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Pâtissier origine

Le terme pâtissier (1278 pasticier) vient de l’ancien français pastitz, du latin populaire pasticium = pâté, de pasta = pâte. La première corporation des pâtissiers, les pastillariorum, fut fondée à Rome au IVe siècle avant J.-C. Au XIIIe siècle, en France, les patéiers (ancêtres des pâtissiers) confectionnaient des pâtés de viandes, de fromages, de poissons, des tourtes salées et non sucrées. En mai 1270, le métier commença à être réglementé, Regnaut Barbon, prévôt de Paris, enregistrant les statuts donnés par Saint Louis aux maîtres oublayeurs (fabricants d’oublies, pâtes légères très en vogue autrefois). La confrérie fut placée sous la protection de Saint Michel. Certains remplacèrent la chair des pâtés par celle de petits mammifères, ce qui nuisit fortement à leur réputation. D’autres allèrent jusqu’à y mettre de la chair humaine. Voir à ce propos la célèbre affaire de la rue des Marmousets (ancienne rue parisienne) rapportée par une chronique d’un prieur de Saint-Germain-des-Prés en 1612, Jacques du Breul, expliquant qu’un barbier proposait de tailler la barbe gratuitement et trucidait parfois des clients, souvent des étudiants du chapitre de Notre-Dame. Il fournissait ensuite les corps à son ami pâtissier qui en réalisait des pâtés apparemment fort appréciés, sans bien sûr que les clients sachent de quoi ils étaient faits ! L’affaire fut découverte évidemment,  la Cour de Parlement ordonna qu’outre la punition du pâtissier, sa maison soit rasée, et qu’une pyramide ou colonne soit érigée sur ce lieu. Il fallut attendre la Renaissance pour que les pâtisseries sucrées se développent (Popelin et sa pâte à choux notamment), au départ à la cour de France.

Carat origine

Le carat, de nom officiel carat métrique, est l’unité de mesure de masse employée dans le commerce des diamants et pierres précieuses. Cette unité correspond à 2 décigrammes (0,2 gramme ou 200 milligrammes). C’est également l’unité de titrage de l’or dans un alliage, chaque carat représentant 1/24e du poids de l’alliage. Le nom vient  de l’italien carato emprunté à l’arabe qirat = poids d’une graine de caroube, issu du grec keration = tiers de l’obole (unité de monnaie et de poids de la Grèce antique). Le carat en joaillerie est une unité de masse particulière aux gemmes qui sont des pierres fines, précieuses ou ornementales, tandis que le carat des bijoutiers désigne plutôt le degré de pureté du métal. Le carat métrique existe officiellement depuis 1907, il a été défini par la 4e Conférence générale des poids et mesures (CGPM). Il faut 5 carats pour faire 1 gramme.

Bauxite origine

La bauxite est le nom du minerai à partir duquel est produit l’aluminium. Il a pour origine le nom d’une commune française, Baux-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône, dans laquelle le minerai a été découvert par le minéralogiste et géologue français Pierre Berthier en 1821. Il a plus précisément découvert de l’alumine dans le minerai, alors que celui-ci n’était censé contenir que du fer. Pierre Berthier lui a d’abord donné le nom de terre d’alumine des Baux. Le géologue et minéralogiste français Pierre-Armand Dufrénoy le renomma beauxite en 1844, puis le chimiste français Henri Sainte-Claire Deville, réputé pour ses travaux sur l’aluminium, l’écrivit bauxite en 1861, date à partir de laquelle son exploitation industrielle commença. L’aluminium étant désormais considéré comme néfaste pour la santé (risque de cancer), son utilisation, bien qu’encore autorisée, est de plus en plus réduite. Exemple : les sels d’aluminium de plus en plus exclus des anti-transpirants. Depuis la Première Guerre mondiale, ce sont les États-Unis qui constituent le plus gros producteur mondial de bauxite et la production française a cessé au début des années 1990.

Disque de rhodium

Paul McCartney est à ce jour l’unique détenteur du disque de rhodium. Cette récompense lui a été remise en 1979 par le Guinness Book of World Records pour avoir été à l’époque le compositeur et interprète ayant vendu le plus de disques (200 millions). Il s’agissait de son 45 tours Mull of Kintyre. Le rhodium est un métal du groupe du platine, rare et cher (1 kg = 300 000 dollars en 2008), utilisé en quantités infimes dans les catalyseurs de véhicules. Les disques de certification ont été créés dans les années 50 par les maisons de disques. Le nombre nécessaire de ventes est différent pour l’obtention d’un disque de certification selon la taille de la population (nombre d’habitants dans le pays) et le  type de disque (single ou album). Par exemple, le disque de diamant récompense l’artiste à 10 millions de disques vendus aux États-Unis mais seulement 500 000 en France. Pour en revenir au rhodium (Rh), celui-ici fut découvert en 1803 par le chimiste britannique William Hyde Wollaston. Le terme rhodium dérive du grec rhodon = rose. Son découvreur a donc proposé ce nom en référence à la couleur du chlorure de rhodium lui ayant permis d’identifier ce nouvel élément.

Le syndrome de Münschhausen

Le syndrome du Münschhausen (écrit aussi Münschausen) désigne une pathologie psychologique dont la caractéristique est d’avoir un besoin incompressible de simuler une maladie ou un traumatisme (voire de l’automutilation) dans le but d’attirer la compassion, l’attention d’autrui et particulièrement du corps médical, de présenter des troubles fictifs. Mais pourquoi du baron de Münschhausen ? L’origine est liée à ce fameux baron qui a réellement existé (1720-1797). C’était un officier allemand du nom de Karl Friedrich Hieronymus Freiherr von Münchhausen, mercenaire engagé dans l’armée russe. Des exploits invraisemblables lui sont attribués comme par exemple avoir voyagé sur la Lune sur un boulet de canon ou dansé avec Vénus, exploits rapportés en anglais en 1785 par Rudolph Erich Raspe (écrivain et scientifique allemand) à qui il les aurait racontés, sous le nom Baron Münchhausen’s Narrative of his Marvellous Travels and Campaigns in Russia. Le livre sera traduit en allemand (Gottfried August Bürger), puis en français (Théophile Gautier fils). Le baron est connu en France sous le nom de baron de Crac, du Mensonge, selon l’expression raconter des craques. L’histoire sera reprise au cinéma (la première fois en 1911 par Georges Méliès), puis à la télévision et enfin au théâtre (XXIe siècle). Le nom de cette pathologie a été trouvé par le Dr Richard Asher (médecin endocrinologue britannique) en 1951, en référence aux affabulations du baron de Münschhausen.

Syndrome de Marie-Antoinette

Le syndrome de Marie-Antoinette désigne le blanchiment soudain des cheveux, phénomène assez rare mais qui existe à condition d’avoir déjà quelques cheveux blancs, et dont l’hypothèse scientifique actuelle est axée sur le principe d’une réaction auto-immune. Le système immunitaire de l’organisme ferait, après un fort choc émotionnel généralement, une réaction de rejet brutal du système pigmentaire des follicules pileux. Mais pourquoi Marie-Antoinette ? Certains témoins de l’époque auraient remarqué que dans la nuit précédant sa montée sur l’échafaud, le 16 octobre 1793 à 38 ans, Marie-Antoinette avait blanchi d’un coup. C’est ce que l’on appelle aussi le syndrome de canitie subite. Le terme canitie vient du latin canities = blancheur des cheveux. Ce mot est apparenté au terme chenu, du latin canutus = gris, blanc. Sainte-Beuve assure quant à lui, dans ses Causeries du lundi, que la transformation de Marie-Antoinette avait eu lieu plus tôt, à savoir le 21 juin 1791 au terme de sa tentative de fuite hors de France, la famille royale se faisant arrêter à Varennes. Ce phénomène fut remarqué plusieurs fois au cours des siècles, comme par exemple Thomas More quand il fut jugé pour haute trahison puis décapité le 6 juin 1535. Une expression bien connue témoigne de ce syndrome : se faire des cheveux blancs.

La langue française et quelques-uns de ses secrets

Quelques secrets de la langue française, pour mieux la maîtriser… avec un accent circonflexe !

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Mer des Sargasses

Pourquoi la mer des Sargasses (appelée aussi ‘ mer de Varech ‘) porte-t-elle ce nom ? C’est à cause de longues algues brunes flottantes arrachées au Golfe du Mexique, qui s’accumulent en surface, les sargasses, particulièrement répandues dans cette zone occidentale de l’Atlantique nord bordée par le Gulf Stream. Plusieurs origines au mot sargasse : selon le dictionnaire étymologique Larousse, il vient du portugais  sargaço, qui désigne une variété de ciste (petit arbuste) et par ressemblance, une algue marine, et vient également du latin salix = saule (ressemblance également au niveau de la forme). Le mot sargasse viendrait également de l’italien sargazzo, qui signifie varech (ensemble d’algues laissées sur le rivage après le retrait de la mer). Christophe Colomb, en 1492 lors de son premier voyage, remarqua ces algues et en déduisit à l’époque que la terre ne devait pas être bien loin. L’absence de vent et de vagues ralentit d’ailleurs la progression de ses navires, qui mirent environ 3 semaines pour traverser la zone. Notons une particularité de la mer des Sargasses, elle est la seule à n’avoir pas de rivage, isolée dans l’océan Atlantique entre les Açores et les îles du Cap Vert.

Gandin origine

Le nom masculin gandin désigne un jeune homme parisien particulièrement élégant  sous le Second Empire essentiellement, une sorte de dandy ridicule. On voit aussi ‘ jeune gandin ‘ (Châteaubriant – ‘ Monsieur des Lourdines ‘ 1911), mais l’adjectif jeune est inutile, puisque le gandin est forcément jeune ! Le terme est apparu en 1710 (Charbot – Dictionnaire du Dauphiné, signifiant à l’époque, nigaud, niais). Flaubert, dans sa ‘ Correspondance ’ de 1879, utilise même ce mot dans une expression : ‘ faire le gandin ‘, ce qui signifie faire des manières. Le mot gandin est entré dans le vocabulaire parisien au XIXe siècle et associé au boulevard de Gand (devenu ensuite le boulevard des Italiens), endroit particulièrement prisé des élégants qui s’y donnaient rendez-vous. Il fut mis à la mode ensuite grâce au personnage dénommé Paul Gandin (décrit comme un homme de lettres de 28 ans, dandy naïf, prétentieux et insouciant) de la pièce de Théodore Barrière, ‘ Les Parisiens ‘ en 1855 (jouée pour la première fois en décembre 1854), d’abord appelée  ’Les Parisiens de la décadence ‘. Le gandin du XIXe siècle se distingue des dandys par son attitude décalée et assez ridicule, mais également par son nom qui n’a aucune connotation anglo-saxonne.

Il y a belle lurette

L’expression  ’ il y a belle lurette ‘ est apparue à fin du XIXe siècle, en 1877, et signifie ‘ il y a bien longtemps ‘. C’est une altération de ‘ il y a belle heurette ‘ = petite heure, diminutif de heure. L’adjectif belle indique un temps long (belle dans le sens de grande, longue). Belle Lurette est par ailleurs le nom de la dernière partition de Jacques Offenbach. La première de cet opéra-comique en trois actes écrit sur un livret d’Ernest Blum, inachevé, fut jouée le 30 octobre 1880 au Théâtre de la Renaissance à Paris à titre posthume, quelques jours seulement après le décès d’Offenbach (5 octobre). Les dernières répétitions furent dirigées par le compositeur Léo Delibes, qui par ailleurs acheva l’oeuvre.

Etrennes origine et histoire

Début janvier (mais aussi fin décembre), il est généralement coutumier de donner des étrennes à certaines personnes comme le gardien d’immeuble, le facteur, les pompiers etc., de moins en moins cependant, crise oblige ! Dans ce cas précis, le nom (féminin) est toujours utilisé au pluriel : des étrennes. Attention, il faut savoir qu’elles ont été interdites par l’Assemblée nationale constituante le 29 novembre 1789 pour les agents de l’État. En effet, elles sont associées à la notion de corruption. Par exemple, le site Internet de la mairie du 13ème arrondissement de Paris exprime clairement ceci : ‘ Il est interdit aux agents municipaux (éboueurs, égoutiers, etc.) de faire des quêtes et de demander des étrennes ‘, et cette interdiction est valable pour Paris tout entierUn arrêté préfectoral du 2 décembre 1955 l’interdit. La démarche est tout de même tolérée généralement par les communes et il n’est pas interdit par exemple de vendre des calendriers (facteur, pompiers…) sauf à Paris (selon l’avis préfectoral susmentionné).

Aux origines, le nom étrenne (XIIe siècle) vient du latin strena (associé à la déesse  romaine de la santé Strena), qui signifie bon présage, et donc par extension, cadeau à titre d’heureux présage. Les étrennes se sont surtout développées sous l’Empire romain sous forme de don de nourriture, de vêtements, d’argent voire d’objets précieux. L’auteur et aristocrate romain Symmachus (Symmaque – IVe siècle), ardent défenseur du paganisme, rapporte que les étrennes furent introduites par le roi Tatius Sabinus en recevant le premier, de la part de la déesse Strenia, la verbène (= verveine) du bois sacré, signe de bon augure pour l’année qui démarre. Dans la mesure où l’origine des étrennes est païenne, l’Église catholique en a condamné la pratique, jugée diabolique et reste de paganisme notamment par Saint Augustin, et par le Concile d’Auxerre en 587. Les différentes condamnations historiques n’ont cependant aucunement empêché la tradition de perdurer jusqu’à nos jours.

Mais le mot étrenne (féminin aussi) existe aussi, dans le cas où l’on utilise quelque chose pour la première fois : avoir l’étrenne de… étrenner un vêtement, le mettre pour la première fois. Au sens familier, étrenner signifie être le premier à subir un inconvénient : ah ben voilà, il a renversé son verre sur sa nouvelle chemise, il l’a bien étrennée !

 

Feu de Bengale

Le feu de Bengale est appelé également fusée éclairante. Ce feu d’artifice (artifice car à l’origine c’était pour imiter le feu, donc pas naturel, comme du feu artificiel) est utilisé dans le cadre de spectacles pyrotechniques mais aussi comme signalisation. Les signaleurs en utilisaient notamment lors d’arrêts accidentels de trains à l’époque où les communications radios n’existaient pas, pour éviter les collisions. L’origine du feu de Bengale remonterait au XVIIIe siècle, inventé par les Indiens de la région du Bengale dans le but d’effrayer leurs ennemis. En France, dès le XVIe siècle, on utilisait des procédés pyrotechniques à base de poudre pour animer des dragons crachant du feu lors de fêtes, mais le premier vrai feu d’artifice (pas feu de Bengale, qui a été utilisé ultérieurement !) fut tiré à l’occasion du mariage de Louis XIII et d’Anne d’Autriche en 1615, sur la Place des Vosges appelée alors Place Royale, à Paris. À cette époque-là, il n’y avait cependant pas encore de véritables couleurs dans les feux d’artifice (ils étaient blancs ou jaunes), celles-ci sont apparues au XVIIIe siècle grâce à la maîtrise de composés métalliques que l’on portait à très haute température, créant les couleurs de ce fait. Il a fallu attendre la IIIe République pour que les feux de Bengale soient utilisés pour célébrer la fête nationale, précisément en 1880.

Syndrome de Diogène

Le syndrome de Diogène est un syndrome que deux gériatres anglais, Clark et Mankikar, ont décrit en 1975. Le début des études sur ce sujet date de 1966. Ce syndrome correspond à un trouble du comportement qui conduit à des conditions de vie négligées, voire même insalubres dans les cas les plus graves. Mais pourquoi Diogène ? Diogène de Sinope était un philosophe grec né (à Sinope, d’où son nom !) en 413 avant J-C et décédé en 324 avant J-C à Corinthe. Son but était de vivre au plus près de la nature, à l’écart de la culture et de la civilisation, opposé à toute convention sociale et au regard très critique sur la société. Il ne se lavait pas et n’avait, selon la légende, qu’un tonneau pour vêtement. Concrètement, à notre époque, les personnes atteintes par ce syndrome sont souvent des personnes âgées et seules (mais pas toujours, il peut toucher tous les âges), présentant une tendance à accumuler à l’extrême (au point de ne plus pouvoir se déplacer sans marcher sur quelque chose), chez elles, tout un tas d’objets hétéroclites ou à l’inverse mais plus rarement, vivant dans le minimalisme le plus complet, repliées sur elles-mêmes et refusant systématiquement l’aide extérieure alors que celle-ci serait largement justifiée notamment en raison de risques sanitaires importants liés à l’insalubrité et la saleté générales, tant sur leur corps que dans leur habitation. C’est au cours d’hospitalisations que ce syndrome est généralement découvert.

 

Origine du blue jeans

Le blue jeans (ou blue jean), tout le monde connaît, mais sa véritable histoire, qu’en savons-nous ? Il vient non pas des États-Unis comme beaucoup le pensent mais de France, de Nîmes plus précisément ! Au XVIe siècle déjà, on y fabriquait la ‘ toile denim ‘ (tissu de coton sergé – à côtes obliques) qui servira plus tard à fabriquer les célèbres jeans. En 1853, à l’époque de la ruée vers l’or, Levi Strauss (homme d’affaires américain d’origine bavaroise, de son vrai nom Loeb Strauss – pour la petite histoire il a changé son prénom en 1850) a l’idée de fabriquer un pantalon dans la toile de ses tentes, de manière à proposer aux conquérants de l’Ouest des vêtements de travail solides. Quelques années plus tard, vers 1860, il continue de fabriquer des pantalons mais remplace la toile de tente par le coton de Nîmes, à savoir la toile denim, tout aussi solide, colorée en bleu dans des bains d’indigo. Cela marque la naissance des premiers blue jeans ! Le 501 fera quant à lui son apparition sur le marché en 1890. En 1933, dans le cadre du New Deal (= ‘ nouvelle donne ‘ en français – le New Deal est la politique interventionniste du Président Franklin Delano Roosevelt destinée à lutter contre les effets de la Grande Dépression aux États-Unis), des dizaines de milliers de salopettes en denim seront distribuées aux déshérités. Vers 1935,  le jeans deviendra populaire chez les étudiants et les artistes et débarquera en Europe en 1945 avec les GI’s à l’occasion de la Seconde Guerre mondiale. Peu de temps après, le jeans sera associé au blouson noir et à la Harley, devenant ainsi le symbole de la révolte des jeunes, puis un code vestimentaire chez les hippies des années 70. Depuis 1986, il est réapparu comme faisant partie intégrante des vêtements à la mode.

 

Pourquoi roule-t-on à gauche au Royaume-Uni ?

Au Moyen Âge, les chevaliers, généralement droitiers, portaient leur arme à gauche. En cas de combat c’était plus pratique et cela évitait d’entrechoquer les armes quand ils se croisaient (se déplaçant du côté gauche). Ce sens de circulation à gauche constitua très longtemps l’usage bien que n’étant pas réglementé officiellement jusqu’au XVIIIe siècle. Ce fut Napoléon qui changea ce sens, pour des raisons tactiques (habituellement les combats commençaient par le flanc gauche de la cavalerie). Il joua l’effet de surprise en débutant le combat par la droite (il avait entraîné ses hommes auparavant !) puis l’imposa ensuite aux pays conquis sur les routes nationales, l’Angleterre n’en faisant pas partie comme on le sait ! À notre époque d’ailleurs, un tiers des pays roulent encore à gauche de la chaussée. Pour remonter encore plus loin, il faut savoir que dans l’Antiquité déjà, les hommes se déplaçaient du côté gauche pour la même raison liée au port de l’arme à gauche afin de la dégainer plus facilement avec la main droite. De même lorsque le cheval fut régulièrement utilisé par les nobles et hommes d’armes, cela évita à leurs épées de se toucher, auquel cas cela aurait été considéré comme une provocation en duel. On ne rigolait pas avec la bienséance, à l’époque ! Donc après Napoléon, peu à peu les pays européens se mirent à circuler à droite. Au Royaume-Uni, dans les colonies britanniques et pays sous influence britannique, on continua de circuler du côté gauche de la chaussée, même après l’arrivée de l’automobile, bien que la conduite à droite soit plus justifiée à cause du frein à main situé à l’extérieur de la carrosserie des premières voitures… du côté droit ! Cependant, il existe une exception à la règle britannique. En plein cœur de Londres, il existe une rue privée où l’on roule à droite : Savoy Court, qui mène vers le Savoy Hotel, ce qui permet aux riches clients de ne pas faire le tour du véhicule quand ils en descendent pour entrer dans cet hôtel. Le Parlement autorisa même officiellement cette exception en 1902 par une loi spécifique !

Pourquoi appelle-t-on coquille une faute typographique ?

La coquille est une faute ou plutôt erreur de composition typographique due à un défaut d’attention, assez courante notamment dans les journaux : inversion, transposition, omission (bourdon), addition ou substitution de lettres (voire de mots entiers). Mais pourquoi une coquille ? Plusieurs versions se côtoient. Autrefois, la coquille St-Jacques était l’emblème de beaucoup d’imprimeurs, comme symbole de purification quand ils corrigeaient une faute. Une autre explication existe, liée à une erreur du Journal Officiel suite à une délibération sur les œufs de poule. Le texte fut publié en oubliant le Q au mot COQUILLE… Imaginez quel mot fut imprimé ! Il est d’ailleurs utilisé malgré tout pour désigner une erreur typographique, mais le vrai mot est COQUILLE, plus convenable. De plus, une légende dit que les anciens imprimeurs nettoyaient leurs plaques d’impression avec du blanc d’œuf (mon père était typographe, s’il avait été encore de ce monde, je lui aurais posé la question pour vérification d’authenticité… aussi, j’accepte avec plaisir des témoignages constructifs éventuels en commentaires sur cet article, de personnes aux sources sûres). Par ce nettoyage, parfois de petits bouts de coquilles pouvaient se coller sur les plaques, occultant certains endroits lors de la mise en place des caractères, donc provoquant des erreurs à l’impression finale. Pour la petite histoire, la première coquille par transposition de lettres a été trouvée dans la suscription sur la dernière page du célèbre Psautier de Mayence (imprimé en 1457 par Jean Fust et Pierre Schoeffer) : il y est écrit spalmorum pour psalmorum. Quoi qu’il en soit des diverses explications et légendes, le terme de coquille (comme erreur de composition) a bien une origine liée à la typographie, ayant fait son apparition en 1723 dans La Science pratique de l’imprimerie de Fertel.

Origine de l’arobase

L’arobase (nom féminin) ou arrobe, vous la connaissez, c’est un petit caractère typographique que l’on place dans les adresses mail : @. Eh bien elle n’est pas née avec Internet, loin de là ! Le mot arobase serait la déformation de a rond bas (bas de casse), à savoir un a minuscule entouré d’un rond. La délégation générale à la langue française préconise d’ailleurs le terme d’arrobe pour ce caractère. Du Moyen Âge au XIXe siècle, les marchands l’utilisaient pour indiquer le prix ou le poids des produits. Suite à cet usage comptable, l’arobase apparut sur les claviers des machines à écrire dès 1885 et fut énormément utilisée dès le XIXe siècle aux États-Unis. L’arobase fut ensuite reprise en 1971 par Ray Tomlinson (inventeur de l’email), à cause de l’intérêt lié au fait que ce caractère n’existait dans aucune langue et pouvait donc être utilisé facilement de manière internationale, à travers l’usage l’usage d’Internet.

Rayures sur la marinière : origine

La marinière, très en vogue de nos jours, est un vêtement chaud à l’origine porté par les marins, d’où son nom ! Elle est reconnaissable à ses célèbres rayures horizontales. Mais quelle en est, ou plutôt quelles en sont les origines ? Il en existe plusieurs. Parlons des vêtements à rayures : au Moyen Âge, ils étaient réservés aux bagnards, prisonniers, saltimbanques, prostituées et toute autre personne éloignée des codes sociaux établis. Ce fut une manière de les reconnaître, pendant très longtemps. Même au XXe siècle, les déportés de la Deuxième Guerre mondiale portaient des vêtements à rayures. Les simples matelots portaient également des vêtements rayés, permettant de les différencier des officiers : les marinières (M. Pastoureau l’explique en détails dans son livre l’Étoffe du diable). Une autre explication : les matelots étaient ainsi plus visibles s’ils tombaient à l’eau ou lors de manœuvres complexes. Enfin, une troisième explication serait  liée aux contraintes du tissage par métiers mécaniques circulaires, très longtemps utilisés par la bonneterie en Europe. Quant à la couleur blanche alternée avec la couleur bleue, elle pourrait être liée par économie au prix très élevé de la teinture indigo. En alternant le bleu et le blanc, le vêtement, très long au départ (il descendait jusqu’à mi-cuisse) était plus abordable financièrement.

Ane en culotte

Les ânes en culotte sont un symbole bien connu de l’Île de Ré qui appartient désormais à son folklore. Les ânes y sont habillés de culottes, en hommage à leurs aînés qui au XIXe siècle aidaient au transport du sel et du vin, avant la mécanisation de l’agriculture. Mais pourquoi les habiller (pattes avant et arrière) ? Les culottes étaient en fait des pantalons à bretelles, fabriqués dans divers tissus et destinés à protéger les ânes des piqûres d’insectes et des herbes coupantes. Les marais salants étant à l’époque la principale ressource de l’île, la production atteignait environ 30 000 tonnes. Il a donc fallu faire venir des ânes pour transporter tout ce sel, tout en cherchant à les protéger, grâce à ces ‘ culottes ‘. On peut encore en voir, pour le folklore, à Saint-Martin-de-Ré.

Miniature et enluminure

Le nom féminin (et adjectif également) miniature est connu de tous, mais savez-vous d’où il vient ? Il est lié aux enluminures moyenâgeuses (illustrations sur les manuscrits) qu’on appela aussi miniatures au fil du temps (bien que les miniatures au sens propre du terme aient dépassé l’illustration de manuscrits pour exister en tant que telles, à savoir des images peintes de petite taille), ceci en référence aux pigments présents dans la composition de leurs couleurs. Avant la découverte de l’imprimerie, les livres étaient écrits à la main (feuilles de parchemin ou de papier pressé manuellement). Ces ouvrages austères nécessitaient quelques agréments pour les rendre plus attractifs. C’est ainsi que les marges furent décorées de dessins aux couleurs vives, surtout d’un rouge éclatant (vermillon) composé d’oxyde de plomb appelé le minium. De là vient le mot miniature, plus précisément de l’italien miniatura, de minio = minium (Corneille 1644 – Dict.Étym.). Le nom féminin enluminure existe quant à lui depuis le XIIIe siècle, issu du latin illuminare = rendre lumineux.

Triumvirat

Voici un mot très employé en matière politique actuellement : triumvirat. Mais quelle en est l’origine ? Le mot triumvirat vient du latin triumviratus (de tres = trois et vir = homme). Un triumvirat dans la Rome antique était l’association de trois hommes, les triumvirs, pour exercer un pouvoir. Historiquement, le Premier triumvirat fut l’alliance politique secrète conclue entre César, Pompée et Crassus en 60 av. J.-C., qui se termina par une guerre civile et une dictature. Le Second triumvirat consista en l’alliance publique qu’Octave, Antoine et Lépide réalisèrent en 43 av. J.-C. pour former une magistrature aux pouvoirs illimités. Celle-ci déboucha sur l’Empire. Il y eut d’autres triumvirats à l’époque de la Révolution française sous l’Assemblée législative (les patriotes Du Port, Lameth et Barnave) puis sous la Convention (Robespierre, Couthon et Saint-Just).

Champs-Elysées et Champs Elysées

L’avenue des Champs-Élysées (avec un trait d’union) à Paris et longue de 1 880 mètres est mondialement connue. Mais d’où vient ce nom ? Il se rapporte aux mythologies grecque et romaine où les Champs Élysées (sans trait d’union), appelés aussi Élysée ou Champs Élyséens, n’étaient autre qu’un lieu de délices où il régnait un printemps éternel pour les âmes vertueuses dans l’Au-delà (poètes, héros etc.). C’est une partie des Enfers (au pluriel) appelés aussi l’Hadès, désignant le royaume des morts et n’ayant à l’origine rien à voir avec la conception chrétienne de l’Enfer. Le mot Élysées vient du bas latin elysei, du grec êlusia pedia, de elthein = venir. Enêlýsion = lieu frappé par la foudre. Les Champs Élysées étaient la quatrième division des Enfers chez les Grecs et la septième chez les Romains. L’une des caractéristiques de cet endroit est qu’on y conservait éternellement l’âge où l’on avait été le plus heureux de son vivant. On comprend alors aisément pourquoi le palais présidentiel français est si convoité !

Camembert clacos calendos

Le camembert, célèbre fromage au lait cru de vache, dont la pâte molle est légèrement salée et dont la croûte est dite fleurie (à savoir couverte de penicillium, lui donnant un aspect duveteux blanc) est originaire du village de Camembert dans l’Orne en Basse-Normandie (le nom a été vite trouvé !). Il est donc traditionnellement fabriqué en Normandie et protégé en France depuis 1982 par une appellation d’origine contrôlée (AOC) et dans les pays de l’Union européenne par une appellation d’origine protégée (AOP). Il porte, dans le langage populaire, un autre nom : clacos ou claquos. En argot, il est dénommé calendos. L’origine de ces noms n’est pas certaine, car il existe plusieurs explications non certifiées. Ce fromage est fabriqué depuis le XVIIe siècle, sans en porter le nom au départ. Marie Harel (1761-1844) de Vimoutiers (Orne), est considérée comme l’inventrice du camembert, ayant bénéficié en 1791 des conseils avertis en la matière d’un prêtre réfractaire au manoir de Beaumoncel où elle travaillait. Ses descendants ont créé une dynastie fromagère, notamment son petit-fils, Cyrille Paynel (né en 1817) à Mesnil-Mauger (Calvados). À partir de 1870, le monopole familial fut contesté par d’autres fromagers qui savaient eux aussi fabriquer le camembert.

Découvrez l’histoire et l’origine de vos plats préférés : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html

Espéranto

L’espéranto est une langue auxiliaire internationale créée en 1887 par le Polonais Ludwik Lejzer Zamenhof sous le pseudonyme de Doktoro Esperanto (Docteur qui espère), à partir de racines de langues indo-européennes. Cette langue a pour but de permettre aux peuples de langue différente de communiquer entre eux. C’est une langue vivante facile à apprendre car sa grammaire est régulière, il n’y a pas d’exceptions, contrairement à la langue française particulièrement connue pour ses nombreuses difficultés. On estime le nombre de gens qui parlent l’espéranto dans le monde entre 100 000 et 2 millions voire plus et pour certains il s’agit même une langue maternelle bien qu’elle ne soit la langue officielle d’aucun pays. Plusieurs écoles (sous forme d’associations, de clubs) existent en France et dans le monde bien sûr. L’UNESCO a d’ailleurs adopté plusieurs recommandations favorables à l’apprentissage de l’espéranto. Les personnes qui parlent l’espéranto sont des espérantophones. Pour en savoir plus : esperanto-france.org

Combien d’années la guerre de 100 ans a-t-elle duré ?

Vous avez dû entendre parler de la célèbre guerre de 100 ans, au moins à l’école quand vous étiez enfant. Mais savez-vous qu’elle n’a pas duré 100 ans du tout ? Oh pas beaucoup de différence quand même, mais suffisamment pour affirmer que ce nombre induit en erreur. Elle a duré 116 ans en réalité, entre 1337 (quand le roi d’Angleterre réclama la couronne de France) et 1453 (victoire française) mais fut entrecoupée de périodes de paix. Il s’agissait pour les Anglais de conquérir le Royaume de France. Cette guerre opposa les Plantagenêt et les Valois, ce qui occupa largement plusieurs générations de soldats ! Les troupes anglaises, après avoir au début remporté de nombreuses victoires, perdirent finalement leurs possessions sur le continent. Jeanne d’Arc eut un rôle déterminant sur l’issue du conflit car elle permit le réveil des forces françaises qui délivrèrent Orléans aux mains des Anglais.

Qu’est-ce qu’un édile ?

Les édiles étaient, dans l’Antiquité romaine, les magistrats chargés de l’administration urbaine de Rome. Actuellement, un édile est un élu municipal (maire, adjoint, conseiller), détenteur du pouvoir exécutif. Les édiles avaient à l’origine pour fonctions essentielles l’entretien des bâtiments et de la voirie, la police, l’approvisionnement de la ville et l’organisation de jeux. Les édiles curules , créés en 365 av. J.C, s’asseyaient d’ailleurs sur un siège curule (voir mon autre article à ce sujet), symbole de leur pouvoir. Le terme édile est issu du mot latin aedes = temple. Au-delà de leurs autres fonctions, la première tâche des édiles était d’assurer l’entretien des bâtiments sacrés (temples), ce qui leur conférait un rôle religieux en plus du rôle civil. L’édilité (fait d’être édile) était la deuxième magistrature du cursus honorum. Il fallait avoir au moins 31 ans pour y prétendre, et d’autre part avoir occupé précédemment une autre magistrature. Les édiles étaient considérés comme sacro-saints et étaient accompagnés de licteurs, ces derniers étant les ancêtres de la garde prétorienne (unité d’élite de la garde romaine).

Chutes de Salto Angel au Venezuela, les plus hautes chutes du monde

Les chutes de Salto Angel situées au Venezuela sont les plus hautes chutes d’eau du monde. Leur hauteur atteint 979 mètres, ce qui correspond à 15 fois celle des célèbres chutes du Niagara (à la frontière entre les États-Unis et le Canada). Difficiles d’accès à pied, des excursions en avion sont organisées pour les admirer. Le nom local de ces chutes est Kerepakupai Vená, ce qui signifie cascade du lieu le plus profond en langue arekuna (langue caribe – indigène d’Amérique du sud - parlée au Venezuela et en Guyana, sur la rivière Kamarang). En français, on les trouve sous le nom mal traduit de Saut de l’ange. En effet, Salto = cascade et Angel vient du nom de l’aviateur/explorateur américain qui a survolé cet espace le premier en 1933, à savoir Jimmy Angel (de son nom complet James Crawford Angel Marshall).

Signification du drapeau européen 12 étoiles

Le drapeau européen est décoré de 12 étoiles dorées à 5 branches, pointe vers le haut et disposées en cercle sur un fond bleu azur, il représente la solidarité et l’union entre les peuples d’Europe. Il fut adopté le 25 octobre 1955 par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe puis il est devenu, au 1er janvier 1986, le symbole de toutes les institutions européennes. SIGNIFICATIONle nombre douze incarne la perfection et la complétude et correspond aux 12 heures du jour et de la nuit mais également les 12 mois de l’année. Il n’a absolument rien à voir avec le nombre de pays au départ comme on l’entend souvent ! Son inspiration se trouve notamment dans l’Antiquité (12 divinités olympiennes) mais également dans la religion chrétienne (12 apôtres) et dans les 12 signes du zodiaque. Le bleu azur représente le ciel amis aussi la couleur de la Vierge Marie. Les étoiles à 5 branches représentent les peuples d’Europe et rappellent que le monde peut évoluer et devenir meilleur si l’on prend le temps de regarder les étoiles du ciel (Václav Havel à Strasbourg en 1990). Le cercle enfin symbolise l’unité, la solidarité et l’harmonie. Il est volontairement ouvert (on remarque aisément que les pointes des étoiles ne se touchent pas) pour montrer que l’Europe s’ouvre sur le monde.

Origine du découpage des départements français

L’idée de créer des départements français est assez ancienne : en 1787 il était question de subdiviser les provinces en départements afin que chacun puisse se déplacer jusqu’au chef-lieu sans dépasser une journée de transport à cheval, soit en moyenne 10 lieues de rayon à l’époque (une quarantaine de km). C’est ainsi qu’en 1790, les départements furent créés avec un territoire relativement peu étendu de ce fait. Le mot département (issu du latin classique partiri = part) était utilisé d’ailleurs dans le vocabulaire administratif au temps de François 1er, désignant le lieu assigné à un officier pour sa tâche (Dict. Étym.). Un premier décret fut ainsi promulgué le 22 décembre 1789, pour décider du découpage de la France en départements. Le nombre exact (83) fut fixé le 26 février 1790 et l’existence des départements fut effective le 4 mars 1790, quelques jours après. Depuis ce temps, beaucoup de modifications ont été effectuées. Depuis 2011, il y a 101 départements français, Mayotte étant le dernier. Ce découpage est actuellement remis en question par le gouvernement actuel, pour des raisons économiques.

 

Nicotine origine

Vous connaissez la nicotine, cette substance excitante contenue dans le tabac. Mais savez-vous d’où vient son nom ? C’est l’ambassadeur français à Lisbonne Jean Nicot (1530-1600), qui lui a donné son nom. En effet, à cette époque, les grands navigateurs avaient pour habitude de ramener diverses nouveautés des pays lointains qu’ils étaient partis conquérir. Jean Nicot envoya ainsi du tabac, ramené par un navire à Lisbonne, à Catherine de Médicis en 1560 qui le fit rapidement connaître à Paris. On surnomma très vite cette herbe : l’herbe de Nicot puis nicotiane – 1564 – (dict.étym.) de herba nicotiana en latin botanique, qui devint ensuite nicotine.

Acné ou acnée et acmé

L’erreur est courante d’écrire acnée au lieu de acné, parce que c’est un nom féminin, ce qui est trompeur ! L’acné, dermatose caractéristique bien connue de l’adolescence (mais pas seulement) vient du grec akmê qui signifie pointe. La relation est vite établie, n’est-ce pas ! Mais pourquoi le m est-il devenu un n alors (akMê => acNé) ? C’est simplement dû à une faute du copiste Aetius au VIe siècle. Cette erreur n’a jamais été corrigée. Savez-vous cependant qu’il existe un autre mot, moins connu, qui est issu également du grec akmê et qui a gardé son m ? Il s’agit du nom masculin ou féminin (les deux sont acceptés) acmé. L’acmé désigne l’apogée, le point le plus élevé, culminant d’une situation. L’acmé d’une civilisation, d’une carrière, c’est son apogée, son plus haut point.

Regagner ses pénates

Regagner ses pénates est une expression qui signifie rentrer à la maison, regagner son foyer. Mais des pénates, c’est quoi ? Pas des chaussures ni des chaussons comme certains le pensent à tort ! Les pénates étaient à l’origine, dans la mythologie romaine, les dieux du foyer, des divinités qui protégeaient la maison auxquelles on rendait un culte domestique, notamment des sacrifices par les magistrats de Rome lors d’un pèlerinage à Lavinium chaque année. Le mot vient du latin penates, issu de l’ancien latin penus = intérieur de la maison, provisions domestiques.

Teurgoule

La teurgoule, appelée également tergoule ou torgoule, est un plat normand à base de riz au lait parfumé à la cannelle dont il existe actuellement plusieurs déclinaisons, faciles à trouver dans les manuels et sites de cuisine. Son nom est assez évocateur, signifiant tord la goule = tord la bouche. Autrefois il était de coutume de la manger très chaude. Une autre explication laisse penser que les premières versions n’étant pas encore très moelleuses voire surprenantes en raison de la présence de cannelle, épice à laquelle les gens n’étaient pas encore habitués, on se dépêchait de la manger. Dans les deux cas, ça tordait la bouche ! La teurgoule est préparée dans un plat appelé terrinée. Mais qu’y a-t-il de normand dans le riz et la cannelle ? En fait, en fouillant un peu les origines, on découvre sans surprise que ces ingrédients faisaient partie des butins que les corsaires normands prenaient sur les galions espagnols mais également des navires britanniques revenant du Nouveau Monde au XVIIIe siècle. De nos jours, on remplace parfois la cannelle par une gousse de vanille, du caramel ou des zestes d’agrumes confits. Le plat serait apparu en période de disette (provoquée par de mauvaises récoltes) dans le Pays d’Auge sous le règne de Louis XV. L’intendant de la Généralité de Caen, François-Jean Orceau de Fontette, aurait alors réquisitionné un navire rempli de riz pour éviter les émeutes. Le riz fut ensuite cuit avec du lait auquel on a ajouté les épices.

Déguster de bons petits plats, c’est bien, mais en connaître l’histoire, c’est encore mieux : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html

Castagnettes

Castagnettes est un nom féminin pluriel désignant un instrument de musique très utilisé en Espagne, composé de deux petits morceaux de bois dur (généralement de châtaignier) concaves, reliés par un cordon et qu’on attache au poignet. On les frappe en cadence. Le mot vient de l’espagnol castañeta = petite châtaigne. L’origine des castagnettes est très ancienne, remontant à l’époque des Phéniciens (1000 ans av. J-C.) qui faisaient du commerce dans les pays du bassin méditerranéen comme la Grèce, la Turquie, l’Italie ou l’Espagne, pays où son usage s’est conservé depuis ce temps au point d’en devenir l’instrument national et faire partie de son patrimoine culturel.

Pied-de-poule et pied-de-coq

Le pied-de-poule et le pied-de-coq sont des motifs figuratifs de textile tissé ou imprimé qui tirent leur nom de leur ressemblance avec les empreintes de pattes de poule et de coq. C’est exactement le même motif d’ailleurs, la différence est la taille, le pied-de-coq est plus grand que le pied-de-poule. Le motif est réalisé à l’aide de groupes de 4 fils de laine noire et blanche dont le mode de tissage crée des carreaux aux pointes étirées, généralement sur du tweed. Le motif serait originaire des Lowlands en Ecosse, vers les années 1880,utilisé essentiellement par les bergers. Aucun clan ne l’ayant adopté, il a été choisi ensuite par ceux qui n’appartenaient pas à un clan spécifique, voire même par ceux qui souhaitaient garder le secret sur leur réelle appartenance. Autrefois, quelqu’un étant vu dans le tartan d’un clan auquel il n’appartenait pas, risquait à tout moment de se faire agresser. Pour éviter les conflits, il était donc pratique de porter des vêtements parés de ce motif neutre.

Pied-de-coq et pied-de-poule

Pied-de-coq et pied-de-poule

Partir en quenouille

Partir en quenouille – tomber en quenouille : cette expression signifie laisser à l’abandon, ne plus s’occuper de quelque chose. La quenouille, en général on la connaît de par les contes de notre enfance, La Belle au bois dormant par exemple, qui se piqua… à une quenouille ! Une quenouille, symbole féminin d’antan, est un bâton de bois en forme de fuseau sur lequel on enroulait le fil destiné à être tissé. Le mot quenouille date du XIIIe siècle (1265 – dict. étym.). Il est issu du latin médiéval conucula (Loi ripuaire), de colocula. Cette locution, au XVIe siècle, signifiait ‘ passer, par succession, dans la propriété d’une femme ‘, c’est-à-dire qu’un domaine devenait la propriété d’une femme par héritage, ce qui était rare autrefois ! Or ce sont les femmes qui filaient et de ce fait utilisaient la quenouille et les hommes pensaient (ils l’avaient surtout décrété sans demander l’avis des femmes !) qu’elles ne savaient pas faire grand-chose d’autre, en tout cas pas gérer une propriété. La société était fort misogyne à l’époque (l’est-elle moins maintenant ? … !). Quand on disait ensuite d’un domaine qu’il tombait en quenouille, cela signifiait qu’il était laissé à l’abandon. Le sens actuel désigne une perte de valeur, quelque chose laissé à l’abandon (un projet, une propriété…) et heureusement n’a plus de connotation sexiste comme autrefois !

Fonctionnement d’un bureau de vote

En France, les bureaux de vote sont institués par arrêté préfectoral et sont gérés par plusieurs types d’intervenants. Il y a un ou plusieurs bureaux par ville selon le nombre d’habitants. Chaque bureau est constitué ainsi :

Le président : c’est le maire ou un de ses adjoints généralement. Ce peut être également un conseiller municipal ou un électeur de la commune que le maire a désigné. Celui-ci dispose des autorités civiles et militaires, qui sont tenues d’exécuter ses ordres afin d’éviter tout incident violent. Il garde avec lui l’une des 2 clés de l’urne, ouvrant le bureau le matin et le fermant le soir. L’autre clé est confiée à l’un des assesseurs ou au secrétaire de bureau (agent communal à voix consultative). Généralement, le président est derrière l’urne pour faire voter les électeurs.

Les assesseurs : au nombre de 2 au minimum, ils sont désignés par les candidats ou partis qui participent à la campagne (ils ont priorité) – art. R.44 du Code électoral -, ou à défaut choisis parmi les électeurs (ex : l’électeur le plus âgé s’il manque un assesseur, le plus âgé et le plus jeune s’il en manque deux). Ils sont chargés de vérifier l’identité et l’inscription effective des électeurs au bureau de vote en question, de les faire signer sur la liste d’émargement, tamponner la carte électorale, gérer les procurations. Ils s’assurent également du bon ordre du bureau (bonne tenue de la table où reposent les bulletins de vote et les enveloppes, vérification régulière de la propreté et tenue des isoloirs, à savoir vider de temps en temps les poubelles de bulletins non utilisés, libérer la tablette de bulletins qui traînent…).

Le secrétaire : il s’agit d’un agent communal à voix consultative (ce peut être aussi un électeur de la commune) désigné par le président et les assesseurs.

Les scrutateurs : désignés par les candidats, les mandataires des listes présentes ou par les délégués, parmi les électeurs présents, une fois le bureau de vote fermé (18 h 00 sauf dans quelques très grandes villes), ils procèdent au dépouillement des votes sous la surveillance des membres du bureau. S’ils ne sont pas assez nombreux, le bureau de vote a droit de participer au dépouillement.

De manière à assurer un suivi sérieux des opérations de vote, la loi électorale exige qu’en permanence au moins deux membres du bureau de vote soient présents. Chaque candidat peut exiger la présence d’un délégué habilité à contrôler toutes les opérations électorales. Le délégué ne peut pas être assesseur, mais il peut en revanche être scrutateurs (art. R.65 du Code électoral).

Les résultats sont proclamés publiquement par le président du bureau centralisateur après établissement du procès-verbal, et affiché immédiatement dans la salle de vote.

 

 

Différence entre vote blanc et nul

Quand vous ne souhaitez soutenir aucune des listes électorales présentées, tout en votant car c’est un droit acquis en France et ce droit n’existe pas dans tous les pays, loin de là, il est comme tous les droits acquis durement donc autant l’utiliser, sachez la différence entre le vote blanc et le vote nul, ce qui vous permet de vous exprimer malgré tout et de montrer que vous êtes un citoyen éclairé.

Dans le cas du vote blanc, l’électeur dépose dans l’urne une enveloppe vide ou contenant un bulletin dépourvu de tout nom de candidat ou de toute indication dans le cas d’un référendum, comme par exemple une feuille blanche de même format que le bulletin de vote. Ce type de vote indique une volonté de se démarquer du choix proposé par l’élection.

Dans le cas du vote nul, l’électeur met dans l’enveloppe des bulletins déchirés ou annotés qui ne sont pas pris en compte dans les résultats de l’élection. Interpréter le sens d’un vote nul est parfois difficile. L’électeur n’a pas obligatoirement souhaité que son vote soit nul s’il a cru, par exemple, qu’une mention manuscrite ajoutée n’aurait aucune incidence. De même, un électeur peut déposer un bulletin nul pour manifester son opposition aux différents candidats et programmes présentés.

Nœud gordien

L’expression nœud gordien fait référence, sous forme de métaphore (figure de style fondée sur l’analogie) à un problème inextricable, une difficulté que l’on n’arrive pas à résoudre, mais qui se résout au final par une action brutale voire expéditive : trancher le nœud gordien. L’origine vient d’une légende liée à Alexandre le Grand. Gordius était un pauvre laboureur phrygien qui ne possédait que son chariot et ses bœufs. Les Phrygiens voulurent un jour se donner un roi et consultèrent l’oracle comme à leur habitude pour savoir comment faire. L’oracle leur dit de choisir le premier homme qu’ils verraient sur un char. Ce fut Gordius, évidemment (sinon, que viendrait-il faire dans cette histoire ?) ! Il donna son nom à Gordium, capitale de la Phrygie.

Et le nœud, quel rapport ? Avant de monter sur le trône, Gordius attacha ensemble le timon et le joug de son char en faisant un nœud inextricable, si habilement enlacé qu’on n’en voyait même pas les bouts. En 336 avant J.C., Alexandre (futur le Grand), vint à Gordium pour affermir son pouvoir et en devint maître. Il essaya de défaire le nœud car on lui avait expliqué qu’une ancienne tradition promettait l’empire de l’univers à celui qui arriverait à dénouer ce nœud qui avait résisté à toutes les tentatives jusque là. N’y arrivant pas, il le trancha d’un coup sec avec son épée, utilisant donc ce que l’on appelle communément ‘ les grands moyens ‘, d’où l’expression trancher le nœud gordien.

Noeud gordien

Noeud gordien

Colonne Morris

Toute personne étant allée un jour à Paris a forcément déjà vu des colonnes Morris sans en connaître forcément le nom ni l’origine.  Il s’agit en fait d’un élément du mobilier urbain essentiellement parisien mais que l’on rencontre également dans d’autres grandes villes françaises. Sa forme est cylindrique et elle sert de support à la promotion des spectacles et des films. Elle est éclairée la nuit et souvent rotative. Son espace intérieur est parfois utilisé pour entreposer le matériel de nettoyage des rues voire abriter des toilettes ou des téléphones publics. Les colonnes Morris doivent leur nom à l’imprimeur Gabriel Morris qui en a obtenu la concession en 1868 à des fins publicitaires avec un monopole sur 15 ans pour l’installation de 150 colonnes dans la capitale française suite à un appel d’offres, les théâtres et autres lieux de divertissement se multipliant de plus en plus.

Colonne Morris

Colonne Morris

Siège curule

Le siège curule (sella curulis, de currus = chariot) est un des symboles du pouvoir en Rome antique. Pouvaient s’y asseoir les magistrats et promagistrats romains qui possédaient l’imperium, à savoir le pouvoir de contraindre et de punir : consuls, dictateurs, maîtres de cavalerie, préteurs et édiles (magistrats chargés de l’administration urbaine de Rome). Selon Plutarque, l’exercice par un client d’une magistrature autorisant l’utilisation d’une chaise curule lui permettait de s’affranchir de la tutelle de son patron. Le siège curule était en général très lourd et difficilement transportable car fait d’argent (et d’or pour Jules César). Il servait à rendre la justice.

Caligula et son siège curule

Caligula et son siège curule

 

Entomophagie

L’entomophagie est la consommation humaine d’insectes (comestibles bien sûr !), généralement accompagnés d’épices qui en relèvent le goût. Cette pratique contemporaine se retrouve dans une bonne centaine de pays, il existe environ 1 900 espèces d’insectes comestibles à travers le monde, qui nourrissent déjà 2 milliards d’êtres humains. L’avantage le plus reconnu est que ces insectes contiennent beaucoup de protéines, jusqu’à 60 % du poids sec, souvent supérieur à la viande de bœuf (grillons, sauterelles par exemple). De plus, les insectes possèdent un ratio d’acides gras saturés (par rapport aux acides gras insaturés) très proche de l’idéal théorique selon notamment une étude de Paoletti de 2013 recommandé par l’EFSA et la FAO (FAO, food and nutrition paper 91, 2008). Les insectes représentent une source de nourriture écologique avec un cycle court de reproduction, en plus de leur apport nutritionnel. Une grande quantité de surfaces agraires peut ainsi être libérée, revenant à des cultures vivrières non pour le bétail mais pour l’homme directement. Enfin, la facture énergétique pour produire 1 kg de protéines est très inférieure à celle liée à l’élevage du bœuf et autres types de bétail traditionnel, sans compter l’avantage lié à l’absence de gaz à effet de serre.

Le nom féminin entomophagie est constitué de entomo- du grec ancien ἔντομα, éntoma = insecte de ἔντομος, éntomos = incisé, entaillé et de -phagie du grec ancien -φαγια, -phagia, de φάγος, phagos = glouton.

Maire : origine du mot et historique de la fonction de maire

Le maire est le premier magistrat d’une commune et en est l’organe exécutif, il est élu par le conseil municipal, lui-même élu par les électeurs de la commune. Mais d’où vient ce mot : maire ? Il est issu du latin major qui signifie ‘ plus grand ‘. La commune est apparue peu à peu en France et ce n’est qu’en 1790 qu’un réel statut en est fixé de manière précise. Les origines du mouvement communal remontent au XIe siècle. Le maire apparaît cependant au XIIe siècle.

À partir du moment où la commune était reconnue juridiquement et politiquement, elle devait se doter obligatoirement d’organes pour la représenter. Au début, en fonction des lieux et des époques on parlera de pairs, d’échevins ou de conseillers. Fin XVe siècle, les maires achetaient leur charge pour deux ans, ils étaient électeurs censitaires, à savoir qu’ils payaient le cens électoral (droit seigneurial), au final ils payaient leur droit de vote. Le mot maire trouve son origine dans le Polyptique d’Irminon, ouvrage de droit d’un Abbé de Saint-Germain-des-Prés (IXe siècle), où il emploie le mot maior pour désigner le représentant du domaine, à savoir celui qui administre le village pour le compte du seigneur. À l’origine, c’est par le maire que les citoyens étaient informés d’un changement de régime, des élections et nouvelles lois. Son impact sur la population a pris de l’importance au fil du temps. L’histoire des maires est liée à une fonction tiraillée entre pouvoir central et administrés, mais également peut être considérée comme la victoire de la démocratie, au départ locale mais qui s’est étendue au pays entier.

Le mandat municipal est de 6 ans. Le mode de scrutin diffère selon la taille de la commune. Après la réforme introduite par la loi n°2013-403 du 17 mai 2013, qui s’appliquera à partir du renouvellement général des conseils municipaux de 2014, il s’agira pour les élections des 23 et 30 mars 2014 d’un scrutin majoritaire plurinominal avec panachage pour les communes de moins de 1 000 habitants et d’un scrutin proportionnel de liste avec prime majoritaire, pour les communes plus importantes.

Sabotage origine

Tout le monde connaît ce mot : sabotage, qui signifie détruire ou abîmer volontairement. Mais d’où vient-il ? Il vient de sabot, oui le sabot, la chaussure. Le nom masculin sabot vient lui-même de çabot (XIIe siècle) = chaussure, qui est le croisement de deux mots de l’ancien français bot (botte) et savate. Une savate un peu haute en fait. À l’époque des Canuts (à Lyon) au XIXe siècle, les travailleurs désirant un congé ou lutter contre le patron en raison de trop d’heures de travail (ils en faisaient vraiment beaucoup !), jetaient un sabot dans les machines de l’usine ou ferme. Ils endommageaient de ce fait l’outil de travail et ne reprenaient qu’une fois l’outil réparé, mettant de force le patron en difficulté.

Suite à une évolution, de nouvelles machines à tisser leur ont été présentées, de type Jacquard, combinant techniques des aiguilles de Basile Bouchon, cartes perforées de Falcon et cylindre de Vaucanson. La possibilité de les programmer en utilisant des cartes perforées en fait par certains côtés les ancêtres de l’ordinateur. Les ouvriers ont eu alors peur de ne plus avoir de travail du fait de cette capacité plus grande des machines avec moins d’effort et moins de main d’oeuvre (nous en connaissons d’autres exemples à notre époque, liés à la rentabilité… c’était déjà le cas !). Ils se sont révoltés et ont cassé les nouvelles machines à nouveau avec leurs sabots et c’est de là qu’est né le terme de sabotage. En 1808 , le Dictionnaire Historique de la langue française d’Alain Rey définit ce terme dans le sens de ‘ faire vite et mal ‘.

Municipal origine du mot

Bientôt les élections municipales en France, ça tout le monde le sait !…  Mais saviez-vous d’où vient le mot municipal ? Vous êtes-vous posé la question ? En tout état de cause, voici la réponse : cet adjectif vient du latin municipalis, qui signifie textuellement (dict. étym.) ‘ qui appartient à un municipe ‘. Bon, c’est bien gentil mais voilà, qu’est-ce qu’un municipe ? Un municipe  est un terme (datant de 1765)  issu du latin municipium, de munus = charge et capere = prendre. Ah, c’est déjà plus clair, non ?  Un peu d’Histoire pour mieux comprendre : dans l’Antiquité romaine, un municipe était une cité italienne qui se gouvernait par ses propres lois mais cependant soumise à Rome et qui devait de ce fait participer à ses charges financières et militaires. Une municipalité est devenue ainsi à notre époque un territoire soumis à une organisation… municipale !

Courir à fond de train

Courir à fond de train signifie courir à toute vitesse. Mais quelle est l’origine de cette expression ? Car tout s’explique, n’est-ce pas !  Elle est relativement récente, datant de la fin du XIXe siècle. Il faut se plonger dans le milieu équestre pour comprendre. Le terme train est en rapport avec le trot du cheval, c’est la vitesse donnée à une course. Le fond, dans le lexique des termes hippiques, est décrit ainsi : ’ qualité de tenue qui permet de courir les longues distances ‘.

Expression trier sur le volet

Trier sur le volet, c’est sélectionner très soigneusement. L’expression s’applique aux personnes en général. Par exemple, les figurants et acteurs pour un film seront triés sur le volet, c’est-à-dire qu’ils devront correspondre à des profils bien particuliers en fonction du rôle qu’ils auront à jouer. Trier, d’accord ! On comprend facilement. Mais ‘sur le volet’ ? Quel rapport ? Le volet que nous connaissons à notre époque est plutôt celui qui se trouve devant nos fenêtres, mais évidemment, il ne s’agit pas de ce volet-là ! Il faut comme toujours, lorsque l’on cherche l’origine d’un mot ou d’une locution, s’aventurer un peu dans le passé pour y découvrir l’explication. Au Moyen Âge, le volet était en fait un tissu très fin et léger, à tel point qu’il puisse voleter au vent. Il servait à fabriquer des tamis pour trier les graines. Ces tamis ont d’ailleurs plus tard pris ce même nom de volet. Au XIIIe siècle, le volet était la partie volante d’une coiffe (dict. étym. Larousse). Au XVe siècle, le volet était une assiette en bois dans laquelle les femmes devaient trier pois et fèves. En 1542, Rabelais utilisa d’ailleurs l’expression ‘trier sur le volet’.

Avoir du pot

Avoir du pot, du bol, du ‘cul’, c’est la même chose ! Cette expression familière signifie avoir de la chance. Mais quel rapport ? En argot, le ‘cul’ veut dire chance, au-delà de sa signification première désignant un endroit du corps qu’il est inutile de détailler ici ! De même, le pot et le bol désignaient cette partie du corps en ancien français. Attention, à notre époque certains mots comme ‘cul’ sont devenus vulgaires, ce qui n’était pas le cas il y a très longtemps (exemple : le mot cul-de-sac existe depuis le XIIIe siècle et n’est empreint d’aucune vulgarité).

CAC 40

Que veut dire CAC ? Cotation Assistée en Continu. Le CAC 40 notamment est l’indice phare de la Bourse de Paris, il existe depuis le 31 décembre 1987. Il a été créé par la Compagnie des agents de change. L’indice CAC 40 est calculé par rapport aux cours de 40 actions (valeurs) cotées en continu parmi les cent sociétés aux échanges les plus abondants sur Euronext Paris, branche française de Euronext (groupe européen d’entreprises de marchés financiers), première Bourse européenne. La valeur boursière d’une entreprise correspond au cours de bourse multiplié par le nombre d’actions qui composent le capital. À quoi sert cet indice ? C’est en fait un baromètre destiné à donner la tendance du marché. Il est à la fois instrument de mesure et outil de comparaison, auquel les gérants de portefeuilles doivent se référer.

Conclave

Le conclave désigne pour l’Église catholique romaine l’endroit où sont enfermés à clef les cardinaux de moins de 80 ans dans le but d’élire le pape lors de la période dite Sede vacante, c’est-à-dire pendant les quelques jours après le décès voire la démission du dernier pape comme cela s’est produit exceptionnellement pour Benoît XVI. Le conclave désigne également l’assemblée elle-même et le travail qui y est effectué. Le mot conclave est dérivé du latin cum clave qui veut dire à clef. Le dernier conclave a eu lieu les 12 et 13 mars 2013, pour élire le Pape François. Il faut recueillir les deux tiers des votes pour être élu. Le résultat de chaque vote est annoncé par une fumée qui sort de la cheminée de la Chapelle Sixtine, noire si le pape n’est pas encore élu, blanche quand il est élu.

Le coprah ou copra

Tout le monde connaît la noix de coco, mais le coprah, qu’est-ce donc ? C’est l’albumen séché de la noix de coco. Mais l’albumen, qu’est-ce que c’est ? C’est généralement le blanc d’œuf mais dans le cas présent, il s’agit du tissu riche en réserves nutritives de la graine (amande) que l’on connaît sous le nom de lait de coco, eau de coco ou chair de coco. Le coprah sert notamment à fabriquer l’huile de coprah. C’est une huile non fluide, d’apparence graisseuse et épaisse, comme l’huile de palme. Le coprah est donc l’amande de coco que l’on a séparée de sa coque puis desséchée. Attention, il ne faut pas confondre avec l’huile de coco où l’amande de coco n’y a pas été desséchée, conservant donc l’odeur du coco.

Le tourteau de coprah, quant à lui, est un résidu solide lui-même issu du résidu de coprah après la pression (extraction de l’huile). Très riche en protides et acides gras saturés, il est utilisé ensuite comme fertilisant agricole et pour l’alimentation du bétail : bovins, porcs, chevaux, crevettes d’élevage etc.

Marégraphe

Un marégraphe est un instrument qui enregistre les variations du niveau de la mer (marée), à un endroit précis sur une durée déterminée. On trouve plusieurs sortes de marégraphes : les marégraphes de surface à flotteur, appelés aussi marégraphes analogiques, et les marégraphes plongeurs (numériques côtiers et de pression de fond). Les mesures sont inscrites au fur et à mesure sur un papier déroulant appelé marégramme.

 

Lavande

La lavande est une plante aromatique très parfumée essentiellement méditerranéenne bien qu’elle pousse dans de nombreuses autres régions, à partir du moment où le terrain est rocailleux. Origine du nom lavande : vient de l’italien lavanda (‘ qui sert à laver ‘). Il existe deux sortes de lavande : la vraie lavande (lavandula vera) et la lavande aspic (lavandula spica). En Provence, la lavande est appelée ‘ baïasse ‘, et les champs de lavande sont appelés des ‘ baïassières ‘. La lavande qui y est cultivée est en fait du lavandin, hybride naturel de la lavande.

La lavande attire beaucoup les abeilles, on en fait d’ailleurs du miel, de goût assez puissant, excellent pour soulager la migraine et autres maux de tête. Elle réduit également l’anxiété et aide à l’endormissement. La lavande est utilisée pour parfumer les vêtements dans les placards (on la met dans de petits sachets de toile) et éloigner les mites. Son odeur est légèrement camphrée. Elle est beaucoup utilisée en parfumerie. Les Romains l’utilisaient d’ailleurs pour parfumer leurs bains et leurs vêtements. Ses propriétés apaisantes la firent aussi considérer autrefois comme favorisant la chasteté. La fondatrice de l’ordre des Ursulines, Sainte Angèle Merici, infligeait des jeûnes à base de lavande et de romarin aux religieuses de son couvent convaincues de pensées interdites… D’un point de vue plus médical, ses pouvoirs désinfectants étaient reconnus au Moyen Âge. On en faisait des fumigations et des emplâtres pour combattre la peste.

Lavande

Lavande

Estragon

L’estragon est une plante aromatique originaire des plaines de Sibérie. Les Mongols, au cours de leurs invasions, l’exportèrent au Moyen-Orient avant que l’estragon n’arrive en Europe.

Origine du mot estragon : milieu du XVIe siècle. Il s’agit d’une altération du mot targon (voir Rabelais 1540) et vient du latin botanique tarchon lui-même emprunté à l’arabe tarkhun qui veut dire ‘ petit dragon ‘. L’estragon est appelé ‘ herbe dragon ‘ aussi de par sa ressemblance avec les dragons marins de la mythologie. Autrefois, on pensait que les racines d’estragon avaient la vertu de guérir les morsures de serpents. De même on lui prêtait des vertus aphrodisiaques (les gens frottaient leurs vêtements avec de l’estragon pour se rendre plus désirables… cela masquait surtout des odeurs moins agréables à une époque où l’hygiène laissait… à désirer…).

Pourquoi ne trouve-t-on jamais de sachets de graines d’estragon dans les jardineries ? Parce que l’estragon n’a pas de fruit, donc pas de graines. Il fleurit parfois mais ses fleurs sont stériles. On n’en trouve jamais dans la nature, il est toujours cultivé. Le seul moyen de le multiplier est de diviser ses touffes ou de le bouturer. Le seul estragon qui se multiplie par graines est l’estragon russe, mais qui n’a aucune valeur culinaire et ressemble plus à de l’armoise.

L’estragon est utilisé dans les pots de cornichons mais aussi certains vinaigres, pour aromatiser les salades, les viandes et poissons, etc. Il se conserve très bien au congélateur pour l’hiver (blanchi et mis dans des sacs hermétiques).

Estragon

Estragon

Gourde

Tout le monde connaît le récipient que l’on emmène en randonnée ou en camping, contenant de quoi boire : la gourde. Mais pourquoi un tel nom ? Parce que le mot vient du latin cucurbita = citrouille (les cucurbitacées). Les premières gourdes étaient faites en utilisant une calebasse, cucurbitacée dont le fruit est creux. Le mot gourde est également une altération de couhourde, courde (XIIIe siècle- Dict. Étym.).

Gourde

Gourde

Calebasse

Calebasse

Pourquoi offre-t-on des oeufs à Pâques ?

Pourquoi offre-ton des œufs à Pâques ? Cette tradition était déjà connue à l’époque de l’Antiquité. Les Égyptiens et les Romains offraient des œufs peints au printemps en tant que symboles de vie et de renaissance. Pour les religions primitives il s’agissait de la période de l’équinoxe de printemps, symbole du renouveau après l’hiver, fête de la vie. Dans la religion juive, la fête rappelle l’époque où le peuple Hébreu s’est enfui d’Égypte conduit par Moïse, il y a plus de 3000 ans. Dans la religion chrétienne, Pâques rappelle le moment où le Christ est ressuscité. L’Église instaura au IVe siècle l’interdiction de manger des œufs pendant le Carême mais les poules continuaient de pondre ! Les œufs pondus depuis le début du Carême étaient donc décorés et offerts et les plus frais d’entre eux mangés en omelette. La tradition d’offrir des œufs, en chocolat de nos jours, est restée.

Entrez dans les secrets de la langue française tout en vous amusant avec ‘ Alpha et le secret des mots ‘, de Corinne DUVAL, un livre tous publics écrit par une professionnelle de la langue française : http://www.thebookedition.com/corinne-duval-alpha-et-le-secret-des-mots-p-127154.html

Oeuf de Fabergé

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Oeuf à la Poule 1885 - Fabergé

Les œufs de Fabergé sont des objets précieux et célèbres créés par le joaillier Pierre-Karl Fabergé. Les plus connus ont été créés pour Alexandre III et Nicolas II de Russie, qui les offrirent à leurs épouses respectives, Maria Fedorovna et Alexandra Fedorovna, pour la fête de Pâques. Leur nombre : 50 furent réalisés dont il en reste 42. Deux autres œufs ne furent jamais livrés, les œufs Constellation et Bouleau de Carélie pour 1918.

De quoi sont faits ces œufs ? Ils sont constitués de métaux précieux ou de pierres dures décorées d’émail et de pierres précieuses. Le terme œuf de Fabergé est de ce fait devenu synonyme de luxe, les œufs étant considérés comme des chefs-d’œuvre de l’art du joaillier. Le premier œuf de Fabergé date de 1885 (l’œuf à la Poule) et les derniers de 1914-16 (l’œuf Snowflake) puis 1917 (l’œuf en Bouleau et l’œuf Blue du Constellation Tsarévitch).

 

Pommes dauphine

Les pommes dauphine sont une spécialité culinaire française (de la région Île-de-France plus précisément) composée de boulettes de purée de pommes de terre et de pâte à choux salée,que l’on frit à 160 °C / 170 °C. L’expression pommes dauphine (sans S à la fin de dauphine) existe depuis 1891 mais serait apparue en 1864 sous la forme : pommes de terre à la dauphine. La Dauphine est l’épouse du Dauphin, héritier logique de la couronne de France en tant que fils aîné du Roi sous l’Ancien régime. Comment cette recette est-elle née ? Il était fréquent que le Dauphin arrive en retard à une invitation. Un jour, le cuisinier arrêta, suite à ce retard, la cuisson d’une préparation à base de pommes de terre qu’il venait de commencer à faire sauter. Quand le Dauphin arriva, il reprit la cuisson et la préparation se mit à gonfler, créant ainsi cette nouvelle recette. Pour information historique complémentaire, le nom de Dauphin vient du Dauphiné. Les héritiers du trône de France portèrent le titre de Dauphin quand en 1343, Humbert II du Viennois, très endetté, finit par céder sa seigneurie d’Albon et du Viennois (appelée plus tard Dauphiné) au roi de France Philippe VI de Valois. La condition fut que l’héritier portât le titre de Dauphin.

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Se tenir à carreau

L’expression se tenir à carreau signifie être sur ses gardes, se faire discret, ne pas se manifester, se montrer, s’efforcer de passer inaperçu. Mais pourquoi à carreau ? L’expression viendrait d’une arme ancienne que tout le monde connaît au moins de nom, l’arbalète. Pour l’utiliser, il fallait obligatoirement disposer de carreaux (c’est le nom de la flèche spécifique à cette arme). De ce fait, le garde (arbalétrier) qui autrefois surveillait les environs du haut de son échauguette devait se tenir à carreau (en restant discret pour ne pas être repéré) prêt à enfiler le carreau sur son arme afin de dissuader les visiteurs de s’approcher trop près.

Il existe d’autres explications possibles : l’une viendrait d’un jeu de cartes dont est issu le dicton qui se garde à carreau n’est jamais capot, à savoir qui surveille bien son jeu, sur ses gardes pour ne pas perdre. De plus, dans le jeu de cartes, chaque emblème représente une arme. Le cœur = le courage, la noblesse (la cavalerie), le pique = l’arme de l’infanterie, le trèfle = le fourrage et le carreau = le projectile tiré par l’arbalète. Une autre explication serait issue de l’argot où (Jacques Arnal : ‘Argot de police ‘) le carreau n’est autre que le domicile, donc se tenir à carreau, rester caché chez soi.

Conserveur et conservateur

Le conserveur est une personne qui travaille dans l’industrie des conserves, à savoir dans une conserverie. Exemple : les célèbres conserveries de sardines à Douarnenez.

Le conservateur peut être : 1 - Un additif alimentaire (substance chimique minérale ou organique) ajouté aux aliments pour en prolonger la conservation. 2 - Un métier de la fonction publique (conservateur du patrimoine). ‘ Placés au sein ou à la tête d’institutions patrimoniales, les conservateurs du patrimoine ont pour mission d’étudier, de classer, de conserver, d’entretenir, d’enrichir, de mettre en valeur et de faire connaître le patrimoine. Ils en favorisent le partage avec les publics les plus larges. Ils participent et veillent à l’approfondissement de la recherche scientifique appliquée au patrimoine. ‘ (source INP) 3 - En matière politique, une personne adepte d’une doctrine conservatrice (libéralisme économique).

Jérémiade

Une jérémiade est une plainte, une lamentation. Le terme est généralement utilisé au pluriel. On dira notamment à quelqu’un qui se plaint tout le temps : ‘ Cesse donc tes jérémiades ! ‘. Mais savez-vous d’où vient ce mot ? Il vient de la référence au prophète Jérémie, par allusion à ses célèbres lamentations dans ‘ Le Livre des Lamentations ‘ de l’Ancien Testament. Le texte, dont l’auteur est anonyme, aurait été rédigé entre 598 av. J-C (date de la première déportation), et la prise de Babylone par Cyrus en 538 av. J-C. C’est un recueil de 5 poèmes lyriques de lamentations liées à la prise et à la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor II (roi de Babylone).

Pourquoi le lait est-il blanc ?

Pourquoi le lait est-il blanc ? Question que peuvent vous poser vos enfants, autant savoir y répondre ! Le lait est en réalité formé de 7 substances composantes essentielles, à savoir de l’eau, des matières grasses, des protéines, du sucre, des minéraux, des vitamines et des enzymes. La couleur blanche du lait provient des protéines, matières grasses et minéraux qui le composent. Tous ensemble, ils reflètent la totalité des couleurs de la lumière (spectre lumineux), ce qui crée le blanc typique du lait. On cite également souvent la caséine qui est une protéine riche en calcium et contribue fortement à donner au lait sa couleur. Les matières grasses du lait se présentent sous forme de globules incolores, alors que la caséine est en suspension dans le lait, sous forme de petites particules solides invisibles à l’œil nu, appelées micelles. Les graisses et la caséine dévient les rayons lumineux en diffractant la lumière, c’est-à-dire que la lumière n’est pas absorbée, mais diffusée par le liquide. C’est le même phénomène que celui de la lumière solaire. Le lait entier est très blanc car très gras. Le lait écrémé, donc moins gras, est en revanche un peu plus bleuté car il comporte moins de particules ‘diffractantes’. La caséine, particule plus petite, dévie de ce fait davantage les longueurs d’ondes courtes, à savoir la couleur bleue. Plus un lait est blanc, plus on peut en conclure à l’œil nu qu’il est riche en matières grasses.

Ministère pétrinien

Le pape Benoît XVI a dernièrement annoncé sa démission du ministère pétrinien, phénomène très rare puisque la dernière démission fut celle du Pape Grégoire XII en 1425 pour, dit-on mettre fin au ‘ Grand Schisme d’Occident ‘. Avant lui, il y eut Benoît IX en 1294, forcé par l’Église à démissionner et aussi Célestin V en 1294 également. PÉTRINIEN : qui est en rapport avec l’apôtre Saint-Pierre, du grec petros (pierre) + ien. ‘Mes forces ne sont plus aptes à exercer le ministère pétrinien.’ dixit le pape Benoît XVI lors de son discours au consistoire du 11 février 2013. Cela signifie qu’il démissionne de ses fonctions papales. Pourquoi Saint-Pierre ? En rapport tout simplement avec le nom de la Basilique Saint-Pierre du Vatican, qui est l’église du Pape et de l’État pontifical.

Social et sociétal

Le terme social concerne la vie en société comme les questions relatives à l’emploi, à l’économie, à la santé, au logement etc. On parle d’avancées sociales, de progrès social : par exemple les lois qui améliorent les droits des travailleurs, un accès simplifié au logement… Protection sociale : assurance maladie, assurance chômage etc.
Le terme sociétal se rapporte aux divers aspects de la vie sociale des individus, de par le fait qu’ils constituent une société organisée. Les questions éthiques et morales, par exemple, sont des questions sociétales. La question du mariage homosexuel notamment est une question sociétale car elle concerne bien des aspects de la vie sociale des personnes concernées. Faire fonctionner la société grâce à des énergies et matières premières renouvelables et/ou disponibles en quantités suffisantes est aussi une question sociétale, de même que faire en sorte de donner à tout être humain la possibilité de manger et boire suffisamment ainsi que celle d’accéder aux soins de santé de base.

Judiciaire et juridique

Les deux termes judiciaire et juridique concernent le droit, mais avec des différences ! Le terme juridique désigne précisément ce qui se rapporte à la matière, au domaine, aux sources et au contenu du droit (lois, règlements divers). On dira par exemple qu’un acte est juridique en ce sens qu’il est requis, prévu par un texte – en général une loi – et effectué selon des formes requises. On parlera de même d’aide juridictionnelle car liée à ce contenu du droit. Le terme judiciaire en revanche se rapporte à la justice dans le cadre de procès, il s’agit en fait de l’aspect pratique du droit. Les mesures judiciaires sont d’ailleurs ordonnées par un juge. Dans le cas de poursuite judiciaire, une personne intente une action en justice contre une autre personne ou une organisation (société, association etc.) qui l’a lésée selon elle de manière ou d’autre, elle saisit alors un juge de l’affaire.

Un aigle et une aigle

Un AIGLE est un oiseau rapace que tout le monde connaît. Une aigle est une femelle AIGLE. Cependant, UNE AIGLE est aussi un emblème héraldique couronnant la hampe d’un drapeau ou d’armoiries. Cette aigle a été utilisée dès les Croisades. Issue de l’aigle romaine, elle est devenue le symbole de l’empire, une deuxième tête lui fut même ajoutée sous la dynastie byzantine des Paléologues (famille noble d’origine grecque dont fut issue la dernière dynastie à la tête de l’empire byzantin).

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AIGLE HERALDIQUE

Ingérence humanitaire

Le nom ‘ ingérence ‘ vient du latin ingerere, qui signifie porter dans. Il désigne une immixtion (s’immiscer dans les affaires d’autrui). On parle souvent de l’ingérence humanitaire qui est une doctrine prônant la possibilité d’envoyer des secours humanitaires voire des forces armées internationales afin de venir en aide à des populations victimes de catastrophes naturelles mais aussi de violations des Droits de l’Homme, sans que l’avis de l’État concerné ne soit demandé préalablement. L’objectif est humanitaire en ce sens qu’il vise à porter secours et protéger les populations déclarées en danger. L’expression ‘ ingérence humanitaire ‘ fut inventée à la fin des années 80 par Bernard Kouchner (fondateur de Médecins sans frontières et homme politique) et Mario Bettati (professeur de droit international public). Ils estimaient que certaines situations d’urgence pouvaient justifier moralement un devoir d’ingérence, ce qui remettait clairement en cause le principe de souveraineté des États. Cependant l’ingérence humanitaire trouve ses bases morales dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. Ses partisans l’estiment légitime dans les cas de violation massive des Droits de l’Homme et à la condition impérative d’être encadrée par une organisation supranationale, notamment le Conseil de sécurité des Nations unies.

Lapidaire et laconique

Lapidaire, au sens propre du terme, désigne ce qui a trait aux pierres précieuses, mais au sens figuré, cet adjectif désigne un discours bref et concis, mais quel rapport avec les pierres ? C’est dans l’étymologie que nous le trouverons, le mot vient du latin lapidarius = ‘ qui a le style des inscriptions sur pierre ‘ (Acad. 1718), de lapis = pierre. Une inscription sur pierre est concise, précise, tout comme le discours lapidaire. Synonyme de lapidaire : laconique.

Laconique (début XVIe siècle – Dict. Étym) vient du latin laconicus emprunté au grec lakônikos = ‘ à la manière des Laconiens (Lacédémoniens, habitants de la Laconie) ‘, réputés pour avoir une manière de parler concise, exprimant leur pensée en peu de mots, de façon brève.

Faire grève

Faire grève signifie, dans le sens général, que des salariés cessent de travailler (de quelques heures à plusieurs semaines) de manière concertée pour obtenir des avantages, contester une décision de la direction et essayer de la convaincre de la retirer, ou faire remonter à la direction un conflit avec des supérieurs hiérarchiques. Le mot ‘ Grève ‘ trouve son origine dans l’Histoire de France. Il s’agissait d’une place parisienne nommée ainsi parce qu’on y trouvait une grève, qui était en réalité un quai en pente douce plongeant dans la Seine au point d’accostage des bateaux, destiné à faciliter le déchargement des marchandises transportées sur le fleuve et livrées à Paris. En 1830, de par sa situation, cette place fut renommée ‘ Place de l’Hôtel de Ville ‘ après avoir été agrandie aux XVIIIe et XIXe siècle. Autrefois, ‘ être en grève ‘, c’était avant tout être sans travail, donc pas grand-chose à voir avec la définition actuelle. Les ouvriers se rassemblaient sur la fameuse place de Grève et les patrons venaient les chercher quand ils en avaient besoin. Le sens de l’expression a évolué au début du XIXe siècle quand des ouvriers, à force d’être exploités par des patrons peu scrupuleux, décidèrent d’abandonner le travail et de ‘ se mettre en grève ‘, se réunissant à l’occasion sur cette même place de Grève.

Cour des Miracles

Quand on dit d’un endroit que c’est une vraie Cour des Miracles, cela signifie que cet endroit est mal fréquenté, que c’est un repaire de gens malhonnêtes, ce que l’on appelle aussi un coupe-gorge. Cette expression vient de Victor Hugo (‘ Notre Dame de Paris ‘). Il y décrivait un endroit de Paris ayant réellement existé du Moyen Âge jusqu’au XVIIe siècle, très mal fréquenté, dans le IIe arrondissement vers la rue Réaumur (voleurs, meurtriers, mendiants, faux éclopés, prostituées…) et peu visité, on le comprendra aisément, par les bourgeois et la maréchaussée. C’était une zone de non-droit très dangereuse mais finalement le lieutenant de police de Louis XIV décida de nettoyer les lieux et d’en chasser les hôtes, envoyant environ 60 000 mendiants aux galères. Alors pourquoi des ‘ Miracles ‘ ? Parce qu’il était raconté qu’à la nuit tombée, les infirmités des éclopés disparaissaient comme par enchantement. En réalité, c’étaient des faux éclopés, des gens qui, le jour, faisaient croire qu’ils étaient aveugles ou mutilés pour obtenir de l’argent.

Ad interim

Ad interim est une locution latine qui signifie ‘ pour l’instant ‘. La locution française plus connue et qui y correspond est : ‘ par intérim ‘, ce qui signifie ‘ de manière provisoire ‘ ou ‘ en l’absence du titulaire ‘. Par exemple, en cas d’incapacité inattendue du Président de la République à gouverner en France, c’est le Président du Sénat qui assure la fonction ad interim - décès en cours de mandat ou démission – Alain Poher assura 2 fois cet intérim, pour 108 jours au total sans jamais être élu à la Présidence de la République, la première fois du 28 avril au 19 juin 1969, de la démission du général de Gaulle à l’élection de Georges Pompidou et la deuxième fois, du 2 avril au 27 mai 1974, de la mort de Georges Pompidou à l’installation de Valéry Giscard d’Estaing.

Fluctuat nec mergitur

Fluctuat nec mergitur est une locution latine dont Paris, capitale de la France, a fait sa devise. Elle signifie : ‘ Il est battu par les flots, mais ne sombre pas ‘. Les notions associées sont : courageux, vaillant, résistant, volontaire etc. À l’origine, la vieille ville de Lutèce fut construite sur une île dont la forme rappelle la coque d’un navire, et prit de ce fait un vaisseau pour armes (blason). Ce bateau était le symbole de la très puissante corporation des NAUTES (‘ Marchands de l’eau ‘), qui gérait la municipalité à l’époque féodale. Plus récemment, la devise Fluctuat nec mergitur fut ajoutée à ces armes, faisant référence aux nombreux orages ayant soulevé les flots contre les flancs du navire sans le submerger pour autant, et fut officialisée par l’arrêté du 24 novembre 1853 du baron Haussmann, préfet de la Seine.

Un nocturne ou une nocturne ?

Un nocturne (nom masculin) et une nocturne (nom féminin) existent mais ne sont pas utilisés dans les mêmes contextes.

Un nocturne, hors l’oiseau de nuit (un nocturne), est en rapport avec la musique et désigne ‘ une pièce instrumentale d’un caractère rêveur et mélancolique ‘ (Dict. Larousse). Par exemple (F. Chopin) :  http://www.youtube.com/watch?v=V60USaluxGA

Une nocturne désigne l’ouverture de magasins ou institutions culturelles en soirée.

 

 

 

Expression : pour des prunes

Pour des prunes signifie : pour rien. Mais pourquoi des prunes ? Bien que l’expression date du XVIe siècle, son origine se situe au XIIe siècle à l’époque des croisades. L’Histoire raconte que les Croisés, vers 1150, lors d’une croisade qui fut un échec, plutôt que de revenir sans rien, ramenèrent des pieds de pruniers de Damas, ayant découvert, goûté et apprécié leurs fruits (prunes) sur place. D’où l’expression : aller pour des prunes, pour pas grand-chose, pour rien.

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Cynodrome

Un cynodrome est un circuit destiné à accueillir les courses de lévriers. Le mot vient de cyno issu du grec ancien kynos = chien  et du grec ancien dromos = course. En France, la première course de lévriers fut organisée par Eugène Chapus à Bagatelle (28 novembre 1879). Le premier ‘coursing club‘ fut quant à lui fondé en 1890 à Boulogne-Billancourt.

Gallodrome

Un gallodrome est un lieu sphérique dans lequel sont organisés des combats de coqs. Ces combats sont illégaux sauf dans le Nord de la France (le Combattant du Nord) et aux Antilles où ils sont encore autorisés. Le mot vient du latin gallina = poule (les gallinacés) et gallus = coq du village, et du grec ancien dromos = course.

Barricades

Pourquoi les barricades portent-elles ce nom ? C’est parce qu’autrefois, les premières d’entre elles étaient faites à l’aide de barils, de barriques. Le verbe associé était barriquer. Monter des barricades. La Journée des Barricades, soulèvement populaire, éclata à Paris le 12 mai 1588 pendant la huitième guerre de religion. Aidé par le Duc de Guise, le peuple se révolta contre l’idée d’Henri III (catholique) de désigner un protestant comme successeur, à savoir Henri de Navarre, futur Henri IV.

Géoglyphe

Qu’est-ce qu’un géoglyphe ?  Un géoglyphe est un grand dessin, un grand motif sur le sol (plusieurs centaines de mètres). Les géoglyphes peuvent être réalisés en positif par principe d’entassement de pierres, de gravier, de terre, de sable… Ils peuvent être réalisés également en négatif par enlèvement de pierres, de sable, de végétation ou de terre. Les plus célèbres géoglyphes sont les lignes de Nazca au Pérou. Les plus anciens datent de l’antiquité, mais d’autres appartiennent à une branche de l’art contemporain, le Land Art.

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Les pyramides de galets à l’Ile-Grande (Bretagne), du Land Art

 

ArtQuid la place de marché du monde de l’Art

www.artquid.com/corinne.duval

Passionnée d’art sous toutes ses formes depuis mon enfance où depuis mon rocher préféré j’aimais à caresser la mer du regard, la peinture en constitue cependant ma préférence en parallèle avec la littérature en tant qu’auteure et la photographie dont je suis passionnée depuis plus de trois décennies. Côté peinture, après avoir peint à l’huile de nombreuses années et également flirté avec l’acrylique, ma préférence au fil du temps se porte vers la douceur de l’aquarelle. Vous trouverez donc dans ma galerie des aquarelles mais aussi des photos d’art, au plaisir de découvrir vos coups de cœur au fil d’un temps qui n’a que lui-même comme référence au sein d’un monde atemporel de par les mystères de l’art liés à leur essence avant tout subjective.

Agroforesterie et permaculture

Qu’est-ce que l’agroforesterie ? C’est un mode d’exploitation qui consiste à associer des plantations d’arbres et des terres agricoles.  Concrètement, il s’agit de planter des rangées d’arbres au milieu des cultures ou des pâturages, la technique est ancestrale mais remise au goût du jour depuis quelques années, les arbres fertilisant le sol et le rendant ainsi plus productif. L’agroforesterie utilise des plantes annuelles en association avec les arbres, tandis que la permaculture privilégie particulièrement les plantes pérennes (intégration harmonieuse des activités humaines au sein des écosystèmes, mettant l’accent sur l’optimisation des cultures plutôt que leur maximisation).

Olibrius

Bien drôle de mot ! Qu’est-ce qu’un olibrius ? C’est un personnage extravagant, excentrique et qui se fait remarquer de ce fait. On parle souvent de ‘ drôle d’olibrius ‘ ou ‘ d’espèce d’olibrius ‘. Bon, voilà on sait ce que c’est. Maintenant, d’où vient de mot ? Un peu de culture (pas celle des champs^^) ? Le mot vient du nom propre Olybrius (avec un Y). Ah ? Il a donc existé ? Bien sûr, c’était un empereur romain du nom exact : Flavius Anicius Olybrius. Son règne fut très bref  car il mourut de mort naturelle peu de temps après être monté sur le trône. Le surnom dépréciatif  ’ olibrius ‘ serait lié justement à ce très court règne. Olybrius était un aristocrate romain devenu gendre de l’empereur Valentinien III en épousant la princesse Galla Placidia, et envisagé pour le trône impérial dès 465 mais Anthémius lui fut préféré. Quelques années plus tard, il devint empereur romain à son tour, régnant du 11 juillet au 23 octobre 472, à la fin de l’Empire romain d’Occident qui se termina en 476. Son règne fut sans grande influence en dehors du territoire de l’Italie sans même être reconnu par l’empire d’Orient, soumis aux pressions  de l’empereur romain d’Orient Léon 1er,  du Pape de Rome, des rois barbares (le vandale Genséric), des Patrices (le Patrice suève Ricimer) et d’autres généraux d’armées romaines barbarisées en pleine décomposition.

Signification des anneaux olympiques

Les 5 anneaux olympiques entrelacés sur fond blanc représentent l’union des 5 continents, à savoir la réunion des athlètes du monde entier pendant quelques jours dans la ville organisatrice. La représentation actuelle du drapeau fut décidée par le baron Pierre de Coubertin. Il l’a présenté en 1914 lors du Congrès de Paris, puis présenté à la Sorbonne à Paris à l’occasion du vingtième anniversaire des jeux olympiques.

Les couleurs : l’interprétation qui associe un continent à chaque couleur des anneaux serait fausse, selon laquelle le bleu représenterait l’Europe, le noir l’Afrique, le jaune l’Asie, le rouge l’Amérique, et le vert l’Océanie. Le musée olympique indique en effet explicitement qu’il est faux de croire que ces couleurs sont associées à des continents particuliers. La signification et les valeurs de l’Olympisme sont véhiculées par des symboles qui transmettent un message de manière simple et directe : les anneaux, la devise et la flamme.

Les anneaux confèrent une identité aux Jeux et au Mouvement olympique.

Drapeau olympique

Drapeau olympique

Les six couleurs en comptant le blanc d’arrière-plan représentent toutes les nations, dans la mesure où au moins l’une de ces couleurs était présente dans le drapeau de chaque pays à l’époque de sa création en 1896.

Le rocou

Qu’est-ce que le rocou ? C’est une teinture végétale importée dès le XVIe siècle (graines de rocouyer, arbuste d’Amérique tropicale) de couleur orangée qui sert à colorer certains fromages comme la Mimolette (fromage du nord de la France – région de Lille, mais vraisemblablement originaire des Pays-Bas : au temps où la France de Louis XIV était en guerre contre la Hollande, entre 1672 et 1678, Colbert avait interdit l’importation de la mimolette hollandaise. Pour compenser la disparition du fromage dans le Nord, il avait demandé aux fermiers de la région d’en fabriquer.), le Livarot (fromage de Normandie), la Boulette d’Avesnes (fromage du nord de la France – Avesnois) ou le Langres (fromage de la région Champagne-Ardenne). Le rocou est largement utilisé comme colorant alimentaire, pour colorer en jaune les matières grasses, beurre, huile, laitages, biscuits etc. Il est totalement dépourvu de toxicité et même source de vitamines A. Le rocou est également utilisé pour la teinture du coton.

Rafle du Vel d’Hiv

La Rafle du Vel d’Hiv, à savoir le Vélodrome d’hiver à Paris, est un événement dramatique de la Seconde Guerre mondiale lié à la collaboration de l’État français avec l’occupant allemand des 16 et 17 juillet 1942. Une commémoration a lieu ce jour en souvenir des 70 ans de ce triste fait historique. Cette rafle, arrestation de gens à grande échelle effectuée par la police, était préparée depuis longtemps et fut demandée par Adolf Eichman (haut fonctionnaire du Troisième Reich et membre du parti nazi) et organisée ensuite par le SS Obersturmführer Danneker, chef du service juif du SD en France et le général Oberg, chef des SS et de la police allemande en France. Eichmann, décidé à envoyer tous les Juifs dans le camp de concentration d’Auschwitz en Pologne et à les y exterminer, déclara : « Le rythme prévu jusqu’ici de trois transports hebdomadaires contenant chacun 1 000 Juifs devra être intensifié rapidement, en vue de libérer totalement et le plus vite possible la France de ses Juifs. » (Compte rendu qu’Eichman rédigea suite à sa visite de 48 heures à Paris le 01/07/1942).

Eichman négocia donc cette rafle avec la police française qui accepta de collaborer avec l’ennemi. Jean Leguay, délégué de la Police de Vichy en zone occupée et René Bousquet, secrétaire général de la police française négocient avec Dannecker pour mettre la police française à la disposition des Allemands dans le cadre de cette opération. 3031 hommes, 5802 femmes et 4051 enfants furent ainsi arrêtés à Paris, ce qui fait 12.884 personnes. Certains hommes, prévenus par une rumeur, quittèrent rapidement leur domicile le 15 juillet au soir ou le 16 au matin, ne s’attendant pas à ce que la police française arrête des femmes et des enfants, ce qui fait que moins d’hommes furent arrêtés que prévu. Les nazis et la police française espéraient le chiffre de 15.000 Juifs. Les personnes arrêtées furent entassées pendant 2 jours dans le Vélodrome d’Hiver dans des conditions d’hygiène inhumaines, puis conduites à Drancy, d’où elles furent envoyées ensuite par convois (20 convois entre le 19 juillet et le 30 août 1942) au camp d’Auschwitz où la plupart furent exterminées. En 1995, le Président de la République Jacques Chirac en a reconnu publiquement et officiellement la responsabilité de l’État français.

 

Colonnes de Buren

Les colonnes de BUREN : il s’agit d’une sculpture contemporaine de 3 000 m² créée par l’artiste Daniel Buren à la demande du ministère de la Culture sous la présidence de François Mitterrand en 1986. Elle est située dans la cour d’honneur du Palais Royal à Paris. Elle fut d’ailleurs intégrée au patrimoine historique. Vite délabrée en quelques années, cette œuvre que le sculpteur avait nommée « les deux plateaux » a été rénovée en 2008. L’asphalte de surface a été refait, ainsi que le dispositif de fontainerie et l’installation électrique. Un dispositif d’éclairage a été ajouté en surface, le tout pour la somme de 5,3 millions d’euros et 500 000 euros de mécénat de la part du groupe Effage et 1 million d’euros de la part de l’État.

Colonnes de BUREN

Marianne d’Or

La MARIANNE D’OR : c’est le concours national annuel des villes et des villages de France, co-fondé en 1984 au moment des premiers actes de décentralisation par Edgard Faure et Alain Trampoglieri, qui en est actuellement le Secrétaire général (également administrateur Radio France et ancien journaliste-reporter à l’Élysée).

Totalement apolitique, ce concours prône les valeurs de la République en récompensant le bon usage de la démocratie locale. Figurer au prestigieux palmarès de la « Marianne d’Or » confirme l’exemplarité d’une politique au service de l’intérêt général et du citoyen, privilégiant une saine gestion de l’argent public et un sens de l’innovation. Une autre Marianne d’Or est attribuée également, la Marianne d’Or du Développement durable, destinée à des organismes, entreprises ou collectivités exemplaires au niveau de l’éco-responsabilité.

Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel : il fut créé par la Constitution instituant la Ve République du 4 octobre 1958 et installé officiellement le 5 mars 1959. Il est situé dans l’enceinte du Palais Royal à Paris, près du Conseil d’État. Dans l’esprit des constituants, il a pour fonction de vérifier, lorsqu’une loi lui est déférée, que le Parlement (pouvoir législatif composé de deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat) n’empiète pas sur le champ de compétence du Gouvernement (organe collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’État, chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale), et non pas de contrôler la conformité des lois aux droits et libertés. Allant à l’encontre de l’intention des constituants, le Conseil constitutionnel a fini par s’auto-consacrer comme véritable cour constitutionnelle en annulant en 1971 une loi jugée contraire au principe de la liberté d’association (décision du 16 juillet 1971 dite ‘ liberté d’association ’). Le Conseil constitutionnel veille également à la régularité des élections nationales et référendums.

Il peut aussi intervenir dans certaines circonstances de la vie parlementaire ou publique. Cependant, le Conseil constitutionnel français ne se situe au sommet d’aucune hiérarchie de tribunaux, ni judiciaires ni administratifs, ces deux hiérarchies étant respectivement dominées par la Cour de cassation et le Conseil d’État. Ses décisions s’imposent toutefois aux pouvoirs publics et à toutes autorités administratives et juridictionnelles. Il a donc une grande autorité sur l’ensemble des institutions françaises, mais limitée au champ du contrôle de constitutionnalité. Le Président actuel, nommé par Jacques Chirac, est Jean-Louis Debré depuis 2007 jusqu’à 2016 (fin de son mandat). Le Conseil constitutionnel est composé de neuf membres nommés par le président de la République et les présidents des chambres parlementaires, une cinquantaine de personnes en composent le service administratif.

Particule de Dieu Boson de Higgs

Boson de Higgs (du nom de Peter Higgs qui l’a découvert) appelée aussi Particule de Dieu (ce nom vient du titre d’un livre qui avait été modifié par un éditeur américain ‘The Goddamn particle ‘ = la fichue particule, l’éditeur a retiré ‘damn ‘) : les physiciens du CERN pensent que la maillon manquant à propos de la structure fondamentale de la matière a été trouvé. Il s’agit d’une particule très instable et insaisissable, visiblement compatible avec le chaînon manquant de la physique des particules, ce qui constituerait une avancée scientifique gigantesque dans le domaine de la compréhension de la nature et de la structure de toute matière, qu’il s’agisse d’êtres vivants, de roches ou n’importe quel autre élément de l’univers. Cette découverte en physique est aussi importante que la découverte de l’ADN ne le fut pour les biologistes (Peter Knight président de l’Institut britannique de physique). Elle explique comment l’on passe de l’énergie à la matière et nous fait remonter de ce fait jusqu’aux origines mêmes de l’univers.

Il existe plusieurs modèles de bosons, des études sont en cours pour déterminer exactement la nature de celui qui vient d’être découvert, car chaque modèle se désintègre de manière différente, mais les scientifiques pensent qu’il s’agit bien là de celui décrit par ce que l’on appelle le ‘ Modèle standard ‘. Des tests de collision de milliards de protons ont été effectués dans un anneau de 27 km de diamètre se trouvant à 100 mètres sous terre. Les résultats permettent d’avancer une fiabilité suffisante, à savoir 99,99995 %.

Paella

La paella est un plat d’origine espagnole, plus précisément de Valence (Valencia en espagnol). La Paella Valenciana possède d’ailleurs une AOC depuis 2011, ses ingrédients officiels en sont : huile, poulet, lapin, haricot plat, ou haricot coco, haricot Garrofe, tomate, eau, sel, safran, riz AOC de Valence. Il existe bien sûr la possibilité d’utiliser d’autres ingrédients comme les fruits de mer (moules et autres crustacés notamment), mais aussi ail, escargots, romarin, artichaut, poisson, canard selon les régions. Ce sont dans ce cas des variantes de la recette.

La première recette imprimée de paella date de 1889, dans le Dictionnaire universel de cuisine pratique (par le chef français Joseph Favre).

D’où vient le nom ‘ paella ‘ ? Il s’agissait tout simplement du nom de la poêle en acier battu dans laquelle on la préparait autrefois. C’est un plat typiquement populaire à la base, ‘ repas des pauvres ‘, peu coûteux et nourrissant. Ce plat très local est maintenant connu dans le monde entier depuis que les touristes français l’ont répandu dès les années 60-70.

Taboulé

Le taboulé (de l’arabe tabbula ou tabwlah = mélange, salade assaisonnée) est à l’origine un plat libanais. Il s’est répandu dans tout le Proche-Orient et les pays méditerranéens, puis dans le monde entier, très apprécié pour sa saveur rafraîchissante quand il fait chaud ainsi que pour ses propriétés nutritives.

Ce plat ne contenait pas de tomate à l’origine (elle n’a été introduite que bien plus tard dans le pays, à l’époque des Grandes découvertes), mais seulement du boulgour brun (blé complet), du persil plat, du citron, de la menthe fraîche, de l’huile d’olive et des oignons blancs. Un plat très simple à réaliser dans la mesure où les ingrédients poussaient dans tous les jardins, qu’ils soient riches ou pauvres.

Pot-au-feu

Le pot-au-feu est un plat d’origine rurale, typiquement français en ce sens que la viande (du bœuf) y est bouillie dans l’eau avec des légumes alors que dans les autres pays, elle est rôtie, grillée ou cuisinée en ragoût. L’Encyclopédie Larousse de 1867 le décrivait d’ailleurs comme la base même de l’alimentation française. Son intérêt est qu’il fournit le potage (le bouillon), la viande et les légumes, c’est donc un mets très complet, suffisamment nutritif à un moindre coût. Le pot désignait au XIIe siècle le récipient (marmite) dans lequel on mettait tant du liquide que de la nourriture solide. On l’appela d’ailleurs ‘ pot a fu ‘ puis ‘ pot à feu ‘. Il existe beaucoup de variantes au niveau des recettes de pot-au-feu, selon les régions et les époques. Mais la base reste toujours la même cependant.

Autrefois, c’était le ‘ plat du pauvre ‘, puis il devint un plat bourgeois dès le XVIIIe siècle, mais il est devenu un simple plat d’hiver à notre époque, que tout le monde apprécie en général. Quant à son origine, les premières traces de son existence datent du néolithique (environ entre – 9000 et – 3300 av. J.C., juste avant l’apparition de l’écriture), on sait aussi que les Grecs anciens considéraient la viande bouillie comme un signe d’évolution sur l’échelle humaine vers la civilisation, et que cette forme de cuisson s’était développée sous l’Empire romain. Un médecin mérovingien, Anthime, a même inventé une recette située entre le pot-au-feu et ce que l’on appelle maintenant le ‘ bœuf mode ‘.  Fin XVIIIe siècle (1765), apparurent des bistrots pour ouvriers, appelés justement les ‘ bouillons ‘. On y servait de la viande bouillie et des légumes (exemple : le Bouillon Chartier à Paris au Faubourg Montmartre).

Sushi

Le sushi est une préparation culinaire à base de riz vinaigré et de poisson cru, d’origine japonaise (du même nom japonais sushi, même sens). Le poisson et le riz sont des aliments essentiels pour les nippons, présents en grande quantité. À l’origine, les sushis ont été inventés pour mieux conserver le riz et le poisson.

C’est devenu un art, il faut 10 ans d’études pour devenir sushiya, à savoir un maître sushi. La première apparition des sushis est difficile à dater, mais les spécialistes estiment qu’elle nous amène autour du Ve siècle avant notre ère, donc 2500 ans, d’après l’époque où ont été trouvées les traces des premières rizicultures au Japon.

Lasagne

Les ‘ lasagne ‘ (et non pas lasagnes) sont des pâtes en forme de larges plaques, d’origine italienne, plus précisément de Bologne. Le nom italien est lasagna, issu du grec ancien lasana = trépied de cuisine. Cependant, cette origine est contestée par certains auteurs qui lui attribueraient une origine persane, d’une pâtisserie en forme de ruban, de l’arabe lawzinag (gâteau aux amandes) et emprunté au pehlevi lawzenak, de lawz = amande, à l’origine également du mot losange (Dict.Étym.). Ce nom (lasagne) fut utilisé par les Romains pour désigner le récipient dans lequel ils faisaient cuire les lasagne, puis les pâtes utilisées prirent elles-mêmes ce nom, voire même carrément le plat cuisiné tout entier, superposition de larges pâtes et d’une sauce contenant des tomates, du fromage et de la viande. Il existe cependant beaucoup de recettes différentes, on peut utiliser des courgettes, des poireaux, des épinards (lasagne verdi), des fruits de mer, du lard etc.

On trouve des références aux lasagne depuis le XIIIe siècle, mais sans tomates à l’époque vu qu’elles n’existaient pas encore en Europe. La tomate fut rapportée en Europe (tout d’abord Espagne et Italie) au XVIe siècle par les conquérants espagnols mais ne fut pas consommée immédiatement, elle servit de décoration ornementale, soupçonnée au départ d’être poison et donc impropre à la consommation. La tomate ne fut cultivée pour son fruit à consommer qu’à partir du XVIIe siècle. Enfin, le fromage utilisé pour les lasagne est en général du parmesan, mais aussi de la ricotta ou de la mozzarella.

Saindoux

Le saindoux est de la graisse de porc fondue. Le nom vient de l’ancien français saïm = graisse et doux et du latin classique sagina = engraissement, embonpoint. Il était utilisé très couramment autrefois dans les campagnes comme matière grasse à la place du beurre, qui lui était un produit de luxe, mais aussi de l’huile. Pratique également car issu du porc, présent partout. Autre avantage, il ne rancit pas et supporte des températures de cuisson élevées. Le saindoux est fabriqué à partir de la fonte à haute température de gras de porc (lard), la teneur en eau ne doit pas dépasser 0,3 %, son point de fusion se situe entre 36 et 40° C, tandis que sa température critique est de 210° C.

À l’heure actuelle, on utilise surtout le saindoux pour conserver les rillettes (couche blanche et grasse juste dessus) et les pâtés. On l’utilise également pour confectionner des pâtes brisées, et dans l’industrie de la biscotte et des biscuits. Par ailleurs, il est utilisé également pour cirer les chaussures et en le mélangeant à de la soude, pour fabriquer des savons (‘ sodium lardate ‘).

Dans le nord de la France, le saindoux a longtemps été utilisé pour les fritures.

Big Ben change de nom

Big Ben est le surnom bien connu de la Tour de l’horloge (Clock Tower) du Palais de Westminster à Londres, siège du Parlement britannique (Houses of Parliament). C’est plus précisément celui de la grande cloche de 13,5 tonnes, en service depuis le 31 ami 1859. La tour quant à elle culmine à 96 mètres et comporte 335 marches pour atteindre le beffroi, l’horloge est composée de quatre cadrans de sept mètres de diamètre, et de la grande cloche bien sûr.

En hommage au jubilé de diamant (60 ans de règne) de Sa Majesté la Reine Elizabeth II qui vient d’être fêté du 6 février au 5 juin 2012, Big Ben va changer de nom et deviendra la Tour Elizabeth.

Absinthe

L’absinthe est un alcool spiritueux fabriqué à base de plantes… d’absinthe, que l’on appelle aussi ‘ fée verte ‘ ou ‘ fée bleue ‘. Ce n’est que depuis 2010 qu’en France, le nom d’absinthe est ré-autorisé pour désigner ce spiritueux, modifié par rapport à l’ancienne absinthe interdite pendant 85 ans. En effet, une prohibition a été décrétée suite aux dégâts importants sur la santé. On l’appelait ‘ l’alcool qui rend fou ‘. En fait, il contenait une ‘ molécule tueuse ‘ en grande quantité, la thuyone, et du méthanol. La quantité de thuyone est désormais limitée à 35 ml/litre, la vente de cet alcool est donc redevenue légale.

À l’origine, en Égypte ancienne, il était utilisé à usage médical (extraits d’absinthe). Ceci est mentionné dans le Papyrus Ebers entre – 1500 et – 1600. Pythagore et Hippocrate en font également mention. Il était censé ‘ favoriser la création ‘ (sic !) et était apprécié pour ses effets aphrodisiaques. En Grèce antique, on fabriquait un vin aux extraits d’absinthe, l’absinthites oinos.

En France, l’absinthe fut longtemps une boisson régionale, Pontarlier (Doubs) en devint même la capitale au début du XIXe siècle. Les soldats français apportèrent même de l’absinthe en Algérie lors de la colonisation de 1830, pour lutter contre la malaria et la dysenterie, puis rendirent cette boisson populaire dans toute la France à leur retour de guerre. La consommation augmenta sans cesse, notamment entre 1880 et la Première Guerre mondiale, favorisée par une baisse des prix (moins cher que le vin) liée à une explosion de la production. Les terribles effets de cet alcool furent largement décrits dans les romans d’Émile Zola, notamment ‘ L’Assommoir ‘. L’artiste peintre Van Gogh lui-même fut soupçonné d’être devenu fou à cause de l’absinthe.

Tous ces excès menèrent les différents pays à interdire l’absinthe (prohibition), en France notamment ce fut par la loi du 16 mars 1915.

Maître queux

Un maître queux (et non pas ‘ maître queue ‘ ! Attention à l’orthographe !) était autrefois un cuisinier sur un bateau, mais le terme désigne un cuisiner de manière générale, à notre époque. L’origine du mot ‘ queux ‘ est latine, de coquuus (coquere = cuire). L’écriture actuelle avec un ‘ x ‘ à la fin date du XVIe siècle. Ce terme désignait une charge bien particulière, le maître queux était responsable des ragoûts, des mets et des entremets, tandis que le hâteur (du nom hâte = broche à rôtir, du latin hasta = lance et du germanique harsta = gril – source Dict. Étym.) cuisait les rôtis et le potager les… potages évidemment !

Le mot coq a la même origine latine, mais en plus emprunté au néerlandais kok au XVIIe siècle, qui n’était autre qu’un cuisinier de l’immense et célèbre flotte hollandaise (1671 Arnoul -source Dict. Étym.). Petit rappel également, en anglais, cuisiner se dit ‘ to cook ‘, assez proche car de même racine.

Tapenade

La tapenade est un célèbre produit à base d’olives de la gastronomie provençale. Cependant, il y a très longtemps, à savoir dans l’Antiquité, existait déjà la purée d’olives. Caton l’Ancien (politique, écrivain et militaire romain, appelé aussi Caton le Censeur), deux siècles av. J.C., expliquait comment faire l’epityrum avec des olives vertes (ou noires) dénoyautées, que l’on assaisonnait d’huile, vinaigre, coriandre, cumin, fenouil, menthe et rue (plante vivace). Ce produit ne contenait cependant pas de câpres, présentes dans la tapenade. Il existe de la tapenade verte et de la tapenade noire.

Origine du mot tapenade : le mot provençal tapeno (et tapena en Occitan) qui signifie justement… câpres ! Les câpriers poussent facilement en Provence. Il en existe plus de 150 espèces sur la planète (régions chaudes et tropicales), mais on ne trouve que le ‘ câprier épineux ‘ en France, probablement importé par les Phocéens et les premières colonies grecques qui arrivaient d’Ionie. La recette actuelle de la tapenade date de 1880, attribuée par Jean-Baptiste Reboul au chef Meynier de Marseille (restaurant ‘ La Maison dorée ‘).

Tiramisu

Le tiramisu est un entremets italien à base de mascarpone, fromage frais (italien bien sûr !) de vache très crémeux. Le mot vient de l’italien tira mi sù = remonte-moi (dictionnaire Larousse). Il est constitué de couches alternées de mascarpone battu avec des jaunes d’oeufs ainsi que des biscuits imbibés de café (on peut mettre des framboises, des noisettes ou autre chose) que l’on saupoudre de cacao.

Plusieurs régions d’Italie revendiquent la paternité du produit : le Piémont, la Lombardie, la Vénétie, le Frioul-Vénétie julienne et la Toscane. L’origine la plus probable serait cependant liée à la Toscane au XVIe siècle, à l’occasion de la visite à Sienne du duc de Toscane Cosme II de Médicis. Il aurait particulièrement apprécié cet entremets, le ramenant à la cour de Florence, puis se répandant à Venise et à Trévise, où le mascarpone aurait été ajouté.

Cet entremets pourrait aussi représenter simplement, à l’origine, une façon d’accommoder les restes de café et de dessert de manière à ne pas les jeter.

Gaspacho

Le gaspacho est une soupe froide d’origine espagnole. Autrefois, elle constituait le repas typique des paysans pauvres d’Andalousie. La mie de pain de la veille, devenue dure, était malaxée avec du vinaigre, de l’ail et des fruits secs. Il n’y avait pas de tomate dedans vu que celle-ci n’a été importée qu’au XVIe siècle à Séville. C’était une soupe blanche. Actuellement, le gaspacho andalou contient à la base : des tomates, des concombres, des poivrons, de la mie de pain et de l’huile d’olive (pour émulsionner).

Le gaspacho de la Mancha (pays de Dom Quichotte) appelé ‘ gazpacho manchego ‘est différent, c’est un ragoût de bergers à base de viandes diverses mijotées que l’on accompagne de galettes de froment émiettées. Dans la région de l’Extramadure, existe un autre gaspacho, le ‘ gazpacho extremeño ‘ (on y ajoute notamment des oeufs durs et du vinaigre).

Au Portugal, on trouve le ‘ gaspacho alentejano ‘, dans la région Alentejo. On y ajoute de l’origan, du tabasco (ou quelques gouttes de piri-piri), et des olives noires ou violettes.

Le gaspacho oranais est une variante algérienne (Oran) qui n’a rien à voir avec le gaspacho que l’on connaît habituellement. Ce sont les immigrants espagnols qui l’ont introduit. C’est un plat de chasseur, à base de viande : échine de porc, poulet, râble de lapin. On y ajoute aussi du safran, du laurier, de la farine, du persil.

Le mouvement des Indignés

Le 15 mai 2011, est né en Espagne, à partir des réseaux sociaux, un mouvement de protestation contre la crise, appelé Mouvement des Indignés (Indignados en espagnol). Il s’agit de manifestations pacifiques de nature spontanée, pouvant rassembler de quelques dizaines de personnes à plusieurs milliers. Le mouvement a pris de l’ampleur et s’est étendu à la planète entière depuis ce temps. Il se réclame au départ des influences du Printemps arabe mais également de mouvements de protestation au Portugal, en Grèce et en Islande (2008). Pourquoi ce nom ? C’est en référence au manifeste de l’ancien résistant français Stéphane Hessel : ‘ Indignez-vous ! ‘.

Qu’est-ce que la luminothérapie ?

La luminothérapie est une méthode qui permet de soigner la dépression par exposition à la lumière. Lumino (lumière du latin lumen) + thérapie (soin, du grec therapeia). Il s’agit par ce procédé de réguler la production perturbée de mélatonine (hormone centrale de régulation des rythmes chronobiologiques, appelée aussi hormone du sommeil), dû à une faible luminosité liée à l’époque hivernale. Le sommeil est ainsi régulé (lutte contre l’insomnie), permettant de soigner certaines dépressions saisonnières.

Faux bourdon ou faux-bourdon ?

Les noms faux bourdon (sans trait d’union) et faux-bourdon (avec un trait d’union) existent tous les deux, mais ne désignent pas du tout la même chose ! Le faux bourdon est un insecte, à savoir l’abeille mâle, tandis que le faux-bourdon est un terme musical désignant l’harmonisation de psaumes (dictionnaire), procédé d’harmonisation typique des musiques d’église et originaire d’Angleterre à l’époque médiévale (du XIIIe au XVIe siècle). C’est une sorte d’accord de sixte qui se déplace sur les degrés de l’échelle musicale.

Depuis des lustres…

Ah ! Te voilà enfin ! Je ne t’ai pas vu depuis des lustres ! … Pourquoi des lustres, quel rapport avec ce qui éclaire nos plafonds ? Aucun. Le lustre était autrefois (XVIIe siècle) une unité de temps d’une valeur de 5 ans. Ce qui explique l’expression depuis des lustres, donc plusieurs fois 5 ans, à savoir très longtemps ! Mais pourquoi 5 ans ? L’origine remonte à l’époque romaine où l’on désignait ainsi un sacrifice expiatoire lors du recensement, voire le recensement quinquennal lui-même. Ce recensement était une mesure de taxation et de classement des citoyens romains. On effectuait un census par lustration, rite religieux de purification  de l’époque. L’empereur qui désirait recenser l’empire entier prenait alors le titre de censeur. L’empereur Claude en fit un d’une belle envergure.

Se faire limoger

Quand un officier se fait limoger, c’est qu’il se fait relever de son commandement. Se faire limoger (le limogeage) signifie également se faire mettre à la retraite d’office, être renvoyé, licencié, se faire révoquer. Cela concerne toute personne qui a de hautes responsabilités. L’origine en est historique et liée à la ville de Limoges. Il faut remonter pour cela à la Première Guerre mondiale. Le général Joffre trouvait que certains de ses officiers, très brillants en temps de paix, n’étaient plus aussi efficaces en temps de guerre. Il décida donc de s’en séparer vu qu’ils ne servaient pas à grand-chose. Pour cela, il les fit envoyer dans une région retirée appelée ‘ la douzième région ‘, à savoir là où se trouve la ville de Limoges. À l’époque de la célèbre bataille de la Marne, 40 % des haut gradés se retrouvèrent ainsi ‘ limogés ‘, écartés de leur poste de commandement.

Rester comme deux ronds de flan

L’expression ‘ rester comme deux ronds de flan ‘ signifie rester stupéfait / ébahi face à une situation qui nous dépasse. Quant à son origine, il existe plusieurs explications. Explication d’Esnault en 1901 : le denier (monnaie) était appelé flan ou  flaon au XVIe siècle, ce que confirme la Bibliothèque nationale de France dans son étude sur la fabrication des monnaies. Pour fabriquer une monnaie, on dit qu’on la frappe. On peut donc être frappé comme deux pièces de monnaie représentant les deux yeux grands ouverts (de stupeur). Il existe également une autre explication, liée au domaine de la typographie. Le flan est depuis le  XIXe siècle un petit morceau de carton enduit. Il reçoit en creux l’empreinte d’une composition et sert à créer le cliché pour reproduire un livre. L’association est présente également avec l’image des yeux équarquillés.

Faire des ronds de jambe

L’expression faire des ronds de jambe signifie que l’on fait beaucoup de manières pour plaire à quelqu’un dans le but d’en obtenir des faveurs. Cette politesse excessive est nettement hypocrite et n’a donc rien de sincère, c’est une attitude intéressée. On dit aussi faire des courbettes ou faire la carpette (= s’aplatir comme un tapis). L’expression est assez récente et date du XXe siècle. Le rond de jambe est en réalité une figure de danse qui rappelle la révérence, geste traditionnel datant de l’Ancien Régime pour montrer la considération et le respect que l’on portait au souverain ou à une personne de rang supérieur.

Pas folle la guêpe

L’expression ‘ pas folle la guêpe ‘ est utilisée pour signifier qu’une personne est maline, rusée. Au-delà du fait que les guêpes soient réputées pour leur ruse afin de venir s’installer avec nous à la table de jardin et y partager nos confitures et autres sucreries sans y être expressément invitées, le terme de ‘ guêpe ‘ désignait autrefois une personne maline, fine. La guêpe (l’animal) a aussi une taille fine, ce qui est à l’origine du vêtement appelé ‘ guêpière ‘. Au XIXe siècle, l’expression se disait ‘ pas bête la guêpe ‘. Ce n’est qu’au XXe siècle qu’elle a évolué vers l’expression actuelle ‘ pas folle la guêpe ‘.  Le film ‘ Circonstances atténuantes ‘ de 1939 avec Arletty contribua à la populariser.

Entremet ou entremets ?

Une erreur courante consiste à écrire ‘ entremet ‘ sans S, alors que la bonne orthographe est ‘ entremets ’. Pourquoi un S à la fin du mot ? Tout simplement parce que l’on sert ce plat aujourd »hui sucré entre deux mets, à savoir entre le fromage et les fruits. Il est utilisé également comme dessert. Indiquons cependant que ce plat était autrefois salé (Moyen Âge), et servi ‘ entre les mets ‘ lors des grands banquets qui duraient de nombreuses heures afin d’occuper les convives. Pourquoi salé autrefois, et pas sucré ? Parce que le sucre, d’une part, ne fut découvert qu’au XIe siècle, et que d’autre part il est resté longtemps rare et cher. Les apothicaires lui reconnaissaient même des vertus médicinales. La forme sucrée de l’entremets date seulement de l’époque de Catherine de Médicis (XVIe siècle), créée par des confiseurs italiens, mais n’entra réellement dans les habitudes culinaires françaises qu’au XIXe siècle, donc très récemment.

Crime de lèse-majesté

La locution nominale ‘ crime de lèse-majesté ‘ désigne au sens propre un ‘ attentat perpétré contre un prince ou son autorité ’ (dictionnaire), et de manière générale tout délit d’opinion à réprimander (époque de l’hérésie, à partir du XIIe siècle). Ce sens est désormais vieilli, et le terme est plus généralement utilisé au sens figuré, désignant le fait de porter atteinte à l’honneur de quelqu’un. Le mot est formé à l’aide du préfixe ‘ lèse ‘ (du latin laesa = blessée), qui peut s’ajouter de même à d’autres noms, souvent féminins (exemple : société), signifiant qu’il est porté atteinte à ce que ces mêmes noms désignent.

Chaourse ou chaource ?

Vous connaissez peut-être ce fromage au lait de vache, à pâte molle et à croûte fleurie fabriqué dans le département de l’Aube, appelé Chaource, du nom de la ville dont il est originaire. On le voit écrit aussi parfois ‘ chaourse ‘, mais c’est une erreur. Pire encore : chat-ours, il n’y a ni chat ni ours dans l’histoire ! Ce fromage est très ancien, déjà connu au Moyen Âge et reconnu AOC en 1970. On le fabrique dans quelques cantons situés entre l’Aube et l’Yonne. Son affinage dure un minimum de 14 jours. Il contient au moins 50 % de matière grasse.

Expression : avoir des casseroles

L’expression bien connue ‘ avoir des casseroles ‘ ou ‘ traîner des casseroles ‘ signifie qu »une personne a été mêlée de près ou de loin (plus souvent de près) à une affaire douteuse, a commis un acte malhonnête de par le passé, ce qui avait fait ‘ grand bruit ‘. Les ennemis, adversaires et opposants se chargent en général de rappeler ces casseroles pour salir notamment la réputation d’un candidat à une élection, afin de lui laisser moins de chances d’être élu. Les milieux politiques sont très friands de ce genre d’action. Mais pourquoi des casseroles ? À cause du bruit tout simplement. Attachez des casseroles derrière une voiture, on l’entendra de loin ! L’expression fait également référence à un jeu d’enfants du début du XXe siècle qui consistait à attacher des casseroles à la queue d’un chat ou d’un chien, puis d’en rire en le voyant courir. Il s’agit donc d’une métaphore dans le cadre de l’expression.

Différence entre Bosniaque et Bosnien

Que doit-on dire ? Bosniaque ? Bosnien ? Ils habitent tous le même pays, la Bosnie-Herzégovine, mais il existe une différence depuis 1995, suite à la guerre. Le terme de ‘ Bosnien ‘  ou ‘ Bosnienne ‘ désigne maintenant tous les habitants quelle que soit leur appartenance ethnique, qu’ils soient Bosniaques, Serbes ou Croates. Alors qui sont les Bosniaques ? Ce sont les musulmans bosniens, tout simplement. Le terme est lié désormais à leur religion. La différence peut être comparée à celle entre les Indiens et les Hindous. Les Indiens sont les habitants de l’Inde (les Indiens d’Amérique sont quant à eux appelés  » Amérindiens « ), tandis que le terme d’Hindou désigne les adeptes de la religion hindouiste, très répandue en Inde, d’où la confusion récurrente entre ces deux mots pour beaucoup de gens.

Nettoyer les écuries d’Augias

Nettoyer les écuries d’Augias, que signifie cette expression ? D’où vient-elle ? On l’utilise au sens propre comme au sens figuré. Elle signifie ‘ faire un très grand ménage ‘, effectivement nous ne sommes pas hors sujet ! Mais faire le ménage, ce peut être réellement nettoyer un endroit encombré, ça c’est le sens propre. Ce peut être aussi ‘ nettoyer ‘ au sens figuré, notamment une institution, une entreprise où les affaires vont mal, voire où il y a de la corruption… Quant à l’origine de l’expression, elle nous amène vers la mythologie grecque. Ce fameux nettoyage des écuries d’Augias n’est autre que le cinquième des 12 travaux d’Hercule, exigé par son ennemi Eurysthée afin d’expier ses crimes. Il avait en effet massacré ses propres enfants, sous l’emprise d’une crise de folie provoquée par Héra femme de Zeus, jalouse qu’il soit le fils de Zeus et d’une autre femme, Alcmène. Mais Augias, c’était qui alors ? C’était l’homme le plus riche en bétail, et Hercule eut pour mission de nettoyer toutes ses étables (pas lavées depuis 30 ans) en une seule journée, autant dire impossible… sauf pour lui ! Le terme d’étable fut transformé ensuite en ‘ écurie ‘ dans l’expression, en rapport avec le verbe ‘ curer ‘, qui veut dire ‘ nettoyer ‘.

Le boustrophédon

En voilà un drôle de mot ! Boustrophédon ! Ce mot désigne en fait un système d’écriture très ancien, très archaïque grec étrusque, qui possède cette particularité d’être lu ‘ alternativement de gauche à droite et de droite à gauche ‘ (dictionnaire). Son origine vient du grec (bien sûr !) bous = boeuf, et strephein = tourner. Le verlan (envers à l’envers, argot codé) en est d’ailleurs issu. Les palindromes, figures de style caractérisées par des textes ou mots qui peuvent se lire dans les deux sens, dont la succession de lettres est la même de gauche à droite comme de droite à gauche (symétrie bilatérale), s’inspirent justement du boustrophédon. Exemples : radar, kayak, rotor, été, ‘ Esope reste ici et se repose ‘ (J. Capelovici alias Maître Capello). Pour en revenir au boustrophédon, un exemple connu est celui des tablettes rongo-rongo de l’île de Pâques, écrites en ‘ boustrophédon inversé ‘. Ah, qu’est-ce que le boustrophédon inversé ? On part de la ligne inférieure du support (et non pas supérieure !), on lit la première ligne de gauche à droite puis on tourne ce support à 180 degrés. On lit la deuxième ligne de gauche à droite aussi, puis on retourne et on recommence avec la troisième ligne etc. Autre exemple de texte écrit en boustrophédon (Grèce antique), les ‘ lois de Solon ‘ (législateur) publiées vers l’an 594 avant l’ère chrétienne.

Les zazous

Bien que le mot ‘ zazou ’ soit de moins en moins employé, il faisait partie à une époque du vocabulaire courant. Je me souviendrai toujours de ma grand-mère utilisant ce nom quand elle voulait désigner des gens un peu farfelus. C’est un mot qui m’amusait d’ailleurs, quand j’étais enfant. Sa consonnance, probablement ! Plus concrètement, les zazous ont existé, eh oui ! C’était tout simplement un courant de mode dans les années 1940, rassemblant des jeunes amoureux de jazz. Ils portaient des vêtements anglais ou américains. L’origine du terme se trouve dans la chanson ‘ Zah Zuh Zaz ‘ de Cab Calloway (chef d’orchestre et chanteur de jazz américain). Très anticonformistes, les zazous jouèrent un rôle sous l’occupation allemande. Pour marquer leur opposition au régime, ils organisaient des concours de danse, les opposant notamment aux soldats allemands. Ils allèrent même, par bravade, jusqu’à porter volontairement des étoiles jaunes marquées ‘ zazou ‘, ‘ swing ‘ ou ‘ goy ‘ à l’époque des lois raciales de Pétain et des Nazis. Ils furent évidemment arrêtés, puis relâchés après un court séjour au camp de Drancy. Le tissu étant rationné pendant la guerre, ils provoquaient en portant des vêtements longs. De même, ils se laissaient pousser les cheveux par bravade envers le décret qui ordonnait de récupérer les cheveux chez les coiffeurs pour en faire des pantoufles. Un autre de leurs signes distinctifs était enfin le port du parapluie, qu’ils prenaient soin de ne jamais ouvrir.

Un parka ou une parka ?

Le mot ‘ parka ‘ est masculin ou féminin, au choix ! On dit un parka ou une parka, aucune possibilité de se tromper. Le mot vient du russe emprunté à l’anglo-américain, lui-même issu de l’inuit, ce qui n’étonnera personne vu ce qu’il désigne, ‘ manteau court à capuchon, en tissu imperméable ‘ (dictionnaire), c’est un anorak épais. En français, on l’appelle aussi une ‘ doudoune ‘.

Les catacombes

Le nom ‘ catacombe ‘ est féminin et ne s’utilise qu’au pluriel : des catacombes. On ne parle jamais d’une catacombe, mais de catacombes. Le mot vient du latin tumba = tombe, mais également du grec kata = en dessous et tumba = tombe. Alors pourquoi ne dit-on pas ‘ cataTombes ‘ au lieu de ‘ cataCombes ‘ ? Parce que ce mot, comme beaucoup d’autres, a subi une altération depuis l’origine.

Cri des animaux

Voici les cris des principaux animaux : l’abeille et la guêpe bourdonnent (ou vrombissent), l’âne brait, la baleine chante, la bécasse croule, la belette belote, le bélier et le chameau blatèrent, la brebis bêle, le buffle, le taureau et la vache beuglent (ou mugissent, soufflent, mugissent), la caille cacabe, le cerf et le chevreuil brament (ou réent, raient), le chat miaule (ou feule, ronronne), le chat-huant hue, la chauve-souris grince, le cheval et le zèbre hennissent, la chèvre bêle (ou béguète), le chien aboie (ou jappe, hurle, gronde, clabaude), la chouette ulule (ou hulule, hue, chuinte), le cochon grogne (ou grouine), le crocodile lamente (ou vagit), le dindon glougloute, l’éléphant barrit (ou barète), la fauvette zinzinule (ou babille), la gélinotte glousse, la grenouille coasse, le grillon craquette (ou grésille), la grive babille, l’hirondelle gazouille (ou trisse), la huppe pupule, le jars jargonne (ou criaille), le lapin clapit (ou glapit, couine), le lion rugit, le merle siffle (ou flûte, jase, babille), la mésange zinzinule, le moineau pépie, la mouche bourdonne (ou vrombit), l’ours grogne (ou gronde, hurle, grommelle), le paon braille (ou criaille), la perdrix cacabe (ou glousse), le perroquet ase (ou craque), la perruche et le pingouin jabotent, le poulet piaule, le poussin piaille, le pigeon roucoule, le rat et la souris couinent (ou chicotent), le renard glapit (ou jappe, trompette), le sanglier grommelle (ou nasille), la sauterelle stridule, le serpent siffle, la tourterelle roucoule (ou gémit, caracoule).

La fête à Neu-Neu (Neuneu)

La fête à Neu-Neu (écrite aussi Neuneu) est en réalité une fête foraine populaire assez ancienne ayant eu lieu au départ à Neuilly, d’où le nom (Neuilly – Neu). Elle fut créée grâce à un décret impérial de Napoléon 1er le 10 juin 1815 à la demande du maire de Neuilly de l’époque, l’abbé Jean-François Delabordère, qui voulait instituer une fête patronale de l’église Saint-Jean-Baptiste. Cette fête eut lieu jusqu’en 1935, puis disparut pendant plusieurs dizaines d’années en raison de travaux d’élargissement de l’avenue de Neuilly, ne laissant plus assez de place aux manèges pour s’installer. Ce n’est qu’en 2008 que la Foire d’automne (appelée ‘ Fête au Bois ‘ puisqu’elle a lieu au Bois de Boulogne), se trouvant au départ derrière l’hippodrome d’Auteuil, fut déplacée Porte de la Muette. Elle reprit son nom de Fête à Neu-Neu en août 2010, donc très récemment, à la demande du public.

Le dindon de la farce

Mieux vaut ne pas être ‘ le dindon de la farce ‘, car cela signifie que nous sommes la victime, la personne trompée, dupée, qui s’est fait avoir ! Pourquoi dindon ? Pourquoi farce ? Il existe deux explications. 1- La farce était un divertissement comique moyenâgeux, un intermède à l’intérieur des spectacles, à ne pas confondre avec la farce des tomates farcies ! Bien évidemment, des personnages jouaient ces farces, et parmi eux se trouvaient les ‘ pères dindons ‘ systématiquement dupés par leurs fils. 2- L’autre explication nous vient de Claude Duneton, liée à l’existence d’un ‘ ballet des dindons ‘, spectacle forain parisien des années 1739 à 1844. Ce spectacle de type ‘ farce ‘ et malheureusement très cruel envers les animaux amusait beaucoup les spectateurs de l’époque. Il s’agissait de mettre des dindons sur une plaque de métal que l’on chauffait progressivement, et au bout d’un moment, les dindons souffrant de la chaleur trop forte, finissaient par danser pour ne pas se brûler les pattes.

Etre soupe au lait

Une personne ‘ soupe au lait ‘ est une personne qui s’emporte facilement, qu’il ne faut pas trop chatouiller sous peine de la voir vite se mettre en colère. Mais quel rapport avec la soupe au lait ? Comme nous l’avons tous remarqué déjà, le lait a tendance à monter d’un coup et à sortir brusquement de la casserole quand on le chauffe et qu’on ne le surveille pas. Autrefois et cela dès le XIVe siècle, la soupe désignait en fait un bouillon épaissi assez complet qui servait couramment de repas. Il arrivait qu’on remplace l’eau par du lait, d’où la soupe au lait ! L’expression ‘ être soupe au lait ‘ fut attestée en 1737.

Faire le pied de grue

Quand on attend quelqu’un longtemps, debout bien sûr, voire avec l’air bête de tant d’attente sans rien avoir à faire d’autre, on fait ‘ le pied de grue ‘. Mais quel rapport avec cet échassier appelé ‘ grue ‘ ? La grue possède la particularité de pouvoir se tenir sur une seule patte, assez longtemps du reste. Position incommode (en tout cas pour un humain) à l’origine de l’expression. Au départ, on disait ‘ faire la jambe de grue ‘ puis l’expression actuelle l’a remplacée au début du XVIIe siècle. La grue désignait également une prostituée autrefois, par métaphore, en rapport avec le fait que les prostituées attendaient leurs clients dehors, debout.

Tirer à boulets rouges

L’expression ‘ tirer à boulets rouges ‘ désigne le fait d’émettre une très violente critique verbale envers quelqu’un (ou quelque chose). Mais pourquoi des boulets ? Pourquoi rouges et pas bleus, verts ou jaunes ? L’origine en est bien sûr historique. Il faut remonter au temps où les ‘ boulets rouges ‘, ancêtres de la bombe incendiaire, étaient rougis au feu avant d’être insérés dans les canons. Inutile de décrire les dégâts que cela causait… sur les nombreux bâtiments en bois subissant les assauts ! De nos jours, ‘ tirer à boulets rouges ‘ désigne donc par métaphore un discours incendiaire.

Un grabataire

Un grabataire est une personne très malade qui ne quitte plus (ou presque plus !) son lit. Mais pourquoi un tel nom ? Le mot vient de grabatum qui désignait autrefois un petit lit sans rideaux.  Les grabats étaient réservés aux esclaves, aux pauvres et aux  » philosophes cyniques  » (de l’école philosophique antique fondée par Antisthène, matérialiste, anticonformiste, subversive et jubilatoire… ce qui ne plaisait pas à tout le monde !). Le mot vient également du latin grabatus (lit bas) lui-même emprunté au grec krabbatos (litière). Un grabat (nom vieilli, de moins en moins utilisé) désigne de nos jours un lit de très mauvaise qualité, peu confortable, dans lequel on dort bien sûr très mal… et sur lequel on souffre.

Une billevesée

Une billevesée (nom féminin avec 2 L) est ‘ une parole vide de sens , une idée creuse ‘ (dictionnaire), autrement dit une ânerie, une bêtise, une sottise, un discours frivole, ridicule ! Le mot s’utilise d’ailleurs généralement au pluriel : raconter des billevesées. Il vient de l’ancien français billevese qui désigne une cornemuse (beille = boyau et veser = gonfler). Une billevesée est une outre pleine d’air, tout comme la nature des choses exprimées ! Molière utilisait le terme de billevesées (au pluriel) notamment dans son oeuvre ‘ Les femmes savantes ‘. Rabelais quant à lui parlait de ‘ billes vezées ‘, en deux mots, toujours en rapport avec le boyau soufflé, donc rempli d’air. La vèze est aujourd’hui l’autre nom de la cornemuse bladderpipe (les Acadiens l’écrivent aussi ‘ vèse ‘, on peut le voir parfois écrit ‘ vesse ‘).

Pigeon ramier – palombe – pigeon biset – colombe – tourterelle

Les mots ‘ pigeon ramier ‘ et ‘ palombe ‘ désignent le même animal, à savoir l’espèce de pigeon la plus répandue en Europe, tant en forêt que dans les zones urbaines. Le ‘ pigeon biset ‘ est également très répandu dans les villes, c’est le pigeon domestique. On le trouve également à l’état sauvage vers les falaises et autres milieux rocheux. Famille : columbidés. De nombreuses races ont été créées pour leur chair destinée à l’alimentation humaine, mais également l’ornement ou la course, comme les pigeons voyageurs. Ces derniers furent utilisés très longtemps depuis les Croisades jusqu’à la Première Guerre mondiale comme vecteur de communication entre les troupes militaires. Les éleveurs de pigeons sont appelés des colombophiles. Les scientifiques (Pour la science N° 348 oct. 2006) s’accordent pour dire que le pigeon est sensible au champ magnétique terrestre et s’en servent pour s’orienter.

Le nom de colombe est quant à lui donné à certaines espèces de pigeons blancs ou tourterelles blanches. Les tourterelles sont plus petites que les pigeons, et souvent élevées en captivité, faciles à apprivoiser.

Le pigeon possède également un sens figuré que tout le monde connaît et qui concerne les humains : passer pour un pigeon, être un pigeon, c’est se faire avoir facilement, se laisser tromper, arnaquer.

Corbeau – corneille – choucas – freux

Voici les différences entre le corbeau, la corneille, le choucas et le freux. Le corbeau et la corneille se ressemblent beaucoup mais un détail permet de les identifier assez facilement, le corbeau marche tandis que la corneille sautille. Les becs sont également différents : celui du corbeau est gris clair tandis que celui de la corneille est noir (ou gris foncé).

Le corbeau croasse. Sa voisine la corneille est plus petite et de même couleur (plumage noir), elle fait aussi partie de la famille des corvidés et pèse environ 500 g. La corneille craille ou graille.

Le choucas est une petite corneille noire à nuque grise, également de la famille des corvidés. Le ‘ choucas des tours ‘ affectionne, comme son nom l’indique, les lieux élevés comme les tours de châteaux, clochers, carrières, allées de grands arbres et autres endroits d’où il peut facilement observer le paysage.

Le freux est appelé aussi corbeau freux. Ce passereau est un peu plus léger que la corneille (450 g). Il est reconnaissable à la base grise de son bec, dépourvue de plumes. Son plumage a des reflets bleuâtres, métalliques. Il est de la même taille que la corneille noire (environ 47 cm). Le grand corbeau mesure quant à lui de 56 à 69 cm pour un poids avoisinant le kilogramme.

La corneille noire et le corbeau freux fréquentent beaucoup nos jardins, pelouses urbaines et zones champêtres.

Une autre paire de manches

L’expression ‘ une autre paire de manches ‘ signifie ‘ une tout autre affaire ‘, passer d’une chose à une autre mais surtout s’atteler à quelque chose de difficile à réaliser. Exemple : ‘ Nous avons creusé les fondations, maintenant il va falloir construire la maison, ça va être une autre paire de manches ! ‘ Son origine remonte au Moyen Âge où les manches n’étaient pas attachées au reste de l’habit comme de nos jours, mais étaient détachables. On en changeait selon les activités : toilette, amour (conter fleurette), chasse, repas etc. Selon la tradition, une femme amoureuse qui offrait une de ses manches à un chevalier lui signifiait sa fidélité, son attachement par ce geste. Celui-ci arborait ensuite cette manche sur son écu ou sa lance lors des tournois. En fait, les manches étaient des demi-manches amovibles qui allaient du coude au poignet.

La Bouche de Vérité

Avez-vous déjà entendu parler de la Bouche de Vérité ? C’est un grand masque (1.75 m) de marbre en forme de visage masculin et barbu (avec une bouche creusée) situé à Rome devant le portique de l’église Sainte Marie en Cosmedin, qui à l’origine (Rome antique), était utilisé comme couvercle pour masquer les mauvaises odeurs de la Cloaque Maxime (égouts). Ce masque était consacré à une divinité fluviale. Il est daté historiquement du 1er siècle après J.C. Selon la tradition, les personnes qui prêtaient serment devaient mettre leur main dans la Bouche de Vérité et ne pouvaient la retirer que si elles avaient dit la vérité. En cas de mensonge, la main était coupée. La culture romaine accordait une grande place aux ‘ statues parlantes ‘, dont on compte actuellement 6 exemplaires à Rome (‘ Le Pasquino ‘ – ‘ Marforio ‘ – ‘ Madame Lucrezia ‘ – ‘ Facchino ‘ – ‘ Babuino ‘ et ‘ Scannabecchi ‘) mais celle-ci diffère en ce sens qu’elle mordait au lieu de parler. Beaucoup plus tard, devant cette Bouche de Vérité, plusieurs centaines de personnes furent guillotinées par le bourreau romain Mastro Titta entre 1796 et 1864. Il existe une autre Bouche de Vérité à Paris, dans le jardin du Luxembourg, mais beaucoup plus récente, ‘ La Bocca delle Verità ‘ du sculpteur français Jules Blanchard (1871).

Mettre sur la sellette

L’expression ‘ mettre quelqu’un sur la sellette ‘ ou ‘ être mis sur la sellette ‘ signifie qu’on soumet une personne à un interrogatoire particulièrement dur, serré, qu’on veut lui faire avouer des secrets qu’il ne souhaite pas dévoiler. Être mis sur la sellette, c’est se trouver en position délicate, être soumis et exposé à la critique. Mais qu’est-ce qu’une sellette ? Au XVIIIe siècle, c’était un petit tabouret très bas sur lequel on faisait asseoir les accusés dans les tribunaux. Pourquoi très bas ? Pour mieux montrer symboliquement aux accusés leur infériorité et ainsi avoir plus de chances de les confondre. La position des accusés étant de ce fait humiliante, la pression psychologique n’en était que plus forte et renforçait le sentiment de supériorité des juges. L’usage de la sellette fut aboli en 1788 par Chrétien-François de Lamoignon de Basville (1735 – 1789), le garde des sceaux de l’époque. Pour information, il était inspiré par les idées des Lumières. Il abolit également la torture et permit aux protestants de retrouver leur état civil grâce à ‘ l’édit de tolérance ‘ de Versailles (1788).

Qu’est-ce qu’un bouc émissaire ?

L’expression ‘ bouc émissaire ‘ désigne une personne innocente sur laquelle retombent toujours les torts et les responsabilités. Son origine est religieuse. Le nom vient du latin caper emissarius qui signifie ‘ le bouc envoyé ‘. Il s’agissait autrefois d’un rite expiatoire annuel au cours duquel le grand prêtre d’Israël désignait deux boucs dont l’un était sacrifié à Dieu et l’autre était envoyé, chassé dans le désert vers le démon sauvage Azazel dont le nom signifie ‘ dieu-bouc ‘. Voir description dans le chapitre 16 du Lévitique pour plus d’informations. Le bouc était censé envoyer toutes les fautes des Israélites dans le désert après qu’elles lui soient portées sur la tête par Aaron. Le sacrifice de substitution était ainsi pratiqué.

Révolte – Insurrection – Révolution – Coup d’Etat – Putsch

Quelles sont les différences entre une révolte, une insurrection, une révolution, un coup d’État et un putsch ? Ce sont des mots que l’on entend souvent mais dont les sens diffèrent quelque peu. Dans pratiquement tous les cas, il s’agit d’un soulèvement de population lié à un mécontentement.

La révolte est un soulèvement contre l’ordre établi, une rébellion, un refus d’obéissance. C’est en général une action collective plus ou moins organisée, et ses acteurs n’ont pas forcément les mêmes objectifs. Exemple de révolte : les ‘ jacqueries ‘ qui étaient des révoltes de paysans français du XIVe au XVIe siècle.

L’insurrection (faite par ce que l’on appelle les ‘ insurgés ‘) est un soulèvement massif qui a pour but de renverser un pouvoir. Nous en avons plusieurs exemples actuels dans les pays arabes. L’insurrection est une forme de révolte. Par exemple, Varsovie (capitale polonaise) a fêté cette année les 67 ans de son insurrection contre les nazis qui eut lieu le 1er août 1944 contre l’occupant allemand. 30 000 résistants étaient alors passés à l’attaque simultanément dans plusieurs endroits de la ville, les combats durèrent 63 jours et firent de nombreuses victimes dans tous les camps.

La révolution, hors la signification liée à l’astronomie ou à la physique (ex. révolution des corps célestes autour d’une orbite), désigne quant à elle un changement violent dans la structure même d’un État, suite à une révolte contre les autorités (exemple : la Révolution française de 1789), mais également un changement profond et brusque dans l’organisation économique, sociale ou culturelle d’une société donnée (exemple : la Révolution industrielle du XIXe siècle).

Le coup d’État quant à lui désigne le renversement du pouvoir en place et bien sûr la prise de pouvoir, mais de manière illégale voire brutale par une personne déjà investie d’une autorité reconnue. Si le coup d’État est réalisé avec l’utilisation d’armes, on l’appelle un ‘ putsch ‘. Les putschistes s’appuient sur une bonne partie de l’armée et sont soutenus par une partie de la classe politique et de nombreux civils. Le coup d’État est un moyen très souvent utilisé depuis longtemps dans le monde entier pour accéder de force au pouvoir. Exemple : le coup d’État du 2 décembre 1851 par Louis-Napoléon Bonaparte contre le régime parlementaire. La Constitution de la Deuxième République interdisait à Bonaparte de se représenter aux élections présidentielles. Par son coup d’État, il garda le pouvoir en violant la légitimité constitutionnelle (dissolution de l’Assemblée nationale, rétablissement du suffrage universel grâce à 6 décrets édictés par L-N. Bonaparte ce 2 décembre 1851).

Battre la chamade

Vous connaissez l’expression ‘ avoir le cœur qui bat la chamade ’. Mais qu’est-ce que la chamade ? C’était autrefois, dans les armées, un roulement de tambour (ou une sonnerie de trompette selon les cas) destiné à signifier à l’ennemi que l’on souhaitait faire une trêve pour s’entretenir et négocier avec eux par exemple, ou que l’on se rendait tout simplement. D’ailleurs, vu le bruit et la confusion sur les champs de bataille, ce signal n’était pas toujours bien identifié par les ennemis et occasionna de nombreuses victimes. C’est pour cela qu’il y fut rajouté le drapeau blanc, quant à lui bien visible, et devenu signe international de trêve. De là le rapport avec le cœur qui capitule quand il bat la chamade, en raison d’une vive émotion ou d’une peur qui rappelle le sentiment des soldats avançant vers l’ennemi en ‘ battant la chamade ‘ !

Coup de Jarnac

Un coup de Jarnac est, comme un coup de Trafalgar (voir article à ce propos), un coup violent, imprévu, habile et déloyal. A l’origine, il s’agit d’un coup d’escrime (coup à l’arrière du genou) que Guy Chabot de Jarnac (seigneur de Jarnac) rendit célèbre en le portant au cours d’un duel le 10 juillet 1547 contre François de Vivonne (seigneur de la Châtaigneraie) pour une affaire de querelles entre les maîtresses royales Diane de Poitiers (duchesse de Valentinois) et Anne de Pisseleu (duchesse d’Etampes). Ce coup est synonyme de coup en traître.

Coup de Trafalgar

Un ‘ coup de Trafalgar ‘ survient par définition de manière inattendue, c’est une mauvaise plaisanterie, un coup bas et  imprévu aux conséquences désastreuses (voir aussi  » Coup de Jarnac  » et article associé). Mais pourquoi Trafalgar ? L’origine remonte à 1805, plus précisément le 21 octobre. L’amiral Nelson, à la tête de sa flotte anglaise, décida d’attaquer les flottes française (de Napoléon 1er) et espagnole par surprise, détruisant 33 navires avec seulement 27 bateaux. Les navires français et espagnols étaient commandés par l’amiral de Villeneuve et le duc de Gravina. Cette célèbre bataille navale eut lieu bien sûr face au cap de… Trafalgar (nord-ouest du détroit de Gibraltar), alors que les navires étaient sortis du port de Cadix pour rejoindre Toulon ! À l’origine, Napoléon voulait envahir l’Angleterre. L’amiral Nelson trouva d’ailleurs la mort à cette occasion, tout comme 400 de ses marins malgré cette victoire anglaise.

Expressionnisme – Impressionnisme – Pressionnisme

L’expressionnisme, l’impressionnisme et le pressionnisme sont tous trois des mouvements artistiques. Attention, ils sont très différents, de par leurs styles graphiques et leurs époques !

L’expressionnisme est un mouvement artistique et littéraire du début du XXe siècle qui s’inscrit dans la continuité du fauvisme, présent particulièrement en Allemagne et c’est un courant essentiellement nordique. Comme son nom l’indique, l’intensité de l’expression est mise en avant. Van Gogh en fut un précurseur. Les peintre des groupes allemands ‘ Die Bücke ‘  et ‘ Der Blaue Reite ‘ le développèrent largement, mais le mouvement toucha également la littérature, le théâtre, l’architecture, la musique, la danse, le cinéma. C’est le régime nazi qui y mit fin en le condamnant, le trouvant ‘ dégénéré ‘. Expressionnistes célèbres : Erich Heckel, Ernst Ludwig Kirchner, Kandinski…

L’impressionnisme est quant à lui un mouvement pictural typiquement français. Il est né dans la seconde moitié du XIXe siècle (donc plus ancien que l’expressionnisme) de l’association d’un groupe d’artistes. Comme tout mouvement en général, il fut très critiqué à ses débuts mais se fit remarquer de 1874 à 1886 lors de huit expositions publiques parisiennes. L’une de ses principales caractéristiques est de noter les ‘ impressions fugitives ‘, la mobilité des phénomènes. C’est le célèbre tableau Impression soleil levant de Claude Monet qui a donné son nom au mouvement. Impressionnistes célèbres : Paul Cézanne, Mary Cassatt, Camille Pissaro, Claude Monet, Edgar Degas, Pierre-Auguste Renoir, Alfred Sisley, Edouard Manet, Berthe Morisot…

Le pressionnisme est beaucoup plus récent, c’est l’art du graffiti qui fête ses 40 ans en 2011 à Monaco (infos sur http://www.monaco-graffiti.com). Le mot pressionnisme vient de la pression de la bombe aérosol et de la rue, c’est un art dit ‘ sous pression ‘.

Sot-l’y-laisse

Le nom masculin ‘ sot-l’y-laisse ‘ appelé aussi ‘ médaillon ‘ en cuisine, date officiellement de 1798 (Académie française). Il désigne le petit morceau de chair très fine situé au-dessus du croupion des volailles, au creux des os iliaques (il y en a 2 par volaille). Plusieurs explications existent : 1 – Le morceau étant relativement caché par l’os à cet endroit, le sot ne le voit pas et le laisse. 2 – Ce morceau est tellement goûteux que seul un sot pourrait le laisser. 3 – Le roi Louis XIV ne mangeait que ce morceau dans le poulet. C’était son mets favori, d’où le fait que le sot-l’y-laisse en soit devenu la partie noble, alors que vu l’endroit où il se trouve, a priori le sot-l’y-laisse aurait pu avoir un caractère ‘ bas ‘. Louis XIV aurait laissé le reste aux sots (les autres !).

Des clopinettes

La locution ‘ des clopinettes ‘ vient du mot ‘ clope ‘ autrefois au masculin, qui désignait un mégot puis devenu féminin pour désigner une cigarette (une clope) en langage familier. Un clope était donc un mégot, donc presque rien, quelque chose de tout petit. De là l’expression ‘ des clopinettes ‘ (utilisée au féminin pluriel) pour désigner ‘ presque rien ‘. Exemple : ‘ Alors, as-tu trouvé beaucoup de champignons aujourd’hui dans la forêt ? Non, rien du tout, des clopinettes, oui ! ‘

Berthe au grand pied ou aux grands pieds ?

Berthe au grand pied ‘ était le surnom de Berthe de Laon, et s’écrit au singulier, et non au pluriel comme on le voit souvent à tort. Cette reine des Francs du VIIIe siècle, mère de Charlemagne, était ainsi surnommée en raison (probable selon l’histoire) d’un pied bot (et non pas un pied beau !) qui aurait retardé la croissance de ce fameux pied. Au final, elle avait un pied plus grand que l’autre.

Un choix cornélien

Faire un choix cornélien, c’est faire un choix difficile. Mais pourquoi ‘ cornélien ‘ ? C’est en référence à Pierre Corneille (dramaturge du XVIIe siècle) qui dans ses célèbres tragédies imposait à ses héros de faire des choix délicats entre deux choses (et pas trois ! Deux seulement !), du style honneur et amour dans le Cid, poire et fromage dans Polyeucte, ou plus difficile encore entre clémence et vengeance dans Cinna. Le caractère systématiquement ’ tragique ‘ du choix est à noter. Quelle que soit la solution choisie, celle qui est mise de côté crée un manque ou des conséquences négatives (la solution choisie aussi d’ailleurs). Le choix est un choix inéluctable, on ne peut pas retenir les deux solutions, il faut trancher. Il n’existe aucune troisième possibilité non plus. Ce choix nous est imposé, en d’autres termes, nous ne choisissons pas d’avoir à faire un choix. Entre la peste et le choléra, les sentiments ou la raison, le choix est bien difficile !

Encornet – poulpe – calamar – seiche – pieuvre

Le poulpe ou pieuvre est un mollusque céphalopode (dont les pieds sortent de la tête selon l’étymologie  grecque kephalê = tête et podos = pied) qui possède 8 tentacules avec 2 rangées de ventouses chacun (parfois jusqu’à plus de 200 ventouses par tentacule). Sa tête est munie d’un bec corné. Le poulpe a la capacité de changer de couleur et de structure de peau selon son environnement et son humeur. Il jette un épais nuage d’encre noire (sépia) en cas d’attaque pour masquer sa fuite. La pieuvre est très reconnaissable et se distingue parfaitement du calamar. En anglais, la pieuvre est appelée octopus à cause de ses 8 bras.

Le calamar ou calmar possède 8 bras et 2 tentacules (décapode) munis de ventouses. C’est un céphalopode à coquille interne cornée, appelée ‘ plume « ‘. Selon les régions, ce mollusque est aussi appelé encornet, chipirion (Pays basque) et supion (Provence – le mot supion désigne alors les plus petits calamars). Les calamars constituent un ordre et il en existe près de 300 espèces, d’où l’existence d’une quantité importante de noms vernaculaires pour désigner le même animal ou l’un de ses cousins. L’encornet est en fait une espèce de calamar, tout comme la seiche. Le calamar peut mesurer jusqu’à 17 mètres de longueur (calmar géant des profondeurs).

La seiche est voisine du calamar. En matière gastronomique, la distinction n’est pas toujours faite et la seiche est aussi appelée parfois encornet. Ces animaux se ressemblent beaucoup. La seiche possède un corps ovale et mesure environ 30 cm. Le fameux ’ os de seiche ‘ que tout le monde connaît est en fait un flotteur interne. C’est une coquille calcaire cornée. Sa tête est munie de 8 bras courts munis de ventouses et 2 grands tentacules (attention, c’est un nom masculin : UN tentacule !) qui projettent un liquide noir (appelé couramment ‘ encre de seiche ‘ mais dont le vrai nom est ‘ sépia ‘, utilisé en cuisine et en photographie) pour se défendre lorsqu’elle se sent en danger.

Les cétacés

Il existe deux grands groupes de cétacés : les cétacés à dents (odontocètes) et les cétacés à fanons (mysticètes). Ce sont des mammifères marins.

Cétacés à dents : dauphin, marsouin, orque-épaulard (‘ baleine tueuse ‘), narval (licorne de mer), béluga (baleine blanche), cachalot, baleine à bec, globicéphale (baleine-pilote ou dauphin-pilote).

Cétacés à fanons : baleine bleue ou rorqual bleu (jusqu’à 200 tonnes), baleine pygmée (2 tonnes), baleine grise (15 à 50 tonnes).

Phoque – otarie – morse – lion de mer – éléphant de mer

Il existe de nombreuses familles et espèces de mammifères marins. Le phoque et l’otarie se différencient très facilement : les oreilles du phoque sont internes et n’ont donc pas de pavillons visibles, tandis que les oreilles de l’otarie sont visibles. Une autre différence est facile à remarquer entre ces deux animaux : l’otarie peut relever le torse en prenant appui sur le sol avec ses membres supérieurs tandis que le phoque rampe lourdement sur le sol, incapable de se relever. Dans les spectacles d’animaux de bassins, ce sont essentiellement des otaries que vous verrez (en dehors des dauphins et des orques).

Il existe plusieurs espèces d’otaries. La plus petite, celle des Galapagos, pèse une soixantaine de kilos tandis que le lion de mer (otarie de Steller) pèse jusqu’à une tonne et peut mesurer jusqu’à 3 mètres.

Le morse est un cousin de l’otarie. C’est un animal de la famille des odobenidés, constituée pour la plupart d’espèces fossiles. Le morse est très grand et lourd, pesant jusqu’à 2 tonnes. Il est reconnaissable à ses très longues canines. Il vit dans les régions arctiques.

L’éléphant de mer fait partie de la famille des phocidés. C’est un très grand phoque reconnaissable à son gros nez qui forme une sorte de trompe. Les phoques sont très à l’aise dans l’eau et maladroits sur terre. L’éléphant de mer peut rester 2 heures en apnée et plonger jusqu’à 2 000 mètres de profondeur. Il peut peser jusqu’à 3 tonnes et mesurer 5 mètres.

Les tranches d’âges

Les tranches d’âges sont nommées à partir de 30 ans. Trentenaire = de 30 à 39 ans. Quadragénaire = de 40 à 49 ans. Quinquagénaire = de 50 à 59 ans. Sexagénaire = de 60 à 69 ans. Septuagénaire = de 70 à 79 ans. Octogénaire = de 80 à 89 ans. Nonagénaire = de 90 à 99 ans. Centenaire = 100 ans et plus. Concernant la tranche d’âge des 20 à 23-24 ans, on dit qu’ils ont la vingtaine (ou une vingtaine d’années), mais il n’existe pas de terme particulier.

Adjectifs de périodicités

Annuel(le) = Qui a lieu chaque année. Exemple : la floraison annuelle.

Biennal(e) = Une exposition biennale est une exposition qui a lieu tous les deux ans (bisannuelle). Exemple : la biennale d’art contemporain de Lyon.

Triennal(e) = Qui a lieu tous les 3 ans. Quadriennal(e) = Tous les 4 ans. Quinquennal(e) = Tous les 5 ans (un quinquennat dure 5 ans). Décennal(e) = Tous les 10 ans (une décennie est une période de 10 ans). Quindécennal(e) = Tous les 15 ans. Vicennal(e) = Tous les 20 ans. Tricennal(e) = Tous les 30 ans. Quadragennal(e) / Quadriennal(e) = Tous les 40 ans (un quadragénaire a de 40 à 49 ans). Cinquantennal(e) = Tous les 50 ans (un quinquagénaire a de 50 à 59 ans – on fête aussi le cinquantenaire d’un moment historique). Centennal(e) = Tous les 100 ans (un centenaire a 100 ans ou plus – on fête aussi le centenaire de la mort d’un personnage célèbre… ou d’autre chose d’historique). Exemple : une crue centennale est une crue qui arrive une fois tous les 100 ans. Bicentennal(e) = Tous les 200 ans (un bicentenaire : en 1989, a été fêté le bicentenaire de la Révolution française). Millennal(e) = Tous les 1 000 ans (un millénaire = une période qui dure 1 000 ans).

Différence entre rêve, songe, cauchemar et utopie

Le rêve (de l’ancien français desver = ‘ vagabonder, perdre le sens ‘, du gallo-romain esvo = ‘ vagabond ‘ et du latin classique exvagus = ‘ vagabond ‘) représente, au sens propre du terme, un ensemble de phénomènes psychiques que l’on éprouve pendant le sommeil dont il est possible de mémoriser partiellement le contenu, surtout dans les quelques minutes qui suivent le réveil. Au sens figuré, le rêve désigne une représentation consciente plus ou moins idéalisée d’une chose que l’on désire, par exemple rêver d’être riche, d’avoir une jolie maison, de trouver le bonheur, de partir en vacances au bout du monde, de s’acheter tel modèle de voiture etc. Le rêve en ce sens peut parfaitement être réalisé s’il n’est pas trop utopique.

L’utopie (nom qui vient du monde imaginaire Utopia créé par le philosophe humaniste Thomas More au début du XVIe siècle)  désigne quant à elle le rêve impossible, l’espérance vaine, la conception imaginaire d’un monde idéal totalement hors de la réalité concrète. Par exemple, il est utopique de penser qu’un jour tous les peuples vivront en paix. C’est une illusion, une chimère.

Le songe (du latin somnium, de somnus = sommeil) est différent, il désigne le rêve mais plutôt dans un registre poétique. Dans la mythologie, les Songes étaient les fils du Sommeil. Sorties de l’enfer, ces divinités avaient pour rôle d’apporter aux hommes, pendant leur sommeil, des images autant véridiques que trompeuses. Dans les songes de l’époque antique, les dieux étaient également censés apparaître à leurs fidèles pour leur apporter la guérison. Un songe apporte donc un message particulier (souvent considéré comme céleste par de nombreuses cultures), ce qui le différencie du rêve.

Le cauchemar, lui, désigne un rêve pénible et angoissant. Le mot vient de l’ancien français caucher = fouler et du néerlandais mare = fantôme (en anglais, un cauchemar se dit d’ailleurs ‘ nightmare ‘).

Différence entre crevettes, gambas et bouquets

Les gambas et les bouquets font partie des 2 500 espèces de crevettes répertoriées dans le monde. La gamba est donc une crevette mais toute crevette n’est pas une gamba !

Les bouquets (crevettes roses) mesurent jusqu’à 11 cm (nom scientifique : palaemon serratus) et leur carapace est de couleur jaunâtre, légèrement transparente et rayée de bandes brunes transversales. Ils vivent à la surface de l’eau mais peuvent descendre jusqu’à 40 mètres de profondeur. On les trouve facilement dans les ‘ trous d’eau ‘ des rochers de la Mer du Nord, de la Manche, de l’Atlantique, de la Méditerranée et également de la Mer Noire.

Les gambas sont des crevettes de grande taille, il en existe d’ailleurs plusieurs espèces. Elles mesurent 15 cm environ. Leur habitat naturel est subtropical ou tropical. On n’en trouve donc pas en Europe sauf si elles y ont été introduites volontairement, par exemple dans des fermes aquacoles.

Les crevettes grises quant à elles mesurent entre 5 et 8 cm. On les trouve sur toutes les côtes européennes. En France, le premier port de pêche à la crevette est celui de l’île d’Oléron, il est même considéré comme le plus grand d’Europe. On les pêche aussi beaucoup dans la baie du Mont Saint-Michel. Elles aiment particulièrement les fonds sableux voire vaseux.

Origine du mot chocolat

Le mot chocolat vient de l’espagnol chocolate, issu du nahuatl (langue indigène toujours parlée au Mexique et au Salvador) xocoatl - chocolatl, lui-même dérivé de xocolli qui signifie amer et de atl (mot aztèque) qui désigne l’eau. Une autre origine lui est attribuée, assez proche d’ailleurs ! Selon le philologue Ignacuio Davila Garibi, le mot chocolat pourrait être un mélange créé par les conquistadors espagnols, et viendrait du mot maya chocol, et du nahuatl atl. Cette version n’est cependant pas officiellement confirmée. La première explication est plus plausible.

Un peu d’histoire : autrefois (1 000 ans av. J.-C.), les fèves de cacao étaient utilisées comme monnaie d’échange mais également comme unité de calcul en Amérique centrale. Cela se retrouve dans les hiéroglyphes mexicains. Des résidus de chocolat ont été trouvés également dans des poteries très anciennes datant de 2 600 ans. Le cacaoyer était véritablement l’arbre des dieux. Du cacao été retrouvé également dans des tombes auprès des défunts, laissant supposer qu’un rituel funéraire existait à ce niveau. Une fois importé en Europe par les conquistadors, en premier lieu à la cour du roi Charles Quint (XVIe siècle), le chocolat fut utilisé essentiellement par les plus riches, en tant que denrée rare donc chère !

Oeuf à la coque – oeuf mollet – oeuf dur

Quelles sont les différences entre un œuf à la coque, un œuf mollet et un œuf dur ? Concernant le dernier, c’est facile vu qu’il est dur ! Tout est une question de temps de cuisson, assez facile à retenir. On peut les cuire à froid ou directement dans l’eau bouillante.

Dans l’eau froide  : 1 – Oeuf à la coque = retirer du feu dès que l’eau bout. 2 – Oeuf mollet = ajouter 3 minutes. 3 – Oeuf dur = ajouter encore 3 minutes.

Dans l’eau bouillante (sortir les œufs du réfrigérateur 2 heures avant) : 1 – Oeuf à la coque = 3 minutes. 2 – Oeuf mollet = ajouter 3 minutes. 3 – Oeuf dur = ajouter 3 minutes.

Astuce pour écaler : dans tous les cas, passer les œufs à l’eau froide aussitôt après la cuisson, ils seront plus faciles à écaler.

Astuce pour connaître la fraîcheur d’un œuf : mettre l’œuf dans un saladier rempli d’eau. S’il tombe au fond, il est frais et s’il remonte et flotte à la surface, mieux vaut le jeter ou le mettre dans le jardin comme engrais. La coquille d’œuf constitue un excellent engrais, en plus d’être économique. On peut utiliser aussi l’eau de cuisson comme engrais naturel, les plantes apprécient les sels minéraux qu’elle contient.

Tenir la chandelle

L’expression ‘ tenir la chandelle ‘ signifie se trouver seul en présence d’un couple qui se câline sans pour autant y participer, bref être de trop ! L’expression désigne également le fait d’être entremetteur dans le cadre d’une relation amoureuse. Mais pourquoi tenir une chandelle ? Quel rapport ? En fait, à l’époque où l’électricité n’existait pas encore, dans les milieux aisés, lorsque les époux désiraient avoir des relations intimes le soir, ils faisaient appel à l’un de leurs domestiques (de confiance) dont le rôle était de tenir un chandelier afin d’éclairer quelque peu la scène et y voir ainsi plus clair. Il était bien sûr censé tourner le dos !

Il fut également de coutume dans les milieux royaux et dans certaines cultures, lors de la nuit de noces, de faire appel de la même manière à un domestique dont le rôle était plus précisément d’aller vérifier à la chandelle, une fois les choses finies, s’il y avait du sang sur les draps et certifier ainsi que la mariée était bien vierge avant cette nuit. Notons par ailleurs que ce rôle était considéré comme un honneur, en tant que personne digne de confiance.

Drastique et draconien

L’adjectif ‘ drastique ‘ vient du grec drastikos signifiant ‘ qui opère ‘. Ses synonymes sont  : draconien, rigoureux, sévère, strict. Des mesures drastiques, des mesures draconiennes. En médecine, ce mot désigne un remède particulièrement énergique, notamment certains purgatifs comme la coloquinte, le jalap, la bryone ou le nerprun (dans ces cas-là, il s’agit non plus d’un adjectif mais d’un nom masculin : un drastique).

L’adjectif ‘ draconien ‘ vient de Dracon qui était un législateur athénien (Grèce antique – VIIe siècle av. J.-C.) très réputé pour sa grande sévérité. Dracon écrivit les premières lois de la cité, et les afficha sur des panneaux de bois et des stèles afin que tous ceux qui savaient lire puissent les voir et soient au courant de ces lois. Avant lui, les lois se transmettaient oralement, c’est donc une grande avancée historique dans la mesure où ce sont les premières traces écrites en matière de législation. Il est à noter que ces lois étaient particulièrement sévères, par exemple le vol était puni de mort ! Elles faisaient également la distinction entre le meurtre volontaire et l’homicide involontaire (Démosthène Contre Leptine 158).

Différence entre arrhes et acompte

En ce qui concerne particulièrement les réservations de vacances, il est de coutume de vous demander des arrhes ou un acompte au moment de cette réservation. Le but est, pour les établissements hôteliers, campings, loueurs de maisons, appartements ou véhicules de s’assurer, par votre engagement financier, que vous ne leur ferez pas défaut au dernier moment. En effets, les arrhes et les acomptes sont des sommes d’argent que vous donnez à la réservation, en général plusieurs mois avant de profiter du bien loué. Côté légal, il y a quelques différences à connaître si l’on veut éviter les éventuelles mauvaises surprises.

L’acompte implique un engagement ferme des deux côtés et la somme payée est à déduire du reste, c’est un premier paiement. Par exemple, vous louez pour 500 euros et vous donnez 50 euros d’acompte à la réservation, il vous restera 450 euros à payer ensuite. L’engagement mutuel signifie qu’aucun des deux ne peut annuler la réservation. Si vous vous rétractez quand même, vous ne récupérez pas votre acompte et le loueur peut même vous demander des dommages et intérêts et la totalité du paiement prévu au départ. C’est la même chose pour le loueur. S’il décide de ne plus vous louer son bien ou son service alors que vous avez déjà payé un acompte, vous pouvez lui demander des dommages et intérêts en plus du remboursement de l’acompte (il faut passer par un jugement).

Les arrhes quant à elles ne comportent pas ces obligations. Si vous avez versé des arrhes et que vous vous désistez (même au dernier moment), vous perdez vos arrhes sauf si le contrat signé au départ indique qu’elles vous seront reversées. La loi est différente pour le loueur. Si c’est lui qui se désiste, il doit vous rembourser le double des arrhes reçues (art. 1590 du Code civil). Attention, certains loueurs préfèrent vous proposer un avoir (à utiliser une autre fois), mais vous pouvez refuser et exiger l’argent.

Précautions à prendre : gardez toujours trace de vos versements, pour cela évitez de payer en espèces. Lisez bien toutes les lignes du contrat avant de signer, surtout les petites lignes ‘ illisibles ‘. Soyez attentifs aux clauses de résiliation. Il faut aussi savoir que par défaut (donc sans mention particulière sur le contrat), tout paiement d’avance est considéré comme des arrhes (art. L.114-1 du Code de la consommation).

14 juillet fête nationale en France

Le 14 juillet est la fête nationale en France depuis 1880 sous la IIIe République, tout comme la Marseillaise devient l’hymne national. L’idée de départ est que ce régime cherche à consolider son image par des symboles républicains, et notamment raviver l’image militaire après la défaite de l’armée française contre la Prusse en 1870. Cette fête marque la commémoration de la prise de la Bastille ce même jour de 1789 (Révolution française). Le roi Louis XVI a réuni les États généraux en raison des nombreux mécontentements du peuple. Dans cette assemblée, siègent des représentants de la noblesse, du clergé et du tiers-état, qui exigent une réforme institutionnelle importante et se proclament Assemblée nationale le 9 juillet 1789. Le roi, très inquiet, fait secrètement venir des régiments allemands et suisses pour aider les troupes royales à arrêter les députés, mais la rumeur se répand rapidement. L’orateur Camille Desmoulins fait appel à la foule, monté sur un tonneau, et annonce publiquement la ‘ Saint-Barthélémy des patriotes ‘. Le matin du 14 juillet, les Parisiens prennent des armes aux Invalides et vont chercher de la poudre à la Bastille dont ils donnent l’assaut. Aidés de gardes nationaux, ils finissent par s’emparer de la forteresse et commencent à la démolir. Ils libèrent au passage quelques prisonniers. Symboliquement, en détruisant la prison médiévale qu’est la Bastille, ils détruisent l’image de la royauté, de l’Ancien Régime. Cette journée marque le début de la Révolution qui durera plusieurs années. Il en est resté l’image de la liberté.

Bacchanal, bacchanale, bacchanales

On peut écrire ce mot des 3 façons, mais les significations sont différentes.

Un bacchanal : nom masculin qui désigne un grand désordre. Le mot est désormais peu usité mais existe toujours. Faire un bacchanal = faire beaucoup de bruit, créer du désordre.

Une bacchanale : nom féminin qui désigne une fête bruyante. C’est un mot plutôt littéraire.

Des bacchanales : nom féminin pluriel sans majuscule. Il s’agit d’une fête romaine religieuse inspirée des dionysiaques grecques… en l’honneur de Bacchus, le dieu romain de la vigne, de la fête, du vin et de tous débordements y compris sexuels (équivalent de Dionysos pour les Grecs). Les femmes étaient déguisées en bacchantes. Des représentations théâtrales y faisaient au départ office de cérémonies religieuses mais cela évolua vers des orgies nocturnes censées être initiatiques voire des sacrifices. Vu les débordements systématiques que l’on peut facilement imaginer, le Sénat finit par les interdire. Les bacchanales sont à l’origine du principe de carnaval, nettement moins extrême et tous publics quant à lui.

Différence entre jaguar, panthère, guépard, once, puma, couguar et léopard

Le jaguar, la panthère, le guépard, l’once, le puma, le couguar et le léopard sont tous des félins, mais voici les principales différences :

Le jaguar vit en Amérique du sud, en Amérique centrale et au sud des États-Unis. Ses taches noires, en forme de cercles et pas toutes de la même taille, sont dans l’ensemble plus larges que celles du léopard. Il est aussi plus grand. Le jaguar sait nager, il adore l’eau. Sa mâchoire est réputée plus puissante que celle du lion. Sa tête ressemble à celle du tigre.

Le guépard vit en Afrique et dans la péninsule arabique. Il n’a pas les griffes rétractiles contrairement aux autres félins. C’est l’animal le plus rapide, capable de passer de 0 à 90 km/h en une seule seconde. Un véritable athlète ! Il est reconnaissable aux points noirs tachetant son corps.

La panthère appelée aussi léopard ou once (selon les endroits) vit en Afrique (sauf au Sahara) au sud de l’Asie (Inde, Malaisie, Chine…) ou en Asie centrale (montagnes de l’Himalaya et de l’Altaï pour l’once). Elle n’aime pas l’eau et ne sait pas nager. Elle ressemble au jaguar mais de taille inférieure, avec des taches noires au centre brun plus petites et toutes de la même taille. La panthère peut aussi être noire. Sa tête ressemble à celle d’un gros chat. Le léopard est la panthère d’Afrique, et l’once est la panthère des neiges.

Le puma appelée aussi couguar vit en Amérique, surtout sur la côte ouest (U.S.A. et Canada). Il est reconnaissable à sa robe uniforme de couleur crème.

Alpaga, lama, vigogne et guanaco

L’alpaga, le lama, la vigogne et le guanaco sont tous des camélidés (le chameau aussi est un camélidé, mais ne vit pas dans les mêmes régions) d’Amérique du sud… avec quelques petites différences tout de même !

L’alpaga est élevé pour sa laine très douce depuis plus de 5 000 ans. Il mesure environ 80 cm et vit dans la région des Andes.

Le lama quant à lui est plus grand (1.20 m) et possède un ‘ pelage double ‘. Il vit vers le sud du continent. Ses poils de garde sont longs et plus rudes que ceux de l’alpaga. On en fait cependant des vêtements mais ils sont irritants et moins agréables à porter. Il est surtout utilisé pour le transport des marchandises.

La vigogne mesure environ 80 cm comme l’alpaga. Elle vit à l’état sauvage dans les Andes du sud. Sa rareté en fait un animal recherché par les grands couturiers. Son poil est orangé.

Le guanaco mesure environ 1.20 m comme le lama. Il vit à l’état sauvage au sud du continent. Il serait l’ancêtre des lamas domestiques.

Différence entre Aztèques, Mayas et Incas

Le point commun entre Aztèques, Mayas et Incas est que ce sont toutes trois des civilisations d’Amérique centrale et du sud, de l’époque précolombienne (avant Christophe Colomb).

Les Aztèques (Mexicas) fondèrent un empire au Mexique au XVe siècle (lac Texcoco). Leur société était très hiérarchisée et avancée culturellement (écriture idéographique notamment). Ils furent cependant vaincus par la conquête espagnole de Cortès et leur dernier empereur fut exécuté en 1524.

Les Mayas vivaient également au Mexique (presqu’île du Yucatan – mais aussi Belize, Salvador, Guatemala, Honduras) et sont apparus il y a très longtemps, au IIIe millénaire avant J.C. Cette civilisation était réputée pour son grand savoir mathématique et astronomique. Elle est reconnue également pour son  » système d’écriture intégral « .

Les Incas vivaient en Amérique du sud, dans les Andes, plus précisément au Pérou. La civilisation date du XIIIe siècle et s’est étendue à toute la côte pacifique de la cordillère des Andes et également à l’Argentine, la Colombie, la Bolivie, l’Equateur et le Chili. En 1532, les conquistadors espagnols mirent fin à cet empire.

Origine de la pêche Melba

La pêche Melba fut inventée en 1894 par le célèbre cuisinier français Auguste Escoffier. Tombé sous le charme de la magnifique voix d’une grande diva de l’époque, une cantatrice soprano australienne nommée Nellie Melba à l’Opéra de Covent Garden à Londres, il lui dédia un dessert auquel il donna son nom. Le dessert représentait un cygne taillé dans de la glace, entre les ailes duquel Escoffier avait mis une timbale en argent dont le fond était garni de glace à la vanille. Au-dessus, il disposa deux demi-pêches pochées dans un sirop vanillé, et surmontées d’une purée de framboises. À l’époque, il n’avait pas mis de crème Chantilly, celle-ci fut rajoutée ultérieurement au dessert.

Origine du mot tontine

Une tontine est dans le principe un acte, un système d’investissement par lequel plusieurs personnes achètent conjointement un bien dont la propriété est répartie entre les survivants à chaque décès d’une personne, et ceci jusqu’au dernier survivant. Mais d’où vient le mot ? Il a été créé à partir du nom de la personne qui a mis en place ce système pour Mazarin, à savoir le banquier napolitain Lorenzo Tonti au XVIIe siècle.

Cerf et serf

Les deux noms masculins cerf et serf ne doivent pas être confondus, leurs significations n’ont pas de point commun, et pourtant les fautes sont fréquentes !

Un cerf (du latin cervus = cerf) est un animal ruminant de la famille des cervidés, caractérisé notamment par les bois qui surmontent sa tête.

Un serf (du latin servus = esclave) était autrefois une personne attachée à un domaine seigneurial appelé fief. Les serfs cultivaient la terre moyennant une redevance payée au seigneur propriétaire en échange de la protection de ce dernier (rapport de vassalité). Attention, il ne faut pas confondre le servage et l’esclavage. Le serf jouissait d’une personnalité juridique contrairement à l’esclave qui n’avait aucun droit. Le serf était considéré comme une personne liée à un contrat, tandis que l’esclave était considéré comme un bien meuble, comme une chose. Le serf appartenait à la terre (par contrat) tandis que l’esclave appartenait à son maître et ne jouissait d’aucun droit. Le serf pouvait posséder des biens, se marier, hériter, exercer une action en justice contrairement à l’esclave.

Différence entre éthologie et ethnologie

L’éthologie et l’ethnologie sont des sciences souvent confondues. Voici les différences :

L’éthologie vient du grec êthos = ‘ mœurs ‘ et de logos = ‘ science ‘. Littéralement, c’est donc la science des mœurs. Plus précisément, il s’agit de l’étude du comportement des animaux dans leur milieu naturel, leur environnement. Par exemple, l’américaine Dian Fossey (1932-1985), bien connue pour avoir étudié les gorilles au Rwanda et l’ayant payé de sa vie (assassinée), fut une éthologue désormais reconnue et célèbre dans le monde entier.

L’ethnologie (sans accent sur le E) vient du grec ethnos = ‘ peuple, famille, tribu ‘ et logos = ‘ science ‘. Cette science est l’étude des sociétés humaines (contrairement à l’éthologie qui étudie les animaux), langues, coutumes, religions, histoire, économie etc. C’est une des branches de l’anthropologie, qui comprend 4 sous-disciplines : l’anthropologie physique ou anthropobiologie (étude des humains du point de vue physico-biologique), l’ethnologie, l’archéologie (analyse des vestiges matériels du passé) et l’ethnolinguistique (étude du langage chez les peuples sans écriture). Claude Lévi-Strauss (1908-2009) est un ethnologue et anthropologue connu notamment de par son œuvre Tristes tropiques (1955) traitant essentiellement des Indiens du Brésil (tribus indiennes d’Amazonie).

Un pamphlet

Le nom masculin ‘ pamphlet ‘ vient de l’anglais pamphlet, lui-même issu du latin médiéval pamfletus, de Pamphiletus qui est le diminutif de Pamphilus (titre d’une comédie populaire écrite sous forme de poème du XIIe siècle puis d’un écrit satirique du XVIe siècle). Le mot latin est lui-même emprunté au grec ancien pamphilos qui signifie ‘ aimé de tous ‘. Le pamphlet est un genre littéraire de nature relativement calomnieuse, qui va à l’encontre de quelqu’un, qui critique de manière virulente (les diatribes – violentes critiques – sont d’ailleurs souvent écrites sous forme de pamphlets), qui provoque des polémiques et attaque ouvertement. Les pamphlets sont brefs et ne dépassent en général pas les 100 pages. Ils font même plus souvent une ou deux pages. Exemple : Napoléon le petit ‘ de Victor Hugo (1852) est un pamphlet politique. Expulsé de France après s’être violemment opposé au coup d’État du 2 décembre 1851 et réfugié de ce fait à Bruxelles, il y critique ouvertement Louis-Napoléon Bonaparte (Napoléon III) quelques mois après cette expulsion.

Une diatribe

Le nom féminin ‘ diatribe ‘ vient du latin diatriba , lui-même emprunté au grec diatribê qui signifie ‘ exercice d’école ‘. Il désigne ‘ un texte ou discours qui attaque de façon virulente une personne ou une institution ‘. C’est une critique amère, négative, voire même injurieuse, écrite généralement sous forme d’un pamphlet ou d’une satire. Une diatribe est une accusation, un réquisitoire voire une délation. Émile Zola en constitue un excellent exemple avec son célèbre article ‘ J’accuse ‘ écrit dans le journal l’Aurore le 13 janvier 1898 à propos de l’affaire Dreyfus, sous forme d’une lettre ouverte au Président de la République de l’époque, Félix Faure.

Les calendes grecques

L’expression ‘ renvoyer aux calendes grecques ‘ signifie remettre à un moment qui n’arrivera jamais, mais pourquoi ? Tout simplement parce que les calendes grecques n’existent pas ! Les calendes (nom féminin pluriel, du latin calendae) étaient le premier jour du mois dans la civilisation romaine, c’était également le jour où les dettes devaient être payées. Quant à eux, les Grecs n’ont jamais eu de calendes, d’où ‘ promettre de payer aux calendes grecques ‘, signifiant qu’on n’a pas l’intention de payer !

Qu’est-ce que les terres rares ?

Les ‘ terres rares  ‘ sont un ensemble de 17 minéraux utilisés dans les hautes technologies et les technologies vertes : téléphones, ordinateurs… et essentiellement exploités en Chine qui en détiendrait environ 50 % des réserves mondiales. Les terres rares sont appelées ainsi car découvertes au XIXe siècle, et à l’époque, on les pensait rares alors qu’en réalité, elles sont bien répandues sur la planète, bien qu’inégalement. ‘ Terres ‘ parce que les minerais ressemblent à de la terre. Exemples de terres rares : bastnasite, monazite, apatite, chéralite, eudialyte, loparite, phosphorites…

Menhir et dolmen

Si vous êtes déjà allé en Bretagne ou en Grande-Bretagne, vous avez certainement entendu parler, voire vu des menhirs et des dolmens. Il y en a d’ailleurs dans d’autres régions, mais l’origine est bretonne. Menhir veut dire en breton ‘ pierre longue ‘. Men/maen = pierre, et hir = long.  Dolmen veut dire en breton ‘ table de pierre ‘. Taol/tol = table, et men/maen = pierre. Ces pierres dressées sont visibles dans tout le territoire celte. Une belle visite à effectuer : les alignements de Carnac dans le sud du département du Morbihan. Des alignements mégalithiques impressionnants, près de 4 000 pierres !

Syndrome de Stendhal

Le syndrome de Stendhal est un syndrome qui se rapporte aux œuvres d’art, il est également appelé le ‘ syndrome du voyageur ‘. Les principaux symptômes en sont un état de profonde extase, de forts battements du cœur (tachycardie), des hallucinations, la perte de maîtrise de soi, la confusion, des pleurs incontrôlables, des vertiges, une émotion intense allant jusqu’à l’évanouissement à la vue d’œuvres d’art somptueuses. Stendhal fut le premier à décrire cet état ressenti à plusieurs reprises lors d’un voyage en Italie, d’où le nom donné plus tard à ce syndrome par la psychanalyste florentine Graziella Magherini. Depuis, de nombreux cas ont été recensés parmi les touristes découvrant des chefs-d’œuvre, notamment en cas de ‘ surdose artistique ‘ que l’on peut trouver dans certains endroits comme Florence, Naples ou Rome, villes particulièrement riches artistiquement. Par exemple, la statue de Michel-Ange à Florence, avec ses 4 bons mètres de haut et ses 6 tonnes de marbre blanc, est appelée ‘ la statue qui rend fou ‘, à cause des nombreuses victimes de ce syndrome qu’elle provoque chaque année parmi les visiteurs. G.Magherini explique cet état par une accumulation de stress due au voyage, associée à la découverte simultanée d’œuvres grandioses auxquelles l’humain n’est pas habitué dans sa vie de tous les jours, provoquant un puissant choc émotionnel, associé à la perte de repères culturels et géographiques. Il existe un autre syndrome très proche de par ses symptômes comme de par son origine : le syndrome de Jérusalem. La différence est qu’il ne concerne pas les arts mais ‘ la révélation religieuse ‘ se produisant pour un certain nombre de personnes au cours de pèlerinages à Jérusalem.

Qu’est-ce que le syndrome de Stockholm ?

Le syndrome de Stockholm est une affection qui touche certaines victimes d’enlèvements de manière générale, mais également parfois les victimes d’autres types de violence (par exemple, des femmes maltraitées qui fréquentent systématiquement des hommes violents alors qu’elles cherchent pourtant consciemment à y échapper mais retombent toujours dans le même schéma). Le symptôme principal est l’apparition d’un certain attachement à ses bourreaux au point de les défendre, même contre les forces de l’ordre, contrairement à ce que la logique laisserait imaginer. Ces victimes ne sont pas responsables de ce qui leur arrive, ce n’est pas volontaire. Elles sont devenues tellement sous l’emprise de leur bourreau qu’elles ne peuvent s’en détacher, voire ont de réels sentiments d’empathie, d’affection envers lui. Un comportement paradoxal très difficile à comprendre et encore plus à admettre pour ceux qui ne sont pas atteints par ce syndrome. Pourquoi Stockholm ? À cause d’un braquage qui eut lieu à… Stockholm précisément, dans une banque en 1973, au cours duquel il y eut une prise d’otages de plusieurs jours par un évadé de prison, Jan Erick Olsson. Les otages ont défendu leur ravisseur face à la police lorsqu’ils ont été libérés, et ont même contribué à le défendre ensuite face à la justice. Ce fait divers fut ensuite analysé par le psychiatre américain F.Ochberg qui le nomma ‘ Syndrome de Stockholm ‘.  Par extension, c’est aussi le principe du dictateur défendu par son peuple alors qu’il le maltraite ou du gourou adulé et admiré par ses adeptes alors qu’il leur prend tout, argent, esprit, corps.

Cabinet de curiosités

Qu’est-ce qu’un cabinet de curiosités ? Parlons plutôt au passé car le terme n’est plus utilisé, disparu au cours du XIXe siècle, mais toujours présent dans un certain nombre d’écrits. Il s’agissait autrefois d’un endroit où l’on entreposait des collections d’objets relativement hétéroclites (diversifiés, disparates, originaux) et souvent inédits, uniques : herbiers, animaux empaillés, insectes séchés, médailles, tableaux, sculptures, meubles d’art, instruments et résultats d’expériences scientifiques… Le cabinet de curiosités est en fait l’ancêtre de ce que nous appelons maintenant les musées.

Qu’est-ce qu’un balai faubert ?

Le ‘ balai faubert ‘ appelée aussi ‘ faubert ‘ est un balai… comme son nom l’indique !… mais pas n’importe lequel ! Constitué de fils de caret entremêlés (fibres naturelles de chanvre), il est utilisé pour nettoyer le pont des bateaux. Les verbes correspondant à ce nom sont : fauberter et essarder. Au-delà de l’utilisation sur les bateaux, ces balais sont également utilisés, notamment en baie de Quiberon, pour empêcher les étoiles de mer (prédateurs des huîtres avec les crabes et les ‘ bigorneaux perceurs ‘) de venir dévorer les huîtres d’élevage. Ils sont installés le long du grillage entourant les parcs, ainsi les étoiles de mer viennent s’y coller, cela évite de grosses pertes ostréicoles.

Qu’est-ce que l’effet papillon ?

L’effet papillon, une expression connue mais pas toujours bien claire quant à sa signification. Alors c’est quoi ? Il s’agit en fait d’une métaphore (une image) faisant référence à un petit insecte non moins connu appelé le papillon… et à son battement d’ailes qui, logiquement, ne devrait pas avoir d’influence particulière sur le destin ni la marche du monde… qu’on s’en méfie ! Un simple battement d’ailes peut déclencher une tornade, ce qui signifie de manière imagée qu’une petite chose sans importance peut, dans certaines conditions, dans certains contextes, déclencher une catastrophe, avoir des conséquences énormes et changer le cours des événements. C’est le principe de la théorie du chaos par la théorie mathématique de sensibilité aux conditions initiales (Edward Lorenz). Par exemple, une faible erreur de paramètres dans le réglage d’un appareil peut avoir d’énormes conséquences au moment de son utilisation finale. Autre exemple : une petite erreur comportementale peut, selon le contexte dans lequel elle a lieu, entraîner des conséquences en chaîne voire même déclencher un engrenage à très grande échelle.

Origines du mot bistro – bistrot

Bistro écrit aussi bistrot : en voilà un mot qui pose problème ! Plusieurs hypothèses existent à propos de ses origines, en voici les principales : 1 - Il a été pensé un moment que le mot Bistro venait du russe bistro qui signifie ‘ vite ‘. Au cours de la Première Guerre mondiale, les Cosaques (soltats russes) occupaient Paris. Grands buveurs de vodka, et ne parlant pas français, ils commandaient à boire dans les cabarets en disant ‘ bistro, bistro ! ‘ (‘ vite, vite ! ‘), le mot serait resté dans notre langue… mais cette théorie s’est avérée fausse car il fut prouvé que le mot existait déjà une cinquantaine d’années plus tôt. 2 - Le mot viendrait du poitevin ‘ bistraud ‘ et de l’angevin ‘ bistrou ‘, désignant autrefois les gardiens de bestiaux puis à partir de 1900 les domestiques des cabarets et autres débits de boissons. Le mot ‘ bistraud ‘ désigna aussi les marchands de vin eux-mêmes. 3 - Le mot viendrait, selon l’étymologiste Pierre Giraud, de ‘ bistouille ’ qui désigne un cabaret. 4 - Le mot pourrait venir également de ‘ bistrouille ‘, qui désigne un mélange de vin et de café dans le nord de la France.

Histoire du vendredi 13

Le vendredi 13 n’est pas une fête, mais ce que l’on pourrait appeler ‘ un jour spécial ‘ assez rare. En 2011, il n’y en a qu’un seul, c’est le 13 mai, le suivant sera dans 426 jours. Il est tant signe de malchance que de chance, selon les gens et les cultures. Cependant, à part ceux qui jouent aux jeux de hasard et pensent gagner le million ce jour-là (très nombreux), en général ce vendredi est assez mal vécu, voire source de terribles angoisses et superstitions pour certains. Les gens qui ont peur du vendredi 13 sont appelés des paraskévidékatriaphobes. Dans le vendredi 13, il y a deux choses susceptibles de créer des superstitions : le vendredi d’une part, et le 13 d’autre part. Les deux mis ensemble sont particulièrement significatifs. Cette date est associée à la base au vendredi 13 ‘ Nissan ‘ (1er mois de l’année juive ecclésiastique, pas la voiture !) lié à la crucifixion du Christ. Elle est également associée au fait que lors de la Cène, les disciples de Jésus étaient 13 à table, sachant que le 13e (Judas) a trahi son hôte selon l’histoire. Par ailleurs, dans le cadre de la mythologie nordique, 11 dieux furent invités à manger à la table du dieu Odin, mais un 12e arriva sans être invité, Loki. Ils se retrouvèrent du coup 13 à table ! Le problème est que Loki était le dieu du mal, personnage très cruel. La légende raconte qu’une bagarre éclata. Le gentil dieu Balder tenta en vain de sortir Loki de la maison, et fut tué d’un coup de lance, provoquant de ce fait la malédiction liée au 13.

Qu’est-ce qu’une mousmé ?

Une mousmé (et non mousmée comme on le voit souvent écrit, erreur liée probablement au fait que le mot soit féminin) est une jeune fille japonaise. Le mot mousmé est la retranscription en français du mot japonais musume, qui veut dire ‘ fille ‘ au sens de la filiation. Cependant, au début du XXe siècle, le mot désignait plutôt en français une femme facile, une jeune fille de mauvaise vie, ce qui n’a rien à voir avec la définition japonaise. Van Gogh, en 1888, a peint un tableau nommé : ‘ La mousmé dans le fauteuil ‘. Ce tableau est exposé au National Gallery of Art de Washington.

Le garra rufa, nom du poisson docteur

Vous avez sans doute entendu parler ou vu des images de ces petits poissons à la mode qui mangent les peaux mortes des pieds mais également de toute autre partie du corps pour soigner les gens atteints d’affections dermatologiques dans des centres de thalassothérapie spécialisés. Leur nom commun est Poisson Docteur, mais leur nom scientifique est Garra rufa. Ils mesurent environ 10 cm et sont originaires des pays du Moyen-Orient. On les trouve à l’état naturel dans des ruisseaux boueux, des lacs et des rivières et leur existence a été découverte par hasard en 1917. Ils sont utilisés particulièrement pour soigner efficacement le psoriasis, en complément d’autres soins médicaux bien sûr.

Rubicond ou Rubicon ?

Les deux mots ‘ rubicond ‘ et ‘ Rubicon ‘ existent, le tout est de bien les écrire selon le sens de la phrase dans lequel on les emploie, car nous allons voir qu’ils n’ont pas du tout la même signification.

L’adjectif ‘ rubicond ‘ désigne un visage très rouge. Le mot vient du latin rubicondus, de ruber qui signifie… rouge ! Au féminin, on écrit ‘ rubiconde ‘ (pour parler dans ce cas d’une face).

En revanche, le ‘ Rubicon ‘, avec une majuscule, et un fleuve italien. Une expression bien connue qui signifie ‘ se lancer dans une entreprise risquée ‘. Mais pourquoi ? Il faut remonter à l’époque romaine où le droit interdisait aux généraux de passer ce fleuve qui servait de frontière entre la Gaule et l’Italie. Tenter de le franchir était dans ce cas à ses risques et périls !

Tailles et contenances des bouteilles de vins de Bordeaux

Voici les tailles et contenances des bouteilles de vins de Bordeaux :

1 - Quart de Bordelaise = 0,1875 litre. 2 - Fillette ou Demi-bordelaise = 0,375 litre. 3 - Bouteille = 75 cl. 4 – Magnum = 1,5 litre. 5- Marie-Jeanne = 2,25 litres. 6 - Double Magnum = 3 litres. 7 - Jéroboam = 4,5 litres. 8 - Impérial ou Mathusalem = 6 litres. 9 - Salmanazar = 9 litres. 10 - Balthazar = 12 litres. 11 - Melchior = 18 litres. 12 - Nabuchodonosor = 25 litres.

Les tailles et contenances des bouteilles de champagne

Voici les tailles et contenances des bouteilles de champagne :

1 - Huitième = 9,4 cl. 2 - Quart = 18,75 et 20 cl. 3 - Demi-bouteille = 37,5 cl. 4 - Bouteille = 75 cl. 5 - Magnum = 1,5 litre. 6 - Jéroboam = 3 litres. 7 - Rehoboam = 4,5 litres (monastères champenois). 8 - Mathusalem = 6 litres. 9 - Salmanazar = 9 litres. 10 - Balthazar = 12 litres. 11 - Nabuchodonosor = 15 litres. 12 - Salomon = 18 litres. 13 - Souverain= 26,25 litres. 14 - Primat = 27 litres. 15 - Melchisédech = 30 litres… évitons de la faire tomber !…

Différence entre satire et satyre

Une  ‘ satire ‘ est une petite pièce de poésie destinée à ridiculiser les vices de son époque. Par extension, la satire n’est plus seulement liée à la poésie, elle concerne également le théâtre, la comédie, la littérature quand ils sont enclins à la raillerie, la médisance. Exemples : une œuvre satirique, un spectacle satirique. Les humoristes notamment, produisent des spectacles satiriques. Une ‘ satyre ‘ (féminin) était dans l’Antiquité un poème pastoral mettant en scène les demi-dieux moitié hommes moitié boucs appelés… satyres ! Les ‘ drames satyriques ‘ étaient de ce fait chez les Grecs des pièces où le chœur était composé de satyres. En revanche, un ‘ satyre ‘ (masculin) est un homme lubrique, vicieux, exhibitionniste, en référence aux caractéristiques des satyres antiques.

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