posts dans la catégorie 'Mots français d’origine grecque'


Dinausore, dinausaure, dinosore ou dinosaure ?

Voici un mot que je vois régulièrement écrit de toutes les façons : un dinosaure (ceci est la bonne écriture, et non pas dinausore, dinausaure ni dinosaure !).  Le mot vient du grec dinos = toupie (parce que sa tête ressemble à une toupie – Bescherelle 1845), et de saura = lézard. Généralement, le mot saurien est connu ainsi que son orthographe (reptiles sauf les tortues), ce qui peut aider pour se souvenir de l’orthographe de dinosaure.

Hynoptiser ou hypnotiser ?

Beaucoup se trompent et disent hynoptiser alors que c’est hypnotiser qu’il faut dire (et écrire bien sûr !). C’est un barbarisme courant. Astuce pour s’en souvenir : on dit bien hypnose, là personne ne fait d’erreur, c’est impossible. Le verbe hypnotiser est construit sur la même base que le nom féminin hypnose, qui lui correspond. Le mot hypnose vient du grec ancien hupnos qui signifie sommeil. Hypnos était le dieu du sommeil dans la mythologie grecque. Les Romains le connaissaient sous le nom de Somnus. Il est reconnaissable dans les représentations à ses attributs, des fleurs de pavot menant à des états modifiés de conscience ainsi que des ailes symbolisant le passage la nuit vers d’autres mondes.

Ammonite et amanite

L’ammonite (avec 2 M) et l’amanite (avec un seul M) existent mais ne désignent pas du tout les mêmes choses. Les ammonites sont une sous-classe aujourd’hui disparue de mollusques céphalopodes, on les trouve sous forme de fossiles. Leur taille peut varier de quelques millimètres à plus de 2 mètres de diamètre. Elles sont très reconnaissables grâce à leur coquille enroulée. Le nom (1752 – Trévoux) vient du grec Ammôn, en référence à la volute des cornes de bélier de Jupiter Ammon (ammonis cornua) d’où les 2 M. Les amanites quant à elles sont des champignons (phalloïdes, tue-mouche etc.). Le nom vient du grec ancien amanitai, terme botanique qui signifie tout simplement champignon (et attesté chez Galien – 1611), facile à retenir !

ammonite et amanite

Ammonite et amanite

Acolyte étymologie

Le sens actuel le plus utilisé du nom masculin acolyte possède une connotation clairement péjorative, puisque ce mot désigne le complice d’une mauvaise action. Il s’est en effet désacralisé au XXe siècle. À l’origine, le mot vient du latin chrétien acolythus emprunté au grec akolouthos, qui signifie serviteur, suivant. Le principe du serviteur est resté, mais pour une mauvaise cause. En 1175 (Charles de Troyes), ce terme désignait un clerc remplissant les bas offices. Dès le XVIIe siècle, par extension de sens, l’acolyte désigne ensuite un clerc qui sert le prêtre à l’autel, c’est le clerc qui a reçu le plus élevé des 4 ordres mineurs. Selon Sainte-Beuve (1834) : 1er ordre = portier, 2e ordre = lecteur, 3e ordre = exorciste et 4e ordre = acolyte. L’emploi religieux de ce terme est désormais de moins en moins usité.

Polyglotte et hyperpolyglotte

Une personne bilingue parle spécifiquement et couramment 2 langues (bi = deux) et si elle est trilingue, elle maîtrise 3 langues (quadrilingue = 4 langues, quintilingue = 5 langues, sextilingue = 6 langues, septilingue =7 langues, octolingue = 8 langues, nonalingue = 9 langues, décalingue = 10 langues…). Une personne polyglotte (adjectif) ou une polyglotte (nom) maîtrise plusieurs langues et à partir de 6, c’est une hyperpolyglotte. Le mot polyglotte vient du grec polus = nombreux et glôtta = langue. Parmi les hyperpolyglottes célèbres, citons le pape Jean-Paul II (10 langues) et le chanteur Georges Moustaki (8 langues).

Orchidée étymologie

Les orchidées (ou orchidacées - Orchidaceae), forment la famille des plantes monocotylédones (dont la plantule ne présente qu’un seul cotylédon - feuille primordiale constitutive de la graine - sur l’embryon). Mais savez-vous d’où vient le mot orchidée ? Il est issu du grec orchis, qui veut dire testicule. En effet, c’est Théophraste (philosophe grec du IIIe siècle av. J.-C.) qui a donné ce nom à la plante, par rapport à la forme des tubercules souterrains d’orchidées terrestres poussant dans les régions tempérées. Il existe plus de vingt-cinq mille espèces de cette famille, réparties en huit-cent-cinquante genres.

Zythologie dégustation de bières

La zythologie est l’élaboration, la fabrication et l’art de déguster la bière. C’est un mot encore peu connu en France car récent (néologisme). Il vient de zythogala – ou zythogale (1806 Dict.Étym.) – du grec zuthos (zŷthos) qui désigne une boisson d’orge et de houblon, assez semblable à la bière (zythum – 1827 ) fabriquée dans l’Antiquité égyptienne. Elle est dénommée également vin d’orge ou boisson pélusienne (de la ville de Péluse entre l’Égypte et la Palestine, où ele était surtout fabriquée). Cette discipline est appelée également biérologie, terme créé par le comédien et réalisateur belge Ronny Coutteure, auteur notamment d’un opéra intitulé ‘ Les Contes d’un buveur de bière ‘ et auteur du livre ‘ Le temps de la bière : initiation à la biérologie ‘, 1997. La zythologie se consacre à l’étude de la bière, du brassage et des brasseries aussi bien d’un point de vue historique que technique et gustatif. Le zythologue, tout comme le sommelier pour le vin, est en capacité de dire quelle bière s’accorde le mieux avec quel plat et comme l’œnologue (pour le vin également), il maîtrise les étapes des processus de fabrication de la bière.

Appui ou appuie

Appui ou appuie ? Les deux mots existent mais l’un est un nom et l’autre correspond à la conjugaison du verbe appuyer. Un appui est nom masculin formé à partir du verbe appuyer au sens de soutien, de support moral, matériel ou physique. Un appuie-tête : dans ce cas, il s’agit du verbe appuyer, qui sert à former le nom composé, c’est la raison pour laquelle appuie prend un e à la fin. (Je/il/elle/on) appuie (avec un e à la fin) correspond au verbe appuyer à l’indicatif présent, au subjonctif présent ou à l’impératif présent (pour la deuxième personne du singulier). Le verbe appuyer est formé de ad (préposition) et du latin populaire appodiare, de podium = soubassement et emprunté au grec podion = petit pied (dict.étym.).

Pâte et patte

Le nom féminin pâte (avec un accent circonflexe et un seul t) désigne plusieurs choses. Il est issu du bas latin pasta (Ve siècle) emprunté au grec pastê = sauce mêlée de farine. Les pâtes, tout le monde les connaît et en mange régulièrement, spécialité italienne (préparation à base de farine et d’eau). La pâte désigne aussi une substance (comestible ou pas) dont la consistance est intermédiaire entre le solide et le liquide, comme la pâte à tarte par exemple, ou la pâte à bois. Au sens figuré, l’expression qui peut être considérée comme un peu péjorative être une bonne pâte signifie être vraiment très gentil, très souple, avoir bon caractère, malléable comme la pâte.

La patte (pas d’accent mais 2 t) quant à elle désigne un membre animal (exemple : la patte du chien) qui sert à marcher ou attraper (préhension). Au sens familier, cela s’applique aux humains également : enlève tes pattes de là ! La patte désigne par ailleurs le style d’un artiste, qu’on reconnaît à sa patte, à sa griffe, à savoir une façon de peindre, de sculpter, de dessiner, d’écrire, de composer très reconnaissable d’une œuvre  à l’autre. La patte désigne aussi les cheveux qu’on laisse pousser sous les tempes, devant les oreilles. Enfin, en termes de couture, la patte est un bout d’étoffe qui sert à fermer un vêtement (bande de boutonnage). La pattemouille (en un seul mot, de patte et de mouille) est quant à elle un linge, bout de tissu, vieux torchon aussi, que l’on mouille et que l’on place ensuite entre le fer à repasser et des tissus fragiles pour ne pas les brûler et les repasser en douceur.

Acné ou acnée et acmé

L’erreur est courante d’écrire acnée au lieu de acné, parce que c’est un nom féminin, ce qui est trompeur ! L’acné, dermatose caractéristique bien connue de l’adolescence (mais pas seulement) vient du grec akmê qui signifie pointe. La relation est vite établie, n’est-ce pas ! Mais pourquoi le m est-il devenu un n alors (akMê => acNé) ? C’est simplement dû à une faute du copiste Aetius au VIe siècle. Cette erreur n’a jamais été corrigée. Savez-vous cependant qu’il existe un autre mot, moins connu, qui est issu également du grec akmê et qui a gardé son m ? Il s’agit du nom masculin ou féminin (les deux sont acceptés) acmé. L’acmé désigne l’apogée, le point le plus élevé, culminant d’une situation. L’acmé d’une civilisation, d’une carrière, c’est son apogée, son plus haut point.

Chiliagone – chiliogone – chiligone

Un chiliogone, appelé aussi chiliagone et chiligone, issu du grec khílioi = mille et de gônía = angle, désigne en géométrie un polygone plat et régulier à 1 000 côtés et 1 000 angles, possédant de ce fait 498 500 diagonales et dont la somme de tous ses angles est égale à 1996 angles droits. Vous allez me dire, on en utilise rarement ! Mais si ce polygone existe, c’est qu’il a une utilité, René Descartes y faisait notamment référence dans la Méditation Sixième (Méditations métaphysiques), car il représente en fait quelque chose d’impossible à imaginer clairement bien que facile à concevoir au niveau de l’idée. Cela, selon Descartes, prouve la puissance de l’entendement par rapport à la faiblesse des sens. Des méditations métaphysiques qui portent bien leur nom ! L’imagination est un type de vision à part entière. Archimède, en tant que scientifique et bien antérieurement à Descartes, a également utilisé le concept de chiligone pour tenter de décrire le diamètre (apparent !) du Soleil.

Mythifier et mystifier

Les verbes mythifier et mystifier sont des paronymes (mots qui se ressemblent beaucoup, à part une lettre ou une syllabe), il ne faut pas les confondre ! Un mythe (du grec mûthos = récit) est une image simplifiée mais très puissante sur l’imagination des foules ou un récit légendaire qui a marqué les esprits, une croyance très répandue. Mythifier, c’est faire passer à l’état de mythe. Cela se produit par exemple pour certaines grandes vedettes (chanteurs, acteurs…) qui, lorsqu’elles disparaissent, sont mythifiées par leurs fans, afin quelque part de les garder encore vivantes dans l’esprit et le cœur de ceux qui les aiment et leur vouent quasiment une sorte de culte presque comme à des dieux. Le verbe mystifier (du grec mustês = initié), quant à lui, est essentiellement utilisé au sens politique, désignant le fait de tromper le peuple en masquant la réalité sociale, mystifier les électeurs en les alléchant par des fausses promesses. Mystifier, c’est aussi de manière générale abuser de la crédulité de quelqu’un. Le nom associé est : mystification. Il n’y a pas de h dans ce mot, contrairement à mythification.

Sbire

Les sbires étaient autrefois les archers de la police en Italie. Par analogie, ce mot désigne à notre époque un homme à tout faire, un homme de main qui fait les basses besognes, y compris l’espionnage et la délation. Le mot sbire vient de l’italien sbirro = agent de police, du bas latin birrus = brun-rouge, du grec purrhos = couleur de feu, en rapport avec la couleur des uniformes des policiers de l’époque, qui portaient une casaque rouge. Le mot sbire a été utilisé par François Rabelais en 1546.

Panic et panique

Les deux noms panic et panique existent, le premier est masculin et le deuxième est féminin. Le panic est une graminée renfermant des millets (du latin panicum), d’où le nom commun d’une de ses espèces qui est cultivée comme plante fourragère : le millet des oiseaux, surtout en Asie (la plante est originaire du Japon) mais également aux États-Unis (le panic érigé, de son nom latin Panicum virgatum). Le millet quant à lui est très cultivé en Afrique. Le nom masculin panicule vient d’ailleurs du latin panicula / panus = épi. Le mot pain en est issu.

La panique désigne une terreur totalement incontrôlable et subite, assez souvent collective (une foule paniquée). Le mot vient du grec panikos, issu du nom du Dieu Pan, dont la réputation était de troubler violemment les esprits.

Acné ou acnée ?

Acné ou acnée ? Il s’agit bien d’un nom féminin, mais qui s’écrit acné, sans ‘e’ à la fin. Le mot est emprunté à l’anglais mais d’origine grecque : akmê qui signifie pointe, sommet, modifié ultérieurement en aknê suite à l’erreur d’un copiste : Aetius au XVIe siècle (dict. étym. Larousse). La pointe est ici associée à ce que l’on nomme les points noirs sur la peau.

Ministère pétrinien

Le pape Benoît XVI a dernièrement annoncé sa démission du ministère pétrinien, phénomène très rare puisque la dernière démission fut celle du Pape Grégoire XII en 1425 pour, dit-on mettre fin au ‘ Grand Schisme d’Occident ‘. Avant lui, il y eut Benoît IX en 1294, forcé par l’Église à démissionner et aussi Célestin V en 1294 également. PÉTRINIEN : qui est en rapport avec l’apôtre Saint-Pierre, du grec petros (pierre) + ien. ‘Mes forces ne sont plus aptes à exercer le ministère pétrinien.’ dixit le pape Benoît XVI lors de son discours au consistoire du 11 février 2013. Cela signifie qu’il démissionne de ses fonctions papales. Pourquoi Saint-Pierre ? En rapport tout simplement avec le nom de la Basilique Saint-Pierre du Vatican, qui est l’église du Pape et de l’État pontifical.

Métonymie et métaphore

Le nom féminin métonymie est une figure de style qui vient du grec metônumia (= changement de nom). Le principe de la métonymie consiste à remplacer un mot par un autre mot ou une courte expression, qui veut dire la même chose et qui a donc une relation logique, mais dit autrement. Exemple : ‘ Il recherche un toit.’ ( le mot toit remplace le mot maison).

Le nom féminin métaphore est, comme la métonymie, une figure de style de la classe des tropes (un trope est une figure de style – de rhétorique – destinée à embellir un texte ou à le rendre plus vivant par l’emploi d’un mot ou d’une expression dans un sens détourné de son sens propre). La métaphore repose en fait sur un rapport de ressemblance entre deux réalités, contrairement à la métonymie qui est fondée sur un rapport de voisinage et de relation logique entre elles. Le mot métaphore vient du grec metaphorá (= transport). La métaphore, à portée essentiellement poétique, induit une correspondance concrètement impossible en remplaçant un mot par un autre mot ou une courte expression. Exemple : ‘ Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage. ‘ (Baudelaire, « L’Ennemi ») Dans cet exemple, la jeunesse que l’on suppose tumultueuse est associée à l’idée d’orage ténébreux.

Le tréma

Le tréma, du grec trêma qui signifie point, est utilisé pour indiquer que deux voyelles voisines se prononcent séparément. Le tréma est utilisé sur les lettres E, I et U (plus rare pour le U). La voyelle qui précède la lettre avec le tréma doit être prononcée à part : ciguë (on prononce le U), naïf (on prononce le A), héroïque (on prononce le O).

Pragmatisme

Le pragmatisme est lié au réalisme et au matérialisme, l’irréalisme et l’immatérialisme en sont les antonymes. Le pragmatisme véhicule l’idée que seuls les résultats concrets sont importants, qu’eux seuls comptent et qu’il faut donc s’adapter à la réalité contrairement à l’idéalisme où ce sont avant tout les idées qui comptent, même si elles ne sont pas réalistes. Dans le cadre de la résolution d’un conflit (social ou autre) par exemple, il vaudra mieux être pragmatique qu’idéaliste, cela fournira plus de chances d’arriver à une solution concrète et efficace.

L’adjectif pragmatique vient du latin juridique pragmatica sanctio, issu du grec pragmatikos qui signifie ‘ relatif aux faits ‘ (Dict.Étym.).

A fortiori

A fortiori est une locution adverbiale issue du latin scolastique (scholasticus = relatif à l’école, du grec ancien scholastikosa fortiori causa (1337) qui signifie ‘ à plus forte raison ‘. Elle a pour but d’introduire un argument plus fort que le précédent au sein d’un raisonnement. On l’utilise dans le cas où une vérité découle d’une autre avec plus de force, en l’étayant bien sûr par des arguments plus puissants et plus nombreux.

Cacographie et cacophonie

La cacographie, du grec kakos (= mauvais) et graphein (= écrire), désigne une orthographe emplie de fautes, erronée, mais également un mauvais style d’écriture (le mot ‘ charabia ‘ en est un synonyme). Un cacographe est une personne qui fait beaucoup de fautes à l’écrit.

La cacophonie, du grec kakos (= mauvais) et phônê (= son, voix), désigne un ensemble de sons, de voix, de bruits discordants. Une musique peut être cacophonique, mais également un texte lu à haute voix (‘ mots, syllabes, sons désagréables ‘- Dict. Larousse).

Etiopathie ou éthiopathie ?

Étiopathie ou éthiopathie ? La bonne orthographe est : étiopathie (pas de H dans ‘ étio ‘). Le mot vient du grec aitio = cause et pathos = souffrance. C’est une médecine douce non conventionnelle à base de manipulations (comme les rebouteux), dérivée de la chiropractie et de l’ostéopathie.

Etiologie ou éthiologie ?

Étiologie ou éthiologie ? La bonne orthographe est : étiologie. Pas de H ! Le mot vient du grec aitia = cause, et logos = science. Ne pas confondre avec ‘ éthologie ‘ (voir article explicatif) qui est l’étude scientifique du comportement des animaux dans leur milieu naturel (par exemple la célèbre Dian Fossey était éthologue). L’étiologie est une discipline médicale qui étudie les causes des maladies.

Palimpseste

Qu’est-ce qu’un palimpseste ? Le mot vient du latin palimpsestus lui-même issu du grec ancien palímpsêstos = ’ gratté de nouveau ‘, il désigne un manuscrit sur parchemin déjà utilisé, dont on a effacé les inscriptions pour y écrire de nouveau. La méthode fut utilisée au Moyen Âge essentiellement entre les VIIe et XIIe siècles par des copistes réutilisant d’anciens manuscrits pour y copier de nouveaux textes, par économie à cause du coût très élevé lié à la rareté des parchemins. Les vieux manuscrits étaient désencrés ou effacés à l’aide de pierre ponce. De nombreux écrits ont été ainsi perdus, comme des textes juridiques tombés en désuétude, mais également des textes de penseurs grecs pré-chrétiens, ou des écritures gothiques. On peut cependant retrouver l’ancien texte dans certains palimpsestes grâce aux techniques modernes de restauration de documents utilisant la chimie, l’imagerie aux rayons ultraviolets ou le rayonnement synchrotron.

Les lépidoptères

Les lépidoptères sont des insectes que nous connaissons bien. Le papillon est la forme adulte, la chenille la larve et la chrysalide la nymphe. Ils sont caractérisés (forme adulte) par 4 ailes membraneuses à nombreuses écailles microscopiques et… bien sûr, colorées ! Le mot vient du grec lepis, -idos = écaille, et pteron = aile (1765 Encyclopédie).

Le boustrophédon

En voilà un drôle de mot ! Boustrophédon ! Ce mot désigne en fait un système d’écriture très ancien, très archaïque grec étrusque, qui possède cette particularité d’être lu ‘ alternativement de gauche à droite et de droite à gauche ‘ (dictionnaire). Son origine vient du grec (bien sûr !) bous = boeuf, et strephein = tourner. Le verlan (envers à l’envers, argot codé) en est d’ailleurs issu. Les palindromes, figures de style caractérisées par des textes ou mots qui peuvent se lire dans les deux sens, dont la succession de lettres est la même de gauche à droite comme de droite à gauche (symétrie bilatérale), s’inspirent justement du boustrophédon. Exemples : radar, kayak, rotor, été, ‘ Esope reste ici et se repose ‘ (J. Capelovici alias Maître Capello). Pour en revenir au boustrophédon, un exemple connu est celui des tablettes rongo-rongo de l’île de Pâques, écrites en ‘ boustrophédon inversé ‘. Ah, qu’est-ce que le boustrophédon inversé ? On part de la ligne inférieure du support (et non pas supérieure !), on lit la première ligne de gauche à droite puis on tourne ce support à 180 degrés. On lit la deuxième ligne de gauche à droite aussi, puis on retourne et on recommence avec la troisième ligne etc. Autre exemple de texte écrit en boustrophédon (Grèce antique), les ‘ lois de Solon ‘ (législateur) publiées vers l’an 594 avant l’ère chrétienne.

Les catacombes

Le nom ‘ catacombe ‘ est féminin et ne s’utilise qu’au pluriel : des catacombes. On ne parle jamais d’une catacombe, mais de catacombes. Le mot vient du latin tumba = tombe, mais également du grec kata = en dessous et tumba = tombe. Alors pourquoi ne dit-on pas ‘ cataTombes ‘ au lieu de ‘ cataCombes ‘ ? Parce que ce mot, comme beaucoup d’autres, a subi une altération depuis l’origine.

Un éphéméride ou une éphéméride ?

Tout le monde connaît ces fameux petits calendriers dont on retire une feuille chaque jour, appelés ‘ éphémérides ‘. Cependant, une erreur courante consiste à dire ‘ un éphéméride ‘ au singulier (comme on dit UN calendrier), alors que ce nom est féminin. On dit ‘ UNE éphéméride ‘. Le mot éphémère vient du grec ephêmeros = qui dure un jour (de hêmera = jour). Le mot est féminin pluriel en astronomie, désignant les tables qui donnent chaque jour des ‘ valeurs calculées de grandeurs astronomiques variables ‘ (dictionnaire) : les éphémérides.

Une haltère ou un haltère ?

Si la question est posée, c’est qu’il y a souvent erreur ! Beaucoup de gens disent ‘ une haltère ‘ mais c’est une faute. On dit et écrit UN haltère, c’est un nom masculin. Son origine est grecque, il vient de haltêres qui signifie ‘ balancier ‘. Le sport associé aux haltères est l’haltérophilie (nom féminin bien sûr !).

Une pétale ou un pétale ?

En voilà une erreur courante ! Dire (et écrire) ‘ une pétale de fleur ‘ alors que le nom est masculin : UN pétale. L’origine de ce mot est grecque. Il vient de petalon qui signifie ‘ feuille de plante ‘.

Entrez dans les secrets de la langue française tout en vous amusant avec ‘ Alpha et le secret des mots ‘, de Corinne DUVAL, un livre tous publics écrit par une professionnelle de la langue française : http://www.thebookedition.com/corinne-duval-alpha-et-le-secret-des-mots-p-127154.html

Encornet – poulpe – calamar – seiche – pieuvre

Le poulpe ou pieuvre est un mollusque céphalopode (dont les pieds sortent de la tête selon l’étymologie  grecque kephalê = tête et podos = pied) qui possède 8 tentacules avec 2 rangées de ventouses chacun (parfois jusqu’à plus de 200 ventouses par tentacule). Sa tête est munie d’un bec corné. Le poulpe a la capacité de changer de couleur et de structure de peau selon son environnement et son humeur. Il jette un épais nuage d’encre noire (sépia) en cas d’attaque pour masquer sa fuite. La pieuvre est très reconnaissable et se distingue parfaitement du calamar. En anglais, la pieuvre est appelée octopus à cause de ses 8 bras.

Le calamar ou calmar possède 8 bras et 2 tentacules (décapode) munis de ventouses. C’est un céphalopode à coquille interne cornée, appelée ‘ plume « ‘. Selon les régions, ce mollusque est aussi appelé encornet, chipirion (Pays basque) et supion (Provence – le mot supion désigne alors les plus petits calamars). Les calamars constituent un ordre et il en existe près de 300 espèces, d’où l’existence d’une quantité importante de noms vernaculaires pour désigner le même animal ou l’un de ses cousins. L’encornet est en fait une espèce de calamar, tout comme la seiche. Le calamar peut mesurer jusqu’à 17 mètres de longueur (calmar géant des profondeurs).

La seiche est voisine du calamar. En matière gastronomique, la distinction n’est pas toujours faite et la seiche est aussi appelée parfois encornet. Ces animaux se ressemblent beaucoup. La seiche possède un corps ovale et mesure environ 30 cm. Le fameux ’ os de seiche ‘ que tout le monde connaît est en fait un flotteur interne. C’est une coquille calcaire cornée. Sa tête est munie de 8 bras courts munis de ventouses et 2 grands tentacules (attention, c’est un nom masculin : UN tentacule !) qui projettent un liquide noir (appelé couramment ‘ encre de seiche ‘ mais dont le vrai nom est ‘ sépia ‘, utilisé en cuisine et en photographie) pour se défendre lorsqu’elle se sent en danger.

Origine du mot crustacé

Le mot ‘ crustacé ‘ qui désigne des animaux invertébrés dont le corps est revêtu d’un exosquelette plus ou moins rigide (squelette extérieur) appelés arthropodes, vient du latin scientifique crustaceus, mot lui-même traduit du grec malakostrakos en latin crusta qui signifie ‘ croûte ‘. Les crustacés vivent essentiellement dans l’eau de mer (animaux marins) comme par exemple les crabes, homards, crevettes et langoustes, mais également dans l’eau douce (animaux dulçaquicoles ou dulcicoles) pour certaines espèces comme les écrevisses voire sur terre comme les cloportes. Il en existe plusieurs dizaines de milliers d’espèces connues.

Enfer et paradis

Le mot ‘ enfer ‘ est apparu au Xe siècle et vient du latin chrétien infernum désignant ‘ le lieu d’en bas ‘. Le mot voisin ‘ infernal ‘ quant à lui vient du bas latin infernalis de infernus signifiant ‘ qui est relatif aux Enfers ‘, ‘ qui est en dessous ‘, lié à infra, inferior. L’enfer, dans les religions,  désigne le lieu de supplice destiné aux ‘ damnés ‘ mais également au sens figuré un endroit ou un moment très désagréable. Exemple : ‘ Cette réunion n’en finissait pas, ce fut un enfer ! ‘ On dit aussi ‘ les enfers ‘.

Le mot ‘ paradis ‘ est apparu au Xe siècle et vient du latin ecclésiastique paradisus qui désignait un ‘ parc destiné aux bienheureux ‘, mot lui-même issu du grec paradeisos qui vient de l’iranien (avestique plus précisément, langue de l’Avesta qui était le livre saint des zoroastriens – voir Zarathoustra) paridaiza signifiant ‘ l’enclos du seigneur ‘. Le mot désigne aussi au sens figuré un lieu très agréable : un petit coin de paradis.

Drastique et draconien

L’adjectif ‘ drastique ‘ vient du grec drastikos signifiant ‘ qui opère ‘. Ses synonymes sont  : draconien, rigoureux, sévère, strict. Des mesures drastiques, des mesures draconiennes. En médecine, ce mot désigne un remède particulièrement énergique, notamment certains purgatifs comme la coloquinte, le jalap, la bryone ou le nerprun (dans ces cas-là, il s’agit non plus d’un adjectif mais d’un nom masculin : un drastique).

L’adjectif ‘ draconien ‘ vient de Dracon qui était un législateur athénien (Grèce antique – VIIe siècle av. J.-C.) très réputé pour sa grande sévérité. Dracon écrivit les premières lois de la cité, et les afficha sur des panneaux de bois et des stèles afin que tous ceux qui savaient lire puissent les voir et soient au courant de ces lois. Avant lui, les lois se transmettaient oralement, c’est donc une grande avancée historique dans la mesure où ce sont les premières traces écrites en matière de législation. Il est à noter que ces lois étaient particulièrement sévères, par exemple le vol était puni de mort ! Elles faisaient également la distinction entre le meurtre volontaire et l’homicide involontaire (Démosthène Contre Leptine 158).

Astérisque

L’astérisque est un signe typographique en forme de petite étoile (*) destiné à indiquer un renvoi dans un texte, pour plus d’explications quant à un mot, une expression ou une citation. Pourquoi un tel nom ? L’étymologie nous renseigne bien à ce niveau. Le mot vient du grec asteriskos qui signifie tout simplement petite étoile. D’autres mots ont une origine liée aux étoiles : un astéride (échinoderme pourvu de nombreux bras à ventouses, les astérides formant une classe à eux seuls), une astérie (étoile de mer), un astéroïde (du grec astêr = étoile et eidos = aspect – c’est un petit corps rocheux ou métallique qui gravite autour du Soleil). Ne pas confondre avec Astérix, le célèbre personnage de bande dessinée créé par R. Goscinny et A. Uderzo en 1959 et apparu en premier lieu dans le journal Pilote !

Origine du mot cacahuète

Le mot ‘ cacahuète ‘ vient de l’espagnol cacahuete, lui-même dérivé du mexicain cacahuate et issu du mot nahuatl (langue des Aztèques) tlacacahuatl (tlalli = terre et cacahuatl = cacao). On peut l’écrire également cacahouète. C’est le fruit/graine de l’arachide, légumineuse cultivée dans les pays chauds. Le mot date du début du XIXe siècle. La cacahuète a été découverte par les explorateurs espagnols lors de la conquête du nouveau monde. Ils en ont bien sûr ramené en Europe puis en ont exporté vers l’Asie et l’Afrique pour y cultiver l’arachide. Le mot arachide est plus ancien et date du XVIIIe siècle. Il vient du latin arachidna, lui-même emprunté au grec arakidna ou arakos qui désigne la gesse, plante grimpante décorative de l’hémisphère nord utilisée également comme fourrage.

Différence entre interjection et onomatopée

L’interjection et l’onomatopée sont assez souvent confondues, ce qui peut se comprendre vu la différence en réalité assez subtile, à savoir que l’onomatopée est liée au principe d’imitation, contrairement à l’interjection. Dans les deux cas, il s’agit de mots courts et invariables. L’interjection (du latin interjectio, de jacere = ‘ jeter, lancer ‘) exprime un sentiment, un ordre, une émotion spontanée et n’évolue qu’avec la langue : chut ! Va ! Hélas ! Aïe ! Crotte !… L’onomatopée (du grec onomatopoiia = ‘ création de mots ‘) quant à elle est extensible à l’infini puisqu’elle part de l’imitation, et on peut tout imiter, donc inventer n’importe quelle onomatopée à tout moment, le principe n’est pas lié à des règles précises de construction à part la ressemblance avec un bruit existant : Ouah ! Miaou ! Splash ! Crac ! Boum ! Hue ! Ding ! Dong ! Bang ! Plouf ! Bling ! Flop ! Hop ! Blabla ! Pouah ! Sniff ! Couac ! Tic-tac ! Vroum ! Badaboum ! Hum ! Bof ! Glouglou ! Coucou !… L’onomatopée est une forme d’interjection, tandis que toutes les interjections ne sont pas des onomatopées.

Différence entre cacosmie et cacostomie

Les deux noms féminins ’ cacosmie ‘ et ‘ cacostomie ‘ viennent du grec kakos = ‘ mauvais ‘, voilà donc un point commun ! Mais s’il existe deux mots, on peut supposer à juste titre qu’ils n’ont pas tout à fait les mêmes significations.

La cacosmie (du grec kakos = ‘ mauvais ‘, et osmê = ‘ odeur ‘)  est une modification du sens olfactif (odorat) qui conduit les personnes atteintes de cette pathologie à sentir certaines odeurs fétides, des mauvaises odeurs, voire à les aimer, à les apprécier. L’origine en est soit physiologique (rhume, sinusite…) soit psychologique (hystérie, psychotisme…).

La cacostomie (du grec kakos = ‘ mauvais ‘ et stoma = ‘ bouche ‘) est une mauvaise odeur de la bouche, une mauvaise haleine. On la nomme également ‘ halitose ‘ (terme médical). Vous saurez ainsi quoi dire, et de manière élégante, à votre charmant collègue la prochaine fois qu’il vous parlera d’un peu trop près… Langue ce sera plus diplomate que de lui dire qu’il p… de la g… ! Origine : des troubles fonctionnels de la bouche ou du système digestif, mais parfois pour des raisons hygiéniques… pensez à vous laver les dents régulièrement !

Différence entre éthologie et ethnologie

L’éthologie et l’ethnologie sont des sciences souvent confondues. Voici les différences :

L’éthologie vient du grec êthos = ‘ mœurs ‘ et de logos = ‘ science ‘. Littéralement, c’est donc la science des mœurs. Plus précisément, il s’agit de l’étude du comportement des animaux dans leur milieu naturel, leur environnement. Par exemple, l’américaine Dian Fossey (1932-1985), bien connue pour avoir étudié les gorilles au Rwanda et l’ayant payé de sa vie (assassinée), fut une éthologue désormais reconnue et célèbre dans le monde entier.

L’ethnologie (sans accent sur le E) vient du grec ethnos = ‘ peuple, famille, tribu ‘ et logos = ‘ science ‘. Cette science est l’étude des sociétés humaines (contrairement à l’éthologie qui étudie les animaux), langues, coutumes, religions, histoire, économie etc. C’est une des branches de l’anthropologie, qui comprend 4 sous-disciplines : l’anthropologie physique ou anthropobiologie (étude des humains du point de vue physico-biologique), l’ethnologie, l’archéologie (analyse des vestiges matériels du passé) et l’ethnolinguistique (étude du langage chez les peuples sans écriture). Claude Lévi-Strauss (1908-2009) est un ethnologue et anthropologue connu notamment de par son œuvre Tristes tropiques (1955) traitant essentiellement des Indiens du Brésil (tribus indiennes d’Amazonie).

Un pamphlet

Le nom masculin ‘ pamphlet ‘ vient de l’anglais pamphlet, lui-même issu du latin médiéval pamfletus, de Pamphiletus qui est le diminutif de Pamphilus (titre d’une comédie populaire écrite sous forme de poème du XIIe siècle puis d’un écrit satirique du XVIe siècle). Le mot latin est lui-même emprunté au grec ancien pamphilos qui signifie ‘ aimé de tous ‘. Le pamphlet est un genre littéraire de nature relativement calomnieuse, qui va à l’encontre de quelqu’un, qui critique de manière virulente (les diatribes – violentes critiques – sont d’ailleurs souvent écrites sous forme de pamphlets), qui provoque des polémiques et attaque ouvertement. Les pamphlets sont brefs et ne dépassent en général pas les 100 pages. Ils font même plus souvent une ou deux pages. Exemple : Napoléon le petit ‘ de Victor Hugo (1852) est un pamphlet politique. Expulsé de France après s’être violemment opposé au coup d’État du 2 décembre 1851 et réfugié de ce fait à Bruxelles, il y critique ouvertement Louis-Napoléon Bonaparte (Napoléon III) quelques mois après cette expulsion.

Une diatribe

Le nom féminin ‘ diatribe ‘ vient du latin diatriba , lui-même emprunté au grec diatribê qui signifie ‘ exercice d’école ‘. Il désigne ‘ un texte ou discours qui attaque de façon virulente une personne ou une institution ‘. C’est une critique amère, négative, voire même injurieuse, écrite généralement sous forme d’un pamphlet ou d’une satire. Une diatribe est une accusation, un réquisitoire voire une délation. Émile Zola en constitue un excellent exemple avec son célèbre article ‘ J’accuse ‘ écrit dans le journal l’Aurore le 13 janvier 1898 à propos de l’affaire Dreyfus, sous forme d’une lettre ouverte au Président de la République de l’époque, Félix Faure.

Qu’est-ce qu’une anaphore ?

Le nom féminin ’ anaphore ‘ est un terme de rhétorique (‘ art de persuader par le discours ‘). Il vient du grec anaphora qui signifie ‘ reprise ‘. Il désigne, en linguistique, les procédés de répétition, et en matière stylistique, désigne le fait de répéter les mêmes mots ou groupes de mots (syntagmes) au début de chaque phrase d’un texte (ou partie de texte) dans le but de renforcer le message, de provoquer une certaine symétrie, de rythmer la phrase voire de provoquer un effet musical. C’est ce que l’on appelle une ‘ figure de style ‘. Corneille en use par exemple dans certains passages du Cid et de Horace. Du Bellay l’utilise également dans son célèbre sonnet ‘ Heureux qui comme Ulysse ‘. L’anaphore est également présente dans certains discours, afin de leur donner plus de portée et insister sur certains points particuliers (par exemple : Moi Président…).

Différence entre calendrier et almanach

Un almanach est un calendrier mais tout calendrier n’est pas un almanach !

Un calendrier (du latin calendarium = ‘ livre d’échéances ‘, de calendae = ‘ calendes ‘), outre un programme échelonné dans le temps (exemple : calendrier des réunions) est généralement un tableau où sont notés les jours, les semaines, les mois et faisant éventuellement mention des fêtes de l’année et des cycles lunaires.

Un almanach (du latin médiéval almanachus, de l’arabe al-manakh lui-même issu du grec salmeskhoiniaska = ‘ livre des naissances ‘) est un calendrier un peu particulier. Il est en général illustré et comporte tout un tas d’indications diverses sur la météo, l’astronomie, l’astrologie, les plantations saisonnières, voire la cuisine, la médecine ou encore d’autres thèmes.

Que signifie nycthémère ?

Qu’est-ce qu’un ‘ nycthémère ‘ ? C’est pourtant quelque chose que nous connaissons tous, mais rarement nommé, enfin pas tous les jours ! Il s’agit de la durée des 24 heures du cycle biologique, et qui correspond à un jour et une nuit. C’est une unité physiologique de temps (nom masculin). L’adjectif associé est ‘ nycthéméral(e) ‘, par exemple : ’ cycle nycthéméral ‘. Un mot bien compliqué dont l’étymologie est pourtant simple et nous renseigne parfaitement : il vient du grec nux, nuktos = nuit et hêmera = jour.

Origine du mot protagoniste

Le mot ‘ protagoniste ‘ vient du grec prôtagônistês, à savoir l’acteur qui a le premier rôle dans une pièce de théâtre, de prôtos = ‘ premier ‘, et agônizesthari = ‘ combattre ‘. Son étymologie est  en partie commune avec celle du mot ’ agonie ‘ (du grec agônia = lutte) de par la notion de combat, même si au final les deux mots ont des sens actuels complètement différents et a priori sans rapport, à part leurs origines communes. De ce fait et par extension, les protagonistes sont les acteurs principaux d’un événement, d’une affaire, donc pas seulement au niveau théâtral !

Origine du mot scandale

Le nom masculin ‘ scandale ‘ vient du latin ecclésiastique scandalum, qui signifie ‘ piège, obstacle ‘.  Le sens figuré plus communément utilisé signifie ‘ occasion de péché pour soi-même ou pour les autres ‘ et vient quant à lui du grec ecclésiastique (lui aussi… origine religieuse compréhensible puisqu’il s’agit de ‘ péché ‘ dans les deux cas) skandalon, de même signification que l’hébreu mikchôl = ‘ obstacle, ce qui fait trébucher ‘. De manière générale, au-delà de la signification basée à l’origine sur le péché, le mot scandale désigne tout ce qui est lié à une action jugée mauvaise qui retentit publiquement, quelles que soient les responsabilités réelles ou supposées des acteurs de ce scandale. Notions d’éclat, d’indignation.

Mots désignant les peurs

Il existe de nombreuses peurs possibles, et chacune porte un nom bien particulier, en voici quelques-uns :

Aéroacrophobie = peur de prendre l’avion, des espaces ouverts placés en hauteur. Du grec aêr = air, phobos = peur.

Agoraphobie = peur des lieux publics (du grec agora = forum, marché).

Ailurophobie = peur des chats.

Androphobie = peur des hommes (au sens masculin).

Apiphobie = peur des abeilles et autres insectes qui piquent.

Apopathodiaphulatophobie = peur d’être constipé.

Aquaphobie = peur de l’eau.

Arachnophobie = peur des araignées.

Astraphobie = peur du tonnerre.

Autophobie = peu de soi-même.

Bélénophobie = peur des aiguilles.

Carpophobie = peur des fruits.

Chiroptophobie = peur des chauves-souris.

Claustrophobie = peur des espaces fermés, confinés (genre ascenseurs, tunnels, grottes etc.).

Coulrophobie = peur des clowns.

Cuniculophobie = peur des lapins.

Cynophobie = peur des chiens.

Dysmorphophobie = peur d’être laid.

Entomophobie = peur des insectes (qu’ils piquent ou pas).

Géphyrophobie = peur des ponts.

Glossophobie = peur de parler en public.

Gynéphobie = peur des femmes.

Hématophobie = peur du sang.

Herpetophobie = peur des reptiles et amphibiens.

Hexakosioihexekontahexaphobie = peur du nombre 666, particulièrement lié au diable, au mal.

Ichthyophobie = peur des poissons.

Musophobie = peur des souris et des rats.

Mycophobie = peur des champignons.

Mysophobie = peur de la saleté.

Nécrophobie = peur des cadavres.

Nosophobie = peur des maladies.

Ochlophobie = peur de la foule (souvent confondu avec l’agoraphobie).

Ophidiophobie ou ophiophobie = peur des serpents.

Ornitophobie = peur des oiseaux.

Paraskevidékatriaphobie = peur du vendredi 13.

Phasmophobie = peur des fantômes.

Phobophobie = peur de la peur (eh oui !).

Plangonophobie = peur des poupées.

Pyrophobie = peur du feu.

Sidérodromophobie = peur de voyager en train.

Squalophobie = peur des requins.

Taphophobie = peur d’être enterré vivant, peur des tombes.

Tératophobie = peur des monstres.

Tétraphobie = peur du chiffre 4.

Thalassophobie = peur de la mer.

Thanatophobie = peur de la mort (ne pas confondre avec la nécrophobie).

Triskaïdekaphobie = peur du nombre 13.

Xénophobie = peur des étrangers.

Zoophobie = peur des animaux de manière générale.

 

Qu’est-ce qu’un marasme ?

Le nom masculin ’ marasme ‘ possède plusieurs significations. Il vient du grec marasmos qui signifie ‘ dépérissement ‘ et selon cette étymologie, fait effectivement référence à de gros soucis économiques et commerciaux dans un pays. ‘ Être en plein marasme ‘. Le marasme désigne également l’affaiblissement de forces morales, d’un point de vue plus individuel. En médecine, le terme désigne une dénutrition chez l’enfant. Mais le marasme est aussi un champignon à pied coriace plus connu sous le nom de faux mousseron.

Qu’est-ce qu’une didascalie ?

Le nom féminin ‘ didascalie ‘ vient du grec didaskalia qui signifie ‘ enseignement ‘ (voir le rapport avec le nom masculin ‘ didactique ‘, du grec didaskein = enseigner). Il est utilisé essentiellement, à notre époque, pour désigner les instructions de jeu et de mise en scène données par l’auteur d’une pièce de théâtre et nécessaires aux comédiens (maquillage, habillement, humeur, comportements particuliers selon les scènes, les répliques…). Ce mot est très ancien et s’appliquait autrefois aux pièces de théâtre de la Grèce antique.

Un palimpseste

Qu’est-ce qu’un palimpseste ? Ce nom masculin vient du latin palimpsestus, lui-même issu du grec palimpsestos, de psan = gratter et de palin = nouveau. ‘ Gratter nouveau ‘ ? Effectivement, l’étymologie est très claire, puisqu’un palimpseste est un manuscrit écrit sur un parchemin dont on a gratté, retiré la première écriture.

Décadent ou décadant ? Et décade ?

Décadent ou décadant ? Le bonne réponse est ‘ décadent ‘ et ‘ décadente ‘ pour le féminin. Cet adjectif désigne le fait d’être en décadence,  à savoir en déclin, au commencement de la ruine. Le mot ‘ décadence ‘ vient du latin decadentia, de cadere qui signifie ‘ tomber ‘. Ne pas confondre avec le nom ‘ décade ‘ (groupe de dix), qui a quant à lui une origine grecque, de dekas, dekados = groupe de 10 (donc même signification). Le mot décade désignera notamment une période de 10 jours tandis que le mot décennie désignera plutôt une période de 10 ans.

Différence entre néphrite et névrite

Les deux paronymes néphrite et névrite ne doivent pas être confondus.

Le nom ‘ néphrite  ‘ vient du grec nephritis (nosos) qui signifie ‘ maladie des reins ‘, avec le préfixe néphr-  qui vient du grec nephros et signifie ‘ rein ‘. La néphrite est une inflammation du rein. Les ‘ coliques néphrétiques ‘ touchent d’ailleurs aussi les reins. Nota : les mots qui commencent par le préfixe néphr- ne prennent pas de trait d’union, ils s’écrivent tous en un seul mot (néphrocèle, néphrologie, néphropexie…).

Le nom ‘ névrite ‘ vient du grec neuron qui signifie ‘ nerf ‘, formé à partir du préfixe névr- (même étymologie). La névrite est, comme son étymologie le laisse deviner, une lésion inflammatoire des nerfs.

Unité de masse : le kilogramme, ses multiples et sous-multiples

L’unité de masse en France est le kilogramme (kg), qui vaut 1 000 grammes (du grec khilioi = mille).

Les principaux multiples et sous-mutiples : tonne (t) = 1 000 kg – quintal (q) = 100 kg – kilogramme (kg) – hectogramme (hg) = 100 g – décagramme (dag) = 10 g – gramme (g) – décigramme (dg) = 1 dixième de gramme – centigramme (cg) = 1 centième de gramme – milligramme (mg) = 1 millème de gramme – microgramme (μg) = 1 millionième de gramme.

Syphon ou siphon ?

Le mot ‘ siphon ‘ prend un ‘ i ‘ et non un ‘ y ‘. Il est pourtant courant de le voir écrit ‘ syphon ‘. Son origine est latine, de sipho, mot lui-même issu du grec siphôn.

Etymologie du mot monopole

Le mot ‘ monopole ‘ vient du latin monopolium, lui-même issu du grec monopôlion = droit de vendre seul, de monos = seul et pôlein = vendre. À l’origine, le monopole désignait la faculté attribuée à un marchand par le ‘ Prince ‘ d’avoir le droit d’être le seul à vendre certaines marchandises, au préjudice de tous les autres marchands (Acad. 1 – 1694). Le principe de monopole en tant que trafic exclusif existe toujours à l’heure actuelle, dans beaucoup de domaines marchands. Les monopoles sont établis selon des conditions financières bien précises et portent souvent préjudice à la liberté du commerce. L’État exerce notamment, en vertu des privilèges liés à sa condition même d’État, le monopole de la vente de beaucoup de produits.

Que signifie le mot nyctalope ?

Le nom ‘ nyctalope ‘ vient du grec nuktalôps = qui voit la nuit. Cette faculté de voir dans l’obscurité, la pénombre, peut être observée chez certains humains mais surtout des animaux comme les félins (le chat est connu pour voir la nuit) et les animaux nocturnes en général. Leur œil est pourvu d’adaptations spécifiques, avec notamment plus de bâtonnets. La contrepartie est que la vision diurne (de jour) est nettement moins bonne.

Qu’est-ce qu’une mélopée ?

Le mot ‘ mélopée ‘ vient du bas latin melopoeia, issu du grec melos = mélodie et poieîn = faire.  Il désigne une mélodie lancinante, monotone. Dans l’Antiquité grecque, il s’agissait d’un chant rythmé qui accompagnait la déclamation (pièce d’éloquence – par exemple ‘ les déclamations de Sénèque ‘).

Qu’est-ce qu’une clepsydre ?

Une clepsydre est une horloge antique d’origine égyptienne destinée à mesurer le temps par écoulement d’eau dans un récipient gradué. Le mot vient du latin clepsydra, du grec klepsudra = ‘ qui vole l’eau ‘ (kleptein = voler et hudôr = eau).

Origine du mot kaléidoscope

Le mot kaléidoscope désigne un appareil constitué d’un tube opaque et de plusieurs miroirs placés de manière à faire apparaître des dessins symétriques. Il fut inventé par un physicien anglais du nom de Sir David Brewster en 1818. Le mot vient du grec kalos = beau,  eîdos = aspect et skopeîn = regarder.

Etymologie du mot séisme

Le nom masculin ‘ séisme ‘ est apparu à la fin du XIXe siècle, donc relativement récent. Il vient du grec seismos qui signifie ‘ tremblement de terre ‘, ‘ ébranlement ‘. Autrefois, on parlait simplement de tremblement de terre.

Etymologie du mot pétrole

Le mot pétrole (XIIIe siècle) vient du latin médiéval petroleum, de petra = pierre, et oleum = huile, ce qui signifie littéralement ‘ huile de pierre ‘, lui-même issu du grec ancien pétrélaion, de même composition basique que le mot latin : pétra = pierre, et élaion = ‘ huile d’olive ‘. Les mots dérivés n’apparurent cependant qu’à la fin du XIXe siècle avec le début de l’exploitation pétrolière.

Différence entre gêne et gène

Les mots gêne et gène existent, mais leurs significations sont différentes.

1 – Le mot ‘ gêne ‘ tout comme ses dérivés ‘ gêneur ‘, ‘ gêner ‘, ‘ gênant ‘… fait référence à la notion de malaise, d’impression désagréable. Se sentir gêné. Le mot existe depuis le début du XVIe siècle de l’ancien français gehine ( = torture – XIIIe siècle) lui-même dérivé de gehir (XIIe siècle) qui signifiait ‘ faire avouer la torture ‘, mot d’origine germanique, de l’ancien allemand jëhan (ancien haut allemand jehän = avouer). Au XVIIe siècle, le mot gêne signifiait ‘ tourment ‘. Embarasse

2 – Le mot ‘ gène ‘ désigne le segment d’ADN transmis de manière héréditaire, et qui participe à la synthèse d’une protéine correspondant à un caractère précis. Le mot vient du grec genos, qui signifie ‘ génération ‘ (Johannsen 1911). emoticone

Un dilemme ou un dilemne ?

Voici un barbarisme très courant : beaucoup de gens disent un dilemne, alors que le vrai mot est un dilemme. Le mot dilemme (XVIe siècle) vient du latin dilêmma emprunté au grec dis = deux fois, et lêmma = argument.

Aréopage ou aéropage ?

Le vrai mot n’est pas aéropage, mais aréopage. On trouve ce barbarisme assez couramment. Le mot aréopage vient du latin areopagus emprunté au grec ‘ Areios Pagos ‘ à savoir la colline d’Arès sur laquelle siégeait l’Aréopage (assemblée de personnes très compétentes dans leur domaine).

Pantomime ou pantomine ?

Il est courant de dire pantomine, alors que le vrai mot est pantomime ! C’est un barbarisme. Le mot pantomime vient du grec pantomimos = qui imite tout (de pan/pantos = tout, et mimos = mime).  Le mot pantomime est apparu au milieu du XVIe siècle, signifiant : ‘ acteur de mime ‘. Il désigne maintenant, dans le sens figuré, un comportement ridicule. Exemple : ’ Arrête donc cette pantomime, tu es ridicule ! ‘

Etymologie de agriculture – agraire – agricole

Le mot agraire est apparu au XIVe siècle, issu du latin agrarius, de ager qui signifie champ. Lois agraires. Agricole est apparu également au XIVe siècle, du latin agricola qui signifie laboureur. Agriculture est apparu plus tard, au XVe siècle, du latin agricultura.

Il est important de noter cependant que le préfixe agro- vient du grec agros = champ. Culture (XIVe siècle) vient du latin cultura, de colere qui signifie cultiver. De là tous les noms désignant des cultures particulières : horticulture (fleurs, plantes), sylviculture (forêts), aquaculture (production animale ou végétale en milieu aquatique), pisciculture (poissons), conchyliculture (coquillages), ostréiculture (huîtres), mytiliculture (moules), riziculture (riz) etc.

Polyvalent ou polyvalant ?

Combien de fois voit-on la faute ! Nombreux sont ceux qui hésitent entre ‘ polyvalent ‘ et ‘ polyvalant ‘.
Il n’y a qu’une solution : POLYVALENT avec un E. Le mot vient de polyvalence, qui désigne ce qui possède plusieurs compétences, plusieurs spécialités. Exemple : un emploi polyvalent.  ‘ Poly- ‘ vient du grec polus, qui signifie ‘ nombreux ‘ et ‘ -valent ‘ vient du latin valens, valentis, qui est le participe présent de valere, signifiant ‘ valoir ‘.

Etymologie du mot programme

Le mot programme est apparu à la fin du XVIIe siècle et vient du grec programma, qui signifie affiche, de pro = devant, et de la racine de grapheîn qui signifie écrire, gramma = lettre.

Sainte Véronique

Sainte Véronique est la femme qui a essuyé le visage du Christ quand il monta au calvaire au Golgotha. Sa fête est le 4 février. Elle est donc très liée au célèbre Saint Suaire (conservé maintenant à Saint-Pierre de Rome) : le voile utilisé a gardé l’empreinte du visage du Christ. Ce prénom est un dérivé de Bérénice. En grec ‘ pherenik ‘ veut dire ‘ porteuse de victoire ‘, et vera icona signifie l’icône véritable. Mais l’étymologie provient aussi du latin véra (= vraie) et icône (= image). Sainte Véronique est patronne des lingères et des photographes, mais elle est également invoquée par les femmes pour avoir un bon cycle menstruel. La légende dit qu’après être allée à Rome et montré le Saint Suaire à l’empereur romain Tibère-César, elle fut comblée d’honneurs car la vision du linge guérit l’empereur d’une grave maladie, la lèpre. Puis elle demanda à retourner à Jérusalem où elle mourut de faim, enfermée dans un cachot. Une autre tradition veut qu’elle soit allée plutôt en Gaule en l’an 47, précisément à Soulac, et son mari Amateur (ou Amadour ou Zachée), lui, se serait retiré à Rocamadour (Roc-Amadour, de son prénom) dans un ermitage.

Etymologie du mot ozone

Le mot ozone est récent, apparu en 1840, créé par le chimiste et physicien allemand Christian Friedrich Schönbein grâce à une expérience (oxydation ménagée du phosphore et électrolyse de l’eau) dont l’odeur particulière lui inspira le mot ‘ ozone ‘, venant du grec ozein, qui signifie exhaler une odeur.

Etymologie du mot hiérarchie

Le mot hiérarchie, substantif féminin, trouve son origine au XIVe siècle. Il vient du latin ecclésiastique hierarchia, emprunté au grec hieros qui signifie sacré, et arkhie qui signifie commandement.

Mot français d’origine arabe, grecque et espagnole : guitare

Le mot guitare (XIVe siècle) vient de l’espagnol guitarra, mais issu de deux mots : guit (du sanskrit sangeeta = musique) et de târ (mot perse qui signifie corde). Il est aussi issu du latin cithara et du grec kithara. Le mot guitare a remplacé celui de l’ancien français : guiterne.

Pléonasme : avoir le monopole exclusif

Un monopole désigne par définition la situation d’un marché où il n’y a qu’un seul vendeur de biens ou de services. C’est aussi la possession exclusive de quelque chose. Le mot est donc suffisamment parlant pour se suffire à lui-même, et parler de ‘ monopole exclusif  ‘ est un pléonasme.  Le mot monopole est apparu au XIVe siècle, il vient du latin monopolium, issu du grec monopôlion (droit de vendre seul), de monos = seul et pôlein = vendre. Sourire

Etymologie de misanthrope

Le mot misanthrope apparut en 1552 (Rabelais), il vient du grec misanthrôpos, de misein = haïr et anthrôpos = homme. Un misanthrope n’aime pas les autres, il éprouve de la haine pour le genre humain, il est sauvage, bourru. Dans la pièce ‘ Le Misanthrope de Molière ’ par exemple, Alceste (amant de Célimène) en est le type même. Alceste hait profondément l’humanité, y dénonçant ouvertement l’hypocrisie et la compromission, tout comme la couardise, l’ingratitude. Ce personnage constitue un moyen détourné pour Molière de critiquer en réalité les mœurs de la cour et l’hypocrisie qui y règne. Le mot misanthrope s’oppose à philanthrope (cf. article sur philanthrope). La misanthropie constitue le dernier degré de mécontentement que l’on puisse ressentir envers le genre humain, seul contre tous.

Etymologie de philanthrope

L’origine la plus lointaine du mot philanthrope remonte au XIVe siècle, et rare jusqu’au XVIe siècle (Fénelon dans ‘ Dialogues des morts ‘). Il vient du grec philanthrôpos, de philo = ami, et anthrôpos = homme (grec ancien : philanthropia). Un philanthrope est donc ami des hommes, il aime l’humanité, il aime les autres, bienveillant. La philanthropie est une doctrine d’origine morale (à connotation religieuse) quant à elle, datant d’une époque où l’État ne se préoccupait guère du sort des gens démunis. Elle correspond au principe de la Pyramide de Maslow, où il faut satisfaire aux besoins des rangs inférieurs pour pouvoir ensuite satisfaire les autres rangs, selon un ordre établi. Elle s’oppose à la misanthropie (cf. article sur la misanthropie).

Voici à titre d’information en quoi consiste la Pyramide de Maslow appelée aussi pyramide des besoins : 1 - Besoins physiologiques (manger, boire, dormir, respirer…) 2 - Besoins de sécurité (corps, emploi, santé, logis…) 3 - Besoins d’appartenance et besoin affectif (amour, amitié, famille, intimité…) 4 – Estime (confiance, respect des autres, estime personnelle) 5 – Accomplissement personnel (morale, créativité, résolution des problèmes…).

Etymologie de cube

Le mot cube vient du latin cubus, emprunté au grec kubos, qui signifie ‘ dé à jouer ‘ (XIVe siècle). Ce mot est utilisé également en argot scolaire pour désigner un élève qui redouble sa seconde année de classe préparatoire aux grandes écoles : cuber son année = redoubler son année. Expressions avec le mot cube : cube d’un nombre, mètre cube, jeu de cubes, volume d’un cube, élever au cube…

Etymologie de sphère

Le nom masculin sphère vient du latin sphaera lui-même venant du grec ancien sphaira qui signifie ‘ balle à jouer ‘, ‘ ballon ‘, ‘ globe ‘. L’origine la plus lointaine date du XIIIe siècle sous la forme ‘ espere ’ en ancien français, mais également connue en moyen anglais sous la forme ‘ spere ‘, puis au XVIe siècle sous la forme actuelle ‘ sphère ’ (Rabelais).

Samedi : histoire et étymologie

Samedi vient du latin populaire Sambati Diès, signifiant jour du Sabbat, de sambatum variation d’origine grecque de sabbatum. Cette version est arrivée lors des premières christianisations par le Danube et le Rhin, venant des pays balkaniques. Voici les versions en ancien français : sambedi, sambadi, semedi. Le samedi est régi par la planète Saturne. La langue anglaise a conservé le rapport à la planète : saturday = jour de Saturne. En allemand, l’origine est la même qu’en français : samstag, venant du haut allemand sambaztag. Le Sabbat, dans la religion judaïque, est le jour de repos hebdomadaire, que l’on consacre à  Dieu, en souvenir de la création. Les premiers chrétiens ont continué à observer les prescriptions de la Torah. C’est aussi pour celà que l’on parle de civilisation judéo-chrétienne. Beaucoup de points communs ! Les chrétiens ont ensuite déplacé ce jour de repos le dimanche mais le nom est resté pour samedi… voir article sur ‘ dimanche ‘.

Etymologie de phénomène

Le nom masculin phénomène trouve son origine au milieu du XVIe siècle et vient du grec phainomena, pluriel neutre de phainomenon, participe passé qui signifie ‘ ce qui apparaît  ‘, de phaineîn, verbe apparaître. Ce terme était utilisé en astronomie au XVIIIe siècle, pour désigner les manifestations extraordinaires de l’atmosphère.

Mot français d’origine arabe et grecque : alamanach

Almanach : ce mot apparaît au début du XIVe siècle sous la forme ‘ anemallat, puis à la fin de ce même siècle sous la forme plus évoluée ‘ almana‘. Son origine se situe dans le latin médiéval almanachus, emprunté à l’arabe al-manakh, lui-même transcrit du grec tardif salmeskhoiniaka qui, suppose-t-on, désignait le livre des naissances appelé également Livre de la Grande Ourse. Jusqu’au XVIIe siècle, ce mot a gardé la signification de ‘ prédiction ‘.

Mot français d’origine arabe et grecque : alchimie

Alchimie : l’alchimie est la fusion. Fin du XIIIe siècle : alquemie. Le mot vient du latin médiéval alchemia, emprunté à l’arabe al-kimiya, lui-même emprunté au grec khêmia, qui signifie ‘ magie noire , mot lui-même emprunté à l’égyptien kêm, qui signifie ‘ noir . Le latin médiéval connaissait aussi chimia, qui est tiré de alchemia, donnant plus tard le nom  chimie ’en 1356.

Mots d’origine arabe et grecque : alambic et élixir

Alambic : ce mot apparaît à la fin du XIIIe siècle (1265), il provient de l’espagnol alambico, et emprunté à l’arabe al’anbiq, qui était un vase à distiller. Le mot arabe est lui-même emprunté au mot grec du même sens : ambix. Rabelais, en 1546, utilise le mot alambiquer au sens figuré. Élixir : ce mot désignant un médicament, apparaît à la fin du XIIIe siècle sous la forme ‘ eslissir ‘, puis au XIVe siècle sous la forme ‘ elixir ‘. Il provient de l’arabe al iksir, qui désigne la pierre philosophale, mot emprunté au grec ksêron, qui signifie médicament.

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