Réguler et régulariser

Réguler possède plusieurs significations. Ce verbe désigne le fait d’assurer le fonctionnement correct et le rythme régulier d’un mécanisme ou le développement d’un processus, mais également modérer des actions, des mouvements et aussi régler dans le sens de diriger, du latin regula = règle. Réguler les naissances, un processus industriel, l’économie d’un pays… Le but de la régulation est généralement de maintenir un état stable et conforme à ce qui est prévu. Régulariser quant à lui signifie donner un rythme régulier (rythme cardiaque, circulation routière) mais également donner une forme légale, réglementaire à quelque chose. Régulariser sa situation, ses charges annuelles, ses factures, un découvert bancaire… Régulariser, c’est mettre en règle.

Biche et liche

La liche, de l’occitan lecha ou leca, et du bordelais licho ou ancien provençal locha, du francique lekkôn = lécher, désigne plusieurs espèces de poissons marins très voraces, puissants et rapides, au corps haut et comprimé latéralement, de la famille des carangidae. Dans la littérature, et les jeux fantastiques, la liche est un sorcier mort-vivant aux pouvoirs magiques et doué de volonté propre. On  retrouve notamment la liche en tant que monstre récurrent dans le je de rôles ‘ Donjons et Dragons ‘. La biche quant à elle, de l’ancien français bisse, issu du latin populaire bistia, de bestia = bête, est un cervidé, la femelle du cerf.

Différence entre suc et sucre

Voici deux mots qui sont souvent confondus : suc et sucre. Le nom suc vient du latin sucus qui signifie sève. En effet, il s’agit d’un liquide organique extrait d’une substance aussi bien végétale qu’animale. Chez les animaux, on parlera par exemple de sucs gastriques, sucs digestifs, sucs pancréatiques. Concernant les plantes dites succulentes (du latin suculentus = plein de suc, d’où l’adjectif succulent pour dire qu’un mets est délicieux), elles vivent dans les milieux extrêmes, notamment arides (montagne), semi-désertiques, littoraux où elles sont exposées au sel (sur les rochers en bord de mer) : joubarbe, cactus, criste marine… Leur adaptation est liée à leur importante capacité à stocker l’eau dans leurs feuilles, tiges ou racines. Elles emmagasinent ainsi des réserves sous forme de sucs dans leurs tissus, ce qui explique le surnom qui leur est souvent donné, à savoir plantes grasses, en raison généralement de leurs feuilles épaisses. Au sens figuré, le nom suc désigne ce que l’on pourrait appeler la substantifique moelle, expression que Rabelais rendit célèbre (Gargantua), c’est-à-dire l’extrait de quelque chose, ce qui est substantiel dans un livre ou une doctrine par exemple, en tirer tout le suc. Le sucre en revanche vient de l’italien zucchero, issu lui-même de l’arabe sukkar = grain, en grec sakkharon et en latin saccharum. Il s’agit d’une substance que nous connaissons et utilisons couramment (sucre de table), extraite de la canne à sucre et de la betterave à sucre. Le sucre est composé de saccharose. Le sucre est cependant naturellement présent dans les végétaux car c’est l’un des produits issus de la photosynthèse (mécanisme permettant aux plantes vertes de transformer les éléments minéraux en matière organique grâce à l’énergie lumineuse).

Electoral et électoralisme

L’adjectif électoral, du verbe élire issu du latin exlegere = réfection, de eligere = choisir, désigne tout ce qui est en rapport avec des élections : Code électoral, campagne électorale, comité électoral… Le nom masculin électoralisme, du latin electio = choix, désigne quant à lui le discours, l’attitude et les méthodes d’une femme ou homme politique, d’un parti politique dans son ensemble voire d’une autorité publique dont le seul objectif est d’obtenir le maximum de suffrages permettant de remporter une future élection. Il s’agit d’une orientation démagogique (manipulation du peuple pour s’attirer ses faveurs ou accroître sa notoriété) à caractère péjoratif (idée négative), dans le but unique cette fois d’être élu ou réélu. L’électoralisme est caractérisé par le fait de flatter les électeurs en prenant soin de masquer les inconvénients de la réalité et des programmes proposés, en multipliant les promesses, qui comme on dit, n’engagent au final que ceux qui y croient. Les exemples ne manquent pas…

Pâtissier origine

Le terme pâtissier (1278 pasticier) vient de l’ancien français pastitz, du latin populaire pasticium = pâté, de pasta = pâte. La première corporation des pâtissiers, les pastillariorum, fut fondée à Rome au IVe siècle avant J.-C. Au XIIIe siècle, en France, les patéiers (ancêtres des pâtissiers) confectionnaient des pâtés de viandes, de fromages, de poissons, des tourtes salées et non sucrées. En mai 1270, le métier commença à être réglementé, Regnaut Barbon, prévôt de Paris, enregistrant les statuts donnés par Saint Louis aux maîtres oublayeurs (fabricants d’oublies, pâtes légères très en vogue autrefois). La confrérie fut placée sous la protection de Saint Michel. Certains remplacèrent la chair des pâtés par celle de petits mammifères, ce qui nuisit fortement à leur réputation. D’autres allèrent jusqu’à y mettre de la chair humaine. Voir à ce propos la célèbre affaire de la rue des Marmousets (ancienne rue parisienne) rapportée par une chronique d’un prieur de Saint-Germain-des-Prés en 1612, Jacques du Breul, expliquant qu’un barbier proposait de tailler la barbe gratuitement et trucidait parfois des clients, souvent des étudiants du chapitre de Notre-Dame. Il fournissait ensuite les corps à son ami pâtissier qui en réalisait des pâtés apparemment fort appréciés, sans bien sûr que les clients sachent de quoi ils étaient faits ! L’affaire fut découverte évidemment,  la Cour de Parlement ordonna qu’outre la punition du pâtissier, sa maison soit rasée, et qu’une pyramide ou colonne soit érigée sur ce lieu. Il fallut attendre la Renaissance pour que les pâtisseries sucrées se développent (Popelin et sa pâte à choux notamment), au départ à la cour de France.

12345...286

Vivre |
Éditions du tanka francophone |
SISSI ou la destinée d'... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Une majorité pour François ...
| LisezMoi
| Toute une histoire ...