posts dans la catégorie 'Barbarismes'


Hynoptiser ou hypnotiser ?

Beaucoup se trompent et disent hynoptiser alors que c’est hypnotiser qu’il faut dire (et écrire bien sûr !). C’est un barbarisme courant. Astuce pour s’en souvenir : on dit bien hypnose, là personne ne fait d’erreur, c’est impossible. Le verbe hypnotiser est construit sur la même base que le nom féminin hypnose, qui lui correspond. Le mot hypnose vient du grec ancien hupnos qui signifie sommeil. Hypnos était le dieu du sommeil dans la mythologie grecque. Les Romains le connaissaient sous le nom de Somnus. Il est reconnaissable dans les représentations à ses attributs, des fleurs de pavot menant à des états modifiés de conscience ainsi que des ailes symbolisant le passage la nuit vers d’autres mondes.

Abrévier ou abréger ?

On dit bien une abréviation, ce qui induit en erreur un certain nombre de gens qui, du coup, disent abrévier au lieu d’abréger (c’est un barbarisme) alors que le nom qui est lié à ce verbe est en fait abrègement (action d’abréger), donc là aussi il y a erreur généralement. Petite précision tout de même, le verbe abrevier (sans accent aigu) fut utilisé jusqu’au XVIe siècle. Le mot vient du latin abbreviare, de brevis = bref. Le nom féminin abréviation est uniquement utilisé dans le cadre linguistique, désignant la réduction d’un mot ou d’une suite de mots.

Haute gamme ou haut de gamme ?

L’erreur est courante de voir écrit haute gamme, c’est un barbarisme. La bonne écriture est haut de gamme, et sans trait d’union surtout, parce que ça, je l’ai déjà vu aussi ! Alors comment s’en souvenir ? Voici une astuce : vous ne parlez jamais d’un article basse gamme, vous dites bien un article bas de gamme (avec le DE au milieu). C’est pareil pour haut de gamme.

Rénumérer ou rémunérer ?

Il est fréquent de voir écrit (et entendre prononcer !) le verbe réNumérer alors que le mot correct est réMunérer. Une rémunération. C’est un barbarisme (faute de langage). D’où peut bien venir cette inversion du N et du M ? Les gens pensent à numéro, numéraire, qui prennent un N, ce qui les induit en erreur. Le verbe rémunérer vient du latin remunerare, de munus, muneris qui signifie : cadeau. Voilà qui éclaire… et qui est clair ! ASTUCE mnémotechnique pour bien écrire ce verbe (et rémunération, le nom qui va avec) sans risque d’erreur : il suffit de respecter l’ordre alphabétique, sachant que le M vient avant le N.

En définitif ou en définitive ?

Que doit-on écrire (et dire !) ? En définitif ou en définitive ? On utilise souvent à tort en définitif à la place de en définitive. L’expression en définitif a existé autrefois mais n’existe plus et constitue désormais un barbarisme. En définitive est une locution adverbiale formée d’après l’adjectif définitive, du bas latin definitivus qui veut dire « fixé, décisif ». Elle signifie « après tout, tout bien considéré, en conclusion, en dernière analyse, au final ». Exemple :  En définitive, ils ont quand même déménagé malgré leur hésitation. Aux XVIe et XVIIe siècles, les deux locutions en définitif et en définitive existaient, étant en fait des raccourcis d’expressions juridiques : en jugement définitif et en sentence définitive. La fréquence d’usage de l’expression en sentence définitive a rendu la locution elliptique en définitive de plus en plus usitée, devenant  ’ en définitive ’ la seule forme admise à notre époque dans les ouvrages de référence.

 

 

L’eau bouille ou l’eau bout ?

Le verbe bouillir est souvent maltraité ! On dit bien il faut que l’eau bouille (présent du subjonctif) mais on dit l’eau bout (présent de l’indicatif). Erreur courante : au passé simple, il ne faut pas dire l’eau bouilla mais l’eau bouillit.

Rénumération ou rémunération ?

Beaucoup de gens se trompent et disent rénumération … au lieu de rémunération. Cette erreur peut venir de la confusion avec le mot numération. Le nom féminin rémunération vient du latin remuneratio, de munus, muneris qui signifie cadeau. Ne pas confondre avec numerus qui signifie nombre.

Inéquité ou iniquité ?

Doit-on dire inéquité ou iniquité ? La bonne réponse est iniquité, bien que l’erreur soit courante d’utiliser inéquité ! Le nom féminin iniquité vient du latin iniquitas qui signifie injuste (aequitas + préfixe in-, de aequus = ‘ égal ‘). L’iniquité désigne une grave injustice, l’absence d’équité, d’égalité. La confusion vient d’ailleurs du fait que le mot équité commence par un É et non par un I. On écrit d’ailleurs inéquitable (qui n’est pas équitable). L’iniquité désigne ce qui est inique. Un arbitrage inique est un arbitrage guidé par des préférences pour une équipe au détriment d’une autre, quelle qu’en soit la raison (match truqué). En langage soutenu, on utilisera l’adjectif iniquement pour signifier : de manière inique.

Entrez dans les secrets de la langue française tout en vous amusant avec ‘ Alpha et le secret des mots ‘, de Corinne DUVAL, un livre tous publics écrit par une professionnelle de la langue française : http://www.thebookedition.com/corinne-duval-alpha-et-le-secret-des-mots-p-127154.html

Etymologie des mots avatar et avarie

Le mot avatar (1800) vient du sanscrit avâtara, qui désigne la descente sur terre d’un être divin, puis les différentes réincarnations et transformations successives de Vishnu (Vichnou), au nombre de 10 : poisson, tortue, sanglier, homme-lion, nain, les deux Sama, Krichna, Bouddha et Calci. Plus concrètement, le mot désigne dès la fin du XIXe siècle ‘ chacune des formes diverses que prend successivement une chose ou une personne ‘.

Attention, avatar ne doit pas être confondu avec le mot avarie, qui signifie mésaventure et qui est souvent utilisé à sa place (barbarisme, faute de langage). L’origine de ce mot vient de l’italien avaria, emprunté à l’arabe awar, qui signifie ‘ dommage ‘ (XIIIe siècle).

Chuchotement ou chuchotage ?

Chuchotage n’existe pas, c’est un barbarisme. Le vrai mot est chuchotement, ou alors chuchotis, accepté également. Le mot chuchoterie existe aussi, il désigne de manière péjorative un bavardage à voix basse… assez porté sur la médisance. Une ‘ messe basse ‘. Le chuchoteur est celui qui chuchote.

Pécunier ou pécuniaire ?

Le nom pécunier n’existe pas ! Il est pourtant utilisé par beaucoup de gens, c’est un barbarisme. Le vrai mot est pécuniaire. Il signifie : qui a rapport à l’argent. Son origine remonte au XIIIe siècle, du latin pecuniarius = relatif à l’argent. Le pécune constitue d’ailleurs l’argent, les ressources. Ne pas confondre avec le pécule, qui n’a pas du tout la même origine. Pécule vient du latin peculium, de pecus qui signifie : bétail. Le mot pécule désigne, dans sa signification moderne, un capital économisé peu à peu, lié à l’argent comme pécuniaire. Mais comme l’étymologie nous l’apprend, il est en rapport avec le bétail en premier lieu. C’est par extension que le rapport à l’argent est apparu dès le XVIe siècle (péculat = être concussionnaire, à savoir un agent de la fonction publique qui exige et perçoit des sommes non dues, très courant autrefois !…). On accumule du bétail, tout le monde sait qu’il n’y a pas qu’une vache dans un  troupeau ! Pour l’argent, c’est pareil.

Agoniser ou agonir ?

Agonir, qui existe bel et bien, est souvent confondu avec agoniser, verbe du premier groupe qui se conjugue comme ses petits camarades habituels du même groupe. Utiliser agonir à la place de agoniser est un barbarisme (ici, utilisation dans un sens non approprié). L’origine en est peut-être la conjugaison du verbe agoniser, elle-même souvent erronée. Nombreux sont ceux qui disent : il agonit, au lieu de il agonise. Agoniser (du latin ecclésiastique agonizare = lutter) veut dire être en train de mourir (lutter contre la mort), tandis que agonir (de l’ancien français ahonnir =  insulter) signifie insulter, le sens n’a pas changé. Exemple : agonir quelqu’un d’injures.

Un infarctus ou un infractus ?

Nombreux sont les gens qui disent infractus au lieu de infarctus. C’est un barbarisme ! Le vrai mot est bien sûr infarctus. Apparu à la fin du XIXe siècle, il vient du latin in, qui veut dire : dans, et farcire qui veut dire… farcir (le tissu nécrosé ressemble à de la farce, d’où cette origine) ! Astuce pour ne plus se tromper en prononçant le mot : on ne dirait jamais fracir, mais bien farcir. Le R se trouve bien après le A et non avant.

Un dilemme ou un dilemne ?

Voici un barbarisme très courant : beaucoup de gens disent un dilemne, alors que le vrai mot est un dilemme. Le mot dilemme (XVIe siècle) vient du latin dilêmma emprunté au grec dis = deux fois, et lêmma = argument.

Aéroport ou aréoport ?

Barbarisme très courant : on ne dit pas un aréoport mais un aéroport ! Pourquoi ? Parce que le mot aéroport vient du grec aêr qui signifie air. On ne dit pas aréer une pièce, mais aérer une pièce, et cela ne pose jamais problème, personne ne s’y trompe. Donc pas de raison de se tromper pour aéroport, et pourtant !…

Aréopage ou aéropage ?

Le vrai mot n’est pas aéropage, mais aréopage. On trouve ce barbarisme assez couramment. Le mot aréopage vient du latin areopagus emprunté au grec ‘ Areios Pagos ‘ à savoir la colline d’Arès sur laquelle siégeait l’Aréopage (assemblée de personnes très compétentes dans leur domaine).

Pantomime ou pantomine ?

Il est courant de dire pantomine, alors que le vrai mot est pantomime ! C’est un barbarisme. Le mot pantomime vient du grec pantomimos = qui imite tout (de pan/pantos = tout, et mimos = mime).  Le mot pantomime est apparu au milieu du XVIe siècle, signifiant : ‘ acteur de mime ‘. Il désigne maintenant, dans le sens figuré, un comportement ridicule. Exemple : ’ Arrête donc cette pantomime, tu es ridicule ! ‘

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