Rouvrir ou réouvrir ?

Lorsqu’un magasin, après une fermeture temporaire, décide d’ouvrir à nouveau ses portes, l’on parlera de réouverture et non de rouverture, ceci est assez clair pour tout le monde. Cependant, lorsqu’il s’agit du verbe associé à ce substantif (réouverture), il n’en est pas de même ! Une erreur courante consiste à dire réouvrir au lieu de rouvrir. Eh oui, la langue française est complexe, nous le savions !  L’ancienne forme reouvrir (sans accent aigu) attestée dès le XIe siècle se prononçait sans le E, qui au fil du temps s’est élidé, laissant place au verbe actuel : rouvrir. En revanche, le nom féminin réouverture est nettement plus récent, datant du XIXe siècle et constitué sur le modèle des mots savants issus du latin. Exemples : Il a rouvert son magasin une fois guéri. Aujourd’hui, c’est la réouverture du cinéma d’en face.

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Sycophante

Sycophante ? Voici un mot employé récemment par un homme politique (François Bayrou) et qui en interroge plus d’un dans la mesure où ce terme ne fait pas partie du vocabulaire habituellement utilisé à notre époque. Pour y voir un peu plus clair, il faut remonter à la Grèce antique pour en trouver la signification et de ce fait, la raison pour laquelle ce mot a été employé en lien avec les florissantes délations qui sévissent au niveau politique en France depuis quelques mois. En grec ancien, le  sukophantês, dont est issu le terme sycophante, était tout simplement un délateur professionnel, eh oui, cela existait ! Le mot français date du XVe siècle, du latin sycophanta et du grec sukophantês. Le professionnel en question avait pour rôle, selon le philosophe Plutarque, de dénoncer (de phaineîn = faire voir, découvrir) les voleurs de figues (sûkon), d’où ce nom. Les délateurs, selon lui, s’en prenaient aux exportateurs de figues hors de l’Attique (péninsule grecque), leur exportation étant alors illégale. Leur but n’était pas emprunt de civisme mais purement intéressé afin de s’enrichir. L’orateur attique Démosthène les traitait d’ailleurs de chiens du peuple, estimant qu’ils représentaient une perversion du système.

La boîte à vinaigrette

La parfumerie moderne est née au début du XXe siècle avec les créations du parfumeur François Coty, de son vrai nom Joseph-Marie-François Spoturno. Mais quel rapport avec le vinaigre ? Depuis l’Antiquité, celui-ci est utilisé pour combattre les odeurs nauséabondes et pour transporter ce produit très volatil, il fallait un récipient. Dérivée de la boîte à mouche (les mouches étant des faux grains de beauté en mousseline noire que l’on collait sur le visage aux XVIIe et XVIIIe siècles) et de la boîte à priser (tabac), une boîte fut créée à cet effet, la vinaigrette ou boîte à sels de pâmoison. Les femmes la portaient comme pendentif ou la rangeaient dans leur sac. D’ustensile fonctionnel au départ, la vinaigrette évolua en bijou. Les corsets des femmes étant souvent trop serrés, il leur arrivait fréquemment de s’évanouir. On leur tapotait alors le front avec un coton imbibé de vinaigre aromatique (colchique, lavande…) ou on leur faisait respirer le contenu du flacon pour les aider à reprendre leurs esprits. On ajouta ensuite aux vinaigrettes une grille derrière laquelle se trouvait une petite éponge imbibée du liquide. Dans les carrosses où les odeurs corporelles des voyageurs n’étaient pas toujours des plus agréables lors des longs parcours, les femmes s’en tamponnaient aussi le dessous des bras,  s’en servant comme déodorant. Peu à peu, les vinaigrettes furent de plus en plus décorées : émaux polychromes, pierres précieuses, utilisation de métaux nobles comme le vermeil (argent recouvert d’or). La vinaigrette fut très utilisée jusqu’à la deuxième partie du XIXe siècle (Napoléon III en France, époque victorienne en Angleterre).

Palais de l’Elysée, un peu d’histoire…

Le palais de l’Élysée fut construit au XVIIIe siècle. En 1718, le compte d’Evreux (Henri-Louis de la Tour d’Auvergne) en achète le terrain situé à l’époque dans une plaine maraîchère puis y fait construire un hôtel particulier dont la construction durera 4 ans, marquant l’essor d’un des plus beaux quartiers de Paris. Cet hôtel est racheté 30 ans plus tard par la marquise de Pompadour qui souhaite avoir un pied-à-terre dans la capitale, y fait effectuer des travaux puis s’y installe, le léguant à Louis XV en 1764, qui décide d’en faire le lieu de résidence des ambassadeurs extraordinaires puis le transforme rapidement en galerie d’art, en 1765. Le financier Nicolas Beaujon l’achète en 1773 et le transforme à son tour. Puis l’hôtel est vendu par Louis XVI à la duchesse de Bourbon qui donne son propre nom à l’hôtel : Bourbon. Cette dernière est arrêtée en 1793 et l’hôtel sert ensuite comme imprimerie du Bulletin des Lois, puis comme garde-meuble des diverses saisies (il y en avait beaucoup à l’époque !). Libérée, la duchesse retourne dans son hôtel en 1797 mais a besoin d’argent. Elle loue dans ce but le rez-de-chaussée à Benoît Hovyn et sa fille Liévine pour des bals populaires. L’hôtel prend le nom d’Élysée par référence à la promenade toute proche des Champs-Élysées. Elle finit par le vendre puis de nouveau, la famille Hovyn alors propriétaire le revend en 1805. Murat y vit jusqu’en 1809 et le cède à Napoléon Bonaparte qui le renomme Élysée-Napoléon. Le palais entre définitivement dans les biens nationaux en 1816, propriété de la Couronne. Ce lieu sert ensuite de résidence des hôtes étrangers (Louis-Philippe) jusqu’en 1848 et change encore de nom sous la IIe République : Élysée National. En décembre de la même année, le palais devient résidence du Président de la République mais il faut attendre 1874 avec le général Mac Mahon pour qu’il devienne la résidence officielle de tous les Présidents de la République. Une seule exception pendant la Seconde Guerre mondiale du 13 juin 1940 à 1946 où le palais est fermé, le maréchal Pétain dirigeant notamment en zone libre le régime de Vichy. L’Élysée retrouve sa fonction présidentielle avec Vincent Auriol. Le téléphone, l’électricité et le chauffage central y sont installés au cours de la IIIe République.

Coturniculture

La coturniculture est l’élevage des cailles, terme dérivé du nom de l’un des genres de cailles, les Coturnix (il y a aussi les Anurophasis, les Dendrortyx et les Ortygospiza) du latin coturnix-iciscaille. Il est pratiqué par des coturniculteurs et des coturnicultrices.

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