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Les bulles papales ou bulles du pape

La locution bulle papale (que l’on appelle aussi bulle pontificale ou apostolique) désigne un courrier religieux écrit par le pape et scellé par un sceau auquel est attaché une boule de plomb (sceau de plomb). Pourquoi bulle ? Le terme date du XIIe siècle et vient du latin médiéval bulla = sceau. Par cet acte, le pape pose un acte juridique important, comme par exemple une nomination épiscopale (d’un évêque), une définition dogmatique (affirmation considérée comme fondamentale selon les principes de la foi), la convocation d’un concile (du latin concilium = assemblée d’évêques qui établit les doctrines, les dogmes et de discipline commune), une canonisation (reconnaissance officielle d’une personne comme sainte). Les premiers papes se contentèrent de mettre sur la bulle leur nom avec une croix et le chiffre indiquant leur rang. Le style évolua ensuite. Le pape Pascal II (1099-1118) choisit définitivement l’effigie de Saint Paul et de Saint Pierre, gravée au revers des bulles pontificales. Lorsque Jean-Paul II et Jean XXIII ont été canonisés le 30 septembre 2013, le pape François a rédigé, comme le veut la tradition, une bulle de canonisation. Le 11 avril 2015, le pape François a également rédigé une bulle d’indiction proclamant une année sainte extraordinaire, Misericordiae vultus (Le visage de la Miséricorde)L’appellation de bulle fait référence à la forme suivant laquelle le document est émis. Cependant, au-delà du côté religieux, le mot bulle a désigné à l’origine une petite sphère métallique destinée à contenir un talisman, que l’on attachait au cou des enfants romains. Ces derniers ne devaient jamais s’en séparer, ni pour le bain ni pour l’exercice physique. Il existe divers recueils des bulles papales, le plus complet étant le Bullarium magnum, imprimé à Rome de 1733 à 1748 en 14 volumes in-folio, et complété ultérieurement par un supplément de Andrea Barberi en 20 volumes, in-folio, 1835-1860. Voici quelques exemples de bulles papales, loin d’être humanistes : la bulle du pape Innocent VI, le 15 mai 1252, Ad extirpanda,qui autorise la torture des hérétiques, la bulle Dum diversas de Nicolas V, en 1452, qui autorise le roi Alphonse V du Portugal à ‘ réduire en esclavage en Afrique occidentale tout sarrasin, païen ou autre infidèle ‘, le 14 juillet 1455, Paul IV institue le ghetto hébraïque par la bulle Cum nimis absurdum, Innocent VII, en 1494, ordonne sans détours par la bulle Summis desirantes de supprimer la sorcellerie et l’hérésie dans toute la vallée du Rhin.

Différence entre spationaute, astronaute, cosmonaute et taïkonaute

Tous ces termes désignent des personnes qui voyagent dans l’espace, mais pourquoi plusieurs noms ? Ils sont associés en fait à l’origine géographique des missions spatiales : spationaute = France, astronaute = États-Unis, cosmonaute = Russie (traduction du russe космонавт kosmonavt) et enfin, taïkonaute = Chine.
Côté étymologie, voici l’origine de ces noms : spationaute est un mot hybride issu du latin spatium (espace) et du grec nautes (navigateur), astronaute est issu des mots grecs ástron (étoile) et nautes (navigateur), cosmonaute est issu des mots grecs kosmos (univers) et nautes (navigateur) et enfin, taïkonaute vient du chinois tàikōngrén composé de tàikōng (espace, cosmos) et rén (homme).

Web et Internet la différence !

Il est courant de confondre les termes de Web, à savoir World Wide Web (toile d’araignée mondiale) dont le concept fut formalisé par un article scientifique le 12 mars 1989 (CERN - Centre Européen pour la Recherche
Nucléaire – de Genève) et Internet inventé au début des années 70 aux États-Unis (militaires). L’invention du Web est attribuée au chercheur britannique Tim Berners-Lee ainsi qu’au chercheur français Robert Cailliau qui a rejoint l’aventure. Alors quelle est la différence entre Web et Internet ? Internet désigne l’interconnexion des réseaux informatiques, la possibilité de communiquer à distance d’un ordinateur à l’autre. Le Web désigne quant à lui ce qui a apporté de l’intelligence et du contenu à Internet, autrement dit, c’est un usage d’Internet permettant entre autres choses d’envoyer des messages (e-mail – protocoles SMTP, POP3…), transférer des fichiers (FTP – File Transfert Protocol), protocole technique avec ses 4 lettres HTTP (Hyper Text Transfert Protocol) suivies des 3 w (www) = http://www.(domaine).(extension fr, com, be, net, etc.). Pour la petite histoire, Tim Berners-Lee n’obtint pas le succès espéré au début, son invention n’attirant quasiment personne au départ, mais quand l’intérêt fut démontré pour l’ensemble de l’humanité, il fut anobli par la Reine d’Angleterre bien plus tard, en juin 2004, afin de le remercier. Il devint donc Sir Timothy John Berners-Lee et préside le W3C (Word Wide Web Consortium qu’il a fondé) depuis 1994. Pour résumer, Internet est un réseau et le Web est une de ses applications. L’ancêtre d’Internet s’appelait Arpanet (acronyme anglais de Advanced Research Projects Agency Network et souvent typographié ARPAnet), réseau de transfert développé aux États-Unis par la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency = Agence pour les projets de recherche avancée de défense), agence spécialisée dans le développement de nouvelles technologies destinées à un usage militaire. Le nom Arpanet fut remplacé officiellement par le nom Internet le 1er janvier 1983. Il fallut attendre 1993 pour voir apparaître le premier navigateur Web (browser) NCSA Mosaic puis encore quelques années (fin des années 90) pour qu’Internet devienne accessible auprès du grand public, et encore… à raison de quelques heures par mois seulement, pour un coût très élevé, je m’en souviens !

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Lune gibbeuse

L’adjectif gibbeux / gibbeuse vient du bas latin gibbosus = bossu, de gibbus = bosse (XVe siècle). Il est utilisé pour désigner l’aspect d’un astre, généralement la Lune, notre satellite naturel, dont la surface éclairée visible occupe plus de la moitié du disque, ce qui lui confère une forme de bosse. En astronomie, il s’agit précisément des périodes situées entre le premier quartier et la pleine lune et entre la pleine lune et le dernier quartier. Concrètement, on parle de lune gibbeuse quand elle est presque pleine en phase ascendante comme en phase descendante. Après la pleine lune, nous avons la lune gibbeuse décroissante. Après le premier quartier, nous avons la lune gibbeuse croissante.

 

 

Différence entre verre et cristal

Le verre est constitué d’une combinaison de calcium, de silice (sable) et de sodium. Le cristal industriel (ne pas confondre avec le cristal de roche, le quartz naturel) contient en plus environ 24 % d’oxyde de plomb qui le rend de ce fait plus lourd que le verre. L’indice de réfraction et la transparence du cristal sont supérieurs à ceux du verre, ce qui, lorsqu’il est taillé, lui permet de diffuser la lumière plus facilement dans toutes les directions, ses formes agissant comme un prisme. Son indice de réfraction est encore plus élevé lorsque le cristal contient de l’oxyde de baryum. Voici un moyen très simple pour différencier deux verres à boire, l’un en cristal et l’autre en verre : lorsqu’on le tapote, le cristal émet un tintement (carillon) et si vous humectez vos doigts et les glissez le long du bord du verre, un son musical vous enchantera (ou pas selon les goûts…) les oreilles.

Radis noir monnaie

Le radis noir (Raphanus Sativus) du latin radix = racine, est très apprécié pour ses vertus hépatiques, pour son action sur les affections cutanées et sur les troubles gastro-intestinaux, pour son rôle de prévention des troubles cardio-vasculaires. Il est utilisé depuis des millénaires, notamment en phytothérapie mais pas seulement ! Les Égyptiens de l’Antiquité s’en servaient comme monnaie. En effet, les hommes qui construisaient les pyramides étaient payés en radis noirs, oignons et gousses d’ail. Son huile était utilisée par les Romains pour guérir les affections de la peau. Les Chinois quant à eux, l’utilisent depuis longtemps pour aider la digestion et les Grecs l’entouraient d’or comme offrandes à Apollon. Charlemagne recommanda la culture du radis mais à part quelques traces au Moyen Âge, sa culture fut quasiment abandonnée et ne réapparût qu’au XVIe siècle en France. Pour en revenir à la notion d’argent, vous connaissez l’expression ‘ ça ne vaut pas un radis ‘ pour dire ‘ ça ne vaut rien ‘ ? Voilà, vous avez la réponse. L’expression fut attestée en 1842. Le nom de radis, dans le langage populaire, désigne une petite pièce de monnaie (1867 Delvau – Dict. Étym.), en raison de sa forme arrondie et du fait de sa petite taille, traînant facilement au fond des poches en compagnie d’autres petits légumes sans grande valeur. Exemple d’utilisation de l’expression : ‘ Tenez, mon pauvre garçon, reprenez votre chiffon de papier qui ne vaut pas un radis ! ‘ (Eugène CHAVETTE  - Les filles de l’épicier – 1881). Notons que cette expression est liée au radis rose, et non au noir. Vers 1900, on disait ‘ ça ne vaut pas un radis rose ! ‘.

 

Omelette, mais pourquoi omelette ?

Vous êtes-vous déjà demandé (quelle drôle d’idée !), en cassant des œufs dans un saladier ou autre récipient pour préparer une omelette, l’esprit flânant au gré des questions métaphysiques et autres qui pourraient l’occuper en plus des mains, pourquoi une omelette s’appelle une omelette ? Si oui, voici la réponse, et si ce n’est pas le cas, vous l’aurez quand même en lisant la suite de cet article. Eh bien l’origine de ce nom féminin est due à la fine épaisseur de l’omelette, comparée à celle d’une lame. En effet, omelette vient de l’ancien français amelette/alemette (altération d’alemelle = assiette ou préparation fine), variante de alumette au XIVe siècle, de alumelle, de l’ancien français lemelle (devenu ‘ lamelle ‘), le tout issu du latin lamella de lamina qui désigne une lame ou une petite feuille de métal très fine.

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Origine du verbe glander

Glander (on dit aussi glandouiller), en langage très familier, argotique, signifie ne pas faire grand-chose, paresser, perdre son temps. Vous vous en douterez, ce verbe vient de gland (oui, les glands des chênes) ?  Dès le Moyen Âge, il était de coutume de faire glander les cochons, on dit qu’ils allaient à la glandée. En réalité, que faisaient ces troupeaux ? Ils mangeaient les glands tout simplement. Mais ils n’étaient pas seuls, le porcher chargé de les accompagner était appelé le glandeur. Il s’agissait d’une tâche assez facile, puisqu’il fallait juste surveiller les cochons. Le terme populaire glander pourrait venir de là. Il existe d’autres explications, notamment par rapport au XVIe siècle où les seigneurs autorisaient les paysans les plus pauvres à ramasser des glands. L’occupation était jugée peu rentable, beaucoup de temps pour pas grand-chose.

Eau de Javel origine

L’eau de Javel (anciennement eau de Javelle – Cf. L’Assommoir de Zola), généralement tout le monde sait ce que c’est mais son origine, la connaissez-vous ? Pourquoi JAVEL ? À la fin du XVIIIe siècle, le chimiste français Claude-Louis Berthollet (1748-1822) l’étudia dès 1775 et en fabriqua pour la première fois en 1788 dans la manufacture de ‘ Monseigneur comte d’Artois, pour les acides et sels minéraux ‘ construite sur l’emplacement du célèbre Moulin de Javel (guinguette de tradition galante et libertine) et située dans un ancien village, désormais devenu un quartier du XVe arrondissement de Paris, appelé Javel (il existe d’ailleurs une station de métro nommée Javel à Paris). À l’origine, l’eau de Javel était utilisée pour blanchir le linge. Ce n’est qu’au cours du XIXe siècle que l’on découvrit les puissantes propriétés de ce produit. Obtenue à partir de chlore et de soude, l’eau de Javel désinfecte en tuant les microbes, mais elle ne lave pas, c’est pourquoi elle est associée généralement à un détergent comme par exemple le savon, qui lui, nettoie. Enfin, voici quelques précisions sur le nom de Javel : le lieu-dit, jusqu’au XVIIe siècle, s’appelait Javet et/ou Javetz. Sans confirmation officielle, le nom Javel pourrait venir du nom gaulois gabalos = prise par poignées, ou du latin gabella, en raison des roseaux récoltés par poignées autrefois sur cette rive de la Seine.

Le code navajo

La langue navajo (des Navajos, tribu amérindienne parmi les plus anciennes) est une langue orale très complexe. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les communications radio entre soldats américains se faisaient généralement en anglais, à cause de la lenteur de leur système de cryptage électromécanique (SIGABA) qui ralentissait la transmission des informations urgentes sur le terrain. Mais ils se sont aperçus, suite à l’attaque surprise de la base de Pearl Harbour en 1941, que beaucoup de responsables militaires japonais comprenaient cette langue (un certain nombre d’officiers avaient fait des études aux USA) et allaient jusqu’à envoyer de faux messages pour troubler l’armée américaine. Il était donc urgent de réagir. Dans ce contexte, l’ingénieur californien Philip Johnston eut l’idée de créer, pour le cryptage des messages, un code en utilisant comme base la langue navajo, que les Allemands ne parlaient pas et qui n’avait aucun lien de parenté avec les langues européennes ou asiatiques. Cette langue étant orale, il a fallu créer un lexique spécifique qui comportait 274 mots, et le code fut ainsi inventé. Les Allemands n’arrivèrent jamais à le briser. Plus tard, en 2002, John Woo s’inspira de ce fait historique dans le film Windtalkers (ce qui signifie en français : les messagers du vent).

 

Chat haret

Un chat haret est un chat domestiqué qui est redevenu sauvage, mais ne doit pas être confondu avec un vrai chat sauvage (Felis silvestris), qui lui, n’a jamais été domestiqué et comporte plusieurs sous-espèces. La différence entre chat haret et chat domestique (Felis silvestris catus) se situe d’un point de vue éthologique, comportemental, le chat haret est un chat domestique qui se comporte comme un chat sauvage suite par exemple à un abandon, d’où un phénomène de marronnage (retour d’animaux domestiques à l’état sauvage). Le chat haret n’est pas une espèce en soi. L’adjectif masculin haret vient de l’ancien français harer, qui signifiait, chasser, exciter les chiens après une proie. Le chat haret vit des proies qu’il chasse, d’où cette dénomination. Le chat haret est également appelé chat féral. L’adjectif féral vient du latin fera = bête sauvage. En France, le chat haret n’est plus chassable depuis l’arrêté du 26 juin 1987 et n’est plus considéré comme nuisible depuis l’arrêté du 30 septembre 1988. Depuis ce temps, c’est le maire qui est seul responsable de la divagation féline (articles 213 Code Rural et L 131 2.8 Code des Communes).

Coup de galerne

La galerne (ou vent de galerne) est un vent froid et humide de nord-ouest (noroît) qui souffle en rafale sur l’ouest de la France mais pas seulement : Anjou, Touraine, Berry, Deux-Sèvres, Vendée, Pays basque (où il est nommé enbata), Quercy, Brie, Morvan et Bretagne (où il est nommé gwalarn) ainsi que sur la mer Cantabrique et ses côtes (sud du Golfe de Gascogne), essentiellement au printemps et en automne. Le ‘ coup de galerne ‘ est caractérisé par un changement brutal de la direction du vent avec une descente rapide des températures jusqu’à 12 °C en 20 min ainsi que de très forts vents pouvant atteindre les 100 km/h, associés à une rapide descente de la pression atmosphérique et de fortes pluies courtes et une brume épaisse et soudaine. Le contraste thermique est très important, surtout pendant la période estivale. Le mot galerne a plusieurs origines : du latin populaire galerna d’origine probablement celtique (dict.étym.), du gaulois galare = geler (+ suffixe latin -erna), du breton gwalern (+ suffixe celtique -ern) de l’ancien anglais Walas (Pays de Galles). En breton, ar gwalarn désigne le vent mais également la direction gwalarn-sterenn = nord-nord-ouest. Dans le pays basque (San Sebastian), on utilise le terme de galerna = coup de vent, galerne, de l’espagnol. Dans la région d’Hendaye, on le nomme enbata = vent de mer, galerne, de l’espagnol embate = vent de mer de modéré à fort. Vers Saint-Jean de Luz, on parle plutôt de brouillarta =galerne.

Différence entre les appellations AOC, AOP, IGP et STG

Les appellations liées au terroir, à la qualité et aux procédés de fabrication des produits traditionnels sont généralement notifiées sous forme de labels. Le point commun entre AOC, AOP et IGP est que ces labels concernent tous l’origine des produits. AOC = Appellation d’Origine Contrôlée. L’AOC est réservée aux produits français (les autres labels sont européens). C’est un label de qualité qui certifie l’origine des produits alimentaires d’un terroir traditionnel français, il valorise un savoir-faire et permet au producteur de se protéger contre les imitations. L’AOC est considérée comme plus protectrice du terroir que son équivalent européen AOP en raison des spécificités de son cahier des charges. Exemples de produits AOC :  volaille de Bresse, Taureau de Camargue, Miel de Corse, Piment d’Espelette, Lentille verte du Puy… AOP = Appellation d’Origine Protégée. C’est un label européen créé en 1992 qui protège une zone délimitée géographiquement et un savoir-faire respecté. Les produits français AOC doivent être logotés également AOP depuis 2009. En revanche, un produit AOP n’est pas forcément AOC, notamment s’il n’est pas français ! Exemples de produits AOP : Grana Padano, Gorgonzola, Queso Manchego… IGP = Indication Géographique Protégée. C’est aussi un label européen, il fut créé en 1992. Son but est de garantir l’origine géographique mais également ‘ la qualité, la réputation ou toute autre caractéristique pouvant être attribuée à cette origine géographique ‘. Concrètement, il permet d’empêcher que n’importe qui fabrique n’importe où un produit particulier comme par exemple les Fraises du Périgord ou autre produit de terroir reconnu. La production et/ou la transformation du produit en question doivent avoir lieu dans l’aire géographique déterminée par le label. Ce dernier point est important car si nous lisons bien, nous remarquons que toutes les phases d’élaboration ne sont pas obligatoires sur le terroir lui-même ! La viande peut venir d’un autre pays et servir à faire le produit labellisé dans le terroir déterminé par l’IGP (par exemple, on voit souvent écrit : ‘ transformé en France ‘). La traçabilité est meilleure avec le label AOC (valable uniquement en France, rappelons-le), car toutes les phases d’élaboration doivent être réalisées dans l’aire géographique et la production (et reproduction) du produit est strictement interdite hors du terroir en question ! Exemples de produits IGP : Tomme de Savoie, asperges des Landes, huîtres Marennes Oléron, mirabelles de Lorraine, melon de Guadeloupe… STG = Spécialité Traditionnelle Garantie. C’est un label européen créé également en 1992. Il concerne des produits agricoles destinés à l’alimentation humaine et des denrées alimentaires produites par n’importe quel État membre de l’Union européenne. Il ’ ne fait pas référence à une origine mais a pour objet de mettre en valeur une composition traditionnelle du produit, ou un mode de production traditionnel ’. Exemples de produits STG : mozzarella, jambon Serrano… Ces produits ne sont pas liés à un terroir particulier. C’est uniquement leur composition et leur mode de production traditionnel qui sont reconnus.

Index Schmidt des piqûres d’insectes

Il nous est tous arrivé de nous faire piquer par un insecte, et comme vous l’avez sans doute remarqué, certaines piqûres sont plus douloureuses que d’autres, selon l’insecte ! Un entomologiste américain s’est intéressé de très près à ce sujet, à savoir Justin Schmidt (né en 1947), auteur de nombreux livres sur les insectes. Dans le cadre de son étude, il a décidé de se faire piquer volontairement par 150 insectes hyménoptères (comme les guêpes, les abeilles, les fourmis etc.) qu’il a lui-même choisis. Il a ensuite classé les piqûres en fonction de la douleur ressentie, sur la base d’une échelle de 0 à 4. Le degré 1 fait référence à une douleur légère et éphémère, jusqu’au niveau 4 qui correspond à une douleur intense et fulgurante. Son répertoire créé en 1984 s’appelle Justin O. Schmidt Pain Index. Il est resté une référence en matière de piqûres d’insectes.

 

Illusion d’optique et illusion visuelle

Les illusions d’optique renvoient à l’œil une vision altérée (fausse) de la réalité. Elles provoquent des erreurs de perception tant de la forme que de la couleur, des dimensions voire du mouvement d’objets ou scènes. Un certain nombre d’informations qui arrivent à notre cerveau sont contradictoires et de ce fait, celui-ci ne parvient  pas à les interpréter correctement. Exemples : les ‘ images impossibles ‘et les vraies figures géométriques apparaissant déformées. Une constante : il s’agit chaque fois d’interprétation personnelle, deux personnes ne verront pas forcément la même chose, sans avoir tort pour autant !

Les illusions visuelles sont plutôt liées au principe de perspective, comme dans un tableau où l’on représente des arbres lointains plus petits que des arbres proches, les lignes fuyantes d’un chemin qui se rapprochent vers le haut alors que ce qui est représenté est plat et horizontal. C’est un jeu avec les dimensions (2 et même 3 d’ailleurs pour la sculpture). Les prestidigitateurs utilisent également le principe d’illusion visuelle, par exemple en nous faisant croire qu’ils ont passé un objet d’une main à l’autre alors qu’en fait, l’objet est resté dans la première main. Ils créent dans notre cerveau une illusion visuelle, par leur grande dextérité et la rapidité du geste : on croit voir une action, qui ne correspond pas avec l’action réelle effectuée. Dans tous les cas, notre cerveau est trompé !

Branle-bas de combat

En termes de marine, le branle-bas de combat désigne la préparation d’un navire de guerre avant de combattre, et au sens figuré (depuis le XIXe siècle), il désigne toute préparation, agitation désorganisée, remue-ménage qui précède une action d’envergure, un départ. Exemple : nous partons en vacances dans une heure mais la voiture n’est pas encore complètement chargée, c’est le branle-bas de combat dans la maisonnée. Le nom (invariable) branle-bas vient de l’ancien français branle = hamac + bas. En effet, les branles étaient des hamacs au XVIIe siècle, dans les navires de guerre, servant de lits aux marins. Le branle-bas était un signal émis sur le navire pour faire lever les matelots. À ce signal, ils devaient décrocher leur hamac (le mettre bas) puis laver le bateau. Le branle-bas de combat était également un signal, mais seulement émis en cas d’attaque (donc relativement souvent !). Les matelots devaient là aussi décrocher très vite leurs branles (hamacs) afin de faire de la place pour la bataille prévue. Tout ceci se faisait le plus rapidement possible, dans l’agitation générale.

Tong… son origine

La tong, tout le monde connaît ! Pas vraiment élégante (en général) mais bien pratique l’été, elle existe depuis plus de 5 000 ans ! Elle était utilisée dans l’Antiquité égyptienne sous une autre forme, à savoir une feuille de papyrus tressée retenue par une lanière de cuir, pour éviter de se brûler les pieds sur le sable du désert. Les Perses et les Indiens y mirent plus tard une semelle de bois (donc plus rigide, plus solide) avec un entre-doigts en cuir. Mais pourquoi ce nom de TONG ? Ce sont les Américains qui l’ont nommée ainsi, suite à la Guerre du Vietnam. En effet, les habitants y portaient la thong, ce qui veut dire lanière en vietnamien, ces chaussures leur servaient pour aller dans les rizières. Les tongs sont inspirées également de la zori, tong à petit talon, utilisée surtout au Japon et en Chine. La mode des tongs est devenue populaire aux États-Unis après la Deuxième Guerre mondiale. Cependant, elle est arrivée en Europe suite à son succès sur la plage de Copacabana au Brésil dans les années 1920. Dans les années 50, les tongs furent fabriquées essentiellement en plastique puis en cuir dès les années 70.

Zythologie dégustation de bières

La zythologie est l’élaboration, la fabrication et l’art de déguster la bière. C’est un mot encore peu connu en France car récent (néologisme). Il vient de zythogala – ou zythogale (1806 Dict.Étym.) – du grec zuthos (zŷthos) qui désigne une boisson d’orge et de houblon, assez semblable à la bière (zythum – 1827 ) fabriquée dans l’Antiquité égyptienne. Elle est dénommée également vin d’orge ou boisson pélusienne (de la ville de Péluse entre l’Égypte et la Palestine, où ele était surtout fabriquée). Cette discipline est appelée également biérologie, terme créé par le comédien et réalisateur belge Ronny Coutteure, auteur notamment d’un opéra intitulé ‘ Les Contes d’un buveur de bière ‘ et auteur du livre ‘ Le temps de la bière : initiation à la biérologie ‘, 1997. La zythologie se consacre à l’étude de la bière, du brassage et des brasseries aussi bien d’un point de vue historique que technique et gustatif. Le zythologue, tout comme le sommelier pour le vin, est en capacité de dire quelle bière s’accorde le mieux avec quel plat et comme l’œnologue (pour le vin également), il maîtrise les étapes des processus de fabrication de la bière.

Ballon de baudruche

Tout le monde connaît les ballons de baudruche (nom attesté en 1852 – Goncourt), ces ballons en pellicule de caoutchouc très fine et de formes diverses que l’on peut gonfler à la bouche et que l’on utilise généralement lors de fêtes et de spectacles. Mais pourquoi baudruche ? La bodruche (avec un o) désigne la membrane du gros intestin du bœuf ou du mouton (définition attestée depuis 1690 - Furetière). La bodruche (ancienne orthographe) servait au départ à faire plusieurs ouvrages délicats et essentiellement à battre l’or qu’on réduisait en feuille. Au sens figuré, le terme de baudruche désigne désormais une personne sans consistance, veule, insignifiante, tout comme la matière qui en porte le nom (attesté depuis 1902 – Huysmans).

Différence entre bourdon et faux bourdon

Le bourdon est un insecte voisin de l’abeille, au corps massif et très velu noir et jaune, dont l’abdomen est marqué de trois larges bandes. Il ne faut pas le confondre avec le faux bourdon (sans trait d’union surtout !) qui est l’abeille mâle. Le faux bourdon est plus petit que le bourdon et ne butine jamais (les femelles s’en occupent, il n’est là que pour la reproduction). C’est un moyen pour les reconnaître. Si vous voyez un bourdon butiner vos fleurs, ce n’est pas une abeille mâle mais bien un véritable bourdon. Ils peuvent piquer si on les embête, tout comme les abeilles, mais à la différence qu’ils ne meurent pas suite à la piqûre ! Ils ne sont pas élevés en ruches car ils ne produisent que très peu de miel.

Où vont les abeilles l’hiver ?

Au printemps, nous voyons tous les abeilles réapparaître après quelques mois d’absence. Mais où vont-elles pendant ces mois où il fait froid ? Concernant les abeilles domestiques, les ouvrières maintiennent une température qui leur permet de continuer, au ralenti cependant, leur activité car il faut un minimum de 12 ° C pour qu’elles sortent de l’essaim, sauf pour faire leurs besoins à l’extérieur, évitant ainsi d’amener des maladies. Pour maintenir cette température nécessaire à leur survie, elles font vibrer leurs muscles toutes ensemble, sorte de frisson prolongé qui leur permet d’obtenir une trentaine de degrés. Elles se retrouvent tour à tour à l’intérieur puis à l’extérieur de la grappe qu’elles forment, par un système de mouvement circulaire, pour préserver l’équilibre au niveau de la diffusion de la chaleur. Elles se nourrissent de miel (de même que la reine qu’elles protègent en formant une sorte de boule appelée la grappe). Ce miel nourrit également les larves. Les mâles (faux bourdons) sont inexistants, tués par les ouvrières ou morts naturellement car inutiles à cette période. Oui c’est un monde sans pitié ! Les abeilles sauvages ou solitaires hivernent quant à elles, se trouvant un abri et ralentissant leur métabolisme, comme engourdies environ 6 mois de l’année.

La biomasse des fourmis plus importante que celle des humains

Une fourmi, c’est tout petit, me direz-vous ! Oui bien sûr, car elle pèse en moyenne 15 mg (leur poids selon les espèces varie de 1 à 150 mg). La biomasse d’une espèce est le poids total de l’ensemble des individus qui la composent. 4,5 millions de fourmis sont nécessaires pour égaler le poids moyen d’un seul être humain d’environ 65 kg (moyenne) mais leur biomasse est plus importante. Calculons un peu : sur une base moyenne de 65 kg par être humain multipliée par 7 milliards d’individus, nous obtenons 455 milliards de kilos. Les fourmis se comptant par millions de milliards, la biomasse des fourmis est par conséquent nettement plus importante que celle des êtres humains. L’entomologiste (= spécialiste des insectes) suisse Laurent Keller (Université de Lausanne) avec son équipe a découvert la plus importante colonie connue à ce jour : plusieurs milliards de fourmis noires sur plus de 6 000 kilomètres le long du littoral méditerranéen. Il existe 12 500 espèces connues de fourmis et leur nombre est estimé à 25 ou 30 000 au total. En Amazonie, les scientifiques en ont dénombré 365 espèces (2009 – source relais-sciences) rien que sur 5 ha de forêt péruvienne tandis que dans toute l’Europe, seules 400 espèces sont dénombrées (ce nombre peut changer au fil du temps et des découvertes scientifiques). Petite information supplémentaire sur leurs caractéristiques : leur cerveau est doté en moyenne de 500 000 neurones (ce qui est beaucoup comparé aux humains nettement plus grands dont le cerveau n’en contient que 80 à 100 milliards – un simple petit calcul le prouve), leurs yeux sont composés de 1 300 hublots et les fourmis ont une vision panoramique de 180 degrés.

Un champignon qui dégrade le plastique

Le plastique de manière générale, même si beaucoup de sortes sont désormais recyclables, constitue cependant un gros problème écologique pour notre planète. En Amazonie, des chercheurs (étudiants américains de Yale) ont découvert en 2012 un champignon capable de le dégrader. Il s’agit du pestalotiopsis microspora. Ce champignon est capable de se développer dans un milieu sans oxygène (dit anaérobie) en utilisant précisément le plastique comme source unique de carbone. Il décompose et digère le polyuréthane en cassant ses chaînes, ce qui se traduit par la dégradation complète du plastique attaqué. Des études sont en cours pour trouver ainsi une nouvelle solution de traitement des déchets plastiques (à utiliser dans les décharges), ce qui permettrait d’éviter d’attendre des siècles pour qu’il se dégrade quand il est jeté dans la nature (mer ou terre) ou enfoui dans le sol.

Effet McGurk

L’effet McGurk, nommé ainsi d’après le nom de son découvreur Harry McGurk en 1976, est un phénomène perceptif dont le principe est de faire entendre des sons à la place d’autres (entendre un v à la place d’un b par exemple). Il montre une interférence entre l’audition et la vision quand on perçoit la parole et ceci est lié aux propriétés articulatoires des consonnes. La vision aide le cerveau à interpréter les sons. Quand on observe les mouvements des lèvres d’une personne qui parle, il est alors possible d’entendre deux sons différents alors qu’en réalité ils sont identiques. C’est donc une vision d’optique qui est à l’origine de ce phénomène perceptif. L’intérêt scientifique en est que cet effet est utilisé pour produire des programmes de reconnaissance de la parole de plus en plus précis grâce à une caméra vidéo et un logiciel de lecture sur les lèvres. Voici un exemple caractéristique de l’effet McGurk en vidéo, qu’il faut d’abord regarder en l’écoutant, puis la repasser en l’écoutant sans la regarder. L’effet est surprenant ! Faites le test : dailymotion.com/video/xi2di_l-effet-mcgurk_school

Tartempion qui est-ce ?

On nomme généralement Tartempion une personne dont on ne connaît pas le nom (synonymes : machin, truc…) ou pour laquelle on a peu d’estime. Mais savez-vous d’où vient ce nom ? Eh bien il date du XIXe siècle. En effet, il s’agit au départ d’un personnage imaginaire un peu ridicule qui apparaissait régulièrement dans les articles du Charivari, un journal satirique illustré où Gustave Fustier écrivait, entre 1840 et 1850. Tartempion devint même très à la mode à la fin du siècle et son nom est encore utilisé à notre époque ! Tellement célèbre qu’il fut même utilisé par l’un des plus grands criminels du XXe siècle comme faux nom. De qui s’agit-il donc ? De Henri Landru, qui a spolié et assassiné huit femmes veuves ou délaissées et fait disparaître leurs cadavres, brûlés dans sa chaudière. Landru, surnommé également le Barbe-Bleue de Gambais, rencontrait ses victimes par petites annonces (oui, cela existait déjà !) et utilisait de nombreux faux noms pour masquer sa véritable identité. Le plus célèbre d’entre eux fut… Monsieur Tartempion ! Henri Landru alias Tartempion fut condamné à mort le 1er décembre 1921 et guillotiné à la prison Saint-Pierre de Versailles.

Pourquoi le flamant est-il rose ?

Le flamant rose porte bien son nom, mais savez-vous pourquoi il est rose ? C’est grâce à son alimentation, constituée en majorité de crevettes roses, riches en carotène (le carotène est aussi très présent dans les… carottes !). Le pigment rose des crevettes est de ce fait transmis aux plumes du flamant. Alors quand il naît, de quelle couleur est-il, ce flamant ? Eh bien il est gris, tout simplement, parce qu’il n’a pas encore eu l’occasion de manger les crevettes qui lui donnent sa couleur.

Robinet origine du mot

Tout le monde connaît le mot robinet, nous en avons dans nos maisons. Mais en connaissez-vous l’origine ? Elle est assez surprenante !  Elle vient en fait du mouton (oui, le mouton qui fait bêêê !). Au Moyen Âge il était courant de donner des prénoms aux animaux et les ovins portaient notamment le surnom de Robin (XVe siècle – Dict. Étym.), le mouton du célèbre Roman de Renart (ensemble de récits animaliers). La référence au mouton pour nommer le robinet a été choisie parce qu’autrefois, l’extrémité des tuyaux de fontaines était généralement ornée de têtes de moutons sculptées. Au XVIIe siècle, l’expression tenir le robinet signifiait : pouvoir disposer et user d’une chose à volonté.

Claquement du fouet – bruit supersonique

Savez-vous à quoi correspond le claquement du fouet ? Il s’agit en fait du bruit provoqué par le franchissement du mur du son par l’extrémité du fouet. En l’agitant, le cocher donne de l’énergie cinétique à la lanière, qui se propage d’une extrémité à l’autre. L’énergie cinétique est alors concentrée dans l’extrémité, sa vitesse peut alors dépasser la vitesse du son (340 m/seconde). Cela crée une mini onde de choc, exactement sur le même principe que celle produite par un avion supersonique. Cette explication a été proposée par l’Allemand Otto Lummer en 1905 puis vérifiée scientifiquement à l’aide de caméras ultrarapides capables de prendre plusieurs milliers d’images à la seconde. Il a été également établi que la vitesse de l’extrémité du fouet pouvait être deux fois supérieures à celle du son.

Moule de bouchot

Les moules de bouchot, comme le nom l’indique, sont élevées sur un support en chêne (ou châtaignier) appelé bouchot. Bouchot n’est pas une ville d’où viendraient les moules, comme on dirait des moules d’Oléron ou de Saint-Malo par exemple, attention beaucoup font l’erreur, ne riez pas ! C’est un mot poitevin issu du latin médiéval buccaudum, de buccale = embouchure. Le bouchot permet d’élever des moules essentiellement mais également d’autres coquillages. Il est constitué d’un pieu de 2 à 6 mètres de long, non écorcé et enfoncé de moitié dans le sable ou les sédiments. On aligne les bouchots sur des zones qui se découvrent partiellement ou totalement à marée basse.

Concernant l’origine des moules du bouchot, un récit du XVIe siècle raconte qu’en 1235, un naufragé écossais s’échoua en baie d’Aiguillon. Les habitants de la région le recueillirent. Son activité habituelle étant la chasse aux oiseaux de mer, il tendit des filets à cet effet, entre des piquets de bois qu’il enfonçait dans le sable. Il aperçut rapidement, sur ses poteaux, de nombreux naissains de petites moules qui grandissaient très vite. Il décida ensuite de capturer et élever des moules dans ses parcs de la côte atlantique française, activité plus rentable que la chasse aux oiseaux. La production de moules devenant de plus en plus importante, il fallut la réglementer, c’est Colbert qui le fit en 1681 par une célèbre Ordonnance sur la pêche.

Battre à plate(s) couture(s) origine

On peut aussi bien écrire battre à plate couture (singulier) que battre à plates coutures (pluriel), les deux orthographes sont admises (Dict. Larousse). Cette expression signifie vaincre complètement quelqu’un. Elle date du XVe siècle et fait référence aux étoffes d’autrefois, si raides et épaisses qu’il fallait les battre avec une latte pour aplatir les ourlets, souvent constitués de multiples couches de tissus. On disait d’ailleurs à l’origine : rompre à plate couture. Au XVIe siècle, on disait rabattre la couture à quelqu’un quand on le tapait, par comparaison avec le fait de rabattre les coutures des vêtements en les frappant comme les tisserands, jusqu’à ce qu’elles deviennent plates.

Reblochon

Le reblochon est un fromage de Savoie (alpages de la vallée de Thônes) dont l’origine remonte au XIIIe siècle.  Il tire son nom d’une maraude clandestine pour échapper à l’impôt. En effet, les propriétaires des terres (moines ou nobles) possédaient ce que l’on appelle le droit d’ociège, à savoir une redevance qu’ils percevaient une fois par an sur l’exploitant de l’alpage, basée sur le nombre de pots de lait que chaque troupeau produisait en moyenne en une journée. Il était donc facile d’en déduire la quantité de beurre et de fromage qu’ils pouvaient produire.  Afin de  payer le moins possible d’impôt, ils faisaient une première traite incomplète et une fois que le contrôleur était parti, ils en faisaient une seconde appelée la rebloche, particulièrement riche en crème. En patois, reblocher veut dire pincer les pis de la vache une deuxième fois, d’où le nom du fromage : reblochon.

Découvrez l’histoire et l’origine de vos plats préférés : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html

Balane

La balane commune (nom scientifique : balanus perforatus) est un arthropode appartenant au sous-embranchement des crustacés, infra-classe des cirripèdes. On la trouve dans les zones côtières des régions tempérées chaudes de l’océan Atlantique et en Méditerranée. Elle vit sur les rochers et tout support rigide dans la moitié inférieure de l’estran, elle pénètre dans l’étage infra-littoral et on peut en trouver jusqu’à 30-40 mètres de profondeur. Adulte, elle peut mesurer plusieurs centimètres. Elle se fixe aussi sur des animaux comme les crabes, araignées, berniques, moules, huîtres ainsi que sur les coques des bateaux et les bouées. C’est un animal très facile à observer et très courant. C’est un microphage filtreur (il nettoie la mer). À marée haute, sous l’eau, sa carapace s’ouvre et il capture ses proies (minuscules morceaux de plantes et d’animaux) à l’aide de ses 6 paires de pattes transformées en cirres (appendices filiformes) d’où son autre nom : cirripède. La balane n’a ni yeux ni antennes. Le corps proprement dit se trouve à l’intérieur de plaques qui forment un cône bas à ouverture mobile grâce à des petites plaques cachées à l’intérieur : les terga et les scuta. À marée basse, les balanes peuvent respirer grâce à un micropyle (très petit orifice) qui maintient le contact entre l’air et l’eau que contient la coquille. S’il ne reste plus assez d’eau, la balane a la possibilité de se fermer totalement pour assurer une respiration anaérobie (sans air) le temps que la marée remonte.

Balane

Balane

Serpule

La serpule, de son nom scientifique serpula vermicularis, est un petit ver annelé (c’est un annélide) marin et sédentaire qui construit un tube calcaire d’environ 5 mm de diamètre et aux formes irrégulières sur les rochers. Il est parfois aussi caché dans le substrat où il se fixe, comme des débris rocheux, des coquillages ou des algues. Il mesure environ 7 cm de long mais peut aller jusqu’à 10 cm. Son nom vient du latin serpula = petit serpent, et serpullum, de serpere = ramper. Ses œufs sont planctoniques (plancton) et donnent naissance à des larves trochophores (larves ciliées en forme de toupie). La serpule peut se rétracter dans son tube lorsqu’elle est dérangée. Elle referme ce tube calcaire grâce à un petit opercule en forme de trompe conique rougeâtre. De chaque côté de cette trompe, on peut distinguer deux panaches de tentacules filamenteux blancs et rouges qui forment une couronne branchiale en 2 lobes, soudés entre eux par une membrane. Ces tentacules lui servent à attraper sa nourriture constituée de particules microscopiques et de plancton, ainsi que pour respirer. Si vous allez à la mer (surtout en Méditerranée mais on en trouve aussi en Atlantique), vous avez toutes les chances d’en voir, ces animaux sont assez faciles à observer, respectez-les.

Serpule

Serpule

Nœud gordien

L’expression nœud gordien fait référence, sous forme de métaphore (figure de style fondée sur l’analogie) à un problème inextricable, une difficulté que l’on n’arrive pas à résoudre, mais qui se résout au final par une action brutale voire expéditive : trancher le nœud gordien. L’origine vient d’une légende liée à Alexandre le Grand. Gordius était un pauvre laboureur phrygien qui ne possédait que son chariot et ses bœufs. Les Phrygiens voulurent un jour se donner un roi et consultèrent l’oracle comme à leur habitude pour savoir comment faire. L’oracle leur dit de choisir le premier homme qu’ils verraient sur un char. Ce fut Gordius, évidemment (sinon, que viendrait-il faire dans cette histoire ?) ! Il donna son nom à Gordium, capitale de la Phrygie.

Et le nœud, quel rapport ? Avant de monter sur le trône, Gordius attacha ensemble le timon et le joug de son char en faisant un nœud inextricable, si habilement enlacé qu’on n’en voyait même pas les bouts. En 336 avant J.C., Alexandre (futur le Grand), vint à Gordium pour affermir son pouvoir et en devint maître. Il essaya de défaire le nœud car on lui avait expliqué qu’une ancienne tradition promettait l’empire de l’univers à celui qui arriverait à dénouer ce nœud qui avait résisté à toutes les tentatives jusque là. N’y arrivant pas, il le trancha d’un coup sec avec son épée, utilisant donc ce que l’on appelle communément ‘ les grands moyens ‘, d’où l’expression trancher le nœud gordien.

Noeud gordien

Noeud gordien

Odorologie

L’odorologie est une science qu’utilise la police technique et scientifique depuis plus de 10 ans dans le cadre des recherches de preuves sur les scènes de crime ou autre. Concrètement, c’est la preuve par l’odeur. C’est une science encore assez méconnue mais de plus en plus utilisée en complément des preuves ADN et des recherches d’empreintes. En effet, les odeurs sont génétiquement uniques et restent intactes 10 jours après avoir été déposées sur un tissu spécial que les policiers frottent sur les objets que le suspect a pu éventuellement toucher. Des chiens policiers sont spécialement éduqués pour ce type de recherche. Ils comparent ensuite les odeurs sur le tissu et l’odeur du suspect. Cette technique ne donne pas à elle seule la preuve de culpabilité vis-à-vis de la loi, mais constitue un complément d’indice associé aux preuves ADN et aux empreintes.

Arénicole

L’arénicole désigne un animal que tous ceux qui ont un jour foulé une plage de leurs pieds connaissent… sans en connaître le nom bien souvent !

arenicole

 

Le mot arénicole vient de aréno (sable) et cole = (qui habite), son nom latin est  Arenicola marina, mais on l’appelle généralement ver de vase ou ver noir. Ce ver annélide (constitué d’anneaux) mesurant entre 10 et 20 cm de long est bien connu des pêcheurs qui l’utilisent comme appât. L’arénicole est nommé différemment selon les régions : chique, bocard, bouzou, buzuc (Finistère)… L’arénicole vit dans un terrier en forme de U qu’il creuse dans le sable. Très utile, c’est un consommateur microphage détritivore, c’est-à-dire qu’il mange des déchets, des particules organiques et autres en suspension dans l’eau et dans le sable (psammivore). Il filtre l’eau de mer, c’est un suspensivore. Il rejette ensuite ces déchets filtrés à l’extérieur de son terrier, ce qui crée des tortillons de sable que nous connaissons tous (voir photo ci-dessus).

Expression trier sur le volet

Trier sur le volet, c’est sélectionner très soigneusement. L’expression s’applique aux personnes en général. Par exemple, les figurants et acteurs pour un film seront triés sur le volet, c’est-à-dire qu’ils devront correspondre à des profils bien particuliers en fonction du rôle qu’ils auront à jouer. Trier, d’accord ! On comprend facilement. Mais ‘sur le volet’ ? Quel rapport ? Le volet que nous connaissons à notre époque est plutôt celui qui se trouve devant nos fenêtres, mais évidemment, il ne s’agit pas de ce volet-là ! Il faut comme toujours, lorsque l’on cherche l’origine d’un mot ou d’une locution, s’aventurer un peu dans le passé pour y découvrir l’explication. Au Moyen Âge, le volet était en fait un tissu très fin et léger, à tel point qu’il puisse voleter au vent. Il servait à fabriquer des tamis pour trier les graines. Ces tamis ont d’ailleurs plus tard pris ce même nom de volet. Au XIIIe siècle, le volet était la partie volante d’une coiffe (dict. étym. Larousse). Au XVe siècle, le volet était une assiette en bois dans laquelle les femmes devaient trier pois et fèves. En 1542, Rabelais utilisa d’ailleurs l’expression ‘trier sur le volet’.

Noctambule et noctivague

Noctambule est un terme courant qui désigne une personne aimant vivre et s’amuser la nuit. Le mot vient du latin nox, noctis qui veut dire nuit, et ambulare qui veut dire marcher. Noctivague en revanche est un terme zoologique qui désigne un animal se promenant uniquement la nuit. Exemple : le tinamou noctivague (crypturellus noctivagus), oiseau terrestre des forêts tropicales d’Amérique du Sud (Brésil). Le mot noctivague vient du latin noctivagus, de nox = nuit, et vagari = errer.

Le coprah ou copra

Tout le monde connaît la noix de coco, mais le coprah, qu’est-ce donc ? C’est l’albumen séché de la noix de coco. Mais l’albumen, qu’est-ce que c’est ? C’est généralement le blanc d’œuf mais dans le cas présent, il s’agit du tissu riche en réserves nutritives de la graine (amande) que l’on connaît sous le nom de lait de coco, eau de coco ou chair de coco. Le coprah sert notamment à fabriquer l’huile de coprah. C’est une huile non fluide, d’apparence graisseuse et épaisse, comme l’huile de palme. Le coprah est donc l’amande de coco que l’on a séparée de sa coque puis desséchée. Attention, il ne faut pas confondre avec l’huile de coco où l’amande de coco n’y a pas été desséchée, conservant donc l’odeur du coco.

Le tourteau de coprah, quant à lui, est un résidu solide lui-même issu du résidu de coprah après la pression (extraction de l’huile). Très riche en protides et acides gras saturés, il est utilisé ensuite comme fertilisant agricole et pour l’alimentation du bétail : bovins, porcs, chevaux, crevettes d’élevage etc.

Lavande

La lavande est une plante aromatique très parfumée essentiellement méditerranéenne bien qu’elle pousse dans de nombreuses autres régions, à partir du moment où le terrain est rocailleux. Origine du nom lavande : vient de l’italien lavanda (‘ qui sert à laver ‘). Il existe deux sortes de lavande : la vraie lavande (lavandula vera) et la lavande aspic (lavandula spica). En Provence, la lavande est appelée ‘ baïasse ‘, et les champs de lavande sont appelés des ‘ baïassières ‘. La lavande qui y est cultivée est en fait du lavandin, hybride naturel de la lavande.

La lavande attire beaucoup les abeilles, on en fait d’ailleurs du miel, de goût assez puissant, excellent pour soulager la migraine et autres maux de tête. Elle réduit également l’anxiété et aide à l’endormissement. La lavande est utilisée pour parfumer les vêtements dans les placards (on la met dans de petits sachets de toile) et éloigner les mites. Son odeur est légèrement camphrée. Elle est beaucoup utilisée en parfumerie. Les Romains l’utilisaient d’ailleurs pour parfumer leurs bains et leurs vêtements. Ses propriétés apaisantes la firent aussi considérer autrefois comme favorisant la chasteté. La fondatrice de l’ordre des Ursulines, Sainte Angèle Merici, infligeait des jeûnes à base de lavande et de romarin aux religieuses de son couvent convaincues de pensées interdites… D’un point de vue plus médical, ses pouvoirs désinfectants étaient reconnus au Moyen Âge. On en faisait des fumigations et des emplâtres pour combattre la peste.

Lavande

Lavande

Estragon

L’estragon est une plante aromatique originaire des plaines de Sibérie. Les Mongols, au cours de leurs invasions, l’exportèrent au Moyen-Orient avant que l’estragon n’arrive en Europe.

Origine du mot estragon : milieu du XVIe siècle. Il s’agit d’une altération du mot targon (voir Rabelais 1540) et vient du latin botanique tarchon lui-même emprunté à l’arabe tarkhun qui veut dire ‘ petit dragon ‘. L’estragon est appelé ‘ herbe dragon ‘ aussi de par sa ressemblance avec les dragons marins de la mythologie. Autrefois, on pensait que les racines d’estragon avaient la vertu de guérir les morsures de serpents. De même on lui prêtait des vertus aphrodisiaques (les gens frottaient leurs vêtements avec de l’estragon pour se rendre plus désirables… cela masquait surtout des odeurs moins agréables à une époque où l’hygiène laissait… à désirer…).

Pourquoi ne trouve-t-on jamais de sachets de graines d’estragon dans les jardineries ? Parce que l’estragon n’a pas de fruit, donc pas de graines. Il fleurit parfois mais ses fleurs sont stériles. On n’en trouve jamais dans la nature, il est toujours cultivé. Le seul moyen de le multiplier est de diviser ses touffes ou de le bouturer. Le seul estragon qui se multiplie par graines est l’estragon russe, mais qui n’a aucune valeur culinaire et ressemble plus à de l’armoise.

L’estragon est utilisé dans les pots de cornichons mais aussi certains vinaigres, pour aromatiser les salades, les viandes et poissons, etc. Il se conserve très bien au congélateur pour l’hiver (blanchi et mis dans des sacs hermétiques).

Estragon

Estragon

Ciboulette

La ciboulette est une herbe aromatique que l’on cultive dans le monde entier. Elle mesure entre 10 et 20 cm et ses premiers boutons apparaissent généralement au mois de mai. Elle proviendrait au départ de l’est du bassin méditerranéen et fut propagée par les Romains dans toute l’Europe du nord. Sa culture était très répandue dans les monastères au Moyen Âge. La ciboulette est particulièrement riche en provitamine A et en vitamine C. Ses tiges sont utilisées pour aromatiser les salades, viandes, fromages, poissons etc. On peut utiliser des fleurs macérées de ciboulette dans du vinaigre blanc pour lui donner une belle couleur rose et le parfumer. La ciboulette fut utilisée autrefois par les canuts (ouvriers lyonnais du tissage de la soie), pour fabriquer notamment le claqueret, fromage liquide à mettre sur les pommes de terre (fromage blanc en faisselle, crème fraîche, huile d’olive, échalotes, vinaigre, vin blanc et ciboulette bien sûr) . La recette s’appelle maintenant : cervelle de canut.

Ciboulette

Ciboulette

Gourde

Tout le monde connaît le récipient que l’on emmène en randonnée ou en camping, contenant de quoi boire : la gourde. Mais pourquoi un tel nom ? Parce que le mot vient du latin cucurbita = citrouille (les cucurbitacées). Les premières gourdes étaient faites en utilisant une calebasse, cucurbitacée dont le fruit est creux. Le mot gourde est également une altération de couhourde, courde (XIIIe siècle- Dict. Étym.).

Gourde

Gourde

Calebasse

Calebasse

Serpolet, plante aromatique

Le serpolet est une plante vivace très résistante à l’altitude et au froid, proche du thym, mais son miel est plus parfumé, son goût plus fin et il pousse dans tout l’hémisphère Nord alors que le thym est d’origine méditerranéenne. Il pousse surtout dans des terrains calcaires (secs et rocailleux). Son nom latin : thymus serpyllum. Le serpolet peut être désigné sous plusieurs noms : thym rouge, serpoule, pouyou bâtard, pouilleux, thym serpolet, pouillet, piolet, poliet, poleur. Le serpolet est habituellement utilisé en cuisine pour parfumer les viandes (blanches ou rouges), les poissons, les sauces, etc. On en trouve également dans des liqueurs comme la Chartreuse. Symbolisme du serpolet : l’étourderie. Autrefois dans les campagnes, on utilisait le serpolet contre la toux et les crises d’asthme, mais également les vertiges et autres maux de tête. Il servait également, en friction, pour soulager la sciatique.

Serpolet

Serpolet

La rue, plante aromatique

Tout le monde connaît la rue en tant que voie publique. Mais le nom rue désigne également une plante aromatique méditerranéenne, utilisée dans la préparation des salades mais également en soin pour combattre les poux. Elle était autrefois utilisée aussi pour soigner les maux de tête et d’yeux, les maux d’estomac. De plus, elle servait d’antivenimeux et antipoison. Des propriétés antiseptiques, antispasmodiques et diurétiques lui sont attribuées. Dans les pays orientaux, on l’utilise encore même dans la confection d’amulettes pour combattre les mauvais esprits. Il existe 4 espèces de rue (famille des rutacées) :

1 – Ruta graveolens, également appelée herbe/rue de grâce, rue domestique ou rue des jardins, rue officinale mais aussi rue puante en raison de son odeur.

2- Ruta montana, la rue des montagnes.

3 – Ruta chalepensis, la rue d’Alep.

4 – Ruta corsica, la rue de Corse.

Rue officinale

Rue officinale

 

 

Pourquoi offre-t-on des oeufs à Pâques ?

Pourquoi offre-ton des œufs à Pâques ? Cette tradition était déjà connue à l’époque de l’Antiquité. Les Égyptiens et les Romains offraient des œufs peints au printemps en tant que symboles de vie et de renaissance. Pour les religions primitives il s’agissait de la période de l’équinoxe de printemps, symbole du renouveau après l’hiver, fête de la vie. Dans la religion juive, la fête rappelle l’époque où le peuple Hébreu s’est enfui d’Égypte conduit par Moïse, il y a plus de 3000 ans. Dans la religion chrétienne, Pâques rappelle le moment où le Christ est ressuscité. L’Église instaura au IVe siècle l’interdiction de manger des œufs pendant le Carême mais les poules continuaient de pondre ! Les œufs pondus depuis le début du Carême étaient donc décorés et offerts et les plus frais d’entre eux mangés en omelette. La tradition d’offrir des œufs, en chocolat de nos jours, est restée.

Entrez dans les secrets de la langue française tout en vous amusant avec ‘ Alpha et le secret des mots ‘, de Corinne DUVAL, un livre tous publics écrit par une professionnelle de la langue française : http://www.thebookedition.com/corinne-duval-alpha-et-le-secret-des-mots-p-127154.html

Oeuf de Fabergé

Oeuf de Fabergé dans Culture faberoeufio61

Oeuf à la Poule 1885 - Fabergé

Les œufs de Fabergé sont des objets précieux et célèbres créés par le joaillier Pierre-Karl Fabergé. Les plus connus ont été créés pour Alexandre III et Nicolas II de Russie, qui les offrirent à leurs épouses respectives, Maria Fedorovna et Alexandra Fedorovna, pour la fête de Pâques. Leur nombre : 50 furent réalisés dont il en reste 42. Deux autres œufs ne furent jamais livrés, les œufs Constellation et Bouleau de Carélie pour 1918.

De quoi sont faits ces œufs ? Ils sont constitués de métaux précieux ou de pierres dures décorées d’émail et de pierres précieuses. Le terme œuf de Fabergé est de ce fait devenu synonyme de luxe, les œufs étant considérés comme des chefs-d’œuvre de l’art du joaillier. Le premier œuf de Fabergé date de 1885 (l’œuf à la Poule) et les derniers de 1914-16 (l’œuf Snowflake) puis 1917 (l’œuf en Bouleau et l’œuf Blue du Constellation Tsarévitch).

 

Se tenir à carreau

L’expression se tenir à carreau signifie être sur ses gardes, se faire discret, ne pas se manifester, se montrer, s’efforcer de passer inaperçu. Mais pourquoi à carreau ? L’expression viendrait d’une arme ancienne que tout le monde connaît au moins de nom, l’arbalète. Pour l’utiliser, il fallait obligatoirement disposer de carreaux (c’est le nom de la flèche spécifique à cette arme). De ce fait, le garde (arbalétrier) qui autrefois surveillait les environs du haut de son échauguette devait se tenir à carreau (en restant discret pour ne pas être repéré) prêt à enfiler le carreau sur son arme afin de dissuader les visiteurs de s’approcher trop près.

Il existe d’autres explications possibles : l’une viendrait d’un jeu de cartes dont est issu le dicton qui se garde à carreau n’est jamais capot, à savoir qui surveille bien son jeu, sur ses gardes pour ne pas perdre. De plus, dans le jeu de cartes, chaque emblème représente une arme. Le cœur = le courage, la noblesse (la cavalerie), le pique = l’arme de l’infanterie, le trèfle = le fourrage et le carreau = le projectile tiré par l’arbalète. Une autre explication serait issue de l’argot où (Jacques Arnal : ‘Argot de police ‘) le carreau n’est autre que le domicile, donc se tenir à carreau, rester caché chez soi.

Poulet – poule – poulette – coq – coquelet – chapon – poussin

Le poulet : c’est un jeune coq ou une jeune poule âgé(e) de trois mois (quand il a perdu son duvet au profit de plumes) à dix mois (maturité sexuelle).

La poule : c’est la femelle du coq, élevée pour ses œufs ou pour sa chair. Espèce domestique de gallinacés (Gallus gallus) répandue dans le monde entier. Espérance de vie (si elle n’est pas mangée avant !) : environ 15 ans.

La poulette : c’est une jeune poule.

Le coq : c’est le mâle de la poule et plus généralement des oiseaux galliformes.

Le coquelet : c’est un jeune coq.

Le chapon : c’est un coq châtré (castré) que l’on engraisse, il est destiné à la consommation.

Le poussin : c’est le petit de la poule, nouvellement éclos. Il est appelé poussin tant qu’il est recouvert de duvet (pendant quelques semaines) qui ensuite sera remplacé par des plumes.

 

Pourquoi le lait est-il blanc ?

Pourquoi le lait est-il blanc ? Question que peuvent vous poser vos enfants, autant savoir y répondre ! Le lait est en réalité formé de 7 substances composantes essentielles, à savoir de l’eau, des matières grasses, des protéines, du sucre, des minéraux, des vitamines et des enzymes. La couleur blanche du lait provient des protéines, matières grasses et minéraux qui le composent. Tous ensemble, ils reflètent la totalité des couleurs de la lumière (spectre lumineux), ce qui crée le blanc typique du lait. On cite également souvent la caséine qui est une protéine riche en calcium et contribue fortement à donner au lait sa couleur. Les matières grasses du lait se présentent sous forme de globules incolores, alors que la caséine est en suspension dans le lait, sous forme de petites particules solides invisibles à l’œil nu, appelées micelles. Les graisses et la caséine dévient les rayons lumineux en diffractant la lumière, c’est-à-dire que la lumière n’est pas absorbée, mais diffusée par le liquide. C’est le même phénomène que celui de la lumière solaire. Le lait entier est très blanc car très gras. Le lait écrémé, donc moins gras, est en revanche un peu plus bleuté car il comporte moins de particules ‘diffractantes’. La caséine, particule plus petite, dévie de ce fait davantage les longueurs d’ondes courtes, à savoir la couleur bleue. Plus un lait est blanc, plus on peut en conclure à l’œil nu qu’il est riche en matières grasses.

Cour des Miracles

Quand on dit d’un endroit que c’est une vraie Cour des Miracles, cela signifie que cet endroit est mal fréquenté, que c’est un repaire de gens malhonnêtes, ce que l’on appelle aussi un coupe-gorge. Cette expression vient de Victor Hugo (‘ Notre Dame de Paris ‘). Il y décrivait un endroit de Paris ayant réellement existé du Moyen Âge jusqu’au XVIIe siècle, très mal fréquenté, dans le IIe arrondissement vers la rue Réaumur (voleurs, meurtriers, mendiants, faux éclopés, prostituées…) et peu visité, on le comprendra aisément, par les bourgeois et la maréchaussée. C’était une zone de non-droit très dangereuse mais finalement le lieutenant de police de Louis XIV décida de nettoyer les lieux et d’en chasser les hôtes, envoyant environ 60 000 mendiants aux galères. Alors pourquoi des ‘ Miracles ‘ ? Parce qu’il était raconté qu’à la nuit tombée, les infirmités des éclopés disparaissaient comme par enchantement. En réalité, c’étaient des faux éclopés, des gens qui, le jour, faisaient croire qu’ils étaient aveugles ou mutilés pour obtenir de l’argent.

Mérathon

Qu’est-ce qu’un ‘ mérathon ‘ ou  ‘ merathon ‘ (en anglais, appelé ‘ Ocean racing ‘) ? C’est une longue course en mer de canoë-kayak, un marathon de la mer. La distance à parcourir se situe entre 4 à 11 milles nautiques selon les catégories d’âge. Cela représente, selon la météo, l’état de la mer et le niveau du compétiteur, un temps allant de 30 minutes pour les plus jeunes à une heure 30 minutes voire même deux heures pour les adultes.

Fil d’Ariane

Un fil d’Ariane est ce qui permet de se sortir de difficultés, une sorte de guide entre deux points difficiles à relier, comme une voie que l’on peut suivre en toute confiance pour obtenir un résultat compliqué à atteindre. L’origine de cette expression nous amène loin dans le temps, à l’époque de la mythologie grecque.

En Crète, le roi était Minos. Il existait un labyrinthe au fond duquel vivait le Minotaure, monstre à corps d’homme et à tête de taureau, mangeur d’humains. Il dévorait notamment chaque année sept garçons et sept filles qu’Athènes lui livrait spécialement en Crète pour conserver la paix avec Minos. Afin de faire cesser cet envoi, Thésée proposa de faire partie de la prochaine livraison dans l’intention de tuer le Minotaure, cependant le problème était de retrouver la sortie du labyrinthe, une fois qu’il aurait réussi son entreprise. Comble de la chance, arrivé en Crète, Ariane, la fille de Minos et demi-soeur du Minotaure, tomba amoureuse de lui et décida de l’aider. Profitant de ses bonnes relations avec Dédale, le concepteur du Labyrinthe, elle lui proposa alors un plan pour retrouver facilement la sortie du labyrinthe : il suffisait de dérouler une bobine de fil dont l’extrémité était attachée à l’un des linteaux de l’entrée, fil à suivre au retour pour atteindre la sortie. Thésée tua donc le Minautaure et ressortit du Labyrinthe grâce au célèbre fil d’Ariane.

Colonnes de Buren

Les colonnes de BUREN : il s’agit d’une sculpture contemporaine de 3 000 m² créée par l’artiste Daniel Buren à la demande du ministère de la Culture sous la présidence de François Mitterrand en 1986. Elle est située dans la cour d’honneur du Palais Royal à Paris. Elle fut d’ailleurs intégrée au patrimoine historique. Vite délabrée en quelques années, cette œuvre que le sculpteur avait nommée « les deux plateaux » a été rénovée en 2008. L’asphalte de surface a été refait, ainsi que le dispositif de fontainerie et l’installation électrique. Un dispositif d’éclairage a été ajouté en surface, le tout pour la somme de 5,3 millions d’euros et 500 000 euros de mécénat de la part du groupe Effage et 1 million d’euros de la part de l’État.

Colonnes de BUREN

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