Les Orionides

Les Orionides sont des étoiles filantes qui apparaissent tous les ans au mois d’octobre, généralement entre le 2 octobre et le 7 novembre avec un pic autour du 21 octobre, phénomène qui se produit notamment en 2017 dans la nuit du 20 au 21 octobre précisément. Les étoiles filantes sont un phénomène lumineux accompagnant l’entrée dans l’atmosphère d’un corps nommé météoroïde (terme inventé par l’astronome Hubert Anson Newton en 1864, désignant un petit corps du système solaire provenant de la désagrégation souvent partielle d’un astéroïde ou d’un noyau cométaire) dont la vitesse peut atteindre 42 km par seconde. Attention, ne pas confondre avec météorite. Si la météoroïde (ou ce qu’il en reste après sa traversée de l’atmosphère), atteint la surface de notre planète et qu’à la suite de l’impact, on en trouve des fragments, ceux-ci sont alors nommés météorites. Mais pourquoi Orionides ? Parce qu’elles viennent de la constellation d’Orion (qui signifie « le chasseur ») placée quasiment sur l’équateur céleste, généralement très visible et reconnaissable à sa forme particulière (4 étoiles brillantes en rectangle au milieu duquel on voit nettement 3 autres étoiles). Pour information, les Orionides sont plus visibles vers la fin de la nuit. Les Orionides sont un champ de poussières laissé par la comète de Halley sur son orbite lors de ses différents passages autour du Soleil.

Ordre jupitérien

L’ordre jupitérien, expression quelque peu à la mode en France (on se demande bien pourquoi !), fait référence à la mythologie romaine dans laquelle Jupiter n’est autre que le maître des autres dieux et de tous les êtres vivants, équivalent du dieu grec Zeus. Cela décrit notamment (quoi qu’on en pense) à notre époque un président qui représente pleinement le pouvoir exécutif suprême et s’exprimant peu mais de manière réfléchie (malgré quelques apparences trompeuses), aux propos laconiques voire sibyllins. Un dieu tout-puissant qui foudroie ? Un dieu à la parole performative (réaliser soi-même ce que l’on énonce) ? Quoi qu’il en soit, du point de vue de la langue française, il faut savoir que l’adjectif jupitérien est un néologisme. Il n’est pas latin. On y substituerait plutôt jovius, formé à partir du génitif de Jupiter, Jovis. De même, l’adjectif dialis signifie de jupiter. Représenté avec comme attributs l’aigle et la foudre, le père céleste est le Dius pater, racine du nom, d’origine indo-européenne, dyew signifiant lumière diurne sur lequel le mot latin dies est formé, pour désigner le jour. Le nom Jupiter signifie d’ailleurs littéralement maître du jour lumineux.

Rouvrir ou réouvrir ?

Lorsqu’un magasin, après une fermeture temporaire, décide d’ouvrir à nouveau ses portes, l’on parlera de réouverture et non de rouverture, ceci est assez clair pour tout le monde. Cependant, lorsqu’il s’agit du verbe associé à ce substantif (réouverture), il n’en est pas de même ! Une erreur courante consiste à dire réouvrir au lieu de rouvrir. Eh oui, la langue française est complexe, nous le savions !  L’ancienne forme reouvrir (sans accent aigu) attestée dès le XIe siècle se prononçait sans le E, qui au fil du temps s’est élidé, laissant place au verbe actuel : rouvrir. En revanche, le nom féminin réouverture est nettement plus récent, datant du XIXe siècle et constitué sur le modèle des mots savants issus du latin. Exemples : Il a rouvert son magasin une fois guéri. Aujourd’hui, c’est la réouverture du cinéma d’en face.

Grâce à ‘ Alpha et le secret des mots ‘, de Corinne DUVAL, professionnelle de la langue française depuis 30 ans, entrez dans les secrets des mots tout en vous amusant, un livre tous publics : http://www.thebookedition.com/corinne-duval-alpha-et-le-secret-des-mots-p-127154.html

Sycophante

Sycophante ? Voici un mot employé récemment par un homme politique (François Bayrou) et qui en interroge plus d’un dans la mesure où ce terme ne fait pas partie du vocabulaire habituellement utilisé à notre époque. Pour y voir un peu plus clair, il faut remonter à la Grèce antique pour en trouver la signification et de ce fait, la raison pour laquelle ce mot a été employé en lien avec les florissantes délations qui sévissent au niveau politique en France depuis quelques mois. En grec ancien, le  sukophantês, dont est issu le terme sycophante, était tout simplement un délateur professionnel, eh oui, cela existait ! Le mot français date du XVe siècle, du latin sycophanta et du grec sukophantês. Le professionnel en question avait pour rôle, selon le philosophe Plutarque, de dénoncer (de phaineîn = faire voir, découvrir) les voleurs de figues (sûkon), d’où ce nom. Les délateurs, selon lui, s’en prenaient aux exportateurs de figues hors de l’Attique (péninsule grecque), leur exportation étant alors illégale. Leur but n’était pas emprunt de civisme mais purement intéressé afin de s’enrichir. L’orateur attique Démosthène les traitait d’ailleurs de chiens du peuple, estimant qu’ils représentaient une perversion du système.

La boîte à vinaigrette

La parfumerie moderne est née au début du XXe siècle avec les créations du parfumeur François Coty, de son vrai nom Joseph-Marie-François Spoturno. Mais quel rapport avec le vinaigre ? Depuis l’Antiquité, celui-ci est utilisé pour combattre les odeurs nauséabondes et pour transporter ce produit très volatil, il fallait un récipient. Dérivée de la boîte à mouche (les mouches étant des faux grains de beauté en mousseline noire que l’on collait sur le visage aux XVIIe et XVIIIe siècles) et de la boîte à priser (tabac), une boîte fut créée à cet effet, la vinaigrette ou boîte à sels de pâmoison. Les femmes la portaient comme pendentif ou la rangeaient dans leur sac. D’ustensile fonctionnel au départ, la vinaigrette évolua en bijou. Les corsets des femmes étant souvent trop serrés, il leur arrivait fréquemment de s’évanouir. On leur tapotait alors le front avec un coton imbibé de vinaigre aromatique (colchique, lavande…) ou on leur faisait respirer le contenu du flacon pour les aider à reprendre leurs esprits. On ajouta ensuite aux vinaigrettes une grille derrière laquelle se trouvait une petite éponge imbibée du liquide. Dans les carrosses où les odeurs corporelles des voyageurs n’étaient pas toujours des plus agréables lors des longs parcours, les femmes s’en tamponnaient aussi le dessous des bras,  s’en servant comme déodorant. Peu à peu, les vinaigrettes furent de plus en plus décorées : émaux polychromes, pierres précieuses, utilisation de métaux nobles comme le vermeil (argent recouvert d’or). La vinaigrette fut très utilisée jusqu’à la deuxième partie du XIXe siècle (Napoléon III en France, époque victorienne en Angleterre).

12345...288

Vivre |
Éditions du tanka francophone |
SISSI ou la destinée d'... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Une majorité pour François ...
| LisezMoi
| Toute une histoire ...