

Le terme social concerne la vie en société comme les questions relatives à l’emploi, à l’économie, à la santé, au logement etc. On parle d’avancées sociales, de progrès social : par exemple les lois qui améliorent les droits des travailleurs, un accès simplifié au logement… Protection sociale : assurance maladie, assurance chômage etc.
Le terme sociétal se rapporte aux divers aspects de la vie sociale des individus, de par le fait qu’ils constituent une société organisée. Les questions éthiques et morales, par exemple, sont des questions sociétales. La question du mariage homosexuel notamment est une question sociétale car elle concerne bien des aspects de la vie sociale des personnes concernées. Faire fonctionner la société grâce à des énergies et matières premières renouvelables et/ou disponibles en quantités suffisantes est aussi une question sociétale, de même que faire en sorte de donner à tout être humain la possibilité de manger et boire suffisamment ainsi que celle d’accéder aux soins de santé de base.

Judiciaire et juridique

Les deux termes judiciaire et juridique concernent le droit, mais avec des différences ! Le terme juridique désigne précisément ce qui se rapporte à la matière, au domaine, aux sources et au contenu du droit (lois, règlements divers). On dira par exemple qu’un acte est juridique en ce sens qu’il est requis, prévu par un texte – en général une loi – et effectué selon des formes requises. On parlera de même d’aide juridictionnelle car liée à ce contenu du droit. Le terme judiciaire en revanche se rapporte à la justice dans le cadre de procès, il s’agit en fait de l’aspect pratique du droit. Les mesures judiciaires sont d’ailleurs ordonnées par un juge. Dans le cas de poursuite judiciaire, une personne intente une action en justice contre une autre personne ou une organisation (société, association etc.) qui l’a lésée selon elle de manière ou d’autre, elle saisit alors un juge de l’affaire.

Alumnus – alumni

Un alumnus (au pluriel : des alumni) est un mot latin utilisé en français. Désignant un élève en latin, en français, il désigne un ancien élève d’un établissement scolaire, terme essentiellement utilisé dans le cadre des grandes écoles, en tant qu’association d’anciens élèves d’établissements d’enseignement secondaire ou supérieur.

Le terme alumni, aujourd’hui international, était à l’origine utilisé dans les pays anglo-saxons, surtout au Royaume-Uni et aux États-Unis où les associations d’anciens élèves des universités portent ce nom d’alumni. Par extension, le terme alumni est aussi appliqué aux regroupements d’anciens membres d’organisations ou d’entreprises.

Redondance

Une redondance est un mot qui vient du latin redundans (= superflu). Une redondance, en matière de langue française (car il existe des définitions plus techniques liées à des métiers, notamment en ingénierie, robotique, informatique), est la répétition inutile d’un mot ou expression d’une idée par deux formulations différentes à l’intérieur d’une même phrase. Exemple : ‘ Je descends en bas, je monte en haut.’ Le pléonasme est d’ailleurs souvent assimilé à la redondance, alors qu’il désigne plutôt une figure de style consistant en une répétition destinée à persuader ou renforcer le sens. Exemple de pléonasme : ‘ au grand maximum ‘. La redondance apporte quant à elle quelques nuances supplémentaires : ‘ La lune était blanche, brillante, claire. ‘

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Métonymie et métaphore

Le nom féminin métonymie est une figure de style qui vient du grec metônumia (= changement de nom). Le principe de la métonymie consiste à remplacer un mot par un autre mot ou une courte expression, qui veut dire la même chose et qui a donc une relation logique, mais dit autrement. Exemple : ‘ Il recherche un toit.’ ( le mot toit remplace le mot maison).

Le nom féminin métaphore est, comme la métonymie, une figure de style de la classe des tropes (un trope est une figure de style – de rhétorique – destinée à embellir un texte ou à le rendre plus vivant par l’emploi d’un mot ou d’une expression dans un sens détourné de son sens propre). La métaphore repose en fait sur un rapport de ressemblance entre deux réalités, contrairement à la métonymie qui est fondée sur un rapport de voisinage et de relation logique entre elles. Le mot métaphore vient du grec metaphorá (= transport). La métaphore, à portée essentiellement poétique, induit une correspondance concrètement impossible en remplaçant un mot par un autre mot ou une courte expression. Exemple : ‘ Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage. ‘ (Baudelaire, « L’Ennemi ») Dans cet exemple, la jeunesse que l’on suppose tumultueuse est associée à l’idée d’orage ténébreux.

Différence entre verbe transitif et verbe intransitif

1/ Les verbes transitifs expriment une action du sujet. Ils nécessitent la présence d’un complément d’objet direct (COD) répondant généralement aux questions : qui ? Quoi ? Ce sont les verbes transitifs directs. Exemple : ‘ Il aménage sa maison. ‘ (Il aménage quoi ? Sa maison). D’autres verbes transitifs sont accompagnés d’un complément d’objet indirect (COI), à savoir construit indirectement à l’aide d’une préposition, qui répond plutôt aux questions : de qui ? De quoi ? À qui ? Ce sont les verbes transitifs indirects. Exemple : ‘ Nous rêvons de vacances ‘ (Nous rêvons de quoi ? De vacances).
2/ Les verbes intransitifs expriment quant à eux une action se limitant au sujet et sont reconnaissables au fait de ne jamais avoir de complément d’objet. Exemple : ‘ Il emménage. ‘

Attention ! Beaucoup de verbes peuvent être soit transitifs soit intransitifs, selon la manière dont ils sont employés. Exemple : ‘ Je mange du chocolat.’ (verbe transitif), je mange (verbe intransitif)

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Aménager et emménager

Le verbe transitif aménager désigne le fait de disposer du mobilier dans une pièce, une maison, paysager un jardin etc. En revanche, le verbe intransitif emménager s’applique aux personnes directement, qui s’installent dans un logement pour y habiter, et qui y apportent leurs meubles. L’aménagement du logement a lieu en général parallèlement à l’emménagement.

Névrosé et névrotique

Les termes névrosé et névrotique existent bien mais ne s’utilisent pas dans les mêmes contextes. Névrosé s’applique à une personne atteinte de névrose : une personne névrosée. En revanche, névrotique relève de la névrose, la maladie : des troubles névrotiques.

Butoir ou buttoir

Le butoir et le buttoir existent mais n’ont pas les mêmes significations, selon que l’on met un seul ou deux T. Le butoir (un seul T) est un heurtoir, les deux mots sont synonymes. Le buttoir (avec deux T), appelé aussi butteur, est une petite charrue destinée à butter (avec deux T aussi) les végétaux, c’est-à-dire entourer leur pied de terre pour les protéger (plants de vigne par exemple).

Mûrissage et mûrissement

Le mûrissage et le mûrissement concernent tous deux les fruits (sens propre). Le mûrissage consiste à faire mûrir les fruits artificiellement dans des endroits appelés mûrisseries (par exemple pour les bananes). Le mûrissement, au sens propre, désigne pour les fruits le fait de devenir naturellement mûrs, sans intervention de l’homme (les fruits mûrissent seuls). Au sens figuré, le même terme s’applique aux idées : mûrissement d’un projet.

Un aigle et une aigle

Un AIGLE est un oiseau rapace que tout le monde connaît. Une aigle est une femelle AIGLE. Cependant, UNE AIGLE est aussi un emblème héraldique couronnant la hampe d’un drapeau ou d’armoiries. Cette aigle a été utilisée dès les Croisades. Issue de l’aigle romaine, elle est devenue le symbole de l’empire, une deuxième tête lui fut même ajoutée sous la dynastie byzantine des Paléologues (famille noble d’origine grecque dont fut issue la dernière dynastie à la tête de l’empire byzantin).

Un aigle et une aigle dans Culture 6282_l-300x300

AIGLE HERALDIQUE

Ingérence humanitaire

Le nom ‘ ingérence ‘ vient du latin ingerere, qui signifie porter dans. Il désigne une immixtion (s’immiscer dans les affaires d’autrui). On parle souvent de l’ingérence humanitaire qui est une doctrine prônant la possibilité d’envoyer des secours humanitaires voire des forces armées internationales afin de venir en aide à des populations victimes de catastrophes naturelles mais aussi de violations des Droits de l’Homme, sans que l’avis de l’État concerné ne soit demandé préalablement. L’objectif est humanitaire en ce sens qu’il vise à porter secours et protéger les populations déclarées en danger. L’expression ‘ ingérence humanitaire ‘ fut inventée à la fin des années 80 par Bernard Kouchner (fondateur de Médecins sans frontières et homme politique) et Mario Bettati (professeur de droit international public). Ils estimaient que certaines situations d’urgence pouvaient justifier moralement un devoir d’ingérence, ce qui remettait clairement en cause le principe de souveraineté des États. Cependant l’ingérence humanitaire trouve ses bases morales dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. Ses partisans l’estiment légitime dans les cas de violation massive des Droits de l’Homme et à la condition impérative d’être encadrée par une organisation supranationale, notamment le Conseil de sécurité des Nations unies.

Pragmatisme

Le pragmatisme est lié au réalisme et au matérialisme, l’irréalisme et l’immatérialisme en sont les antonymes. Le pragmatisme véhicule l’idée que seuls les résultats concrets sont importants, qu’eux seuls comptent et qu’il faut donc s’adapter à la réalité contrairement à l’idéalisme où ce sont avant tout les idées qui comptent, même si elles ne sont pas réalistes. Dans le cadre de la résolution d’un conflit (social ou autre) par exemple, il vaudra mieux être pragmatique qu’idéaliste, cela fournira plus de chances d’arriver à une solution concrète et efficace.

L’adjectif pragmatique vient du latin juridique pragmatica sanctio, issu du grec pragmatikos qui signifie ‘ relatif aux faits ‘ (Dict.Étym.).

Lapidaire et laconique

Lapidaire, au sens propre du terme, désigne ce qui a trait aux pierres précieuses, mais au sens figuré, cet adjectif désigne un discours bref et concis, mais quel rapport avec les pierres ? C’est dans l’étymologie que nous le trouverons, le mot vient du latin lapidarius = ‘ qui a le style des inscriptions sur pierre ‘ (Acad. 1718), de lapis = pierre. Une inscription sur pierre est concise, précise, tout comme le discours lapidaire. Synonyme de lapidaire : laconique.

Laconique (début XVIe siècle – Dict. Étym) vient du latin laconicus emprunté au grec lakônikos = ‘ à la manière des Laconiens (Lacédémoniens, habitants de la Laconie) ‘, réputés pour avoir une manière de parler concise, exprimant leur pensée en peu de mots, de façon brève.

Convaincant ou convainquant

Convaincant et convainquant existent mais ne s’utilisent pas dans les mêmes cas.

Règle : ‘ convainquant ‘ est le participe présent du verbe convaincre et il est invariable, tandis que ‘convaincant ‘ est un adjectif (au féminin : convaincante). Pour ne pas se tromper, utiliser l’astuce qui consiste à mettre la phrase au féminin, et si on peut dire ‘ convaincante « , alors il faut bien mettre un c et non qu.

Exemples : ‘ Une personne convaincante ‘ – ‘ Un élu convaincant ‘ – ‘ Il agitait les mains tout en convainquant son auditoire par ses mots justes ‘

Circonlocution

Une circonlocution est un procédé rhétorique, une manière de parler dans laquelle on exprime sa pensée indirectement, c’est une phrase qui vise en fait à obscurcir le sens du message de base afin de marquer un certain embarras dans certains cas, mais pas systématiquement non plus. Synonyme (mais dans un sens plus littéraire) : périphrase. On remplace en général un mot par une expression qu’il désigne, de manière à ne pas prononcer directement ce mot.  On parlera de la ‘ langue de Shakespeare ‘ par exemple pour évoquer la langue anglaise.

Faire grève

Faire grève signifie, dans le sens général, que des salariés cessent de travailler (de quelques heures à plusieurs semaines) de manière concertée pour obtenir des avantages, contester une décision de la direction et essayer de la convaincre de la retirer, ou faire remonter à la direction un conflit avec des supérieurs hiérarchiques. Le mot ‘ Grève ‘ trouve son origine dans l’Histoire de France. Il s’agissait d’une place parisienne nommée ainsi parce qu’on y trouvait une grève, qui était en réalité un quai en pente douce plongeant dans la Seine au point d’accostage des bateaux, destiné à faciliter le déchargement des marchandises transportées sur le fleuve et livrées à Paris. En 1830, de par sa situation, cette place fut renommée ‘ Place de l’Hôtel de Ville ‘ après avoir été agrandie aux XVIIIe et XIXe siècle. Autrefois, ‘ être en grève ‘, c’était avant tout être sans travail, donc pas grand-chose à voir avec la définition actuelle. Les ouvriers se rassemblaient sur la fameuse place de Grève et les patrons venaient les chercher quand ils en avaient besoin. Le sens de l’expression a évolué au début du XIXe siècle quand des ouvriers, à force d’être exploités par des patrons peu scrupuleux, décidèrent d’abandonner le travail et de ‘ se mettre en grève ‘, se réunissant à l’occasion sur cette même place de Grève.

Ad interim

Ad interim est une locution latine qui signifie ‘ pour l’instant ‘. La locution française plus connue et qui y correspond est : ‘ par intérim ‘, ce qui signifie ‘ de manière provisoire ‘ ou ‘ en l’absence du titulaire ‘. Par exemple, en cas d’incapacité inattendue du Président de la République à gouverner en France, c’est le Président du Sénat qui assure la fonction ad interim - décès en cours de mandat ou démission – Alain Poher assura 2 fois cet intérim, pour 108 jours au total sans jamais être élu à la Présidence de la République, la première fois du 28 avril au 19 juin 1969, de la démission du général de Gaulle à l’élection de Georges Pompidou et la deuxième fois, du 2 avril au 27 mai 1974, de la mort de Georges Pompidou à l’installation de Valéry Giscard d’Estaing.

A fortiori

A fortiori est une locution adverbiale issue du latin scolastique (scholasticus = relatif à l’école, du grec ancien scholastikosa fortiori causa (1337) qui signifie ‘ à plus forte raison ‘. Elle a pour but d’introduire un argument plus fort que le précédent au sein d’un raisonnement. On l’utilise dans le cas où une vérité découle d’une autre avec plus de force, en l’étayant bien sûr par des arguments plus puissants et plus nombreux.

Vade mecum

Vade mecum (en deux mots !) est une locution latine qui signifie ’ viens avec moi ‘ et désigne un petit livre de voyage à porter toujours sur soi pour se renseigner, comme un guide du routard par exemple ou autre livre explicatif sur l’endroit que l’on visite. Cependant, depuis l’orthographe rectifiée de 1990, on peut écrire ‘ un vadémécum ‘ (en un seul mot et avec des accents, car en latin il n’y a pas d’accent). Un vade mecum est aussi  un outil pratique et réflexif constitué de fiches actions (enseignement, recherche). Synonyme : aide-mémoire.

Stricto sensu

Stricto sensu (dit aussi sensu stricto) est une locution latine qui veut dire ‘ au sens strict ‘, ‘ au sens littéral, propre du mot ou de l’expression employés ‘ (Larousse), ‘ précisément ‘. Par opposition, lato sensu signifie ‘ au sens large ‘. Stricto sensu est  composé de strictus (= restreint, étroit) et sensus (= sens). Une obligation stricto sensu est une obligation stricte, sévère. ‘ Tout irait assez bien, sans un certain nombre de gens qu’on appelle assidus, exacts, remplissant rigoureusement leur devoir strict. ‘ (Diderot, Le neveu de Rameau)

Modus operandi

Modus operandi (MO) est une locution latine qui signifie ‘ mode d’opération ‘ ou ‘ mode opératoire ‘. Pluriel : modi operandi. On utilise notamment cette expression dans le contexte policier quand il s’agit, au cours d’une enquête, de décrire le mode de fonctionnement caractéristique d’un criminel et ses façons d’agir, en quelque sorte sa ‘ signature ‘ qui permettra de le reconnaître, s’il commet de nouveaux crimes. Cela permet ensuite de l’identifier plus facilement. Cependant, le domaine policier n’est pas le seul cadre d’utilisation de cette expression, on l’utilise également en matière scientifique, organisationnelle ou professionnelle tout simplement, selon les métiers.

In extenso

In extenso est une locution d’origine latine et signifie ‘ dans son intégralité ‘, s’opposant à ‘ par extrait ‘. Elle est composée du mot latin in (= dans) et de l’ablatif (= qui retire, du latin ablatum) de extensum (= prolongé). De ce fait, lire par exemple un acte comme un contrat, un testament ou un jugement in extenso, c’est en faire la lecture du premier au dernier mot.

Fluctuat nec mergitur

Fluctuat nec mergitur est une locution latine dont Paris, capitale de la France, a fait sa devise. Elle signifie : ‘ Il est battu par les flots, mais ne sombre pas ‘. Les notions associées sont : courageux, vaillant, résistant, volontaire etc. À l’origine, la vieille ville de Lutèce fut construite sur une île dont la forme rappelle la coque d’un navire, et prit de ce fait un vaisseau pour armes (blason). Ce bateau était le symbole de la très puissante corporation des NAUTES (‘ Marchands de l’eau ‘), qui gérait la municipalité à l’époque féodale. Plus récemment, la devise Fluctuat nec mergitur fut ajoutée à ces armes, faisant référence aux nombreux orages ayant soulevé les flots contre les flancs du navire sans le submerger pour autant, et fut officialisée par l’arrêté du 24 novembre 1853 du baron Haussmann, préfet de la Seine.

Ex nihilo

Ex nihilo est une locution latine qui signifie ‘ à partir de rien ‘. Monter une entreprise ou un projet ex nihilo, en partant de rien. L’expression, dans le cas lié à la création, s’oppose à  ex materia, c’est-à-dire à partir d’un matériau ou substrat déjà présent. Ex nihilo nihil fit (expression) = ‘ rien ne vient de rien’.

Fabophile

Qu’est-ce qu’un fabophile ? C’est un collectionneur de fèves des galettes des rois. Le mot vient du latin faba qui veut dire ‘ fève ‘ et du latin phila issu du grec philos, qui veut dire ‘ amour ‘. Ces collectionneurs pratiquent ce que l’on appelle la fabophilie (ou aussi favophilie), le but étant d’obtenir des séries complètes ou des pièces rares. Chaque année, 4 à 5 000 nouvelles fèves apparaissent sur le marché et personne ne peut donc tout avoir, c’est pourquoi généralement, les fabophiles se cantonnent sur des collections à thèmes. Précisions historiques : au XIIIe siècle, la fève et la galette figuraient parmi les nombreuses (déjà à l’époque !…) redevances qu’il fallait payer au voyer de Paris (seigneur propriétaire de la voirie) et en 1793, la fabrication de la galette des rois fut interdite par le maire de Paris (raison liée à la Révolution), mais la tradition continua de perdurer. La première fève en porcelaine date de 1874 (Allemagne) et représentait un baigneur. Les thèmes se diversifièrent à partir de 1892.

 

Un nocturne ou une nocturne ?

Un nocturne (nom masculin) et une nocturne (nom féminin) existent mais ne sont pas utilisés dans les mêmes contextes.

Un nocturne, hors l’oiseau de nuit (un nocturne), est en rapport avec la musique et désigne ‘ une pièce instrumentale d’un caractère rêveur et mélancolique ‘ (Dict. Larousse). Par exemple (F. Chopin) :  http://www.youtube.com/watch?v=V60USaluxGA

Une nocturne désigne l’ouverture de magasins ou institutions culturelles en soirée.

 

 

 

Barricades

Pourquoi les barricades portent-elles ce nom ? C’est parce qu’autrefois, les premières d’entre elles étaient faites à l’aide de barils, de barriques. Le verbe associé était barriquer. Monter des barricades. La Journée des Barricades, soulèvement populaire, éclata à Paris le 12 mai 1588 pendant la huitième guerre de religion. Aidé par le Duc de Guise, le peuple se révolta contre l’idée d’Henri III (catholique) de désigner un protestant comme successeur, à savoir Henri de Navarre, futur Henri IV.

Adverbes en -ument

Les adverbes se terminant par -ument ne prennent pas d’accent circonflexe sauf : assidûment, congrûment, incongrûment, continûment, crûment, dûment, indûment, goulûment, nûment.

Noms composés avec faux ou nouveau

La question est toujours de savoir s’il faut un trait d’union ou pas. Les noms composés commençant par faux ou nouveau n’en prennent pas sauf faux-filet, faux-fuyant, faux-monnayeur, faux-semblant et nouveau-né. Il suffit de retenir cette (petite) liste par coeur. Attention, faux-bourdon prend un trait d’union dans le sens musical (procédé d’improvisation qui consiste en l’adjonction de deux voix parallèles à une mélodie préexistante), l’abeille mâle (faux bourdon) en revanche n’en prend pas.

 

Mérathon

Qu’est-ce qu’un ‘ mérathon ‘ ou  ‘ merathon ‘ (en anglais, appelé ‘ Ocean racing ‘) ? C’est une longue course en mer de canoë-kayak, un marathon de la mer. La distance à parcourir se situe entre 4 à 11 milles nautiques selon les catégories d’âge. Cela représente, selon la météo, l’état de la mer et le niveau du compétiteur, un temps allant de 30 minutes pour les plus jeunes à une heure 30 minutes voire même deux heures pour les adultes.

Piton et python

Les noms ‘ piton ‘ et ‘ python ‘ existent bien mais ont des significations différentes. Le ‘ piton ‘ est un crochet mais aussi un sommet montagneux isolé comme par exemple le piton de la Fournaise. En revanche, le python est un gros serpent.

 

Matin et mâtin

Les noms ‘matin ‘ et ‘ mâtin ‘ existent bien mais n’ont pas la même signification. Le ‘ matin ‘ (sans accent circonflexe sur le A) désigne la première partie de la journée. Le ‘ mâtin ‘ désigne un chien (exemple : ‘ mâtin de Naples ‘ vénéré dans toute l’Italie). Il existe d’ailleurs de nombreuses races de mâtins.

Effraie et orfraie

Les mots ‘ effraie ‘ et ‘ orfraie ‘ désignent tous deux des rapaces, le premier est nocturne (il vit la nuit), le deuxième est diurne (il vit le jour). L’orfraie est aussi appelé ‘ pygargue ‘.

Mante et menthe

La mante et la menthe existent, ce sont des homophones. La mante est un insecte : la mante religieuse. La menthe est quant à elle une plante aromatique.

Détoner ou détonner ?

Les deux verbes ‘ détoner ‘ et ‘ détonner ‘ existent bien, ce sont des homophones. Ils n’ont pas du tout la même signification. Détoner (avec un seul N) signifie ‘ exploser ‘. La détonation d’un canon par exemple. En revanche, le verbe ‘ détonner ‘ (avec 2 ‘ n ‘) signifie chanter faux, à savoir sortir d’un ton. Au sens figuré, le verbe ‘ détonner ‘ exprime un manque d’harmonie dans des propos par rapport à une situation précise. Exemple : ’ Les propos vulgaires de cette personne détonnent en plein milieu de la cérémonie de remise des prix ‘.

Géoglyphe

Qu’est-ce qu’un géoglyphe ?  Un géoglyphe est un grand dessin, un grand motif sur le sol (plusieurs centaines de mètres). Les géoglyphes peuvent être réalisés en positif par principe d’entassement de pierres, de gravier, de terre, de sable… Ils peuvent être réalisés également en négatif par enlèvement de pierres, de sable, de végétation ou de terre. Les plus célèbres géoglyphes sont les lignes de Nazca au Pérou. Les plus anciens datent de l’antiquité, mais d’autres appartiennent à une branche de l’art contemporain, le Land Art.

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Les pyramides de galets à l’Ile-Grande (Bretagne), du Land Art

 

Faire ses emplettes

C’est la rentrée ! Le moment de ‘ faire ses emplettes ‘… Mais d’où vient ce mot ? Il est ancien, datant du XIIe siècle et vient du latin populaire implicita du verbe implicare qui veut dire ‘ employer ‘. Mais employer quoi ? Quel rapport avec les courses à faire ? Tout simplement ‘ employer de l’argent en achats ‘.

Olibrius

Bien drôle de mot ! Qu’est-ce qu’un olibrius ? C’est un personnage extravagant, excentrique et qui se fait remarquer de ce fait. On parle souvent de ‘ drôle d’olibrius ‘ ou ‘ d’espèce d’olibrius ‘. Bon, voilà on sait ce que c’est. Maintenant, d’où vient de mot ? Un peu de culture (pas celle des champs^^) ? Le mot vient du nom propre Olybrius (avec un Y). Ah ? Il a donc existé ? Bien sûr, c’était un empereur romain du nom exact : Flavius Anicius Olybrius. Son règne fut très bref  car il mourut de mort naturelle peu de temps après être monté sur le trône. Le surnom dépréciatif  ’ olibrius ‘ serait lié justement à ce très court règne. Olybrius était un aristocrate romain devenu gendre de l’empereur Valentinien III en épousant la princesse Galla Placidia, et envisagé pour le trône impérial dès 465 mais Anthémius lui fut préféré. Quelques années plus tard, il devint empereur romain à son tour, régnant du 11 juillet au 23 octobre 472, à la fin de l’Empire romain d’Occident qui se termina en 476. Son règne fut sans grande influence en dehors du territoire de l’Italie sans même être reconnu par l’empire d’Orient, soumis aux pressions  de l’empereur romain d’Orient Léon 1er,  du Pape de Rome, des rois barbares (le vandale Genséric), des Patrices (le Patrice suève Ricimer) et d’autres généraux d’armées romaines barbarisées en pleine décomposition.

Instinctif ou instinctuel ?

Instinctif est un adjectif ou un nom (selon son emploi : par exemple ==>’ un geste instinctif ’ ou ‘ cet homme est un instinctif ‘ signifiant ‘ c’est un impulsif ‘) qui se rapporte à l’instinct et aux actions ou attitudes qui y sont liées. L’instinct, en éthologie, est la ‘ part héréditaire et innée des tendances comportementales, c’est aussi l’impulsion déraisonnée qui conduit l’homme dans ses actes ‘ (Dictionnaire Larousse). Instinctuel est davantage un terme (adjectif) purement utilisé en psychologie pour désigner tout ce qui est pulsionnel, et qui donc se rapporte aussi à l’instinct mais l’accent est mis sur le principe de pulsion.

Appétit ou appétence

Le nom masculin ’ appétit ‘ vient du latin appetere = convoiter. Il désigne généralement l’envie de manger, mais également l’envie, le vif désir d’une chose. Le nom féminin ‘ appétence ‘ vient quant à lui du latin appetentia = désir. Il se rapproche fort de l’appétit mais avec en plus une connotation instinctive, faisant référence à des désirs liés à la nature et non à un raisonnement quelconque, expression de penchants naturels. On peut parler cependant indifféremment d’appétence ou d’appétit sexuel. En revanche, la vue d’un plat ‘ appétissant ‘ nous donnera de l’appétit.

Palimpseste

Qu’est-ce qu’un palimpseste ? Le mot vient du latin palimpsestus lui-même issu du grec ancien palímpsêstos = ’ gratté de nouveau ‘, il désigne un manuscrit sur parchemin déjà utilisé, dont on a effacé les inscriptions pour y écrire de nouveau. La méthode fut utilisée au Moyen Âge essentiellement entre les VIIe et XIIe siècles par des copistes réutilisant d’anciens manuscrits pour y copier de nouveaux textes, par économie à cause du coût très élevé lié à la rareté des parchemins. Les vieux manuscrits étaient désencrés ou effacés à l’aide de pierre ponce. De nombreux écrits ont été ainsi perdus, comme des textes juridiques tombés en désuétude, mais également des textes de penseurs grecs pré-chrétiens, ou des écritures gothiques. On peut cependant retrouver l’ancien texte dans certains palimpsestes grâce aux techniques modernes de restauration de documents utilisant la chimie, l’imagerie aux rayons ultraviolets ou le rayonnement synchrotron.

Marchand ou marchant

Marchand ou marchant ? Les deux orthographes existent mais ne désignent pas les mêmes mots.

Marchand : c’est celui qui vend de la marchandise, le commerçant. Ce nom prend donc un D à la fin.

Marchant : c’est le participe présent du verbe marcher. Exemple : ‘ En marchant dans l’allée, elle trouva une jolie petite fleur.’

Eclaircissage et division des touffes

En jardinage, il ne faut pas confondre léclaircissage et la division des touffes. L’éclaircissage consiste à arracher les plants en surnombre de manière à favoriser le développement de ceux qui doivent normalement exister. L’éclaircissage est par exemple couramment effectué dans les lignes de radis ou de betteraves, car souvent les graines se retrouvent trop près les unes des autres et sans cette action, les légumes n’auraient pas la place de se développer. La division des touffes quant à elle consiste à dissocier partiellement ou totalement des éléments constitutifs de la souche d’un végétal donné dans le but de replanter ailleurs chacun des éléments dissociés. On pratique la division des touffes sur des souches d’iris (notamment à partir de la mi-juillet) ou de dalhias par exemple, quand elles sont trop grosses, cela les rajeunit et leur permet de se multiplier. Il n’y a donc pas destruction de plants dans ce cas, contrairement à l’éclaircissage.

Ambigramme

Un ambigramme, en anglais ambigram, désigne la figure graphique d’un mot qui, vu sous une certaine symétrie voire une certaine rotation, donne le même mot ou un autre mot. L’existence d’ambigrammes est possible de par la capacité humaine à reconnaître des caractères réalisés de manière imparfaite. La réalisation d’ambigrammes est souvent un thème d’exercices dans les écoles de graphisme et nécessite la maîtrise des illusions d’optique et des symétries. C’est un exercice de calligraphie tout comme le calligramme.

L’ambigramme apparaît concrètement à la fin du XIXe siècle mais le terme n’a été inventé que plus tard, avec la possibilité technique de reproduire des écritures « dessinées » dans la presse et l’édition. La qualité d’un ambigramme provient de sa lisibilité dans les deux sens, à son graphisme intrinsèque (calligraphie, typographie) et également à la manière dont les éléments nécessaires à la lecture dans un sens (accents, signes diacritiques, ligatures et fioritures) s’intègrent à l’ensemble tout en ne perturbant pas la lecture dans l’autre sens.

Caduc ou caduque ?

Les deux mots existent : caduc et caduque. C’est en fait un adjectif, qui signifie, pour les végétaux, que les feuilles tombent chaque année, et pour des documents, qu’ils n’ont plus cours, qu’ils n’ont plus de valeur (date limite dépassée par exemple). Caduc est le masculin, et caduque est le féminin, tout simplement. Exemples : Un arbre à feuilles caduques. Un contrat caduc.

Oeufs en meurette

Les œufs en meurette sont un plat bourguignon, les œufs pochés sont accompagnés d’une sauce au vin rouge, aux oignons, lardons, échalotes revenus dans le beurre : la meurette (nom issu de l’ancien français murette = sauce et muire = saumure), le tout sur des croûtons ou pain grillé aillé. On peut ajouter quelques champignons émincés.

L’histoire des œufs en meurette serait liée à celle de la recette du bœuf bourguignon, afin de ne pas perdre la sauce une fois la viande mangée. Il suffit alors de remettre la sauce à ébullition et d’y jeter les œufs pour les pocher.

Le vin rouge : utiliser du Bourgogne, le même que celui qui a servi à faire la sauce.

Les lépidoptères

Les lépidoptères sont des insectes que nous connaissons bien. Le papillon est la forme adulte, la chenille la larve et la chrysalide la nymphe. Ils sont caractérisés (forme adulte) par 4 ailes membraneuses à nombreuses écailles microscopiques et… bien sûr, colorées ! Le mot vient du grec lepis, -idos = écaille, et pteron = aile (1765 Encyclopédie).

Nouveaux mots Petit Robert 2013

Édité le 14 juin 2012, le Petit Robert 2013 compte environ 300 expressions et mots nouveaux de la langue française, en voici quelques exemples :

Certains assez familiers et/ou ‘ jeunes ‘ : pipeauter (baratiner), psychoter (avoir peur, vient de psychose), comater (être somnolent, pas trop dans son assiette !), marrade (rigolade), subclaquant (à l’agonie, à moitié mort), gloups (interjection connue depuis longtemps mais qui apparaît officiellement cette fois, exprimant l’étonnement).

Anglicismes liés aux nouvelles technologies : notebook, netbook, biopic, oscariser, lol (oui oui, il y est, le fameux ‘ lol ‘ = ‘ laughing out loud ‘ éclaté de rire !). Mais aussi permalien, rétrolien, réseautique, cyberdépendance, billet (pas le billet de banque, celui d’un blog), nuage informatique, mémoire flash etc.

Termes en rapport avec l’actualité : corium (magma hautement radioactif), liquidateur (technicien qui travaille sur un site nucléaire suite à un accident), parc éolien (parc constitué d’éoliennes), gaz de schiste (celui-là, on en entend parler depuis de nombreux mois, vu les problèmes que pose son extraction au niveau écologique et de la sécurité), agence de notation (ahhh le fameux triple A !), dette souveraine (oui oui, elle aussi !), les Indignés (voir mon article sur ce thème au ‘ rayon vocabulaire ‘), marée verte (les vilaines algues !).

Autres mots ou expressions : passer dans le beurre (expression québécoise signifiant rater quelque chose), panade (belgicisme désignant un goûter pour nouveau-né), acérola (besoin de vitamines en cette triste époque !).

Bien sûr, quelques personnalités : Stéphane Hessel (auteur de ‘ Indignez-vous ! ‘), François Hollande (vous devez connaître, c’est notre nouveau Président de la République !), Jean-Luc Mélenchon (candidat présidentielles Front de Gauche), Jean Dujardin (acteur : ‘ The Artist ‘), Brad Pitt, Axel Kahn, Wolinski.

Se racrapoter

Le verbe ‘ se racrapoter ‘ est récemment entré dans la langue française, c’est à l’origine un mot wallon (Belgique). Il désigne le fait de se recroqueviller, se replier sur soi-même. Il est utilisé dans le cadre du langage familier.

Brise-bise

Un brise-bise (nom masculin invariable : des brise-bise / des brise-bises accepté aussi par le Larousse) n’a rien à voir avec un bisou, mais avec le vent (‘ quand la bise fut venue…’) ! C’est un petit rideau destiné à protéger du vent et du froid le bas des fenêtres.

La spintronique

La spintronique (électronique de spin) n’est pas une nouvelle danse, mais une technologie physique, le mot est nouveau. Il désigne ce que l’on appelle plus communément la magnétoélectronique. La spintronique concerne notamment les travaux du Prix Nobel de Physique 2007 Albert Fert (Français), suite à sa découverte de la ‘ magnétorésistance géante ‘ en 1988.

La baladodiffusion

La baladodiffusion est un mot qui nous vient du Canada, mais surtout connu en France sous le nom de ‘ podcasting ‘ (mot anglais dont ‘ baladodiffusion ‘ est l’équivalent francophone), à savoir une offre de téléchargement automatique à intervalles réguliers, nécessitant un abonnement ou des logiciels spécialisés.

Un carnettiste

Qu’est-ce qu’un carnettiste ? Ce mot nouveau dans la langue française désigne une personne qui crée des illustrations à la manière d’un carnet de voyage, mais aussi celui qui écrit beaucoup d’articles dans son blog Internet, bref un blogueur !

Qu’est-ce qu’un locavore ?

Un locavore est une personne qui mange uniquement des fruits et légumes de saison et d’origine locale, en général moins de 50 km. C’est un principe de vie qui va bien au-delà d’un simple choix d’alimentation de plus en plus répandu et destiné à contribuer au développement durable.

Le mot est récent, il date du XXe siècle mais n’a été attesté qu’en 2007 (New Oxford American Dictionary), emprunté au même mot anglais. Loca (local, proche de) et suffixe -vore (qui mange). Le ‘ manger local ‘.

Gros légume ou grosse légume ?

Gros légume et grosse légume existent mais ne signifient pas la même chose. Le nom ‘ légume ‘ peut être selon le cas masculin ou féminin. Quand il est masculin, il désigne, au sens propre, le légume à manger (carotte, chou, concombre etc.), et dans ce cas un gros légume est un légume de grosse taille. Il désigne également, au sens figuré, une personne dont l’existence est assez végétative, qui ne bouge pas beaucoup, en comparaison avec les vrais légumes. Quand il est féminin, et associé à l’adjectif ‘ grosse ‘ (une grosse légume), il s’agit là de langage familier avec une connotation assez péjorative. Il désigne une ‘ personne importante ‘, qui a du pouvoir, un haut gradé, un dirigeant, une personne de rang élevé dans la société.

Entremet ou entremets ?

Une erreur courante consiste à écrire ‘ entremet ‘ sans S, alors que la bonne orthographe est ‘ entremets ’. Pourquoi un S à la fin du mot ? Tout simplement parce que l’on sert ce plat aujourd »hui sucré entre deux mets, à savoir entre le fromage et les fruits. Il est utilisé également comme dessert. Indiquons cependant que ce plat était autrefois salé (Moyen Âge), et servi ‘ entre les mets ‘ lors des grands banquets qui duraient de nombreuses heures afin d’occuper les convives. Pourquoi salé autrefois, et pas sucré ? Parce que le sucre, d’une part, ne fut découvert qu’au XIe siècle, et que d’autre part il est resté longtemps rare et cher. Les apothicaires lui reconnaissaient même des vertus médicinales. La forme sucrée de l’entremets date seulement de l’époque de Catherine de Médicis (XVIe siècle), créée par des confiseurs italiens, mais n’entra réellement dans les habitudes culinaires françaises qu’au XIXe siècle, donc très récemment.

Crime de lèse-majesté

La locution nominale ‘ crime de lèse-majesté ‘ désigne au sens propre un ‘ attentat perpétré contre un prince ou son autorité ’ (dictionnaire), et de manière générale tout délit d’opinion à réprimander (époque de l’hérésie, à partir du XIIe siècle). Ce sens est désormais vieilli, et le terme est plus généralement utilisé au sens figuré, désignant le fait de porter atteinte à l’honneur de quelqu’un. Le mot est formé à l’aide du préfixe ‘ lèse ‘ (du latin laesa = blessée), qui peut s’ajouter de même à d’autres noms, souvent féminins (exemple : société), signifiant qu’il est porté atteinte à ce que ces mêmes noms désignent.

Chaourse ou chaource ?

Vous connaissez peut-être ce fromage au lait de vache, à pâte molle et à croûte fleurie fabriqué dans le département de l’Aube, appelé Chaource, du nom de la ville dont il est originaire. On le voit écrit aussi parfois ‘ chaourse ‘, mais c’est une erreur. Pire encore : chat-ours, il n’y a ni chat ni ours dans l’histoire ! Ce fromage est très ancien, déjà connu au Moyen Âge et reconnu AOC en 1970. On le fabrique dans quelques cantons situés entre l’Aube et l’Yonne. Son affinage dure un minimum de 14 jours. Il contient au moins 50 % de matière grasse.

Appel d’offre ou appel d’offres ?

L’erreur est courante d’écrire ‘ un appel d’offre ‘ (offre au singulier), alors qu’il faut écrire ‘ un appel d’offres ‘ (offres au pluriel), parce qu’il y a en principe plusieurs offres à l’appel.

Entrez dans les secrets de la langue française tout en vous amusant avec ‘ Alpha et le secret des mots ‘, de Corinne DUVAL, un livre tous publics écrit par une professionnelle de la langue française : http://www.thebookedition.com/corinne-duval-alpha-et-le-secret-des-mots-p-127154.html

Frigorifié ou réfrigéré ?

Les deux adjectifs existent : frigorifié et réfrigéré. Ils ont tous deux rapport au principe de refroidissement. La différence se situe dans leur emploi. Frigorifié s’applique à une personne, tandis que réfrigéré s’applique à des aliments ou des endroits. Exemples : ‘ Romain est complètement frigorifié, il attend son train depuis bientôt une heure sur le quai de la gare. ‘ – ‘ Les aliments prévus pour le banquet doivent être mis dans une salle réfrigérée afin d’être mieux conservés.’

Un porte-mine ou un portemine ?

Le nom masculin s’écrivait autrefois ‘ porte-mine ‘, mais depuis la réforme de l’orthographe de 1990, le trait d’union a été supprimé et on écrit ‘ portemine ‘, au pluriel il s’accorde, on l’écrit ‘ portemines ‘.

Différence entre Bosniaque et Bosnien

Que doit-on dire ? Bosniaque ? Bosnien ? Ils habitent tous le même pays, la Bosnie-Herzégovine, mais il existe une différence depuis 1995, suite à la guerre. Le terme de ‘ Bosnien ‘  ou ‘ Bosnienne ‘ désigne maintenant tous les habitants quelle que soit leur appartenance ethnique, qu’ils soient Bosniaques, Serbes ou Croates. Alors qui sont les Bosniaques ? Ce sont les musulmans bosniens, tout simplement. Le terme est lié désormais à leur religion. La différence peut être comparée à celle entre les Indiens et les Hindous. Les Indiens sont les habitants de l’Inde (les Indiens d’Amérique sont quant à eux appelés  » Amérindiens « ), tandis que le terme d’Hindou désigne les adeptes de la religion hindouiste, très répandue en Inde, d’où la confusion récurrente entre ces deux mots pour beaucoup de gens.

Taule ou tôle ?

La tôle est un produit sidérurgique laminé bien connu et très utilisé dans le bâtiment. Tôle ondulée par exemple. Il n’y a qu’une seule façon de l’écrire : tôle. En revanche, ce mot tôle désigne, en argot, une prison. Il y a deux façons de l’écrire : tôle ou taule.  Et la différence entre un tôlier (ou taulier) et un tôlard (ou taulard) ? Le tôlier est l’ouvrier qui manie la tôle, en ce cas une seule écriture possible ! Le tôlier ou taulier est un patron d’entreprise ou gérant/patron d’hôtel, en argot. Le tôlard ou taulard est un prisonnier.

Le boustrophédon

En voilà un drôle de mot ! Boustrophédon ! Ce mot désigne en fait un système d’écriture très ancien, très archaïque grec étrusque, qui possède cette particularité d’être lu ‘ alternativement de gauche à droite et de droite à gauche ‘ (dictionnaire). Son origine vient du grec (bien sûr !) bous = boeuf, et strephein = tourner. Le verlan (envers à l’envers, argot codé) en est d’ailleurs issu. Les palindromes, figures de style caractérisées par des textes ou mots qui peuvent se lire dans les deux sens, dont la succession de lettres est la même de gauche à droite comme de droite à gauche (symétrie bilatérale), s’inspirent justement du boustrophédon. Exemples : radar, kayak, rotor, été, ‘ Esope reste ici et se repose ‘ (J. Capelovici alias Maître Capello). Pour en revenir au boustrophédon, un exemple connu est celui des tablettes rongo-rongo de l’île de Pâques, écrites en ‘ boustrophédon inversé ‘. Ah, qu’est-ce que le boustrophédon inversé ? On part de la ligne inférieure du support (et non pas supérieure !), on lit la première ligne de gauche à droite puis on tourne ce support à 180 degrés. On lit la deuxième ligne de gauche à droite aussi, puis on retourne et on recommence avec la troisième ligne etc. Autre exemple de texte écrit en boustrophédon (Grèce antique), les ‘ lois de Solon ‘ (législateur) publiées vers l’an 594 avant l’ère chrétienne.

Les zazous

Bien que le mot ‘ zazou ’ soit de moins en moins employé, il faisait partie à une époque du vocabulaire courant. Je me souviendrai toujours de ma grand-mère utilisant ce nom quand elle voulait désigner des gens un peu farfelus. C’est un mot qui m’amusait d’ailleurs, quand j’étais enfant. Sa consonnance, probablement ! Plus concrètement, les zazous ont existé, eh oui ! C’était tout simplement un courant de mode dans les années 1940, rassemblant des jeunes amoureux de jazz. Ils portaient des vêtements anglais ou américains. L’origine du terme se trouve dans la chanson ‘ Zah Zuh Zaz ‘ de Cab Calloway (chef d’orchestre et chanteur de jazz américain). Très anticonformistes, les zazous jouèrent un rôle sous l’occupation allemande. Pour marquer leur opposition au régime, ils organisaient des concours de danse, les opposant notamment aux soldats allemands. Ils allèrent même, par bravade, jusqu’à porter volontairement des étoiles jaunes marquées ‘ zazou ‘, ‘ swing ‘ ou ‘ goy ‘ à l’époque des lois raciales de Pétain et des Nazis. Ils furent évidemment arrêtés, puis relâchés après un court séjour au camp de Drancy. Le tissu étant rationné pendant la guerre, ils provoquaient en portant des vêtements longs. De même, ils se laissaient pousser les cheveux par bravade envers le décret qui ordonnait de récupérer les cheveux chez les coiffeurs pour en faire des pantoufles. Un autre de leurs signes distinctifs était enfin le port du parapluie, qu’ils prenaient soin de ne jamais ouvrir.

Innondation ou inondation ?

L’erreur courante consiste à écrire ‘ innondation ‘ avec 2 N. La bonne orthographe est : ‘ inondation ‘. La confusion vient du fait qu’un certain nombre de mots prennent 2 N, comme innocence, innocuité, innombrable, innommable ou encore innovation.

Hazard ou hasard ?

Un vrai bazar, ce hasard ! Eh oui, beaucoup de gens ont tendance à écrire ‘ hazard ‘ avec un Z comme dans ‘ bazar ‘, mais c’est une erreur bien sûr ! La bonne orthographe est : hasard, avec un S. Pourquoi un D à la fin ? Peu de gens l’oublient d’ailleurs ! C’est à cause de l’adjectif ‘ hasardeux ‘.

Conjuguaison ou conjugaison ?

Tout le monde connaît le verbe ‘ conjuguer ‘, avec un U entre le G et le E, ce qui est normal puisque sans ce U, cela ferait ‘ conjuger ‘ (comme voyager) et changerait de ce fait toute la prononciation du mot. En revanche, entre le G et le A, pas besoin de U, il ne faut pas écrire ‘ conjuguaison ‘ mais bien ‘ conjugaison ‘. Intercaler un U est valable seulement pour les voyelles E et I.

Cauchemard ou cauchemar ?

Il est tentant de vouloir mettre un D à la fin et d’écrire ‘ cauchemard ‘, mais c’est une erreur ! La bonne orthographe est : cauchemar. Pourquoi cette erreur alors ? Parce que la confusion est souvent faite avec l’adjectif ‘ cauchemardesque ‘, qui quant à lui, prend bien un D.

Un parka ou une parka ?

Le mot ‘ parka ‘ est masculin ou féminin, au choix ! On dit un parka ou une parka, aucune possibilité de se tromper. Le mot vient du russe emprunté à l’anglo-américain, lui-même issu de l’inuit, ce qui n’étonnera personne vu ce qu’il désigne, ‘ manteau court à capuchon, en tissu imperméable ‘ (dictionnaire), c’est un anorak épais. En français, on l’appelle aussi une ‘ doudoune ‘.

Une hâche ou une hache ?

Il arrive souvent de voir écrit ‘ une hâche ‘ avec un accent circonflexe sur le A, mais c’est une erreur ! Le mot s’écrit tout simplement  » hache « . Le verbe «  hacher  » ne prend pas non plus d’accent circonflexe, oubliez-le si vous en mettiez un.

Du réglisse ou de la réglisse ?

Une erreur courante consiste à dire ‘ du réglisse ‘ ( au masculin), alors que ce mot est féminin, on dit ‘ de la réglisse ‘. En revanche, on dit bien ‘ un bâton de réglisse ‘.

Un hôte, une hôte et une hôtesse

Le mot ‘ hôte ‘ au masculin possède deux significations, à savoir à la fois la personne qui reçoit quelqu’un en sa demeure, mais également la personne qui est reçue, invitée. Exemples : des chambres d’hôtes – ‘ les hôtes de ces bois ‘ (les animaux qui vivent dans les bois). Une hôte (féminin) désigne en revanche uniquement la personne reçue (femme). Mais alors, qu’est-ce qu’une hôtesse ? C’est la femme qui reçoit ! Résumé : au masculin, pas de différence mais au féminin on utilise deux mots différents.

Tache ou tâche ?

L’erreur qui consiste à confondre ‘ tache ‘ et ‘ tâche ‘ est courante. La tache sans accent circonflexe est la marque naturelle que l’on peut avoir sur le corps comme par exemple une ‘ tache de vin ‘, ou la tache sale comme faire une tache sur sa chemise. Le mot vient du latin populaire tacca = signe. La tâche avec accent circonflexe désigne quant à elle le travail à effectuer par nécessité, la mission à remplir en général dans un temps imparti. Exemples : ‘ Cette fois-ci, tâche d’être sage chez ta grand-mère ! ‘ – ‘ J’arrive d’ici une heure, il me reste encore une tâche à effectuer. ‘ Le mot vient du latin taxare = taxer. Exemple de phrase utilisant les deux mots : ‘ Il faut que je tâche de ne pas me faire de taches au restaurant ce midi. ‘

Congés et vacances

On peut dire ‘ un congé de maternité, un congé sabbatique ’ et ‘ prendre congé ‘ (singulier), mais on dira ‘ prendre des congés d’hiver ’ (pluriel). Le congé (au singulier) désigne également un formulaire officiel fourni par les marchands de vin attestant que les droits fiscaux ont bien été réglés, vis-à-vis des douanes, pour le transport jusqu’au domicile de l’acheteur. Quant au mot vacances, il est toujours utilisé au pluriel. Partir en vacances. Le seul cas où vacance est utilisé au singulier concerne le cas de vacance d’un poste à savoir un poste qui n’a pas de titulaire (poste vacant), mais le sens n’est plus le même.

Les catacombes

Le nom ‘ catacombe ‘ est féminin et ne s’utilise qu’au pluriel : des catacombes. On ne parle jamais d’une catacombe, mais de catacombes. Le mot vient du latin tumba = tombe, mais également du grec kata = en dessous et tumba = tombe. Alors pourquoi ne dit-on pas ‘ cataTombes ‘ au lieu de ‘ cataCombes ‘ ? Parce que ce mot, comme beaucoup d’autres, a subi une altération depuis l’origine.

Une stère ou un stère de bois ?

On ne dit pas ‘ une stère ‘ mais ‘ UN stère ‘ de bois. Le stère correspond à un mètre cube. Il faut plusieurs stères pour faire une ‘ corde ‘. La corde est une unité de volume différente selon les pays ou les régions. Elle contient par exemple 2 stères dans les Ardennes belges tandis qu’en France (Anjou, Basse-Normandie et Bretagne notamment), elle en contient 3.

Un HLM ou une HLM ?

L’erreur est très courante de dire ‘ un HLM ‘, alors que c’est féminin, on dit ‘ UNE HLM ‘. Pourquoi ? Parce que HLM (ou H.L.M.) est le sigle de ‘ habitation à loyer modéré ‘. On dit bien ‘ UNE habitation ‘ (là, personne ne se trompe !), donc aucune raison de mettre HLM au masculin ! En revanche, on dira UN logement en HLM.

Un autoroute ou une autoroute ?

On ne dit pas ‘ un autoroute ‘ (et combien se trompent pourtant !) mais ‘ UNE autoroute ‘. Pour s’en souvenir, l’astuce est simple, personne ne fait l’erreur habituellement : on dit bien UNE auto et UNE route. Le féminin s’applique donc également au mot ‘ autoroute ‘ (une route pour les autos).

Une effluve ou un effluve ?

On ne dit pas ‘ une effluve ‘ (l’erreur est courante !), mais  ‘ UN effluve ‘ pour désigner l’émanation qui peut s’exhaler d’un corps, d’un aliment ou d’un végétal. Le mot est d’origine latine, il vient de effluvium qui signifie ‘ écoulement ‘. Astuce pour vous souvenir du genre masculin, pensez à son origine, on dit UN écoulement, donc UN effluve.

Un écritoire ou une écritoire ?

On ne dit pas ‘ un écritoire ‘ mais ‘ UNE écritoire ‘ pour désigner le ‘ nécessaire à écrire ‘ ou ’ la pièce où l’on étudie ‘, c’est un nom féminin. Il vient du bas latin scriptorium, mot qui existe aussi en français mais masculin quant à lui : un scriptorium. Autrefois, à l’époque moyennageuse, ce mot désignait les ateliers d’écriture et d’enluminure des monastères.

Un écumoire ou une écumoire ?

Voici un ustensile que tout le monde possède dans sa cuisine : l’écumoire, cette grande cuillère plate et trouée qui sert à écumer ! Une erreur courante consiste à dire ‘ un écumoire ‘ alors que ce nom est féminin, on dit : UNE écumoire.

Un éphéméride ou une éphéméride ?

Tout le monde connaît ces fameux petits calendriers dont on retire une feuille chaque jour, appelés ‘ éphémérides ‘. Cependant, une erreur courante consiste à dire ‘ un éphéméride ‘ au singulier (comme on dit UN calendrier), alors que ce nom est féminin. On dit ‘ UNE éphéméride ‘. Le mot éphémère vient du grec ephêmeros = qui dure un jour (de hêmera = jour). Le mot est féminin pluriel en astronomie, désignant les tables qui donnent chaque jour des ‘ valeurs calculées de grandeurs astronomiques variables ‘ (dictionnaire) : les éphémérides.

Clore ou clôturer ?

Les verbes clore et clôturer existent. Notons que le premier ne prend pas d’accent circonflexe contrairement au deuxième. Leur origine est liée puisque le nom verbal de ‘ clore ‘ est ‘ clôture ‘. Ils sont tous deux liés à la notion de fermeture. La différence réside surtout dans leurs emplois. On utilisera le verbe clore dans des phrases comme ‘ clore un chapitre ‘, ‘ clore une négociation ’, ‘ clore les paupières ‘ (on verrait difficilement  ‘ clôturer les paupières ‘ !). Le verbe clôturer est lié au fait d’entourer d’une clôture au sens propre : ‘ clôturer un terrain ‘. Cependant, on peut dire aussi ‘ clore un terrain ‘ et ‘ clôturer un compte en banque ‘ (mais on peut dire aussi ‘ clore un compte ‘, c’est correct). Dans le doute, si vous ne savez pas quel verbe employer, utilisez le verbe clore car il est officiellement admis par l’Académie, contrairement à l’abusif  ’ clôturer ‘.

Coasser ou croasser ?

Les verbes coasser et croasser existent et désignent des cris d’animaux. La différence se situe au niveau des animaux concernés. Le verbe coasser s’applique à la grenouille tandis que le verbe croasser s’applique au corbeau.

Parafine ou paraffine

Les bougies sont, comme on le sait, fabriquées à partir d’une substance appelée… paraffine et non parafine. Le mot prend  2 F. Comment cela s’explique-t-il ? C’est l’étymologie qui nous donne la réponse, et donc l’astuce pour se souvenir de l’orthographe de paraffine : le mot vient du latin parum affinis = qui a peu d’affinité. On se souvient généralement de l’orthographe du mot affinité, donc il suffit d’y penser pour connaître celle du mot paraffine.

Une tentacule ou un tentacule ?

Tout le monde sait que les pieuvres et autres céphalopodes possèdent des appendices souples et mobiles appelés ‘ tentacules ‘. Tiens, pourquoi ce nom au fait ? Si l’on cherche du côté de son étymologie, on découvrira que le mot vient du latin tentare qui veut dire ‘ toucher ‘. Tout s’explique donc ! Revenons à présent à la question du départ, à savoir si ‘ tentacule ‘ est un nom masculin ou féminin. Pas facile de le deviner vu qu’on l’utilise en général au pluriel ! Beaucoup de gens disent ‘ une tentacule ‘, c’est une erreur. Le nom est masculin, on dit ‘ UN tentacule ‘.

Un caténaire ou une caténaire ?

Tout le monde connaît les fameux fils de contact qui servent à alimenter les trains en énergie, appelés caténaires. Au pluriel, pas de souci bien sûr ! C’est au singulier que les erreurs sont courantes. Beaucoup de gens disent ‘ un caténaire ‘, mais c’est ‘ UNE caténaire ‘ qu’il faut dire. Caténaire est un nom féminin.

Un immondice ou une immondice ?

On parle souvent de tas d’immondices pour désigner un tas d’ordures ou de choses sales. Quand on utilise le mot au pluriel, cas le plus fréquent, pas de problème. C’est au singulier que ça se gâte ! Beaucoup de gens disent ‘ un immondice ‘ (peut-être en rapport avec le tas qui est masculin… ?) alors que ce nom est féminin, on dit : UNE immondice.

Une haltère ou un haltère ?

Si la question est posée, c’est qu’il y a souvent erreur ! Beaucoup de gens disent ‘ une haltère ‘ mais c’est une faute. On dit et écrit UN haltère, c’est un nom masculin. Son origine est grecque, il vient de haltêres qui signifie ‘ balancier ‘. Le sport associé aux haltères est l’haltérophilie (nom féminin bien sûr !).

Une termite ou un termite ?

Bien des gens se trompent et disent (et écrivent) ‘ une termite ‘, alors que ce nom est masculin : UN termite. Le mot vient du bas latin termes, termitis (même signification). En revanche, on dira bien UNE termitière pour désigner l’habitat des termites !

Une pétale ou un pétale ?

En voilà une erreur courante ! Dire (et écrire) ‘ une pétale de fleur ‘ alors que le nom est masculin : UN pétale. L’origine de ce mot est grecque. Il vient de petalon qui signifie ‘ feuille de plante ‘.

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Cri des animaux

Voici les cris des principaux animaux : l’abeille et la guêpe bourdonnent (ou vrombissent), l’âne brait, la baleine chante, la bécasse croule, la belette belote, le bélier et le chameau blatèrent, la brebis bêle, le buffle, le taureau et la vache beuglent (ou mugissent, soufflent, mugissent), la caille cacabe, le cerf et le chevreuil brament (ou réent, raient), le chat miaule (ou feule, ronronne), le chat-huant hue, la chauve-souris grince, le cheval et le zèbre hennissent, la chèvre bêle (ou béguète), le chien aboie (ou jappe, hurle, gronde, clabaude), la chouette ulule (ou hulule, hue, chuinte), le cochon grogne (ou grouine), le crocodile lamente (ou vagit), le dindon glougloute, l’éléphant barrit (ou barète), la fauvette zinzinule (ou babille), la gélinotte glousse, la grenouille coasse, le grillon craquette (ou grésille), la grive babille, l’hirondelle gazouille (ou trisse), la huppe pupule, le jars jargonne (ou criaille), le lapin clapit (ou glapit, couine), le lion rugit, le merle siffle (ou flûte, jase, babille), la mésange zinzinule, le moineau pépie, la mouche bourdonne (ou vrombit), l’ours grogne (ou gronde, hurle, grommelle), le paon braille (ou criaille), la perdrix cacabe (ou glousse), le perroquet ase (ou craque), la perruche et le pingouin jabotent, le poulet piaule, le poussin piaille, le pigeon roucoule, le rat et la souris couinent (ou chicotent), le renard glapit (ou jappe, trompette), le sanglier grommelle (ou nasille), la sauterelle stridule, le serpent siffle, la tourterelle roucoule (ou gémit, caracoule).

Un ou une anagramme ?

En voilà une question ! Quel est le genre de ce nom : anagramme ? Beaucoup de gens disent  » un anagramme  » alors que c’est un nom féminin, on dit ‘ une anagramme ‘. L’erreur s’explique facilement car il est l’un des deux seuls mots se terminant par -gramme à être de genre féminin, l’autre mot est ‘ épigramme ‘ (une épigramme) dans le sens ‘ petit poème satirique ‘, mais aussi de genre masculin (un épigramme) pour désigner en termes de boucherie le ‘ haut de côtelettes d’agneau ‘. Tous les autres noms terminés par – gramme sont masculins. Exemples : kilogramme, centigramme, programme, organigramme, télégramme, hologramme etc.

Omnubiler ou obnubiler ?

Une erreur courante consiste à dire (voire à écrire) ‘ omnubiler ‘ à la place du bon mot :  ‘ obnubiler ‘, avec un B ! Le mot désigne le fait d’avoir l’esprit obscurci, obsédé par une idée fixe, une passion.  Exemple : ‘ Denis est obnubilé par sa collection de timbres, il en cherche de nouveaux chaque jour. ‘ Du point de vue étymologique, l’obnubilation est liée aux nuages, puisque le verbe ’ obnubiler ‘ vient du latin obnubilare, de nubes qui signifie ‘ nuage ‘. Quel rapport avec l’esprit ? Les nuages obscurcissent le ciel quand ils l’envahissent, de là cette comparaison métaphorique avec un esprit un peu trop encombré de pensées.

A brûle-pourpoint

La locution ‘ à brûle-pourpoint ‘ désigne une ‘ action brusque et sans ménagement ‘ (dictionnaire). Mais pourquoi ‘ brûle ‘ ? Pourquoi ‘ pourpoint ‘ ? Qu’est-ce qu’un pourpoint ? Les origines en sont militaires. Le pourpoint (de l’ancien français porpoint = piqué) était un vêtement très ajusté que les hommes portaient du XIIe au XVIIe siècle, et qui couvrait le buste. Lorsqu’un soldat tirait sur un homme à bout portant (ou très près), cela brûlait le pourpoint de la victime. L’expression désigne bien alors une action vive, avec effet de surprise puisqu’on ne peut pas tirer de près sur quelqu’un sans le surprendre. De là cette métaphore liée à l’effet de surprise d’une part mais au principe d’efficacité d’autre part.

Munificence ou magnificence ?

Munificence et magnificence, voilà deux mots bien souvent confondus ! Ils n’ont pourtant pas la même signification.

La munificence désigne une disposition qui porte à donner largement, faisant référence à la notion de grandeur dans la générosité. Si vous souhaitez par exemple demander de l’argent à quelqu’un, n’hésitez pas à faire appel à sa munificence, bref à sa grande et célèbre générosité. Le mot ‘ munificence ‘ vient du latin munificentia, de munificus qui veut dire ‘ libéral ‘, mais issu de munus (= cadeau) et facere (= faire).

En revanche, le mot ‘ magnificence ‘ (et non pas magnificience comme on le voit parfois !) désigne ‘ la qualité de ce qui est magnifique ‘ (dictionnaire). Attention, en matière de littérature, la magnificence désigne aussi la générosité, la prodigalité (donc à rapprocher de la munificence). On parlera cependant plus facilement de la magnificence d’un palais ou d’un paysage grandiose. Le mot magnificence vient du latin magnificentia, de magnus qui signifie ‘ grand ‘.

Un grabataire

Un grabataire est une personne très malade qui ne quitte plus (ou presque plus !) son lit. Mais pourquoi un tel nom ? Le mot vient de grabatum qui désignait autrefois un petit lit sans rideaux.  Les grabats étaient réservés aux esclaves, aux pauvres et aux  » philosophes cyniques  » (de l’école philosophique antique fondée par Antisthène, matérialiste, anticonformiste, subversive et jubilatoire… ce qui ne plaisait pas à tout le monde !). Le mot vient également du latin grabatus (lit bas) lui-même emprunté au grec krabbatos (litière). Un grabat (nom vieilli, de moins en moins utilisé) désigne de nos jours un lit de très mauvaise qualité, peu confortable, dans lequel on dort bien sûr très mal… et sur lequel on souffre.

Une billevesée

Une billevesée (nom féminin avec 2 L) est ‘ une parole vide de sens , une idée creuse ‘ (dictionnaire), autrement dit une ânerie, une bêtise, une sottise, un discours frivole, ridicule ! Le mot s’utilise d’ailleurs généralement au pluriel : raconter des billevesées. Il vient de l’ancien français billevese qui désigne une cornemuse (beille = boyau et veser = gonfler). Une billevesée est une outre pleine d’air, tout comme la nature des choses exprimées ! Molière utilisait le terme de billevesées (au pluriel) notamment dans son oeuvre ‘ Les femmes savantes ‘. Rabelais quant à lui parlait de ‘ billes vezées ‘, en deux mots, toujours en rapport avec le boyau soufflé, donc rempli d’air. La vèze est aujourd’hui l’autre nom de la cornemuse bladderpipe (les Acadiens l’écrivent aussi ‘ vèse ‘, on peut le voir parfois écrit ‘ vesse ‘).

Avoir l’heur de…

La locution ‘ avoir l’heur de… ‘ ne prend pas de E à ‘ heur ‘ ! Elle vient du latin augurium qui signifie ‘ augure ‘, ‘ présage ‘. Cela nous amène à sa signification : avoir la chance de… Avoir l’heur de plaire à quelqu’un = avoir la chance de plaire à quelqu’un. Le mot heur est symboliquement lié au destin et à ses caprices. Par exemple, l’expression ‘ tout n’est qu’heur et malheur ‘ signifie que tout est lié au destin dans son principe binaire de bonheur et de malheur. Attention, ne pas confondre avec ‘ heure ‘ (unité de temps)  qui vient du latin hora.

Herbeux ou herbu ?

Les adjectifs herbeux (herbeuse) et herbu (herbue) existent mais ne désignent pas exactement la même chose. Voici la différence : un endroit herbeux est un endroit où il y a de l’herbe, peu importe sa quantité. Exemple : une allée herbeuse, un chemin herbeux. Un endroit herbu est quant à lui recouvert de beaucoup d’herbe, mais vraiment en très grosse quantité. Exemple : une prairie herbue.

Pigeon ramier – palombe – pigeon biset – colombe – tourterelle

Les mots ‘ pigeon ramier ‘ et ‘ palombe ‘ désignent le même animal, à savoir l’espèce de pigeon la plus répandue en Europe, tant en forêt que dans les zones urbaines. Le ‘ pigeon biset ‘ est également très répandu dans les villes, c’est le pigeon domestique. On le trouve également à l’état sauvage vers les falaises et autres milieux rocheux. Famille : columbidés. De nombreuses races ont été créées pour leur chair destinée à l’alimentation humaine, mais également l’ornement ou la course, comme les pigeons voyageurs. Ces derniers furent utilisés très longtemps depuis les Croisades jusqu’à la Première Guerre mondiale comme vecteur de communication entre les troupes militaires. Les éleveurs de pigeons sont appelés des colombophiles. Les scientifiques (Pour la science N° 348 oct. 2006) s’accordent pour dire que le pigeon est sensible au champ magnétique terrestre et s’en servent pour s’orienter.

Le nom de colombe est quant à lui donné à certaines espèces de pigeons blancs ou tourterelles blanches. Les tourterelles sont plus petites que les pigeons, et souvent élevées en captivité, faciles à apprivoiser.

Le pigeon possède également un sens figuré que tout le monde connaît et qui concerne les humains : passer pour un pigeon, être un pigeon, c’est se faire avoir facilement, se laisser tromper, arnaquer.

Corbeau – corneille – choucas – freux

Voici les différences entre le corbeau, la corneille, le choucas et le freux. Le corbeau et la corneille se ressemblent beaucoup mais un détail permet de les identifier assez facilement, le corbeau marche tandis que la corneille sautille. Les becs sont également différents : celui du corbeau est gris clair tandis que celui de la corneille est noir (ou gris foncé).

Le corbeau croasse. Sa voisine la corneille est plus petite et de même couleur (plumage noir), elle fait aussi partie de la famille des corvidés et pèse environ 500 g. La corneille craille ou graille.

Le choucas est une petite corneille noire à nuque grise, également de la famille des corvidés. Le ‘ choucas des tours ‘ affectionne, comme son nom l’indique, les lieux élevés comme les tours de châteaux, clochers, carrières, allées de grands arbres et autres endroits d’où il peut facilement observer le paysage.

Le freux est appelé aussi corbeau freux. Ce passereau est un peu plus léger que la corneille (450 g). Il est reconnaissable à la base grise de son bec, dépourvue de plumes. Son plumage a des reflets bleuâtres, métalliques. Il est de la même taille que la corneille noire (environ 47 cm). Le grand corbeau mesure quant à lui de 56 à 69 cm pour un poids avoisinant le kilogramme.

La corneille noire et le corbeau freux fréquentent beaucoup nos jardins, pelouses urbaines et zones champêtres.

Une fine mouche

L’expression ‘ une fine mouche ‘ désigne une personne très astucieuse, maline, rusée. Autrefois, le mot ‘ mouche ‘ désignait dans un registre argotique et au-delà de l’insecte bien connu, un menteur ou un espion. Mais quel rapport avec l’animal, la vraie mouche ? Cette dernière est connue pour être assez difficile à attraper, relativement insaisissable par nature, du fait de sa petite taille et de sa grande rapidité. La mouche peut observer sans être vue.